« Être couché / Dormir en chien de fusil » : signification, origine...

Un petit chien allongé sur un tapis

« Être couché en chien de fusil » ou « dormir en chien de fusil », c’est être allongé ou dormir sur le côté, les genoux repliés sur la poitrine.


Cette expression est à première vue une analogie avec la position que prennent parfois les chiens pour dormir, recroquevillés sur eux-mêmes.


En réalité, elle fait référence au « chien de fusil », une pièce faisant partie du mécanisme de mise à feu d’une arme, dont la fonction est de percuter une amorce et ainsi d’enclencher l’arme. Il est probable que cette pièce, qui prend généralement une forme de S, ait été nommée ainsi précisément en référence à la position souvent adoptée par les chiens pour dormir. Cela dit, on peut aussi imaginer que c’est sa ressemblance avec une tête de chien qui lui vaut ce nom.


D’après le Dictionnaire historique de la langue française du lexicographe français Alain Rey (1928-2020), la première mention écrite connue du terme « chien de fusil » remonte à 1630.


En revanche, l’utilisation de l’expression « en chien de fusil » pour décrire une position adoptée par un humain semble plus récente. En effet, celle-ci est relevée pour la première fois en 1842 dans le Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la langue française de l’auteur français Pierre-Marie Quitard (1792-1882), qui la définit savoureusement comme une « expression très pittoresque et très usitée parmi le peuple pour dire : rassembler ses membres, se tenir tout pelotonné dans son lit à cause du froid ».


Dans son long poème La Crosse en l’air (1936), l’écrivain français Jacques Prévert (1900-1977) joue sur les syntagmes avec le mot « chien » désignant des objets (« chien de fusil », mais aussi « chien assis », qui désigne une petite fenêtre sur un toit à faible pente), en les prenant ironiquement au premier degré :


« 
[…]
c'est le grand cirque des chiens
celui qui a lieu le premier vendredi de chaque mois
mais seuls les chiens savent ça
devant tous les chiens assis
les autres chiens font leur numéro
le chien d'aveugle
le chien de fusil
le chien de garde
le chien de berger
mais voilà le grand délire
et les spectateurs aboient du vrai grand rire
[…]
»