Saint-Hubert

Saint-Hubert

Autres noms : Bloodhound
Nom d'origine : Chien de Saint-Hubert
Groupe : Chien courant, Chien de recherche au sang et races apparentées
Standard : Standard FCI N°84

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Qualités du Saint-Hubert

Tempérament du Saint-Hubert

Affectueux
Aime les enfants
Calme
Facile à éduquer
Joueur
Peut rester seul
Protecteur
S'entend avec d'autres animaux
Sociable

Le Saint-Hubert au quotidien

A peu besoin d'exercice
Aboie peu
Bave peu
Mange peu
Nécessite peu d'entretien
Perd peu ses poils
Peu coûteux à toiletter
Peu enclin à l'obésité
Santé robuste

Caractéristiques du Saint-Hubert

Espérance de vie
12 ans
Poids de la femelle
De 40 à 48 kilos
Poids du mâle
De 46 à 54 kilos
Taille de la femelle
De 62 à 62 cm
Taille du mâle
De 68 à 68 cm

Le Saint-Hubert : pour qui ?

Avec des enfants
Comme premier chien
En appartement
Pour personne peu disponible
Pour personne âgée
Pour petit budget

Informations sur le Saint-Hubert

L’histoire du Chien de Saint-Hubert

Le Chien de Saint-Hubert, un chien courant de grande taille, est un excellent limier ayant des origines lointaines. Il est connu et apprécié depuis des siècles pour son flair exceptionnel et pour ses bonnes aptitudes à la chasse.

 

Il fut élevé dès le 7ème siècle dans l’actuelle Belgique par les moines de l'abbaye de Saint-Hubert, et descend de chiens de chasse à courre de couleur noire qui étaient employés par le moine - puis évêque - François Hubert (656-727). Toute sa vie durant, ce chasseur passionné éleva des chiens capables de suivre tous types de pistes, même déjà anciennes. Rapidement canonisé après sa mort, il devint le saint patron des chasseurs au moins dès le 11ème siècle, comme en témoignent des documents datant de cette époque.

 

Il donna également son nom à la race qui naquit grâce à lui, même s’il est assez difficile d’établir la véritable date à laquelle cette dernière apparut. Les spécialistes estiment toutefois que le Chien de Saint-Hubert vit le jour entre l’an 750 et l’an 900, c’est-à-dire après la mort de l’évêque.

 

Quoi qu’il en soit, ces grands chiens courants se répandirent dans les Ardennes et ailleurs en Belgique, se montrant très utiles pour s’attaquer au gros gibier qu'abritaient les forêts étendues de cette région. On vanta rapidement leur robustesse et leur endurance, surtout dans le cadre de la chasse à courre au sanglier.

 

La race prospéra au Moyen Âge et fut largement utilisée pour la chasse, tant en Belgique qu’en France. Par ailleurs, elle évolua un peu au fil du temps : alors que les premiers individus étaient tous noirs, des spécimens noir et feu firent leur apparition.

 

Au 11ème siècle, elle fut importée en Angleterre par Guillaume le Conquérant, à la suite de l’invasion de 1066. Ce chien y fut largement utilisé comme cadeau pour les rois et autres nobles.

 

Au 12ème siècle, il fut présenté par les moines à Charles IX, le roi des Francs. Ces derniers le décrivirent comme convenant particulièrement pour la chasse aux cerfs et aux sangliers. Cependant, le monarque ne tomba pas vraiment sous le charme : ce ne fut que bien plus tard qu’un roi de France, Henri IV (1553-1610), décida d’élever des Chiens de Saint-Hubert pour chasser.

 

La première mention connue de la race dans le domaine de la littérature remonte au 13ème siècle et se trouve dans Guillaume de Palerme, un long poème français qui relate l’histoire de ce chevalier présenté comme « noble, preux et vaillant », enlevé par un loup-garou puis recueilli par l’empereur de Rome.

 

Au 16ème siècle, la race était toujours très appréciée au Royaume-Uni et ailleurs. Chasseuse aguerrie, la reine Elizabeth Ière (1533 – 1603) en possédait même une meute.

 

En France, la révolution de 1789 marqua un coup d’arrêt à son développement. En effet, avec la fin des grandes chasses à courre dans lesquelles ils étaient jusqu’alors utilisés, bon nombre de ses représentants moururent. Les historiens estiment même que le Saint-Hubert disparut totalement du pays à cette époque.

Le développement du Saint-Hubert moderne en Angleterre et aux États-Unis

Si le Saint-Hubert connut une période trouble en France, il continuait toutefois d’être présent et très apprécié ailleurs, notamment en Angleterre.  Il y était utilisé non seulement pour chasser, mais aussi, à partir des toutes premières années du 19ème siècle, pour aider les forces de l’ordre à traquer les malfaiteurs (voleurs, braconniers…). En effet, les Anglais se rendirent compte que l’excellent odorat de ce chien pouvait aussi être utile pour la recherche des personnes. Cette époque vit donc le Chien de Saint-Hubert utilisé pour une nouvelle mission (bien que certains écrits pourraient laisse penser que des représentants de la race auraient déjà été employés pour la traque d’humains au cours du 16ème siècle).

 

Quoi qu’il en soit, c’est justement en Angleterre que fut développé le Chien de Saint-Hubert moderne, sensiblement plus petit que les ancêtres qui l’avaient précédé. Selon les spécialistes, cette évolution morphologique est due à des croisements avec des Talbots, un chien français ou belge de couleur blanche et d’apparence similaire. Les individus issus de ces croisements reçurent le nom de Bloodhound (qui signifie « chien de sang », une expression diminutive du terme « chien de sang pur » utilisé pour décrire cette race).

 

L’ère victorienne (1837 – 1901) fut caractérisée par une diffusion croissante de ce chien, et ce pour au moins deux raisons. En premier lieu, elle vit l’apparition et la multiplication des expositions canines modernes, évènements dans lesquels il était bien représenté. En outre, quelle que soit leur race, les chiens commençaient à être vus comme des animaux de compagnie et non comme de simples assistants de travail ; dans ce cadre, le côté exotique et inhabituel du Saint-Hubert lui permit de se faire remarquer positivement par la population anglaise. Comme si cela n’était pas suffisant, le reine Victoria elle-même adorait ces chiens, et en possédait d’ailleurs plusieurs. L’un d’eux participa d’ailleurs à une exposition en 1869.

 

Si le Royaume-Uni fut le territoire où le Saint-Hubert que l’on connaît aujourd’hui fut développé, la race avait déjà posé ses pattes sur le territoire américain au tout début du 17ème siècle. Au cours du siècle suivant, Benjamin Franklin (1706-1790) fut d’ailleurs l’auteur de textes décrivant son fort intérêt pour la race, notamment parce qu’elle permettait de traquer les peuples natifs et de se défendre contre eux. Plus tard, elle fut également beaucoup utilisée dans les États du sud, notamment pour rechercher les esclaves évadés.

