
« Merci, mon chien » souvent précédé de « Merci qui ? » se dit pour inciter quelqu’un à ajouter un appellatif après avoir remercié. Cette expression familière et humoristique est généralement employée pour rappeler à la personne en question (le plus souvent un enfant) les bonnes manières.
Elle date probablement du 19ème siècle, puisque la Base Historique du Vocabulaire Français (BHVF) relève un premier emploi similaire (« Oui, notre chien ? ») en 1841 dans une pièce du dramaturge et caricaturiste français Henry Monnier (1799-1877) intitulée Scènes de la ville et de la campagne.
On perçoit dans cette expression, un peu comme dans « ce n’est pas fait pour les chiens », une certaine ironie. En effet, elle s’emploie pour signaler qu’il aurait été convenable de dire le nom de la personne que l’on remercie : « mon chien » remplace absurdement ce nom, car il ne viendrait à l’idée de personne de dire merci à un chien.
Paradoxalement, elle remonte à une époque (le 19ème siècle) qui justement marque un tournant dans la façon dont on considère les chiens. Longtemps perçus comme des assistants servant simplement à accomplir diverses tâches au service des humains (la chasse, la garde des biens ou des personnes, la protection des troupeaux…), ils commencent alors à être considérés pour eux-mêmes et comme des animaux qu’on peut posséder simplement pour le plaisir de leur compagnie, surtout dans les foyers aisés.
Pour autant, cela ne saurait quand même aller jusqu’à leur dire merci pour une raison ou pour une autre, comme semble en témoigner cette expression.
Aujourd’hui, serait-il toujours aussi absurde de remercier son chien ? De fait, cette expression continue d’être utilisée, mais la place qu’occupent les représentants de la gent canine dans notre société la rend sans doute beaucoup moins amusante. On peut légitimement se sentir reconnaissant envers un chien du bonheur qu’il apporte au sein du foyer.
Alors, pourquoi ne pas la prendre au pied de la lettre et dire « merci, mon chien » à son chien ?