Mâtin Transmontano

Mâtin Transmontano

Autres noms : Transmontano Mastiff
Nom d'origine : Cão de Gado Transmontano
Pays d'origine : Portugal

Qualités du Mâtin Transmontano

Tempérament du Mâtin Transmontano

Affectueux
Calme
Facile à éduquer
Joueur
Peut rester seul
Protecteur

Sociabilité du Mâtin Transmontano

Avec les enfants
Avec les personnes inconnues
Avec les autres chiens
Avec les chats
Avec les rongeurs & oiseaux

Le Mâtin Transmontano au quotidien

A peu besoin d'exercice
Aboie peu
Santé robuste
Nécessite peu d'entretien
Perd peu ses poils
Bave peu
Mange peu
Peu enclin à l'obésité

Le Mâtin Transmontano : pour qui ?

Avec des enfants
En appartement
Comme premier chien
Pour personne peu disponible
Pour personne sportive
Pour personne âgée
Pour personne allergique
Pour petit budget

Informations sur le Mâtin Transmontano

HistoirePopularitéApparenceCaractèreÉducationFoyer idéalSantéReproductionEntretienAlimentationUsagesPrix

Le Mâtin Transmontano, ou Cão de Gado Transmontano en portugais, est un molossoïde de grande taille qui descend vraisemblablement, comme les autres molossoïdes ibériques, des chiens amenés d’Asie Mineure dans la péninsule il y a environ 4000 ans. On sait en effet qu’à cette époque, de nombreuses tribus migraient d’est en ouest accompagnées de leurs troupeaux et de grands chiens qui gardaient et protégeaient ces derniers. Ces tribus s’établirent ainsi un peu partout en Europe jusque dans la Péninsule Ibérique, et de nombreux experts pensent que les races canines européennes les plus anciennes descendent de ces chiens. Certains pensent même que le Mâtin Transmontano est lié au Dogue du Tibet, mais pour l’heure aucune preuve ne confirme cette hypothèse.

Ce qui est sûr, c’est qu’il s’agit d’une race de chien très ancienne qui fut longtemps cantonnée au nord-est du Portugal, dans la région de Trás-os-Montes e Alto Douro, près de Bragança. Cette zone montagneuse, isolée et surmontée de hauts plateaux, est traditionnellement peuplée d’éleveurs de moutons et de chèvres.

Souvent laissés à la seule garde des chiens en raison des difficultés d’accès et de l’escarpement des pâturages, les troupeaux subissaient souvent des attaques de loups, très nombreux dans cette contrée. Le travail spécifique du Mâtin Transmontano était justement de protéger le bétail de ces prédateurs.

Vivant la plupart du temps avec son troupeau, et parfois également avec son berger, accompagnant le bétail de pâturage en pâturage et lors des transhumances, il évolua en grande partie selon la simple sélection naturelle, développant au fil des générations des traits morphologiques et de caractère en parfait accord avec le travail demandé et l’environnement dans lequel celui-ci s’effectuait.

Cela dit, il y eut certainement des croisements avec d’autres chiens de troupeaux au gré des rencontres. On considère d’ailleurs que le Mâtin Transmontano est apparenté au Rafeiro do Alentejo, chien de berger du sud du Portugal qui conduisait autrefois le bétail lors des migrations vers l’intérieur du pays. Avec le temps, ces migrations devinrent moins nombreuses et les deux races se mirent à diverger.

Dans les années 70-80, cette race quasi-uniquement locale qu’était le Cão de Gado Transmontano frôla l’extinction. En effet, d’une part le nombre de loups avait très fortement diminué, et d’autre part beaucoup de bergers abandonnèrent dans ces années-là le pastoralisme pour s’établir sur la côte ou à l’étranger, en quête d’une vie meilleure. Devenu inutile, elle faillit alors disparaître.

Diffusion dans son pays d'origine

Jusqu’à la deuxième moitié du 20è siècle, le Mâtin Transmontano resta cantonné à sa région d’origine. Toutefois, grâce au travail des éleveurs (dont les deux-tiers étaient à la base des éleveurs de moutons ou de chèvre) qui le firent connaître via des expositions canines et concours de travail, il est désormais présent dans tout le Portugal.

Ils créèrent pour cela une association, l’Associação de Criadores de Cão de Gado Transmontano (ACCGT), et s’impliquèrent dans le programme du Parque Natural de Montesinho, grand parc naturel situé dans la région d’origine de la race. Initié en 1994, ce programme avait pour objectif la diffusion et la promotion de la race auprès des bergers portugais, afin de contribuer à sa pérennité et son amélioration.

On recensa donc les chiens adultes susceptibles de se reproduire, puis on chercha parmi les éleveurs (du nord-est ainsi que d’autres régions) ceux qui étaient susceptibles d’être intéressés par l’acquisition d’un chiot de cette race, et on établit une liste d’attente.

À chaque naissance d’une portée, les bergers devaient informer le Parque Natural de Montesinho. Celui-ci se chargeait de comptabiliser les naissances, prenait en charge l’alimentation de la mère et des petits, le déparasitage des chiots tous les 15 jours, ainsi que la primo-vaccination et le micro-puçage au bout de 8 semaines.

À l’âge de 10 semaines, les chiots étaient remis à leur nouveau maître. Peu de temps après, à 12 semaines, ses rappels de vaccins étaient également pris en charge. Si pour une raison quelconque le berger abandonnait son activité, le chien réintégrait le programme jusqu’à ce qu’on lui trouve un nouveau troupeau.

Ce programme de conservation et de diffusion de la race perdure de nos jours, selon peu ou prou les mêmes modalités.

En parallèle, les éleveurs continuèrent à promouvoir le Mâtin Transmontano auprès des bergers, notamment via des concours qui montraient leur utilité et leur grande efficacité. Cette initiative connut un certain succès : alors qu’en 1996, le premier concours réunissait seulement 20 participants, ils étaient déjà 70 deux ans plus tard.

En 2004, le Clube Português de Canicultura (ou CPC, qui est l’instance cynologique nationale portugaise) reconnut la race et définit un standard provisoire. Dès l’année suivante, il décida de s’impliquer dans le programme du Parque Natural de Montesinho en signant un protocole avec ce dernier.

La diffusion du Mâtin Transmontano dans son pays d’origine doit aussi à l’ajout en 1988 du loup dans la liste des espèces protégées au Portugal. En effet, les statistiques montrèrent que sa présence était dissuasive et que les loups attaquaient beaucoup moins les troupeaux accompagnés de ce chien que les autres. En revanche, les loups qui s’en prenaient à un troupeau sans Mâtin étaient souvent tués par le berger. Bien que cela semble de prime abord paradoxal, le Mâtin Transmontano avait donc un rôle à jouer dans la préservation du prédateur.

Cela amena par exemple Grupo Lobo, une association environnementale non gouvernementale qui milite pour la conservation des espèces et notamment du loup, à soutenir le placement du Mâtin Transmontano auprès des troupeaux – ce qu’elle continue de le faire de nos jours. Ce faisant, son objectif est d’éviter que les loups soient tués par les bergers.

D’ailleurs, en cas d’attaque de leur troupeau, ces derniers ne sont indemnisés par l’État que s’ils possèdent au moins un Mâtin Transmontano pour 50 têtes de bétail.
 
Au demeurant, depuis la mise en place du programme du Parque Natural de Montesinho en 1994, le nombre d’attaques de troupeaux par des loups dans le nord-est du Portugal est passé d’environ 450 par an à autour de 200.

Diffusion internationale

Jusqu’à la seconde moitié des années 90, le Mâtin Transmontano resta inconnu hors des frontières portugaises.

Sa diffusion en Europe se fit de façon très confidentielle à partir de cette époque, d’abord grâce à quelques éleveurs portugais ou d’origine portugaise qui importèrent des individus pour en faire l’élevage. Quelques autres – notamment français et allemands – découvrirent la race à l’occasion de voyages au Portugal et décidèrent de la faire connaître dans leur pays en faisant participer certains de ses représentants à des concours et à des expositions canines.

Les États-Unis pour leur part firent sa connaissance en 2008. C’est en effet cette année-là que le Département Américain de l’Agriculture fit venir du Portugal quelques représentants, dans le cadre d’une expérimentation sur la protection des troupeaux de l’ouest du pays contre les loups. Menée en Oregon et dans le Montana, celle-ci visait à déterminer quelle race de chien était la plus apte à assurer efficacement cette mission. Le Mâtin Transmontano impressionna par ses aptitudes et sa détermination ; depuis, les États-Unis songent très sérieusement à l’utiliser à cette fin.

Reconnaissance par les organismes officiels

Le Cão de Gado Transmontano obtint en 2004 la reconnaissance du Clube Português de Canicultura (CPC), l’instance cynologique nationale portugaise, qui définit à cette occasion un premier standard de la race.