 

Sa réputation aux États-Unis fut tachée par ces missions qui lui étaient confiées, au point qu’il put être perçu comme un animal cruel et vicieux. C’est d’ailleurs ainsi qu’il fut décrit en 1852 par la romancière Harriet Beecher Stowe dans son roman anti-esclavagiste intitulé La case de l’oncle Tom. L’intérêt des Américains pour le Bloodhound déclina fortement à partir du milieu du 19ème siècle, jusqu’à un tournant survenu en 1888. C’est en effet cette année-là que trois représentants de la race participèrent au Westminster Kennel Club Dog Show, qui est aujourd’hui encore une des expositions canines les plus célèbres tant au niveau national que mondial. Un certain nombre de personnes s’intéressèrent alors de nouveau à chien, qui parvint à gagner de nouveau le cœur des Américains.

L’évolution du Chien de Saint-Hubert au cours des siècles

Au regard de la longue histoire du Chien de Saint-Hubert et des divers croisements qu’il connut, il est aisé de supposer qu’il a potentiellement beaucoup évolué.

 

C’est indéniablement le cas de sa morphologie. En effet, le chien que nous connaissons aujourd’hui a une apparence différente de celle du Saint-Hubert initial, qui était vraisemblablement plus grand et plus imposant.

 

Certains éléments autorisent aussi à penser que son tempérament a lui aussi changé. En effet, des écrits américains du 17ème siècle retrouvés au Collège de William et Mary, dans l’État de Virginie, mentionnent l’usage de représentants de la race pour la guerre ou le combat. De nombreuses légendes du Moyen Âge, notamment vers certaines îles britanniques, décrivent également des Chiens de Saint-Hubert violents et démoniaques. Dans un cas comme dans l’autre, cet animal agressif est aux antipodes de celui que l’on connaît aujourd’hui.

 

De faits, les spécialistes s’accordent sur le fait que cette race connut d’importantes évolutions au cours de sa longue histoire. Le tournant se situe peut-être à l’époque où les forces de l’ordre britanniques commencèrent à employer l’odorat de ce chien pour la recherche de personnes disparues, c’est-à-dire vraisemblablement au début du 19ème siècle : il n’était bien sûr pas souhaitable que ces dernières soient attaquées une fois retrouvées.

La reconnaissance de la race

Les organismes américains firent partie des premiers à reconnaître le Chien de Saint-Hubert, aux côtés du prestigieux Kennel Club britannique. Ce fut le cas de l’American Kennel Club (AKC) dès 1885, soit à sa fondation. L’autre institution de référence du pays, le United Kennel Club (UKC), en fit de même en 1914.

 

Il fallut toutefois attendre 1952 pour qu’un club de race local, l’American Bloodhound Club (ABC), soit fondé par des passionnés de la race. Par la suite, d’autres clubs se concentrant sur l’utilisation de ce chien par la police virent le jour, à l’instar de la National Police Bloodhound Association en 1966 ou de la Law Renforcement Bloodhound Association en 1988.

 

Quant à la Fédération Cynologique Internationale, qui coordonne pas moins d’une centaine d’organismes nationaux (dont ceux de la Belgique, la France et la Suisse), elle reconnut le Chien de Saint-Hubert en 1960.

 

Au Canada, le Club Canin Canadien (CCC) n’est pas membre de la FCI, mais reconnaît toutefois lui aussi cette race.

Le Chien de Saint-Hubert vérifie l’adage qui dit que nul n’est prophète en son pays. En effet, sa population en Belgique semble assez restreinte, au point d’ailleurs que moins de 10 élevages sont reconnus par le club de race nationale.

 

Il est en revanche assez implanté en France, même si sa présence demeure modeste. On comptabilise ainsi autour de 150 à 200 enregistrements par an au Livre des Origines Français depuis la fin des années 2000, alors qu’ils étaient seulement légèrement supérieurs à la centaine depuis le tournant du siècle. Il est ainsi repassé au-dessus du niveau qu’il avait atteint à la fin des années 80 et au début des années 90, lorsqu’il oscillait autour des 130 naissances annuelles.

 

En Suisse, il se fait assez discret, au point de ne pas faire partie des 50 races les plus présentes dans le pays, au vu des chiffres de la base de données AMICUS.

 

De même, on ne peut pas dire qu’il remporte aujourd’hui un grand succès dans le pays qui joua un rôle essentiel dans son histoire, le Royaume-Uni. En effet, on y compte chaque année moins de 100 naissances enregistrées auprès du Kennel Club (KC), ce qui le situe au-delà de la 100ème place (sur plus de 200) dans le classement des races les plus présentes dans le pays. Après un point bas d’une cinquantaine de naissances annuelles en 2012 et 2013, les chiffres semblent remonter un peu la pente, mais restent à des niveaux très modestes. Il en allait d’ailleurs déjà de même au cours des années 2000.

 

Ailleurs en Europe, sa diffusion est assez inégale. Par exemple, en Espagne, on compte chaque année moins de 10 enregistrements annuels auprès de la Real Sociedad Canina de España, l’organisme canin de référence du pays, alors que le nombre est 10 fois plus élevé en Italie, au vu des chiffres de l’Ente Nazionale della Cinofilia Italiana.

 

Du côté des États-Unis, le Chien de Saint-Hubert se classe autour de la 50ème position (sur un peu moins de 200) dans le classement des races en fonction du nombre d’enregistrements annuels auprès de l’AKC. Il fait d’ailleurs montre d’une remarquable stabilité, puisqu’on le retrouve autour de la même place depuis le début du 21ème siècle.

Le Chien de Saint-Hubert est le plus puissant des chiens courants de grande taille. Même s’il est doté d’une large poitrine, d’une forte ossature et très musclé, il n’en reste pas moins harmonieux et ne donne jamais d’impression de lourdeur. Il présente d’ailleurs des allures très souples, amples et élastiques.

 

Son dos est long et bien droit. Il se situe entre un garrot légèrement saillant et un rein fort et court débouchant sur une croupe musclée, large et assez longue.

 

Lui-même se prolonge par une longue queue attachée haut, qui est en forme de sabre et épaisse. Elle est garnie en effet de poils mesurant environ 5 cm à sa base, mais qui deviennent de plus en plus courts au fur et à mesure que l’on s’approche de l’extrémité.

 

Les pattes sont très musclées, longues, et parfaitement parallèles vues de face. Elles se terminent par des pieds solides et compacts, munis de doigts cambrés et serrés ainsi que de coussinets très résistants.  

 

Reposant sur un cou long, la tête est très imposante par rapport au reste du corps, et son port est très majestueux. Elle est très anguleuse, laissant apparaitre une structure osseuse bien visible. Le crâne est assez long, mais le stop peu marqué. Par ailleurs, tant la tête que le cou comportent une grande quantité de peau souple et fine qui forme des plis profonds. Elle est toutefois moins abondante chez la femelle que chez le mâle.

 

Les oreilles sont attachées au niveau des yeux, voire plus bas, sur chaque côté de la tête. Elles sont de grande taille, fines, tombantes et souples. Elles sont par ailleurs recouvertes de poils courts et doux.

