
Lorsqu'on pense aux soins du pelage d'un chien, c'est bien évidemment le brossage qui vient à l'esprit en premier. Toutefois, c'est loin d'être le seul soin qu'il est possible de réaliser : par exemple, il peut être recommandé de le tondre, c'est-à-dire de couper ses poils à ras.
La tonte n'est pas un soin qui concerne tous les chiens, loin s'en faut. Elle n'est en effet conseillée ni même utile que dans un petit nombre de cas, et si elle est mal réalisée, a plus d'inconvénients que d'avantages pour l'animal.
Voici donc tout ce qu'il faut savoir pour tondre un chien correctement.
Comme la plupart des mammifères, les chiens sont dotés d'un pelage plutôt dense, qui fait office de manteau naturel.
Il constitue de fait une bonne protection contre :
Pour ces raisons, ce n'est pas une bonne chose de tondre un chien, en tout cas dans le cas général : cela revient à le priver d'une protection naturelle très utile au quotidien. Malgré tout, il existe quelques cas lors desquels cela peut s'avérer utile, voire judicieux.
Si tondre un chien n'est pas pertinent dans le cas général, il existe tout de même un certain nombre de situations lors desquelles cela peut être utile, voire recommandé.
En temps normal, le pelage d'un chien n'a pas spécialement besoin d'être tondu, et un minimum d'entretien suffit pour le garder en bon état.
Toutefois, le tondre peut s'avérer d'une grande aide, au moins de manière ponctuelle. C'est le cas en particulier si son pelage :
De telles situations ne se produisent normalement que de manière ponctuelle, de sorte que la tonte est alors occasionnelle.
Si la plupart des chiens n'ont pas besoin d'être tondus, ou alors simplement de manière occasionnelle, certains requièrent des soins plus conséquents pour conserver leur pelage en bon état.
C'est le cas en particulier des chiens qui :
À l'inverse, la tonte est susceptible d'abîmer le pelage de certains chiens, comme le Terrier Irlandais à Poil Doux, le Cocker Anglais ou le Fox Terrier : mieux vaut alors éviter au maximum de les tondre, sauf s'il n'est pas possible de faire autrement.
En cas de doute, le mieux est de demander conseil à un vétérinaire ou un toiletteur professionnel : ce sont les mieux placés pour savoir ce qu'il convient de faire en fonction du type de poil.
De manière générale, il est recommandé d'attendre que la croissance d'un chien soit terminée avant de le tondre : cela correspond globalement à un âge compris entre 8 mois et 2 ans en fonction des races. En effet, avant cet âge, le pelage est encore fin (en tout cas plus fin qu'il ne le sera définitivement) et la peau encore fragile.
Cela étant, on a tout de même intérêt à commencer à l'habituer très jeune à la tondeuse, en particulier si l'on risque d'avoir besoin de le tondre régulièrement une fois adulte. Cela augmente fortement les chances qu'il considère la tonte comme un acte parfaitement normal, et augmente alors les chances qu'il se montre docile par la suite.
Pour cela, on peut commencer par lui montrer l'accessoire éteint, pour qu'il le renifle et le découvre tranquillement. Dans un second temps, il convient de le familiariser au bruit et aux vibrations en allumant la tondeuse et en l’approchant de lui, puis en la passant sur son corps sans réellement tondre. Il peut ainsi s’accoutumer au contact de l'accessoire sur sa peau.
S'il se montre inquiet au début, il ne faut pas hésiter à l’apaiser à grand renfort de caresses et de paroles rassurantes, pour qu’il sente qu'on ne lui veut pas de mal. Si cela ne suffit pas et qu'il se montre apeuré voire récalcitrant, il ne faut jamais le gronder ou le punir, car il aurait alors tout lieu d’associer la tonte à quelque chose de négatif voire de traumatisant, et risquerait en conséquence de se montrer encore plus réfractaire les fois suivantes.
Comme pour un humain, la tonte d'un chien se pratique à l'aide d'une tondeuse.
Il en existe de toutes sortes, avec des vitesses de rotation, des têtes de coupe et des sabots différents. Tous les modèles sont électriques : certains fonctionnent sur batterie ou avec des piles, tandis que d'autres - généralement les plus puissants - se branchent sur le secteur.
Le choix de la tondeuse dépend grandement de la nature du poil : par exemple, mieux vaut opter pour des lames espacées et une vitesse de rotation élevée si le chien a le pelage épais, dur et/ou laineux, tandis que des poils fins et lisses se satisfont très bien de dents serrés et d'une vitesse standard. Cela dit, d'autres facteurs entrent en ligne de compte : en particulier le niveau sonore, car une tondeuse bruyante est susceptible de facilement effrayer un animal un peu craintif.
Dans tous les cas, il est important de choisir une tondeuse spécialement conçue pour les chiens, car leurs poils sont trop denses et épais pour les tondeuses pour humain.
Tondre son chien correctement nécessite patience et dextérité, afin d’éviter de l’effrayer ou de le blesser. Encore faut-il savoir comment s'y prendre. Quelques précautions d’usage sont à respecter pour maximiser les chances que l'opération se déroule du mieux possible.