Quant à sa reconnaissance officielle hors de son pays natal, elle n’en est qu’à ses débuts.

L’année 2020 marqua toutefois un tournant décisif : c’est en effet cette année-là que la Fédération Cynologique Internationale (FCI) le reconnut à titre provisoire et l’inclut au sein du Groupe 2, section 2 (Molossoïdes). Cette première étape est un préalable avant une reconnaissance pleine et entière, qui survient normalement au bout de 10 ans. Elle est déterminante, car la FCI chapeaute les organismes nationaux de plus d’une centaine de pays, dont ceux de la France (la Société Centrale Canine, ou SCC), la Belgique (la Société Royale Saint-Hubert, ou SRSH) et la Suisse (la Société Cynologique Suisse, ou SCC).

Cela dit, certains ont choisi de prendre les devants. C’est le cas notamment de la SCC, qui accepta de premières inscriptions au Livre des Origines Français (LOF) dès 2018, avant même que la FCI n’ait statué sur le cas du Mâtin Transmontano.

Il est possible en tout cas que la décision de la FCI incite d’autres organismes nationaux d’envergure non-membres de la FCI à franchir le pas à leur tour. En effet, la race n’est par exemple reconnue ni par le Kennel Club britannique, ni par l’American Kennel Club (AKC) et le United Kennel Club (UKC) aux États-Unis, ni par le Club Canin Canadien (CCC).

Le Mâtin Transmontano est actuellement très loin d’être populaire. C’est une race rare, y compris dans son pays natal.

Dans son pays d'origine

Si on le trouve aujourd’hui dans d’autres endroits que le nord-est du Portugal, il ne faut pas oublier que le Cão de Gado Transmontano n’est pas – pour le moment du moins – considéré comme un chien de compagnie. Il est donc presque exclusivement utilisé comme chien de travail, et c’est la raison pour laquelle il est surtout présent dans les régions d’élevages ovins et caprins.

C’est d’ailleurs dans cette optique qu’il fait l’objet d’un programme officiel de conservation, d’amélioration et de promotion, à travers l’action conjointe du Clube Português de Canicultura (ou CPC, l’instance cynologique nationale portugaise), de l’Associação de Criadores de Cão de Gado Transmontano (l’ACCGT, qui regroupe les éleveurs de la race) et du Parque Natural de Montesinho.

Il demeure malgré tout très peu répandu, même dans son pays d’origine. L’explication tient sans doute notamment au fait que l’objectif est son maintien comme chien de travail : en termes de population de la race, l’ambition du programme se cantonne à répondre aux besoins des bergers.

En 2005, le Parque Natural de Montesinho recensait pour tout le pays 169 chiens adultes et 418 chiots. En 2018, il comptabilisait 257 adultes. Ainsi, même si le nombre de Cão de Gado Transmontano augmente, il demeure très modeste.

En France

Le Mâtin Transmontano est reconnu en France depuis 2018, année au cours de laquelle la Société Centrale Canine (SCC) accepta les premières inscriptions de représentants de la race dans le Livre des Origines Français (LOF).

Ils furent 5 dans ce cas la première année, et 38 l’année suivante. Il faudra cependant attendre quelques années pour savoir si la race parvient vraiment à s’implanter et décoller dans l’Hexagone.

Pour l’heure, le Cão de Gado Transmontano n’a pas encore de club de race spécifique dans le pays. Sa diffusion et sa promotion sont assurées par le Club des Amateurs de Molossoïdes Ibériques et Latino-Américains Nord-Européens et Asiatiques (CAMILA-NEA).

Ailleurs dans le monde

Le Mâtin Transmontano n’est quasiment pas présent hors de son pays d’origine et d’une poignée de pays dans lesquels quelques spécimens ont été exportés, tels l’Allemagne et les États-Unis.

Faute de reconnaissance officielle, il est impossible d’y connaître sa population exacte, mais sa diffusion y demeure confidentielle.

Le Mâtin Transmontano est la plus grande et la plus rustique de toutes les races de chien portugaises. C’est aussi celui qui a été le moins façonnée par la main de l’Homme.

Taille & poids

Le standard provisoire établi en 2020 par la Fédération Cynologique Internationale (FCI) lors de la reconnaissance temporaire de la race stipule qu’un mâle doit mesurer de 75 à 85 cm, et une femelle de 68 à 78 cm. Toutefois, dans la pratique, certains mâles atteignent 90 cm, et certaines femelles 80 cm.   

On note en tout cas des différences entre le standard de la FCI et celui qui avait été établi à titre provisoire en 2004 par le Clube Português de Canicultura (CPC). En effet, ce dernier fixait pour les mâles une hauteur située entre 74 et 82 cm pour un poids de 55 à 65 kg, et pour les femelles 66 à 76 cm et 45 à 60 kg.

Même si elles ne sont pas très conséquentes (à l’exception du poids du mâle), on peut déduire de ces différences que le développement plus encadré qu’autrefois du Mâtin Transmontano l’amène à devenir plus volumineux encore.

Dans tous les cas, le dimorphisme sexuel est bien marqué chez cette race : la femelle est généralement plus petite et surtout moins imposante que le mâle.

Morphologie

Morphologie du Mâtin Transmontano

Le Mâtin Transmontano est un grand chien molossoïde pratiquement aussi long que haut, à l’aspect noble et imposant, mais sans lourdeur. Ainsi, malgré sa taille et son volume, sa démarche est légère et énergique. De fait, il a développé au fil du temps une morphologie parfaitement adaptée à l’environnement dans lequel il évolue et aux exigences des missions qui lui sont confiées.

Il a un profil carré et un corps droit bien musclé, doté d’une ossature solide. Son expression, toujours calme et sobre, respire la force et l’assurance.

La peau du cou est lâche, mais sans excès. Le dos est court, large, bien musclé et droit jusqu’à la croupe, modérément large et plus arrondie.

La poitrine est ample, un peu arrondie sur les côtes, et le ventre est légèrement levretté.

Les pattes sont droites et musclés, avec des articulations solides et des ergots généralement doubles sur les postérieurs. Les pieds antérieurs sont ronds, alors que les postérieurs peuvent être ronds ou ovales. D’un côté comme de l’autre, les coussinets sont épais et durs.

Queue

Entière, épaisse et bien couverte de poils, la queue du Mâtin Transmontano ne dépasse pas le jarret. Au repos, elle est en forme de sabre, et pendante ou courbée à la pointe. Lorsqu’il est en mouvement, elle est portée haut, généralement en faucille, mais elle peut aussi s’enrouler.

Tête

La tête du Mâtin Transmontano est grande et massive mais proportionnée par rapport au corps, avec un profil convexe, des arcades sourcilières apparentes et un stop modéré.

Les oreilles sont attachées au-dessus de la ligne des yeux. De taille moyenne, légèrement plus longues que larges, elles sont de forme triangulaire, avec une extrémité très épaisse et arrondie. Pendantes au repos, elles deviennent très mobiles dès lors qu’elles sont sollicitées : elles peuvent alors reculer, se replier verticalement ou vers l’avant - cette dernière position est courante quand le chien est attentif.

Les yeux sont de taille moyenne, en amande et légèrement inclinés. Ils sont de couleur brun miel ou plus foncé, et surmontés de paupières noires. Leur expression est toujours calme et sereine.

Le museau est droit et légèrement plus court que le crâne. La truffe, de préférence noire ou foncée, est ovale et imposante, avec des narines bien ouvertes.

Les babines se recouvrent bien. Pigmentées de noir, elles sont légèrement pendantes et arrondies, et les commissures sont apparentes. Quant aux mâchoires, elles sont fortes et bien développées, articulées en ciseaux ou en pince.

Pelage

Le Mâtin Transmontano possède un pelage épais, abondant et moyennement long, constitué d’un sous-poil évident et d’un poil de couverture lisse et très dense. Ce dernier est toutefois plus court et plus fin au niveau de la tête, des oreilles, du museau et des membres.

Couleurs de robe

La robe du Mâtin Transmontano peut être unie ou composée de plusieurs couleurs (bringée, tachetée ou mouchetée).

Les couleurs unies admises sont le fauve, le jaune et le gris loup (bringés ou pas). Des marques blanches sont alors courantes sur les pieds antérieurs et/ou postérieurs, ainsi qu’une bande (liste) blanche partant du chanfrein et se prolongeant sur la tête.

Quant aux combinaisons de couleurs, les plus courantes sont blanc avec des taches noires, fauves, jaunes ou gris loup. La robe peut aussi être mouchetée sur le corps et fauve sur les joues, les sourcils et dans la région anale.