 

Les yeux sont de couleur brun foncé ou noisette, mais peuvent également avoir une coloration plus claire et ambrée chez certains individus. Ils sont de grandeur moyenne, de forme ovale, et quelque peu enfoncés dans leurs orbites. Ils donnent au Bloodhound une expression pleine de douceur, voire teintée de mélancolie.

 

Le museau est de la même longueur que le crâne lorsqu’il est vu de profil. Il reste large tout du long, jusqu’à une truffe tout aussi large. Chez les sujets de couleur noire ou feu, elle est obligatoirement noire. Chez les autres, elle peut aussi être marron. Dans tous les cas, elle présente des narines très ouvertes et surplombe des lèvres supérieures très longues. Ces dernières descendent environ 5 cm plus bas que la mâchoire inférieure, et pendent fortement au-dessus des lèvres inférieures. Elles sont en outre encore plus charnues au niveau de la commissure des lèvres, en particulier chez le mâle. Par ailleurs, les mâchoires sont articulées en ciseaux et présentent des dents bien blanches et solides.

 

La peau est lâche et élastique sur la totalité du corps, et particulièrement abondante au niveau de la tête et du cou. Elle est recouverte par un pelage composé d’une part d’un sous-poil plus ou moins épais d’un individu à l’autre, et d’autre part d’un poil de couverture court, dense et dur au toucher, sauf sur la tête où il est particulièrement doux, et au niveau du dessous de la queue, où il est long et rêche. Trois couleurs de robe différentes sont possibles : le noir et feu, le foie et feu ainsi que le rouge.

 

Enfin, cette race se caractérise par un dimorphisme sexuel bien marqué, et qui se manifeste de différentes manières :

  • le mâle est sensiblement plus grand et lourd que la femelle ;
  • il possède davantage de peau au niveau de la tête et du cou ;
  • ses lèvres sont plus charnues, notamment au niveau de la commissure.

Standard FCI N°84 (22/06/2001)


ORIGINE : Belgique


DATE DE PUBLICATION DU STANDARD D’ORIGINE EN VIGUEUR : 13.03.2001.

UTILISATION:


Chien courant de grande vénerie, chien de service pisteur et chien de famille. Il fut et il reste encore toujours un chien de chasse, qui, de par son odorat remarquable, est tout d'abord un limier, utilisé fréquemment aussi bien pour retrouver la piste du gibier blessé, comme dans l'épreuve de recherche au sang, que pour la recherche de personnes disparues dans les opérations de police. De par sa construction fonctionnelle, le Chien de Saint-Hubert est doté d'une grande endurance et en outre d'un odorat exceptionnel, ce qui lui permet de poursuivre sans peine une piste sur une longue distance et des terrains accidentés.

CLASSIFICATION F.C.I. :


Groupe 6 - Chiens courants de recherche au sang et races apparentées.

Section 1.1. - Chiens courants de grande taille.

Avec épreuve de travail.


ASPECT GENERAL :


Chien de chasse et limier massif de grande taille, le plus puissant de tous les chiens courants. Il est harmonieux dans ses lignes, doté d'une forte ossature, d'une bonne musculature et de beaucoup de substance, mais sans impression de lourdeur. Il est allongé de structure, inscriptible dans un rectangle. L'ensemble est imposant et plein de noblesse. Son attitude est solennelle. La tête et le cou attirent l'attention par une peau abondante, souple et fine, pendant en plis profonds. Ses allures sont impressionnantes, plutôt lentes et avec un certain roulis, mais souples, élastiques et dégagées. Aucune caractéristique ne peut être exagérée au point de briser l'harmonie de l'ensemble, de donner une apparence de grossièreté et encore moins de nuire à la santé ou au bien-être du chien. Comme exagérations possibles peuvent être mentionnées : yeux trop enfoncés ou trop petits; paupières distendues; peau abondante et lâche par excès, avec des plis trop nombreux et trop profonds; trop de fanon; tête trop étroite. Des chiens trop grands, au corps trop lourd ou trop massif, sont également indésirables, car cela nuit à leur utilité.

PROPORTIONS IMPORTANTES :
- Longueur du corps / hauteur au garrot : 10/9.

- Hauteur de poitrine / hauteur au garrot : 1/2.

- Longueur de la tête / longueur du corps : 3/7.

- Longueur du chanfrein / longueur de la tête : 1/2.

COMPORTEMENT / CARACTERE :


Doux, placide, gentil et sociable vis-à-vis des personnes. Particulièrement attaché à son maître. Tolérant envers ses compagnons de chenil et autres animaux domestiques. Il est plutôt réservé et obstiné. Tout aussi sensible aux compliments qu'aux corrections. Jamais agressif. Sa voix est très grave, mais il n'est pas aboyeur.

TETE :


La tête, imposante, majestueuse et pleine de noblesse, est le point le plus caractéristique de la race. Elle est haute, mais étroite par rapport à sa longueur et longue par rapport à la longueur du corps. La structure osseuse est bien visible. Les faces latérales sont aplaties et le profil est carré. Le chanfrein est sensiblement parallèle à la ligne supérieure prolongée du front. La peau, abondante et fine, forme sur le front et les joues des rides et des plis profonds, tombant quand la tête est portée bas et se prolongeant dans les plis du fanon fortement développé. La peau est moins abondante chez la femelle.

REGION CRANIENNE : Le crâne est haut, long, plutôt étroit et les faces latérales aplaties. Les arcades sourcilières sont peu proéminentes, quoiqu'elles puissent le paraître. La protubérance occipitale est très développée et distinctement saillante.

- Stop : Peu marqué.

REGION FACIALE :

- Truffe : Noire ou marron; toujours noire chez les chiens noir et feu. La truffe est large, bien développée et les narines bien ouvertes.

- Museau : Aussi long que le crâne, haut, large près des narines et de largeur égale sur toute sa longueur. Le chanfrein est ou bien rectiligne ou bien un peu busqué (léger nez de bélier).

- Lèvres : Très longues et flasques; les lèvres supérieures pendent au-dessus des lèvres inférieures et forment à l'avant un angle droit avec le chanfrein, ce qui donne un profil carré au museau. Vers les commissures à l'arrière, elles deviennent des babines charnues (moins prononcées chez la femelle), qui se fondent imperceptiblement dans le fanon abondant. Le bord des lèvres supérieures descend environ 5 cm plus bas que la mâchoire inférieure. Le bord des lèvres est bien pigmenté, noir ou marron, suivant la couleur de la truffe.

- Mâchoires/dents : Denture complète, articulé "en ciseaux" correct; dents fortes et blanches, régulièrement implantées dans les mâchoires bien développées; une denture " en pince " est tolérée.
- Joues : Creuses et maigres, surtout en dessous des yeux.

- Yeux : Brun foncé ou noisette, d'une teinte plus claire (ambre) chez les chiens sans selle ou manteau noir. Yeux de grandeur moyenne; ovales, non larmoyants, ni saillants, ni enfoncés dans l'orbite, laissant l'iris complètement visible. Paupières sans irrégularité dans leur contour, normalement adaptées au globe oculaire; des paupières inférieures un peu distendues, de sorte qu'un peu de conjonctive soit visible, sont pourtant tolérées. En aucun cas les cils ne peuvent toucher et gêner les yeux. L'expression est douce, gentille et digne, le regard un peu mélancolique.