Avant de commencer, il est recommandé de s’assurer que le pelage du chien est bien propre et démêlé, car les poils morts, saletés et débris risqueraient d'encrasser voire de bloquer la tondeuse. Il ne faut donc pas hésiter à le brosser longuement et à le peigner (si c'est possible), voire s'il est vraiment sale à lui donner un bain puis à bien le sécher.
Une fois que cela est fait, il est conseillé d'examiner rapidement l'état de la peau (si le poil n'est pas trop long ou dense), afin de repérer une éventuelle blessure ou irritation : cela permettra d'éviter de l'écorcher ensuite avec la tondeuse.
Puis, pour faciliter la tonte, il est préférable d'installer le chien à hauteur d'homme, par exemple sur une table de toilettage, car il peut moins facilement se débattre et s'enfuir que s'il est simplement posé sur le sol. Cela étant, s'il est grand, il n'est pas forcément possible de l'installer en hauteur. S'il a du mal à tenir en place, on peut utiliser une sangle pour limiter ses mouvements, ou encore mieux, demander à une autre personne de le maintenir en place.
Enfin, comme les différents préparatifs peuvent être assez anxiogènes pour lui, il ne faut pas hésiter à le rassurer par des caresses et des paroles réconfortantes.
Une fois le chien en place, la tonte en tant que telle commence.
La tonte doit toujours être réalisée dans le sens du poil. La tondeuse doit être tenue et utilisée avec la lame bien à plat.
On peut opter pour une vitesse de rotation standard voire élevée et le sabot de son choix pour les zones les plus fournies, comme le dos ou le cou. Cela dit, si le pelage est très emmêlé, une tête de coupe plus courte facilite l’opération. Les lames peuvent également être lubrifiées durant la tonte pour venir à bout des nœuds difficiles : cela évite une surchauffe qui pourrait brûler l'animal. La tondeuse est généralement vendue avec une huile lubrifiante, mais il est toujours possible d'en acheter séparément.
Par ailleurs, mieux vaut opter pour une vitesse réduite et un sabot plus grand pour les zones sensibles comme le ventre (notamment les espaces situés autour les tétines), les parties génitales et le dessous des pattes (entre les coussinets). Il faut également faire bien attention à ne pas trop appuyer sur la tondeuse pendant l'intervention, pour ne pas risquer d'accrocher la peau au passage.
L'étape la plus dangereuse et délicate consiste à tondre une partie des poils situés sur la tête chez les races dotées d'un museau très poilu. Pour limiter les risques de blessure, le mieux est de glisser les poils concernés entre ses doigts, puis de tondre seulement la partie qui en dépasse. Là encore, la vitesse de rotation doit être faible. Quant aux parties les plus délicates, comme les poils situés autour des yeux et des oreilles, elles sont à couper à l’aide de ciseaux pour chiens à bouts ronds, afin ne pas risquer de effrayer ou blesser son compagnon.
Si on rencontre des difficultés lors de la tonte, le mieux reste de demander conseil à un toiletteur : il s'agit du mieux placé pour enseigner les bons gestes à réaliser et fournir des conseils utiles.
Une fois la tonte réalisée, il est important de brosser son chien afin d’enlever les derniers poils coupés qui sont restés coincés dans sa fourrure. Il peut même être rincé à l’eau claire si nécessaire.
Enfin, s'il s’est bien comporté tout au long de l'intervention, on a intérêt à le récompenser par des caresses ou une petite friandise : cela permet qu'il garde un bon souvenir de l'expérience, et qu'il se montre moins réticent les fois suivantes. Il est particulièrement important de le faire les premières fois, puis on peut espacer les récompenses une fois qu'il est bien habitué et se laisse faire.
Si on ne souhaite pas tondre son chien soi-même, ou si on ne s'en sent pas capable, il est possible de confier cette tâche à un toiletteur. De cette façon, on s'assure que le travail sera bien réalisé.
Naturellement, cette prestation a un coût : le prix d’une tonte chez un toiletteur canin oscille généralement entre 30 et 150 euros, en fonction notamment de la taille de l'animal et la réputation du salon. C'est donc une dépense non négligeable à prévoir, en particulier si les tontes doivent être régulières.
C’est pourquoi s'en charger soi-même est un bon moyen de réaliser des économies. En effet, même si l'investissement initial que représente l'achat d'une tondeuse pour chien peut sembler important, il est en fait rapidement rentabilisé, d’autant qu’un modèle de qualité dure normalement des années. Une bonne option consiste à faire faire quelques séances de tonte chez un toiletteur canin pour apprendre les bons gestes, puis à réaliser les tontes suivantes par soi-même.
Tondre son chien est rarement une opération indispensable, du moins dans le cas général. La tonte concerne en effet surtout quelques races au pelage très long ou très épais. Cela étant, il peut également être nécessaire d'en réaliser une de manière ponctuelle, par exemple si l'animal a le pelage très emmêlé ou souillé par des substances chimiques.
On peut tout à fait confier son chien à un toiletteur professionnel pour qu'il s'en charge lui-même, mais le coût eut alors s'avérer élevé, a fortiori sur le long terme. Si des tontes régulières sont nécessaires, mieux vaut sans doute se procurer une tondeuse de qualité et apprendre à le tondre soi-même, quitte à se faire aider les premiers temps d'un toiletteur ou d'un vétérinaire pour savoir comment s'y prendre.