Standard de la race

Les standards de race sont des documents établis par les organismes officiels qui listent les conditions qu'un Mâtin Transmontano doit respecter pour être pleinement reconnu comme appartenant à la race :

Proximité avec ses maîtres

Très affectueux, loyal et protecteur, un Mâtin Transmontano adopté comme animal de compagnie devient très proche de ses maîtres, dont il ressent fort bien les émotions et dont il aime partager les activités.

En effet, habitué à partager la vie des troupeaux et parfois travailler aux côtés d’autres chiens de berger, il a besoin de beaucoup d’interactions (humaines ou animales) et apprécie l’attention qu’on lui porte, ainsi que les caresses.

Cette proximité implique d’ailleurs qu’il être difficile de le faire changer de propriétaire. En effet, il risque fort de ne pas reconnaître l’autorité d’une personne qui n’est pas celle qui l’a éduqué. Il n’est pas du genre à se soumettre naturellement : son nouveau maître devra apprendre à progressivement gagner sa confiance et mériter son respect. Ceci est particulièrement vrai pour les mâles.

Capacité à supporter la solitude

Malgré sa capacité à effectuer son travail de gardien des troupeaux en parfaite autonomie, le Mâtin Transmontano n’aime pas la solitude. Cela est lié au fait que dans les pâturages, il n’est jamais seul : même si son propriétaire n’est pas là, il est en compagnie du bétail et éventuellement d’autres chiens.

Nul troupeau s’il est adopté comme animal de compagnie : à défaut, il s’attache fortement à ses maîtres et peut facilement souffrir d’anxiété de séparation dès lors qu’il en est séparé trop longtemps. Celle-ci est susceptible de se manifester par des crises d’angoisse et divers autres troubles du comportement : destruction, aboiements ou hurlements incessants, etc.

Par conséquent, dès lors qu’il n’est pas utilisé pour le travail, il ne convient pas à des maîtres qui s’absentent souvent et/ou longtemps, à moins qu’il y ait dans le foyer un autre animal avec lequel il s’entend bien.

Entente avec les enfants

Le caractère du Mâtin Transmontano le porte volontiers à jouer. Il n’est donc pas surprenant qu’il s’entende bien avec les enfants, en particulier ceux qui font partie de son foyer et ont déjà un certain âge.

En effet, il est moins recommandé pour les plus jeunes : non seulement parce que sa sensibilité implique qu’il n’apprécie pas les environnements très bruyants et agités, mais aussi parce que sa taille et sa puissance impliquent qu’il pourrait involontairement leur faire mal, par exemple en les bousculant.

Par ailleurs, son instinct protecteur très prononcé implique qu’il protège en toutes circonstances les enfants de la famille. Cela est bien sûr positif, mais implique parfois une certaine méfiance envers les autres : il peut par exemple s’interposer lorsque ceux-ci s’amusent avec leurs camarades, pensant à tort qu’ils sont menacés.

Le risque est d’autant plus grand qu’il tend à être naturellement jaloux et possessif : même s’il est bien éduqué et a appris à partager, il est préférable d’être vigilant et de surveiller ses interactions avec les enfants qui sont de passage.   

En tout état de cause, même s’ils vivent sous le même toit et se connaissent parfaitement, un chien et un très jeune enfant ne doivent jamais être laissés seuls sans la surveillance d’un adulte, car un geste mal interprété ou une maladresse peuvent à tout moment entraîner un accident. Il faut d’ailleurs apprendre dès que possible aux plus jeunes à traiter leur animal avec respect, afin justement de réduire le risque de problèmes.

Entente avec les personnes inconnues

Le Mâtin Transmontano est un chien calme mais prudent, sans pour autant être agressif.

Il se montre donc d’abord réservé avec les étrangers. Néanmoins, une fois qu’il a compris qu’ils ne représentent pas une menace pour les siens, il devient amical et ne se prive pas de solliciter des caresses et des papouilles de leur part.

Instinct protecteur

Le Mâtin Transmontano est protecteur par nature. Des siècles de sélection en ont fait un des meilleurs chiens de protection, que ce soit contre les loups ou tout autre danger.

Pour autant, ce n’est pas un gardien : au contraire d’autres races comme le Dobermann ou le Dogue Allemand, il n’est pas un choix idéal pour garder des biens. En effet, plus qu’à un territoire, il est attaché à - et protège coûte que coûte - des êtres vivants (son troupeau et sa famille).

Tempérament dominant

Le Mâtin Transmontano est un chien dominant très attaché à la notion de hiérarchie et très possessif par nature. Ce trait de caractère est particulièrement prononcé chez les mâles, qui ont donc besoin de trouver face à eux un maître n’ayant pas peur de s’affirmer et de faire comprendre à leur animal qui décide.

Une certaine fermeté est également nécessaire avec les femelles : elles se montrent généralement plus douces et moins rebelles, mais pas soumises pour autant, et tout aussi possessives que le mâle.

Ce trait de caractère est inhérent à la race, et peut s’expliquer par son histoire. En effet, dans les pâturages, la nourriture des chiens était - et est souvent toujours - chiche : ils ont donc appris à la défendre avec la plus grande énergie, puisque c’est une question de survie. De la nourriture, cette possessivité s’est étendue par exemple aux jouets et au panier.

Obéissance

Comme tous les chiens intelligents et habitués à agir de manière autonome, le Mâtin Transmontano a tôt fait d’être têtu. Son éducation doit donc être prise très au sérieux dès son plus jeune âge, en sachant faire montre de fermeté pour lui montrer qui décide.

Il y a toutefois de vraies différences entre les sexes : les représentants de cette race mâles ont généralement un caractère sensiblement plus affirmé que les femelles.

Naturellement dominants, ils se montrent plus fougueux et rebelles, et il est à prévoir que leur éducation donne du fil à retordre. En tout état de cause, ils ne sauraient être mis entre les mains d’un maître inexpérimenté.

Si on veut adopter un Cão de Gado Transmontano comme animal de compagnie, il est donc conseillé d’opter pour une femelle : elle possédera certes certains défauts de la race (obstination et jalousie, notamment), mais se montrera généralement plus douce et plus docile.

Besoin d'exercice

Le Mâtin Transmontano est un chien très énergique, qui a besoin de beaucoup se dépenser.

Chez le chiot, l’exercice physique doit être modéré compte tenu de sa fragilité, mais est néanmoins indispensable à une croissance normale, à l’acquisition d’une ossature puissante ainsi qu’à son développement et son équilibre psychologiques.

Pour être bien dans ses pattes et dans sa tête, un Mâtin Transmontano adulte doit pouvoir bénéficier d’au moins 2 heures d’exercice par jour. Autant dire qu’il est comblé avec un maître sportif, d’autant que des activités en commun sont autant d’occasions de partage et de complicité.

En revanche, s’il n’est pas en mesure d’être suffisamment actif, il a de fortes chances de devenir dépressif et/ou de développer divers troubles du comportement : destructions, aboiements intempestifs, agressivité...

Activités recommandées

Ce sportif inné qu’est le Cão de Gado Transmontano participe avec bonheur à toutes les activités qui impliquent de marcher, trotter ou courir, y compris sur des distances importantes. D’ailleurs, quand il est avec son troupeau, il parcourt facilement 15 à 20 km par jour.

Par conséquent, il apprécie les longues promenades quotidiennes, et il accompagne volontiers son maître pendant son jogging, ses randonnées ou encore ses balades à vélo.

On peut aussi parfaitement envisager de lui faire participer des sports canins intenses comme le cani-cross, le cani-VTT ou le flyball.

On peut aussi tout à fait envisager une discipline plus posée comme l’obéissance, qui ne fait pas de mal à ce têtu invétéré.

C’est d’autant plus vrai que, comme tous les chiens de travail, il aime accomplir des tâches – au point d’ailleurs qu’il a besoin d’avoir un rôle à remplir pour être pleinement équilibré. Le trait est par exemple parfaitement adapté, par exemple afin de l’utiliser pour transporter des affaires au cours d’une randonnée. Au-delà de l’aspect purement physique, ce type de mission le fait se sentir utile, ce qui est important pour sa stabilité psychologique.

Capacité de travail

Le Mâtin Transmontano est intrinsèquement un chien de travail, et cela ne tient pas qu’à son gabarit impressionnant : son courage, sa détermination et sa concentration infaillible en font un excellent chien de protection. Calme et serein mais sans cesse aux aguets, infatigable, il est capable de courir sur de grandes distances en terrain accidenté pour protéger son troupeau, parfois au péril de sa vie. En effet, même si cela n’est pas très fréquent, il arrive que des représentants de la race soient tués par des loups désireux de s’en prendre aux animaux qu’ils protègent.

Tout à sa mission, le Mâtin Transmontano est d’ailleurs capable de travailler en bonne intelligence avec des congénères non stérilisés, qu’ils soient du même sexe ou de sexe opposé. En effet, une fois la hiérarchie établie, il n’est pas du genre à la remettre en cause tous les quatre matins : il n’y a donc aucun problème de conflit entre les mâles, et les femelles reviennent naturellement au dominant, qui se retrouve en quelque sorte à la tête d’un harem.