- Oreilles : Minces et souples, couvertes de poils courts, fins et veloutés au toucher; pavillons très longs, dépassant au moins l'extrémité du nez quand on les pose sur le dessus du chanfrein; oreilles attachées très bas, au niveau des yeux ou plus bas, sur le côté de la tête, tombant en plis gracieux, enroulées vers l'intérieur et vers l'arrière (oreilles tirebouchonnées).

COU :


Long, afin que le chien puisse suivre la piste le nez sur le sol; fortement musclé; la peau de la gorge est lâche et extrêmement développée, présentant un fanon double, mais cela est moins prononcé chez la femelle.

CORPS :


Les lignes du dessus et du dessous sont presque parallèles.

- Garrot : Légèrement marqué.

- Dos : Droit, large, long et solide.

- Rein : Large, fort, court, très légèrement arqué.

- Croupe : Bien musclée, presque horizontale, jamais avalée, bien large et assez longue.

- Poitrine : De forme ovale, large, haute, formant nettement une carène entre les antérieurs; cage thoracique suffisamment longue; poitrail et pointe de l'épaule bien en saillie; côtes bien arquées, ni plates, ni en tonneau.

- Ligne du dessous et ventre : Ligne du dessous presque horizontale; dessous de la poitrine bien descendu; flancs bien pleins, larges et descendus, ventre seulement très peu relevé.

QUEUE :


Longue, forte, épaisse, attachée haut, dans le prolongement de la ligne dorsale, s'amincissant graduellement vers l'extrémité; portée en sabre; en action, la queue est courbée gracieusement au-dessus de la ligne dorsale, jamais enroulée ou déviée latéralement; le dessous de la queue est garni d'un poil plus rude, d'environ 5 cm, qui devient progressivement plus court vers l'extrémité.

MEMBRES :



MEMBRES ANTERIEURS :
Vue d'ensemble : Bien musclés; les antérieurs puissants, droits et parfaitement parallèles.

- Epaule : Longue, bien oblique, bien musclée mais pas chargée.

- Bras : Long, oblique et formant une bonne angulation avec l'épaule.

- Coude : Bien appliqué, ni décollé, ni serré.

- Avant-bras : Droit, ossature forte et ronde.

- Poignet : Ferme.

- Métacarpe : Robuste, d'aplomb vu de devant, légèrement incliné vers l'avant vu de profil.

- Pied antérieur : Compact, très solide; ni tourné en dedans, ni en dehors; les doigts bien cambrés, bien articulés et serrés (pied de chat); les coussinets épais et solides; les ongles courts et robustes.

MEMBRES POSTERIEURS :
Vue d'ensemble : Solides, puissamment musclés, en harmonie avec les membres antérieurs; vus de derrière parfaitement parallèles, ni serrés, ni ouverts.

- Cuisse : De bonne longueur et fortement musclée.

- Genou : Bien angulé; ni tourné en dedans, ni en dehors.

- Jambe : Suffisamment longue et fortement musclée.

- Jarret : Solide, près de terre et bien angulé.

- Métatarse : Fort et court.

- Pied postérieur : Comme le pied de devant.

ALLURES :


Le jugement des allures, très typiques chez le Chien de Saint-Hubert, est extrêmement important. A l'allure normale, le trot, le mouvement est régulier, à pas mesurés, élastique et dégagé, couvrant plus de terrain que chez tout autre chien courant, et, ce qui est très caractéristique, en roulant, mais sans marcher de travers. Les postérieurs se portent bien en arrière, il y a une bonne poussée de l'arrière-main, l'amplitude des mouvements des antérieurs et des postérieurs est égale et la ligne du dessus reste horizontale. Les membres se meuvent parallèlement, mais à plus grande vitesse les pieds se rapprochent. Le fouet est porté haut, en forme de sabre, sans que la courbure ne devienne trop prononcée. Le Chien de Saint-Hubert doit être capable de maintenir un trot de longue durée, sans montrer de signes de fatigue.

PEAU :

Souple sur tout le corps, lâche et élastique. La peau fine, très lâche et abondante sur la tête, est très caractéristique. Sur le front et les faces latérales du museau, la peau forme des plis qui pendent et qui sont plus marqués encore quand la tête est portée bas. Toutefois, des rides et des plis trop accentués sur le front et les arcades sourcilières, ne devront jamais nuire aux yeux. Des plis de peau sur le corps, dus à une peau trop ample, ne sont pas désirables.

ROBE :


POIL : Sur le corps le poil bien couché est court, dense, assez dur et résistant aux intempéries. Sur la tête et les oreilles le poil est très court et doux au toucher. Le dessous de la queue est garni de poils un peu plus longs et plus rudes.

COULEUR : On peut distinguer trois couleurs de la robe : les bicolores noir et feu ("black and tan") et foie et feu ("liver and tan"), et l'unicolore rouge ("red"). Chez les chiens noir et feu la part du noir varie, selon que ce soit un manteau ou une selle. Chez un chien à manteau le noir est prédominant; le feu (fauve) se trouve seulement sur le museau, aux joues, au-dessus des yeux, sur le poitrail, aux membres et à la région périanale. Un chien à selle présente des feux plus étendus car le noir se limite plus au moins à la partie dorsale. Les mêmes dispositions des zones colorées se présentent chez le bicolore foie et feu. Les couleurs ne sont pas toujours bien affirmées, ni distinctement délimitées. Dans les parties plus foncées, il est possible que des poils disséminés plus clairs ou de couleur blaireau apparaissent. Un tel mélange de poils de couleur différente est admis. Chez l'unicolore rouge, le rouge peut varier du rouge clair au rouge foncé.

Une couleur délavée du feu chez les bicolores ou du rouge chez les unicolores est indésirable. Un peu de blanc au poitrail, aux doigts et à l'extrémité de la queue est toléré sans être souhaité.

TAILLE ET POIDS :


Hauteur au garrot : La hauteur idéale est de 68 cm pour les mâles,62 cm pour les femelles.

Tolérances : 4 cm en moins ou en plus.

Poids : mâles environ 46-54 kg, femelles environ 40-48 kg.

La taille et le poids doivent être en harmonie.

DEFAUTS :


Tout écart par rapport à ce qui précède doit être considéré comme un défaut qui sera pénalisé en fonction de sa gravité.


- Aspect général : lourdaud; peu de substance; ossature légère; enlevé ou près de terre; construction plutôt carrée que rectangulaire; manque de noblesse.

- Tête : crâne large et volumineux ou excessivement étroit; front fuyant; peau du front trop déportée en avant; protubérance occipitale peu prononcée; stop trop marqué; chanfrein concave; museau court ou manquant de hauteur; lèvres supérieures trop peu pendantes.

- Truffe et lèvres : perte de pigment.

- Denture : manque de dents.

- Yeux : trop petits, trop enfoncés dans les orbites; paupière inférieure trop pendante, trop de conjonctive visible.

- Oreilles : trop courtes, trop épaisses, attachées au-dessus du niveau des yeux, trop appliquées contre la tête ou trop plates.

- Cou : court; grêle, peu de fanon.

- Corps : court ou trop long; poitrine peu descendue; poitrail peu saillant de profil; côtes plates ou en tonneau; dos faible ou arqué; croupe surélevée ou avalée; ventre trop relevé.

- Queue : attachée bas; queue d'écureuil, en anneau, enroulée; nouée ou cassée; formant crochet ou déviée.

- Membres : trop peu ou trop angulés; bras court; mauvais aplombs de profil (p. ex. métacarpes trop obliques ou poignets faibles), de face (p.ex. pieds panards ou cagneux, avant-bras courbés, coudes décollés, etc.) ou de derrière (p.ex. postérieurs serrés, écartés ou en tonneau, jarrets clos ou ouverts, etc.); pieds ouverts, de lièvre ou plats.

- Allures : mouvement serré, ouvert; chien qui croise, qui se traverse; allures raccourcies ou démarche guindée; peu d'impulsion, mauvaise transmission par le dos.

- Couleur du poil : couleurs claires ou délavées.

- Caractère : mal assuré ou nerveux.

DEFAUTS ELIMINATOIRES :


- Caractère : Sujets agressifs ou trop craintifs.

- Aspect général : absence de type racial.

- Denture : prognathisme inférieur ou supérieur; occlusion croisée; bouche tordue.

- Truffe et lèvres : fortement dépigmentées ou de couleur rose; autre que noires chez le chiens "noir et feu"; autre que marron ou noires chez les chiens sans selle ou manteau noirs.

- Yeux : jaune clair (œil de rapace).

- Couleur du poil : toutes les couleurs qui ne correspondent pas aux descriptions : des marques blanches trop étendues, telles que du blanc qui monte jusqu'aux poignets ou jarrets, ou du blanc trop étendu au poitrail : des taches blanches ailleurs qu'au poitrail, aux doigts et à l'extrémité de la queue, comme un museau blanc, une liste blanche, etc.

- Taille : en dehors des tolérances.

- Un chien montrant tout signe d'anomalie physique doit être éliminé.


N.B. : Les mâles doivent avoir deux testicules d'aspect normal complètement descendus dans le scrotum.

Dès lors qu'il se sent aimé en retour et reçoit toute l’attention qu’il mérite, le Chien de Saint-Hubert est un compagnon au grand cœur, toujours doux et affectueux. Aimant, jovial et attachant, il se donne sans compter à son maître, n’ayant de cesse de lui apporter tendresse, joie et fierté. Il n’y a donc pas que par sa taille qu’il occupe une certaine place dans une famille, mais aussi par sa présence affectueuse et aimante. À tel point d’ailleurs qu’il est souvent catalogué comme « pot de colle », car il est avide de caresses et aime sentir la présence ainsi que l’affection de ses maîtres.

 

C’est en particulier une race de chien idéale avec des enfants. En effet, non seulement il aime beaucoup jouer avec eux et leur voue une amitié sans réserve, mais il se montre en outre particulièrement tolérant et patient à leur encontre, les laissant par exemple souvent lui monter dessus ou tirer ses grandes oreilles sans réagir brutalement. Il ne saurait pour autant être question qu’il devienne le souffre-douleur des petits de la famille : dès lors que leur âge le permet, il est indispensable de leur apprendre comment se comporter respectueusement avec un animal. En tout état de cause, comme pour tout chien, il ne doit jamais être laissé seul avec un jeune enfant voire un bébé, hors de toute surveillance par un adulte. C’est d’autant plus vrai que son gabarit et son côté quelque peu maladroit impliquent qu’il a tôt fait de bousculer sans le vouloir son petit compagnon. Mais cela peut aussi aller dans l’autre sens : tant qu’ils sont trop jeunes ou très turbulents, mieux vaut toujours garder un œil sur les interactions des enfants avec leur animal, pour au besoin sauver celui-ci des pitreries dont il pourrait être victime, car il pourrait notamment être blessé à cette occasion.

 

Il n’y a pas que les humains de sa famille que le Bloodhound apprécie : il se montre souvent plutôt amical avec les inconnus, ce qui le disqualifie d’ailleurs comme chien de garde.  Cependant, il peut aussi faire preuve d’une timidité excessive à leur égard, et prendre un certain temps avant de s’approcher de personnes étrangères. Cela dépend en bonne partie de la qualité de la socialisation dont il a bénéficié dès son plus jeune âge.

 

Il se montre également sociable avec ses congénères, que ce soit ceux qu’il rencontre au cours de ses promenades, ou ceux avec qui il serait amené à partager son foyer. En effet, ses ancêtres ayant chassé en meute pendant des siècles, il est habitué à fréquenter ses semblables, et apprécie généralement de vivre avec un ou plusieurs d’entre eux.

 

Il peut aussi tout à fait vivre avec un chat ou un autre petit animal de compagnie (par exemple un rongeur ou un oiseau). Il faut toutefois veiller à ce que les présentations se fassent progressivement, et l’idéal est qu’elles aient lieu dès son plus jeune âge. À défaut, le risque existe qu’un jour ou l’autre son instinct de prédateur prenne le dessus. Ce dernier trouve d’ailleurs à s’exprimer envers les petits animaux qui ne font pas partie de sa famille et qu’il croise au cours de ses pérégrinations : il a de grandes chances de les assimiler à des proies et de se lancer à leur poursuite. Mieux vaut donc le tenir en laisse lors des sorties dès lors qu’il y a un risque, c’est-à-dire s’il ne répond pas parfaitement au rappel et qu’il est très probable qu’il croise de petits animaux en chemin.

 

Ses sorties doivent en tout cas être assez nombreuses. En effet, bien que son apparence générale puisse donner au Chien de Saint-Hubert un aspect paresseux, il ne l’est absolument pas : il possède une grande énergie et a un besoin au moins aussi grand de la dépenser au moins une heure par jour pour être équilibré. Il est d’ailleurs loin d’être un fainéant, et peut au contraire faire montre d’une grande endurance et détermination, par exemple lorsqu’il se met sur la piste d’une quelconque odeur : il est capable alors de la suivre pendant des heures sans voir le temps passer, et parcourir ainsi de nombreux kilomètres. D’ailleurs, si cette grande détermination est une excellente qualité quand il est employé pour la chasse, c’est également elle qui peut le rendre très têtu et difficile à prendre en main pour une personne peu aguerrie.