Risque de fugue

Curieux et fait pour les grands espaces, grand amateur d’exploration, le Mâtin Transmontano peut avoir du mal à se contenter d’un horizon limité, même s’il dispose de beaucoup de place. De ce fait, il a tôt fait de fausser compagnie à ses maîtres.

Il peut le faire en creusant pour passer sous la clôture du jardin, en utilisant son gabarit pour en venir à bout, ou encore en passant par-dessus. En effet, il a une certaine agilité et est capable de sauter en l’air sans effort en prenant appui sur ses quatre pattes ou encore d’escalader un mur, même haut.

Il est donc nécessaire de lui apprendre très tôt à respecter les limites de son territoire, ainsi qu’à répondre aux ordres de rappel de son maître lors de promenades où il évolue librement. Tant que cela n’est pas acquis, il est préférable de le tenir en laisse ou d’investir dans un collier connecté, qui permet de le retrouver facilement en cas de fugue.

Niveau sonore

Le Mâtin Transmontano n’est pas du genre silencieux. Pour autant, à moins qu’il ne s’agisse d’un trouble du comportement causé par le manque d’activité physique ou la solitude, il n’aboie pas sans raison. S’il le fait, c’est parce qu’il a entendu un bruit qui l’inquiète, qu’il a vu quelqu’un arriver, ou encore parce qu’il réclame de l’attention et/ou veut jouer.

Son fort instinct protecteur l’amène d’ailleurs à aboyer fréquemment, surtout s’il y a beaucoup de passage devant l’endroit où il habite. Pour le confort de tous, il est donc judicieux de lui apprendre dès son plus jeune âge à essayer de bien discerner ce qui mérite effectivement de faire entendre de la voix, et à cesser net lorsqu’on le lui demande. Il serait vain toutefois d’espérer éliminer totalement ces nuisances sonores : un chien restant un chien, on peut au mieux espérer les endiguer.

Adaptation au changement

À la fois très sensible et indépendant, le Cão de Gado Transmontano apprécie une certaine routine quotidienne.

Néanmoins, il s’adapte facilement à un déménagement ou plus généralement à un changement dans son de mode de vie. Tant qu’il reste associé à la vie de famille et conserve l’attention de ses maîtres, tout va bien.

Entente avec les autres chiens

Le Cão de Gado Transmontano s’entend généralement bien avec ses congénères, mâles comme femelles, et il travaille d’ailleurs souvent avec d’autres chiens, qu’ils soient de la même race ou non. On constate toutefois des différences de comportement selon les sexes.

Le mâle vit avec (ou côtoie) d’autres mâles sans problème à partir du moment ou une hiérarchie est établie. Au contact d’une femelle, il se montre naturellement dominant, voire condescendant, mais sans pour autant être agressif.

La femelle, en présence d’un mâle (qu’il vive dans le même foyer ou pas), se soumet généralement à ce dernier, car c’est ainsi que les choses se passent dans les pâturages. Il n’y a donc pas de problème en principe, pas plus d’ailleurs qu’avec une autre femelle.

Tout ceci suppose toutefois une socialisation adéquate dès les premiers mois du chiot. En effet, le mettre régulièrement au contact d’autres chiens lui permet notamment d’acquérir les codes sociaux de son espèce et facilite les interactions avec ses congénères toute sa vie durant.

Entente avec les chats

Le Mâtin Transmontano a la réputation de plutôt bien s’entendre avec les chats – qu’ils appartiennent au foyer ou qu’ils lui soient inconnus. Il les accepte d’autant mieux qu’il a été bien socialisé (c’est-à-dire qu’il a eu l’occasion d’en fréquenter dès ses premiers mois) et que son maître lui a appris à les respecter.

Si c’est effectivement le cas, le fait qu’il soit très sûr de lui explique qu’il se montre généralement hautain envers eux et les ignore ; il n’est pas du genre à s’amuser avec eux des heures durant.

Entente avec les autres espèces

Dans les pâturages, le Mâtin Transmontano chasse les loups, mais aussi les autres animaux qui s’approchent du troupeau, y compris les lapins et les lézards. S’il doit vivre sous le même toit qu’un petit animal, il faut lui faire comprendre que ce dernier fait partie de sa famille / de son troupeau, et qu’il convient donc de le laisser tranquille. Comme ce n’est pas un fervent chasseur, il s’en désintéresse dès qu’il comprend que sa présence est légitime.

Facilité à éduquer

Le Mâtin Transmontano a besoin d’un maître expérimenté, car il n'est pas facile à éduquer. En effet, il est intelligent et comprend vite ce qu’on attend de lui, mais se montre volontiers têtu et dominant – en particulier les mâles.

Il faut donc être très disponible (surtout dans les premiers mois de vie) et très patient. Surtout, il convient de faire preuve de fermeté pour qu’il apprenne à respecter son maître, sa famille, et le cas échéant les autres animaux de la maison.

En cas de difficultés, par exemple face à un individu qui se montre vraiment peu réceptif aux apprentissages, il ne faut pas hésiter à se faire aider en faisant appel à un éducateur canin professionnel. C’est potentiellement un investissement des plus judicieux, quand on sait à quel point l’éducation influe sur la qualité de la relation et de la cohabitation tout au long des années qui suivent…

En tout cas, s’il est bien une chose que normalement il n’est pas nécessaire de lui enseigner, c’est la protection du bétail. En effet, il apprend naturellement ce rôle sur le terrain sans qu’il soit besoin de lui prodiguer une formation spécifique - a fortiori s’il vit avec des congénères plus expérimentés. On peut d’ailleurs l’intégrer très tôt au troupeau : les bergers portugais mettent les chiots au contact des bêtes dès l’âge de deux mois, et très vite ils s’occupent des agneaux. Ainsi, dès son premier anniversaire, le Cão de Gado Transmontano est déjà un excellent protecteur.

Méthode d'éducation

Bien qu’il soit essentiel de faire preuve d’une grande fermeté pour éviter qu’il ne prenne le dessus et devienne ingérable, les méthodes d’éducation positives restent les plus efficaces avec le Mâtin Transmontano.

En effet, s’il est dominant et obstiné, il est aussi très sensible. En particulier, il réagit mal aux punitions et a tôt fait de se montrer rancunier. Par conséquent, s’imposer par la force serait contreproductif – comme c’est le cas d’ailleurs pour tous les chiens. Cela ne ferait que le braquer l’animal et lui faire perdre toute confiance – et tout respect – envers son propriétaire. Vu son gabarit, cela pourrait même s’avérer dangereux : si le maître l’emporte facilement sur son compagnon lorsque ce dernier n’est âgé que de quelques mois, apprendre à ce dernier qu’on peut obtenir ce qu’on souhaite par la force a toutes les chances de se retourner un jour contre lui, une fois l’animal devenu adulte.

Plutôt que par la contrainte, la fermeté peut s’exprimer en particulier à travers l’intonation. Ainsi, on peut utiliser une voix forte – mais sans crier – pour gronder (par exemple un « Non ! » clair et sans appel), une voix douce accompagnée de caresses pour féliciter et encourager, etc. Le chien reconnaît rapidement le sens des différentes intonations et s’il se sent en confiance avec son maître, il lui obéit, heureux de lui faire plaisir. La gestuelle peut éventuellement venir en complément ; ainsi, un « Non ! » prononcé fermement peut être accompagné par exemple d’un l’index levé).

Pour autant, cette éducation ferme – voire stricte – doit aussi faire la part belle à des moments d’attention, de jeu, et à beaucoup d’affection. C’est à cette condition que le Cão de Gado Transmontano deviendra un chien docile, équilibré, très affectueux et très loyal.

Socialisation

La socialisation est essentielle pour tout chiot, quelle que soit sa race. Commencée par l’éleveur, elle doit être poursuivie par le maître, afin d’obtenir un animal bien dans sa tête toute sa vie durant.

Il est donc primordial de le mettre au contact de toutes sortes d’autres chiens (afin qu’il se familiarise avec les codes sociaux de son espèce et apprenne à communiquer avec ses congénères), d’humains et de représentants d’autres espèces dès son arrivée dans la famille. Il est tout aussi important de l’habituer à des environnements, bruits et odeurs très divers, afin qu’il n’ait pas peur de l’inconnu et soit capable d’être à l’aise en toutes circonstances.

Ceci vaut pour toutes les races, mais c’est encore plus vrai pour le Mâtin Transmontano, compte tenu de son gabarit et de sa tendance à se montrer naturellement jaloux et possessif. Il est donc essentiel de lui apprendre rapidement à partager l’attention de ses maîtres et à laisser ceux-ci toucher ses jouets ou sa nourriture. 