 

En tout cas, sa propension à se lancer à la poursuite de petits animaux qui passent par là ou de suivre une odeur qui l’attire ne saurait pour autant justifier de le tenir systématiquement en laisse lors des sorties. En effet, vagabonder derrière des traces est une activité qu’il apprécie tout particulièrement. Sollicitant son odorat très développé, elle permet de le stimuler intellectuellement – au-delà de la simple activité physique. L’idéal est donc de l’emmener en balade dans des endroits sécurisés (comme un parc ou un chemin éloigné de tout axe routier), et dès lors de le laisser évoluer librement. Cela suppose toutefois que le rappel soit parfaitement assimilé, afin de pouvoir le faire revenir facilement s’il s’éloigne un peu trop. En tout état de cause, investir dans un collier GPS connecté est judicieux pour ce chien qui a vite fait de disparaître lorsque son maître a le dos tourné. Par ailleurs, cela n’empêche pas qu’il doit aussi savoir parfaitement marcher en laisse, lorsque les circonstances ne permettent pas de se dispenser de cette dernière.

 

La chasse reste évidemment une activité de prédilection pour ce chien qui a été habitué à la pratiquer des siècles durant. Que ce soit en solo ou en meute, son excellent odorat et sa détermination sans faille font des merveilles. Toutefois, la réalité d’aujourd’hui est aux antipodes de l’image d’animal violent voire démoniaque des légendes moyenâgeuses : une fois qu’il arrive au bout de sa piste, il ne tue pas sa proie, mais la bloque en attendant que le chasseur arrive et termine le travail.

 

Quand ou s’il n’est pas utilisé comme chasseur, il faut bien veiller à lui procurer suffisamment d’occasions de se dépenser, au risque qu’il développe des signes de mal-être : aboiements excessifs, creusement de trous dans le jardin, comportements destructeurs, etc. De longues promenades quotidiennes peuvent suffire à son bonheur, a fortiori si elles lui permettent d’être confronté à divers stimuli, notamment d’ordre olfactif. Néanmoins, il est ravi également de partager les activités sportives de son maître, qu’il s’agisse d’aller courir, faire du vélo ou encore partir en randonnée. Cela en fait un chien recommandé pour un sportif, mais nettement moins en revanche pour une personne âgée ou très sédentaire.

 

Il n’est pas non plus fait pour vivre en appartement : avoir accès à tout moment à un jardin est primordial pour ce chien qui aime passer du temps dehors. Il faut savoir toutefois que le Bloodhound est un as de l’évasion. Ses fugues sont généralement provoquées par le fait qu’il se met à suivre une odeur, parfois au point de se retrouver très loin de son foyer. Cela peut d’ailleurs rapidement devenir dangereux, car à partir du moment où il est lancé sur une piste, il a tendance à oublier tout ce qu’il se passe aux alentours : il peut donc par exemple traverser une route sans s’assurer au préalable qu’aucun véhicule n’arrive. Pour éviter d’en arriver là, mieux vaut donc prévoir une clôture suffisamment haute pour qu’il ne puisse pas sauter par-dessus.

 

Par ailleurs, même si un jardin est nécessaire à son équilibre et qu’il aime y passer du temps, il ne saurait être question de le reléguer au fond de ce dernier : passer le plus clair de son temps à l’écart de ses maîtres ne pourrait que le rendre malheureux. Il a besoin d’être à leur contact et de recevoir de l’attention de leur part.

 

Il faut savoir toutefois qu’il peut facilement faire des dégâts en intérieur, et qu’il vaut mieux mettre à l’abri les objets fragiles. En effet, il est quelque peu maladroit et a vite fait de casser involontairement ce qui se trouve sur son chemin.

 

Certaines destructions sont même parfaitement volontaires, car il a une fâcheuse tendance à mâcher et donc dégrader bon nombre d’objets qui croisent son chemin. Ainsi, il convient de mettre hors de sa portée tout ce qu’il pourrait se mettre sous les dents, comme par exemple les chaussures ou les télécommandes : cela vaut à la fois pour protéger ces objets et pour le protéger lui-même, car il a tôt fait d’ingérer les objets qu’il mâche. Cela peut provoquer de graves problèmes : intoxication du chien, occlusion intestinale... Il faut redoubler de vigilance lorsqu’il est encore jeune, car il se montre d’autant plus actif et destructeur. Il est alors particulièrement conseillé de mettre à sa disposition des jouets pour chien spécialement destinés à être mâchés, qu’il peut donc dégrader sans risquer de se blesser ou de faire des dégâts. Les choses s’arrangent entre 1 et 2 ans, âge où il devient plus mâture mentalement.

 

En outre, le Chien de Saint-Hubert bave beaucoup et a une fâcheuse tendance à emporter involontairement une partie de ses repas dans les plis de peau proches de sa gueule ainsi qu’au bout de ses longues oreilles pendantes, pour ensuite potentiellement les étaler un peu partout. Ses oreilles ont également tôt fait de traîner par terre lorsqu’il met sa tête en bas, et à embarquer par la même occasion toutes sortes de saletés. Il est donc globalement assez salissant ; ce n’est pas vraiment un choix idéal pour une personne attachant une grande importance à la propreté de son intérieur. En outre, il dégage aussi une odeur assez particulière, qui peut facilement déplaire, et a tendance à ronfler de façon bruyante lorsqu’il dort.

 

En revanche, qu’il passe ou non beaucoup de temps dans le jardin, il a peu de chances de devenir l’ennemi numéro un des voisins. Il possède certes une voie très grave, mais ne donne que peu l’occasion de l’entendre : il n’est pas du genre à aboyer beaucoup, sauf lorsqu’une personne inconnue arrive. Cela peut néanmoins survenir également s’il est ponctuellement très excité, ou bien s’il n’est pas en mesure de se dépenser suffisamment.

Le Chien de Saint-Hubert est plutôt fait pour un maître expérimenté en matière d’éducation canine. En effet, tout affectueux qu’il est, il peut rapidement se montrer têtu et obstiné. Il doit donc trouver face à lui une personne sachant faire preuve de fermeté, mais aussi de cohérence dans les instructions ; au contraire, il risquerait fort de prendre le dessus sur une personne débutante ou manquant de confiance en soi.

 

Quoi qu’il en soit, la force et l’impatience ne mènent nulle part avec lui : il est du genre à y répondre par une grande passivité et une surdité aux demandes de son maître. Il répond donc bien mieux aux personnes calmes mais fermes, qu’à celles qui sont excessivement exigeantes ou qui perdent patience et s’énervent facilement.

 

Cette fermeté doit être appliquée par l’ensemble des membres de la famille, qui doivent être parfaitement en phase quant à ce qui est permis et ce qui est interdit. Pour que le chien puisse s’y retrouver et respecter les règles, elles doivent donc être constantes à la fois dans le temps et d’une personne à l’autre : il ne comprendrait pas que Madame l’autorise à faire quelque chose que Monsieur lui interdit, ou que ce qui lui était permis un jour lui soit interdit un autre jour.

 

Par ailleurs, il faut être bien conscient que ce chien vit sous l’emprise de son odorat : lorsqu’il s’intéresse à une odeur, il oublie tout ce qui se trouve autour de lui. Satisfaire son maître n’est pas forcément une priorité pour lui, et il peut très bien décider de ne pas obéir s’il estime qu’un exercice n’est pas intéressant ou ne lui apporte rien. Il faut donc savoir capter et conserver son attention en optant pour des séances d’éducation courtes et variées quant aux exercices demandés, de façon à ne pas l’ennuyer. Avec un entrainement approprié et cohérent, il est tout à fait possible de minimiser ce côté obstiné et têtu qui caractérise tant ce chien.

 

Quoi qu’il en soit, il faut garder en tête qu’il se montre tout aussi sensible aux compliments qu’aux corrections. S’il se sent trop brusqué, il peut se montrer réfractaire à tout type d’apprentissage et se tenir à l’écart de son maître, en faisant tout pour éviter les interactions. C’est d’ailleurs bien souvent ce qu’il se passe lorsque ce dernier prend l’habitude de punir son chien pour un oui ou pour un non. Plutôt qu’une méthode d’éducation basée sur la punition, mieux vaut opter pour le renforcement positif, qui consiste à récompenser les bons comportements (par des encouragements, des caresses ou des friandises) et ignorer les mauvais.

 

En bon pisteur, le Chien de Saint-Hubert aime marcher vite. Il est donc courant qu’il prenne la mauvaise habitude de tirer sur la laisse. Il convient donc de ne pas attendre pour apprendre à son chiot la marche en laisse et le respect de la pression du collier, de façon à ne pas se faire tracter au cours des promenades, car cela peut être assez fatiguant.

 

Toutefois, l’idéal est de pouvoir le laisser évoluer régulièrement en liberté, afin notamment qu’il puisse courir à sa guise. Toutefois, il peut alors facilement se laisser distraire par une odeur, et partir par exemple sur la piste d’un animal. L’apprentissage du rappel est donc très important pour conserver un certain contrôle sur lui quand il n’est pas en laisse, et donc limiter le risque de situations dangereuses.

 

Le Bloodhound a également tendance à attraper et à mâcher tous les objets qu’il trouve intéressant et qu’il est en mesure d’atteindre. S’il convient de mettre hors de sa portée tous ceux qui sont de valeur ou pourraient être dangereux pour lui, cela n’est pas toujours possible, notamment hors de la maison. Il est donc également important de lui apprendre à lâcher tel ou tel objet qu’il commence à mettre dans sa gueule, ou même simplement de ne pas y toucher du tout. Pour y parvenir, encore faut-il toutefois lui proposer des alternatives, c’est-à-dire mettre à sa disposition des jouets spécialement destinés à être mâchouillés sans danger, de sorte qu’il ne se fasse les dents que sur ces derniers.

 

Certains représentants de la race se montrent d’ailleurs assez possessifs concernant leurs jouets ainsi que leur nourriture. Pour éviter toute agressivité malvenue, il convient de bien habituer son chien dès son plus jeune âge à se voir retirer ses jouets ou sa gamelle sans réagir de manière inopportune. Dans le même ordre d’idées, s’il vit avec un congénère ou un chat, il faut lui interdire de faire siens des objets spécifiques et de se montrer agressif lorsque son compagnon souhaite avoir accès à ces derniers.  

 

Enfin, si le Bloodhound peut être un compagnon de chasse idéal, encore faut-il pour cela le former dès son plus jeune âge. Cela passe par un début d’apprentissage du pistage vers 6 mois – ce qui s’avère assez simple à lui inculquer, tant cela relève chez lui d’un comportement instinctif. À partir d’un an, il peut commencer à aller à la chasse notamment pour observer ses pairs : l’apprentissage par imitation des autres chiens s’avère particulièrement efficace dans le cadre de cette activité. Il faut toutefois garder en tête qu’il n’est pas encore un adulte, et doit donc être ménagé. À 18 mois, il est normalement prêt pour chasser par lui-même et de manière autonome.

 

Qu’il soit ou non employé comme chasseur, l’éducation du Chien de Saint-Hubert doit inclure une période de socialisation commencée dès son plus jeune âge. Pour faire qu’il soit à l’aise en présence de tous types d’humains, de congénères et de représentants d’autres espèces, il doit être mis en contact le plus fréquemment possible avec un maximum d’entre eux, de façon à développer sa sociabilité. Il convient également de l’emmener dans des endroits divers et variés, de le confronter au plus de stimuli possibles et de lui faire expérimenter de nombreuses situations différentes. Cette période est déterminante pour la future vie de son chien, afin d’en faire un compagnon équilibré en toute circonstance.

Le Chien de Saint-Hubert est un chien résistant et jouit en général d’une bonne santé : son espérance de vie de 11 à 15 ans est là pour en témoigner, qui est dans le haut de la fourchette pour un compagnon d’un tel gabarit.

 

En outre, son poil le protège plutôt bien des intempéries et du froid, mais il peut avoir un peu plus de mal à supporter les périodes de grande chaleur. Toutefois, dès lors qu’il est alors en mesure de se reposer calmement à l’ombre avec une gamelle d’eau à proximité pendant les heures les plus chaudes, il parvient à s’en accommoder. Ainsi, il est en mesure de vivre sous quasiment tous les climats, hormis les plus extrêmes.

 

Sa bonne santé générale n’empêche pas que, comme toutes les races, il est prédisposé à un certain nombre d’affections, dont il est bon d’avoir entendu parler avant toute adoption. Une bonne partie d’entre elles sont d’ailleurs communes aux autres chiens de grande taille. Les maladies auxquelles il est particulièrement enclin sont :

  • la dysplasie de la hanche, un problème articulaire qui peut être favorisé par une prédisposition héréditaire, dans lequel le fémur ne s’insère pas de façon convenable dans l’articulation de la hanche. Elle entraîne généralement des douleurs et des boiteries au niveau d’une ou plus généralement des deux pattes arrière. Lorsque le chien atteint un âge avancé, elle risque également d’occasionner le développement de problèmes d’arthrose. Elle peut toutefois être partiellement ou totalement soignée par le biais d’une intervention chirurgicale ;
  • la dysplasie du coude, une anomalie du développement du coude dont l’apparition peut également être favorisée par une prédisposition héréditaire. Elle aussi provoque e des douleurs ainsi que des problèmes de boiterie. En vieillissant, le sujet touché a également des chances de souffrir d’arthrose. S’il n’est pas déjà trop tard, il est parfois possible de le soigner grâce à une opération chirurgicale ;
  • la dilatation-torsion de l’estomac, qui a lieu lorsque l’estomac se gonfle et se tord, ce qui a pour résultat de bloquer l’évacuation des gaz, mais aussi potentiellement de perturber la circulation sanguine. Sans intervention immédiate du vétérinaire, elle provoque un décès rapide de l’animal ;
  • l’hypothyroïdie, une maladie causée par des carences en hormones thyroïdiennes, qui peuvent provoquer tous types de symptômes : infertilité, obésité, manque d’énergie, fourrure terne… Bien qu’il soit impossible de la soigner, un traitement hormonal administré au chien durant toute sa vie peut permettre d’en limiter voire supprimer les symptômes ;
  • l’épilepsie, qui provoque des crises de convulsions plus ou moins violentes en fonction des cas. Cette maladie est souvent héréditaire, et il est impossible de la soigner. Il existe néanmoins des traitements pour réduire la fréquence et l’intensité des crises, voire parfois les faire disparaître. Ils doivent être donnés au chien durant toute sa vie et lui permettent de mener une existence presque normale ;
  • la dermatite de pli, une infection cutanée fréquente chez les races dont la peau présente des plis. Elle survient lorsque la friction ou l’humidité enfermée dans ces derniers provoquent des irritations qui finissent par s’infecter. On observe alors des rougeurs et des plaies qui peuvent dégager une odeur désagréable ;
  • les otites, causées par l’accumulation d’humidité ou de saletés dans ses oreilles tombantes ;
  • des problèmes intestinaux causés par l’ingestion d’objets non destinés à être mangés, en particulier chez le chiot. Il possède en effet la fâcheuse habitude de mâcher et d’avaler de nombreux objets qu’il croise sur son chemin (cailloux, plantes, télécommandes, batteries, câbles…), ce qui peut causer des soucis plus ou moins importants et nécessiter parfois une intervention chirurgicale.