Apprentissage des règles

Il est indispensable de fixer et de faire respecter les règles dès l’arrivée du chien dans la famille, a fortiori si c’est encore un chiot. En effet, un chiot est plus malléable qu’un chien adulte et comprend vite ce qu’il peut faire ou ne pas faire, sous réserve que les règles soient clairement établies.

Il est donc essentiel que tous les membres du foyer soient en phase sur l’éducation et les règles à faire appliquer : si telle personne autorise un jour ce que telle autre a interdit la veille, cela ne fonctionne pas. En outre, il est bon que chacun comprenne le bien-fondé de ces règles et la nécessité de veiller de manière constante à leur respect : derrière une interdiction qui peut sembler anodine voire arbitraire, c’est l’autorité des maîtres - mais aussi le bien-être du chien - qui se jouent.  

Ceci vaut pour toute chien, mais c’est particulièrement vrai pour les races dominantes et têtues comme le Mâtin Transmontano. S’il détecte une faille ou des incohérences, il a tôt fait d’en profiter pour s’affirmer et remettre en cause l’autorité de ses maîtres – ce qui ne peut qu’aboutir à des situations chaotiques.

Au demeurant, tout chien a besoin d’un cadre stable, car cela lui permet de trouver sa place dans la famille. Une certaine confusion quant à ce qui est autorisé ou non serait d’autant plus mal ressentie que le Cão de Gado Transmontano est assez sensible ; il aurait toutes les chances de souffrir d'un réel et profond mal-être, qui pourrait se traduire par différents troubles du comportement : agressivité, destructions, etc.

Dans le cas de l’adoption d’un chien déjà adulte, l’adaptation à un nouveau foyer et à ses règles peut s’avérer problématique, en particulier s’il s’agit d’un mâle. En effet, étant assez dominant et rebelle, il risque de mettre un certain temps avant de reconnaître l’autorité de son nouveau propriétaire – et donc la légitimité des règles que ce dernier tente de lui inculquer, quand bien même certaines étaient déjà en vigueur dans son précédent foyer. Autant dire que cette période n’est pas forcément une sinécure, et qu’il faut savoir être aussi ferme que patient…

En outre, il faut dans tous les cas s’attendre à devoir réaffirmer les règles de temps à autre, car le Mâtin Transmontano est fortement susceptible de « tester » régulièrement les limites tout au long de sa vie.

Choses à apprendre en priorité

Une des premières notions que le Mâtin Transmontano doit intégrer, c’est le respect : respect du maître et de sa famille (humains comme animaux, le cas échéant), mais aussi respect des règles.

Une des premières priorités est donc de lui faire comprendre rapidement qui décide, c’est-à-dire de s’imposer comme le maître. C’est la seule façon de lui apprendre à obéir et à bien se comporter. Cependant, il faut être conscient que cela n’est pas forcément naturel pour cette race habituée à une bonne dose d’indépendance, et quelques confrontations sont à prévoir.

Il doit aussi acquérir très vite le sens du partage, car il s’agit d’un chien très jaloux et possessif. Il faut donc lui apprendre sans tarder à accepter qu’on touche à sa nourriture, à son panier ou encore à ses jouets. Il doit également apprendre à ne pas s’offusquer que ses maîtres accordent de l’attention et expriment de l’affection pour d’autres animaux ou d’autres humains.

Par ailleurs, un chiot Mâtin Transmontano exprime généralement sa joie en sautant en l’air, en donnant des coups de patte et en mordillant. Il faut lui apprendre à modérer ces ardeurs et perdre ces habitudes, car elles pourraient poser problème une fois qu’il aura atteint son gabarit adulte.
 
Sa propension à aboyer de manière excessive doit aussi être réfrénée, tant pour le bien-être de ses maîtres que pour le maintien de bonnes relations avec les voisins éventuels… Il est difficile d’aller totalement contre sa nature, car les aboiements sont pour l’essentiel la conséquence de son instinct protecteur, mais il faut au moins lui apprendre à cesser net dès qu’on lui en donne l’ordre.

Il ne faut pas non plus tarder pour apprendre à son chien le rappel, tant sa curiosité et sa soif des grands espaces peut amener le Cão de Gado Transmontano à fuguer. Pour la même raison, il est important également de lui enseigner les limites de son territoire, même si cela ne dispose pas de prévoir une solide clôture.

Enfin, comme pour tous les chiens au gabarit imposant, il est bon de l’habituer dès son plus jeune âge à se laisser manipuler. Cela facilitera tout au long de sa vie son entretien ainsi que les visites chez le vétérinaire.

En appartement ?

Le Mâtin Transmontano n’est vraiment pas un chien d’appartement, ni même de ville – et ce n’est pas qu’une question de gabarit. Il a besoin de beaucoup d’espace pour se dépenser et se sentir bien, et de simples promenades en ville, même longues, ne lui suffisent pas.

Dans le jardin ?

Une grande maison à la campagne avec un vaste jardin auquel il a librement accès constitue un cadre de vie adapté pour un Cão de Gado Transmontano, à condition toutefois qu’il ait chaque jour la possibilité d’en sortir pour élargir son horizon et se défouler pleinement.

Ce chien de travail est habitué à passer le plus clair de son existence en extérieur, aux côtés du troupeau dont il a la charge. Il peut donc vivre sans problème dehors, surtout s’il se trouve en compagnie d’autres chiens, comme c’est le cas dans les pâturages. Il faut toutefois veiller le cas échéant à ce qu’il dispose d’un abri (par exemple une niche) pour se protéger de la chaleur, du froid ou des intempéries.

Qu’il soit installé dehors ou dans la maison, une solide clôture est indispensable. Néanmoins, elle ne suffit pas toujours à l’empêcher de fuguer, que ce soit en creusant dessous, en l’escaladant ou en la détériorant d’une façon quelconque. Il est donc important de lui apprendre également dès son plus jeune âge à respecter les limites de son territoire, même s’il est difficile de lui faire totalement confiance en la matière.
 
En tout cas, il ne saurait être question de l’empêcher de fuguer en l’attachant ou en l’enfermant dans un chenil. Fait pour les grands espaces et la liberté, il aurait toutes les chances d’être très malheureux et de développer des troubles du comportement, tels que des aboiements intempestifs.

Il faut aussi savoir que le Cão de Gado Transmontano a tendance à creuser beaucoup. Même s’il dispose d’une niche ou s’il a la possibilité de rentrer dans la maison, il est capable de creuser en quelques minutes des trous assez grands pour s’y coucher, à la recherche de chaleur ou au contraire de fraîcheur, selon la saison. Il n’est donc pas forcément le meilleur ami des personnes qui ont la main verte et aiment avoir un jardin toujours immaculé… Cependant, on peut lui apprendre quand il est petit à ne pas le faire, en lui signifiant que c’est interdit ou en détournant son attention avec un jouet ou un os à mâcher. Une autre option consiste à lui concéder une zone délimitée du jardin dans laquelle il peut s’en donner à cœur joie, et lui apprendre que c’est seulement là qu’il a le droit de creuser. Dans un cas comme dans l’autre, cela suppose une certaine vigilance au début, pour être en mesure d’intervenir dès qu’on le voit gratter la terre.

Comme premier chien ?

Du fait de son gabarit ainsi que de son caractère dominant, têtu et jaloux qui nécessite une éducation ferme, le Cão de Gado Transmontano n’est pas vraiment pas conseillé pour les primo-adoptants.

Pour une personne peu disponible ?

Les premiers mois, le Mâtin Transmontano a besoin d’un maître très disponible, car son éducation est aussi cruciale que potentiellement chronophage.

En tout état de cause, il n’aime pas être seul, surtout s’il n’a rien à faire – et cela vaut quel que soit son âge.

Dès lors qu’il est utilisé comme chien de travail pour garder des troupeaux, il peut sans problème rester plusieurs jours sans voir son maître, tout occupé qu’il est à sa tâche.

En revanche, un individu utilisé comme simple animal de compagnie tend à vivre très mal les absences de son propriétaire. Il est donc nécessaire de l’y habituer dès son jeune âge, ne serait-ce que pour éviter qu’il souffre d’anxiété de séparation. Lui faire partager son foyer avec un congénère ou un représentant d’une autre espèce est également une piste à envisager, car sa compagnie ne peut être qu’être bénéfique pour lui.

Pour une personne sportive ?

Un maître sportif est idéal pour cet animal très énergique qu’est le Cão de Gado Transmontano. C’est d’autant plus vrai que partager des activités physiques avec son propriétaire ne peut que renforcer la proximité qu’il entretient généralement avec lui.

Il fait donc un compagnon de choix pour qui cherche un chien susceptible de l’accompagner pendant ses activités sportives (course à pied, vélo, randonnées…) ou de pratiquer des sports canins comme le cani-cross ou le cani-VTT.

Pour une personne âgée ?

Compte tenu de son important besoin d’activité (au moins deux heures par jour), de son gabarit et de sa force, de son tempérament affirmé et de la difficulté qu’il y à l’éduquer, le Mâtin Transmontano ne convient pas du tout à une personne âgée et/ou sédentaire.

Pour une personne allergique ?

Que ce soit tout au long de l’année ou lors de ses mues bisannuelles, le Mâtin Transmontano ne perd que peu de poils.

Il n’est pas pour autant considéré comme hypoallergénique. Au demeurant, il convient d’avoir en tête que les poils ne sont pas seuls en cause dans les cas d’allergies : des allergènes se trouvent aussi par exemple dans la salive et dans l’urine.

Pour un petit budget ?

Le Mâtin Transmontano n’est pas le meilleur choix pour une personne au budget limité.

En effet, au-delà du fait que son prix à l’achat est loin d’être négligeable, son gabarit implique un budget alimentation assez conséquent. En outre, les antiparasitaires et certains médicaments sont fonction du poids de l’animal, et reviennent donc toujours plus chers pour un grand chien que pour un petit.

Il faut toutefois reconnaître que le Cão de Gado Transmontano compense en partie ces inconvénients en ne nécessitant généralement pas le recours à un toiletteur professionnel pour son entretien, et en ayant une santé robuste.  

Cela dit, concernant ce dernier point, aucun individu n’est pas à l’abri de tomber malade ou d’avoir un accident, et la facture peut alors grimper très vite. Il est donc souvent judicieux de souscrire une assurance santé pour son chien, afin d’éviter de se retrouver dans une situation financière difficile - voire intenable - en cas de problème.

La santé du Mâtin Transmontano pose rarement problème : c’est un chien rustique connu pour être très robuste, sans doute en partie parce que la sélection naturelle a fait son oeuvre tout au long de son histoire. Son espérance de vie de 12 ans est d’ailleurs supérieure à celle des autres races de chien géantes, qui se situent plutôt autour de 10 ans.

Résistance au froid et à la chaleur

Habitué à rester dehors avec le troupeau dont il a la charge, le Cão de Gado Transmontano résiste bien au froid et aux intempéries, mais aussi à la chaleur. Au besoin, il creuse un trou dans le sol et s’y couche : cela lui procure de la fraîcheur pendant les fortes chaleurs estivales, et de la chaleur au plus fort de l’hiver.

Maladies

Dans l’ensemble, le Mâtin Transmontano a peu de problèmes de santé. Néanmoins, cela ne l’empêche pas d’être davantage sujet à certaines maladies :

 

  • la dilatation - torsion de l’estomac, un problème assez courant chez les grandes races et les races géantes. L’estomac gonfle et se replie sur lui-même, ce qui empêche l’évacuation des gaz et la bonne circulation du sang dans la zone. Sans l’intervention rapide d’un vétérinaire, l’issue est fatale ;

 

  • la dysplasie de la hanche, souvent bilatérale et fréquente elle aussi chez les grandes races. Elle correspond à une malformation articulaire (la tête du fémur n’est pas bien en place dans son orifice) dont l’apparition peut être favorisée par une prédisposition héréditaire. Elle est à l’origine de douleurs, boiteries, difficultés à se mouvoir, et généralement d’arthrose au bout de quelques années. Diagnostiquée de façon précoce, elle peut être opérée avec d’excellents résultats. Dans le cas contraire, il reste possible dans certains cas d’atténuer les symptômes par divers traitements médicamenteux ou chirurgicaux ;

 

  • la dysplasie du coude, qui consiste elle aussi en une malformation articulaire, mais cette fois au niveau du coude. Là aussi, les plus grandes races sont les plus souvent touchées, et l’apparition du problème peut être favorisé par une prédisposition héréditaire. Les symptômes sont proches de la dysplasie de la hanche : douleurs, boiterie, difficultés à bouger, et arthrose avec l’âge. Si elle est décelée très tôt, elle est guérissable via une intervention chirurgicale. À défaut, il est possible d’atténuer les symptômes via un traitement médicamenteux ou chirurgical, voire de faire totalement disparaître ;

 

  • le prognathisme, un problème de malocclusion dentaire qui peut être héréditaire. Il est dit inférieur lorsque la mâchoire inférieure dépasse largement la mâchoire supérieure, et supérieur dans le cas contraire. Dans les cas graves, les canines inférieures peuvent blesser le palais, voire gêner la croissance de la mâchoire, et il est alors nécessaire de les extraire. Dans les cas les plus extrêmes, l’animal a des difficultés à respirer et/ou à s’alimenter, ce qui peut lui être fatal. Toutefois, la plupart du temps, le phénomène est modéré et sans réelles conséquences autres qu’esthétiques – il n’y a d’ailleurs qu’il n’y a rien de particulier à faire, faute de pouvoir y remédier ;

 

  • les infections des oreilles, et notamment les otites externes, favorisées par le fait que ses oreilles sont tombantes. En effet, cette particularité morphologique implique que de l’humidité ou des saletés s’y accumulent facilement.

Risque d'obésité

Le Mâtin Transmontano développe facilement de l’embonpoint dès lors qu’il n’est pas suffisamment en mesure de se dépenser.

Il est donc important de suivre rigoureusement l’évolution de son poids en le pesant tous les mois. En cas d’augmentation qui se confirme voire s’amplifie sur plusieurs mesures d’affilée, une consultation chez un vétérinaire s’impose. En effet, seul un professionnel de santé est à même de déterminer la cause (manque d’exercice, nourriture trop riche ou donnée en quantité trop importante, réaction à un médicament…) et indiquer dès lors comment y remédier.

Il ne faut pas attendre, au risque que le chien se retrouve en plein cercle vicieux : le fait d’être en surpoids le rend généralement moins actif, ce qui ne peut qu’aggraver la situation.

Causes de mortalité

Compte tenu de la robustesse de la race, la plupart des Mâtins Transmontanos traversent l’existence en parfaite santé et meurent simplement de vieillesse.

Certains n’ont pas cette chance ; au-delà du cas des individus vaincus par une maladie, certains de ceux qui sont utilisés pour la protection des troupeaux décèdent justement dans le cadre de cette mission, vaincus par des loups ou des représentants d’autres espèces (sangliers, par exemple).

Adoption en bonne santé

Qu’on adopte son chien dans le pays où on réside ou qu’on le fasse venir directement du Portugal, il est primordial de s’adresser à un éleveur de Mâtin Transmontano sérieux.

 

En effet, non content d’offrir aux chiots une socialisation de qualité dès leurs premières semaines de vie, un professionnel digne de ce nom veille au grain sur leur santé, notamment en faisant en sorte qu’ils soient régulièrement suivis par un vétérinaire. Il s’efforce aussi de réduire la probabilité qu’ils héritent certaines tares de leurs parents, et pour cela n’hésite pas à faire effectuer différents tests génétiques sur les reproducteurs envisagés : ceci permet d’écarter ceux qui présentent un risque d’une telle transmission.

En plus des résultats des tests en question, il doit être en mesure de fournir un certificat de bonne santé délivré par un vétérinaire ainsi que les documents relatifs aux soins et aux vaccins reçus, consignés dans le carnet de santé / de vaccination de l’animal.

Fragilité en période de croissance

Comme c’est le cas pour toutes les races (et en particulier pour celles de grande taille, qui connaissent parfois des poussées de croissance impressionnantes), le chiot Mâtin Transmontano est particulièrement fragile durant ses premiers mois.

Il faut donc lui épargner tout exercice physique intense et/ou prolongé, ainsi que les montées ou descentes d’escaliers. En effet, ses os et ses articulations ne deviendront réellement solides qu’une fois qu’il aura achevé son développement et atteint son gabarit adulte.

À défaut, il risquerait non seulement de se blesser, mais aussi de souffrir de malformations et/ou de séquelles à vie. Les conséquences pourraient être graves à plus ou moins long terme ; en particulier, cela pourrait favoriser l’apparition de problème osseux ou articulaires comme la dysplasie.

Maintien en bonne santé

Pour être sûr de garder son chien en bonne santé, il est indispensable de l’emmener régulièrement faire un bilan complet chez un vétérinaire : d’abord une fois par an, puis plus souvent au fur et à mesure qu’il vieillit. Cela permet également de ne pas oublier ses rappels de vaccins, qui peuvent être effectués par la même occasion et sont indispensables pour le prémunir de certaines maladies potentiellement fatales.

Il incombe également au maître de protéger son animal tout au long de l’année en lui administrant en temps et en heure les antiparasitaires nécessaires. Cela vaut pour tout chien, mais c’est encore plus crucial pour ceux qui comme le Mâtin Transmontano passent beaucoup de temps dehors.

La reproduction du Cão de Gado Transmontano est marquée par un fait assez curieux, du moins dans le cas des individus utilisés pour travailler dans les pâturages : d’ordinaire soumises au mâle dominant, les femelles deviennent parfois monogames et se mettent à ne plus accepter qu’un seul mâle dans le groupe, rejetant les autres.

Nombre de chiots par portée

La femelle Mâtin Transmontano donne généralement naissance à une portée comptant de 3 à 8 chiots (5 en moyenne).

Il n’est pas difficile de prendre soin d’un Mâtin Transmontano, car c’est un chien peu exigeant en termes d’entretien.

Entretien du pelage

Recourir à un professionnel n’est nullement nécessaire pour entretenir le pelage de cet animal rustique qu’est le Cão de Gado Transmontano. En effet, ses poils n’ont pas tendance à s’emmêler, et il n’en perd qu’assez peu tout au long de l’année.

De fait, un brossage hebdomadaire suffit généralement pour éliminer les poils morts et les impuretés éventuelles. Une fréquence accrue s’impose toutefois lors des mues de printemps et d’automne : il est alors nécessaire de le faire deux à trois fois par semaine.

Bains

De façon générale, il est déconseillé de donner des bains au Mâtin Transmontano, car cela rend son pelage moins protecteur et irrite sa peau.

Cela n’en reste pas moins nécessaire si celui-ci est vraiment sale ou si des substances collantes ou nocives s’y sont invitées. Il faut alors veiller à utiliser un shampooing spécialement conçu pour la gent canine, car la peau d’un chien et celle d’un humain n’ont pas le même pH : un produit adapté pour une des deux espèces ne l’est pas pour l’autre.

Entretien des oreilles

La forme tombante des oreilles du Cão de Gado Transmontano favorise l’accumulation de saletés, d’humidité et de cérumen : il est donc davantage exposé au risque d’infections à ce niveau (des otites, par exemple).

Par conséquent, il est important de les inspecter au moins une fois par semaine et de les nettoyer avec un coton imbibé d’une solution nettoyante adaptée, en prenant garde de ne rien enfoncer dans le conduit auditif. Il convient également de les sécher lorsqu’elles sont mouillées (par exemple au retour d’une promenade dans un environnement humide ou après une baignade), et de ne pas tarder à réagir dès les premiers symptômes d’infection (généralement en se tournant vers un vétérinaire).

Entretien des yeux

Le Mâtin Transmontano n’a pas les yeux particulièrement fragiles, mais il convient comme pour tout chien de les inspecter une fois par semaine afin de s’assurer qu’il n’y a pas de blessure ou de début d’infection. Un nettoyage (avec une lotion spécifique) s’impose si on constate alors la présence de croûtes, de taches ou de sécrétions, mais n’est pas nécessaire dans le cas contraire.

Entretien des dents

Comme pour les humains, l’hygiène bucco-dentaire est importante chez le chien. Elle permet en effet d'éviter la formation de tartre, responsable de problèmes comme la mauvaise haleine, la gingivite ou la parodontose.

Idéalement, il convient de lui brosser les dents tous les jours, mais le faire au moins une fois par semaine est déjà mieux que rien. On utilise pour cela une brosse à dents ou un doigtier, ainsi qu’un dentifrice spécialement destiné aux chiens.

Entretien des griffes / ongles

Le Mâtin Transmontano étant un chien très énergique et qui adore creuser, il y a de grandes chances que l’usure naturelle suffise à limer ses ongles, en particulier dans le cas d’un sujet en pleine forme physique. En revanche, dès lors qu’il n’est pas très actif (par exemple s’il est âgé ou malade), il est généralement nécessaire de les tailler de temps à autres.

De fait, si on les entend frotter quand il marche sur une surface dure, c’est le signal qu’ils sont devenus trop longs et qu’une coupe s’impose. À défaut, ils risquent de le gêner pour marcher, voire de se casser (et potentiellement alors de le blesser ou de saigner, causant ainsi une infection).  

La coupe doit être effectuée avec un accessoire spécialement conçu à cette fin. Si on craint de mal s’y prendre, il est toujours possible de faire appel à un toiletteur professionnel.

Entretien au retour à la maison

Après tout long moment en extérieur (qui dans son cas peut avoir duré plusieurs jours voire semaines, dès lors qu’il est utilisé pour la garde de troupeaux), il est indispensable d’effectuer une inspection rapide mais complète du Cão de Gado Transmontano, comme c’est d’ailleurs le cas pour n’importe quel chien. Elle doit concerner non seulement les oreilles, les yeux, les pattes et les coussinets, mais aussi plus largement l’ensemble du corps : cela permet de déceler au plus vite d’éventuels blessures, parasites, épillets, etc.

Initiation au toilettage

Le fait que le Mâtin Transmontano soit un chien peu exigeant en la matière ne veut pas dire qu’il est possible de négliger son entretien. Pour apprendre les bons gestes afin de réaliser ce dernier de manière efficace sans risquer de le blesser, il peut être intéressant de se former la première fois auprès d’un toiletteur professionnel ou d’un vétérinaire.

En tout cas, il ne faut pas attendre pour s’y mettre : plus un chien est habitué tôt à se laisser manipuler, plus il considère cela comme normal et se laisse faire facilement toute sa vie durant. C’est d’autant plus utile pour un animal comme lui, puissant et pas forcément très conciliant…

Nourriture recommandée

Des croquettes de haute qualité conviennent parfaitement au Mâtin Transmontano, à condition de choisir des produits et de donner des rations adaptés à ses besoins. Ces derniers dépendant de son âge, son gabarit, son état de santé et son niveau d’activité, ils peuvent être très différents d’un individu à l’autre.

Ils peuvent aussi l’être d’une période à l’autre, en particulier dans le cas d’un chien utilisé pour travailler en extérieur : en effet, il est alors nécessaire de le nourrir différemment en hiver ou lors des transhumances (non seulement en jouant sur les quantités, mais aussi sur la qualité, en optant par exemple pour des aliments contenant davantage de lipides ou de protéines). En revanche, il faut alors bien penser à revenir aux produits et quantités habituels en période normale, pour éviter toute prise de poids.

En tout cas, compte tenu de l’importance que revêt l’alimentation pour avoir un chien en bonne santé, il ne faut pas hésiter à solliciter l’expertise d’un vétérinaire.

Alimentation du chiot

Bien que sa taille double au cours des six premiers mois et que sa structure osseuse soit appelée à devenir exceptionnellement solide, le chiot Mâtin Transmontano mange relativement peu.

Il possède en effet un métabolisme particulier, qui lui permet d’assimiler le moindre nutriment dont il a besoin pour bien grandir. Il faut dire en effet que dans le pays d’origine de la race, le Portugal, les chiots sont intégrés au troupeau dès l’âge de deux mois, et la nourriture n’est guère abondante. Le plus souvent, il s’agit de bouillon avec des pommes de terre et parfois – mais pas toujours – un peu de viande. Les adultes mangent en premier, et les chiots doivent se contentent des restes.

L’idéal n’en reste pas moins de fournir au chiot une nourriture de qualité appropriée à son âge, qu’on distribue en deux repas. Des croquettes adaptées et éventuellement du poulet cuit conviennent très bien. En tout cas, lui donner une nourriture trop riche ou des suppléments à base de calcium serait une erreur.

En cas de doute, il ne faut pas hésiter à demander l’avis d’un vétérinaire, d’autant que ses besoins évoluent rapidement tout au long de ses premiers mois d’existence.

Fréquence des repas

Il convient de nourrir le Mâtin Transmontano deux fois par jour, de préférence à heure fixe le matin et le soir, afin d’établir une routine qui entretient sa confiance envers son maître.

Surtout, cela permet de réduire le risque de dilatation-torsion de l’estomac, auquel cette race est particulièrement exposée. S’assurer que les repas sont pris dans le calme et qu’il ne fait pas d’exercice intense dans l’heure qui précède et surtout dans celle qui suit sont les deux autres règles d’or pour l’en prémunir.

Éviter l'obésité

Le Mâtin Transmontano peut prendre assez facilement du poids. En effet, même s’il n’est pas réputé pour être glouton, son besoin d’exercice élevé fait qu’un léger manque à ce niveau peut finir par se traduire sur la balance. En outre, même si ce n’est pas une caractéristique de la race, un individu peut parfaitement s’avérer être plus gourmand que la moyenne.


En tout état de cause, certaines bonnes habitudes permettent de limiter le risque qu’un chien prenne du poids :

 

  • toujours mesurer les rations données, et s’assurer qu’elles soient conformes à ce qui est recommandé compte tenu de ses besoins du moment. Il ne faut d’ailleurs pas hésiter à solliciter l’expertise d’un vétérinaire sur le sujet ;

 

  • ne pas avoir recours aux friandises trop souvent, ou prévoir des friandises allégées. On peut aussi déduire l’apport calorique correspondant de la ration quotidienne de nourriture donnée à l’animal ;

 

Hydratation

Le Mâtin Transmontano boit beaucoup ; il est donc indispensable qu’il ait toujours accès à de l’eau propre et fraîche, et d’en prévoir une bonne quantité lors des sorties et autres activités en extérieur. En tout état de cause, mieux vaut emporter une bouteille d’eau ou une gourde qui lui est réservée puis veiller à le faire boire régulièrement : cela évite qu’il se désaltère dans des mares ou des flaques d’eau croupie, car il pourrait alors contracter diverses maladies.

Comme chien de garde

Qu’il s’agisse de brebis, de vaches, de chèvres ou de ses humains, le Mâtin Transmontano est un protecteur né. Pour autant, il n’est pas fait par exemple pour rester seul à ne rien faire en prévision d’une hypothétique menace. Contrairement par exemple à un Dobermann, ce n’est donc pas un bon gardien pour sécuriser des locaux ou des marchandises.

En revanche, en cas de danger, il n’hésite pas à défendre son « troupeau » quel qu’il soit (bétail ou membres de sa famille, humains comme animaux). Ainsi, même si à la base il n’est pas agressif envers l’Homme, le Mâtin Transmontano est tellement protecteur qu’il est tout à fait possible qu’il s’en prenne physiquement à un ou des agresseurs – ou du moins supposés tels.

Comme chien de berger

Le Mâtin Transmontano est apte à assumer la tâche de chien de conduite de troupeaux, même s'il n'en est pas un à proprement parler. En effet, dans sa région natale de Trás-os-Montes, au Portugal, il arrive souvent qu’il n’y ait qu’un ou deux de ces chiens avec le bétail, notamment quand il s’agit d’un troupeau réduit (50 à 100 têtes) : ils doivent alors à la fois protéger et mener ce dernier. En revanche, dans les grands troupeaux, on trouve à la fois des chiens de conduite et des Cãos de Gado Transmontanos dont le rôle se cantonne à la sécurité des bêtes.

En effet, ce chien est d’abord et avant tout spécialisé dans la protection des troupeaux, plus particulièrement contre le loup. Courageux, puissant et concentré en permanence sur sa tâche, il peut parcourir des kilomètres dans la montagne aux côtés d’un troupeau, et est prêt à mourir pour le défendre. C’est son travail depuis toujours, et il continue d’y exceller de nos jours.

Il arrive fréquemment qu’arrivé à l’âge adulte, le Mâtin Transmontano noue de vrais liens avec les bêtes qu’il protège. Il est capable de distinguer chacune d’entre elles, on le voit fréquemment les lécher, et parfois il se place au milieu d’elles, au coeur du troupeau. Cette connexion est telle qu’au Portugal, un troupeau est souvent vendu accompagnés du ou de ses chien(s).

Il convient toutefois de souligner que les bergers préfèrent les mâles aux femelles : ils sont physiquement plus imposants, et plus agressifs envers les prédateurs.

Comme chien de compagnie

Alors qu’autrefois les éleveurs ne s’intéressaient qu’aux qualités du Mâtin Transmontano en termes de travail, et plus précisément à sa capacité à protéger les troupeaux contre les loups, ils veillent aujourd’hui à ce qu’il soit également de bonne composition avec l’Homme, faisant preuve de loyauté et d’affection à son égard.

De fait, il est possible d’adopter un représentant de la race comme chien de compagnie, à condition de privilégier les femelles, plus douces, de vivre dans une maison à la campagne, et d’être très disponible. Ceci est particulièrement vrai les premiers mois, car c’est un chien intelligent mais dominant et têtu, dont l’éducation peut prendre un temps conséquent.

Elle doit aussi être ferme et menée avec un certain savoir-faire, ce qui explique qu’ il n’est pas conseillé pour des primo-adoptants.

Son important besoin d’exercice explique qu’il ne l’est pas davantage pour des personnes sédentaires et/ou âgées et/ou sédentaires, et qu’il faut une certaine disponibilité toute sa vie durant pour être en mesure de s’en occuper convenablement.

Comme chien de compétition

Le Cão de Gado Transmontano est joueur, énergique et aime travailler : cela en fait un candidat de choix pour pratiquer des sports canins et participer à des compétitions sportives (flyball, obéissance, agility, etc.).

Par ailleurs, au Portugal comme ailleurs, les éleveurs font régulièrement participer leurs chiens à des concours de travail sur troupeau. Ceux-ci ont ainsi l’occasion de montrer leurs qualités et leurs compétences, et cela contribue à mieux faire connaître la race.

Comme chien d'exposition

Comme les concours, les expositions canines sont un moyen de diffuser la race et de la faire connaître. D’ailleurs, avant même sa reconnaissance officielle, les éleveurs de Cão de Gado Transmontano avaient déjà l’habitude de présenter leurs plus beaux spécimens lors d’expositions canines, quand bien même ceux-ci n’étaient pas autorisés à concourir officiellement. Ils continuent depuis à le faire.

Quel que soit le pays et comme pour toutes les races, le prix d’un chiot Mâtin Transmontano peut varier en fonction de la renommée de l’élevage et de la lignée dont il est issu, ainsi que de ses caractéristiques propres, notamment sa conformité au standard et ses traits de caractère.

En France, Belgique et Suisse

Le Mâtin Transmontano n’est encore que très peu présent en France, puisqu’on ne compte guère plus d’une poignée d’éleveurs. Ils proposent généralement leurs chiots entre 900 et 1200 euros.

Il est presque impossible de le trouver en Belgique et en Suisse, où sa présence est encore plus limitée. Cependant, on peut penser que sa reconnaissance par la FCI devrait faire changer les choses, et amener ces pays à s’y intéresser davantage.

En attendant, le plus simple pour un candidat à l’adoption basé en Belgique ou en Suisse est de se tourner vers un éleveur portugais ou français.

Au Canada

Il est extrêmement difficile de trouver un Mâtin Transmontano à adopter au Canada. S’ils ne se tournent pas directement vers le Portugal, les candidats à l’adoption peuvent avoir intérêt à chercher du côté des États-Unis, où la race commence à être (un peu) présente depuis son introduction en 2008. Les éleveurs proposent généralement des chiots à prix situé entre 1200 et 1800 dollars américains.

Dans son pays d'origine

Compte tenu du fait que le Cão de Gado Transmontano n’est encore que très peu présent en dehors de son pays, adopter un spécimen né au Portugal est une option à envisager sérieusement – voire parfois la plus réaliste, en fonction du pays où on réside.

Le prix d’un chiot Mâtin Transmontano au Portugal est de l’ordre de 900 à 1000 euros.

Importation depuis l'étranger

Dans le cas où on décide d’adopter un chiot Mâtin Transmontano depuis l’étranger, il est indispensable de bien se renseigner sur la législation concernant l’importation d’un chien dans le pays où on habite et de s’y conformer, afin de ne pas avoir de mauvaise surprise.

Il faut également penser que différents surcoûts viennent alors s’ajouter au prix du chiot : transport, taxes, inscription au registre national, etc.

Mises en garde

Comme pour n’importe quelle race, il ne saurait être question de choisir un chiot Mâtin Transmontano sur la seule base du prix. En effet, il peut être judicieux d’investir un peu plus afin d’avoir la certitude d’adopter auprès d’un élevage sérieux et de qualité : cela maximise les chances d’avoir un animal en bonne santé et bien dans sa tête.

Un éleveur sérieux met tout en œuvre pour réduire le risque de transmission d’une tare héréditaire, en faisant passer des tests génétiques aux reproducteurs envisagés et en excluant systématiquement eux qui présentent un risque prononcé de transmission d’une tare héréditaire à leurs descendants. Il prend grand soin de ses chiens, s’investit dans leur socialisation et leur éducation, ce qui se répercute forcément sur les qualités mentales des petits. Enfin, en plus de leur bien-être mental, il s’assure du bon développement des chiots en termes de santé, à travers notamment un suivi médical rigoureux et ne lésinant pas sur les moyens.

En tout état de cause, il est fortement conseillé de visiter l’élevage et de passer un peu de temps avec le chiot qu’on compte adopter, et si possible avec ses parents. Cela permet de voir dans quelles conditions vivent les chiens et de s’assurer qu’ils semblent équilibrés.

Ceci est vrai pour toutes les races, mais est d’autant plus crucial pour le Mâtin Transmontano, qui est un chien puissant et doté d’un caractère dominant. D’ailleurs, un éleveur digne de ce nom ne manque pas de s’assurer que les candidats à l’adoption sont conscients des caractéristiques de cette race et capables d’être à la hauteur.

Avis & conseils Mâtin Transmontano

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