 

Les maladies oculaires n’épargnent pas non plus le Chien de Saint-Hubert, qui se montre prédisposé en particulier à :

  • l’ectropion, lorsque la paupière intérieure ne s’enroule pas correctement autour de l’œil. Ce dernier n’est alors plus correctement protégé, ce qui entraîne des irritations et le développement de maladies comme des conjonctivites.  Ce problème peut être d’origine héréditaire, et il est possible d’y remédier grâce à une opération chirurgicale ;
  • l’entropion, lorsqu’une paupière roule vers l’intérieur, ce qui a pour conséquence d’irriter le globe oculaire. Là aussi, ce problème est parfois héréditaire, et pour être corrigé via une intervention de chirurgie.
  • le prolapsus de la glande nictitante (ou cherry-eye), qui correspond au gonflement anormal de la glande nictitante, une glande qui se situe au niveau de la troisième paupière. Il est alors possible de constater des larmoiements, et surtout une boule rouge dans le coin inférieur de l’œil du chien. Cette maladie peut avoir une origine héréditaire, et il est possible de la soigner en opérant l’animal.

 

En outre, malgré son niveau d’activité assez élevé, le Chien de Saint-Hubert est également prédisposé à développer de l’embonpoint, ce qui peut avoir des conséquences désastreuses sur sa santé. L’obésité peut en effet empirer certaines maladies l’affectant déjà, ou accélérer leur apparition – c’est le cas par exemple pour la dysplasie de la hanche ou celle du coude. Elle peut également être à l’origine de certains problèmes qui autrement ne se seraient pas présentés.

 

Enfin, les individus utilisés dans le cadre de la chasse sont particulièrement exposés aux risques que cette activité implique, à commencer bien sûr par celui de blessures.

 

La longue liste de maladies à laquelle il est prédisposé ne saurait toutefois faire perdre de vue que le Bloodhound jouit de manière générale d’une bonne santé. D’ailleurs, parmi tous les problèmes cités, peu peuvent entraîner un décès. Il convient tout de même d’être particulièrement vigilant face au risque de dilatation-torsion de l’estomac : une étude menée en 2004 par le Kennel Club et la British Small Animal Veterinary Association a conclu qu’elle est la première cause de mortalité chez ce chien, représentant plus d’un tiers des décès. Comme chez de nombreuses races, les différents types de cancers représentant également une part importante de ces derniers - un quart, en l’occurrence. Seuls 6% des individus étudiés se sont éteints de leur belle mort.

 

Par ailleurs, force est de constater que nombre d’affections à laquelle la race est prédisposée sont ou peuvent être héréditaire. Il est donc important de bien choisir l’élevage où acheter son chiot avant de sauter le pas. En effet, passer par un éleveur de Chiens de Saint-Hubert sérieux offre de réels gages quant à la santé présente et future de l’animal. En effet, un professionnel digne de ce nom, en plus d’offrir aux petits une socialisation de qualité dès les premières semaines, teste systématiquement les reproducteurs envisagés et écarte ceux qui sont porteurs de maladies héréditaires. Cela maximise donc les chances d’obtenir des chiots en bonne santé et qui le restent. En plus d’un certificat de bonne santé établi par un vétérinaire, il doit donc être en mesure de fournir les résultats des tests en question, voire de ceux éventuellement effectués sur le petit. Il faut également présenter le détail des vaccins reçus par le petit, consignés dans son carnet de santé ou de vaccination.

 

Une fois l’adoption effectuée, il faut se garder de faire faire des exercices physiques trop intenses ou trop longs à son animal tant qu’il n’a pas atteint son gabarit adulte, ce qui chez le Saint-Hubert survient aux alentours de 18 mois – un peu plus tardivement pour les mâles que pour les femelles. En effet, un chiot est très fragile, notamment au niveau de ses os et ses articulations. C’est d’ailleurs tout particulièrement vrai pour les plus grandes races de chien, qui connaissent des poussées de croissance très fortes. Un animal trop sollicité durant son jeune âge a des chances non seulement d’être victime de blessures, mais surtout de souffrir de malformations et problèmes articulaires qui le pénaliseront durant toute sa vie (comme la dysplasie de la hanche ou celle du coude, par exemple). Il convient de noter que la maturité physique est atteinte entre l’âge d’1 et 2 ans. Le mâle met plus de temps à gagner sa taille adulte. 

 

Par ailleurs, pour s’assurer régulièrement de la bonne santé de son chien, il est important d’effectuer une visite chez le vétérinaire au moins une fois par an. C’est l’occasion d’effectuer un bilan de santé complet, qui peut éventuellement permettre de déceler un problème naissant, avant qu’il ne prenne des proportions trop graves. On peut également en profiter pour lui faire faire ses rappels de vaccins, afin qu’il reste bien à jour en la matière.

 

Toujours dans l’optique de le garder protégé en permanence, tout bon maître doit s’assurer de renouveler les traitements antiparasitaires de son animal tout au long de l’année, chaque fois que cela est nécessaire. C’est d’autant plus crucial pour un chien qui passe beaucoup de temps dehors, comme c’est le cas en général du Saint-Hubert.

Le Chien de Saint-Hubert est loin d’être facile d’entretien.

 

Ce n’est pas toutefois pas le brossage de son pelage court et lisse qui pose problème. En effet, le faire une fois par semaine suffit à le maintenir en bon état. L’effort doit toutefois être accentué pendant les périodes de mues, au printemps et en automne.

 

En revanche, les plis de sa peau constituent déjà plus une source de tracas : de l’humidité et des saletés s’y accumulent facilement, ce qui en fait des nids à infection bactérienne. Pour prévenir le développement de ces dernières, l’idéal est d’opter pour un nettoyage quotidien en utilisant un chiffon humide pour enlever toutes les saletés, puis de minutieusement sécher l’ensemble des plis. De la même manière, les plis proches de sa bouche doivent être nettoyés et séchés après chaque repas.

 

Le Bloodhound est d’ailleurs particulièrement salissant de manière générale, car il bave beaucoup. Il faut donc être prêt à repasser derrière lui lorsqu’il se déplace, car il laisse souvent des traces. En outre, même s’il ne perd pas énormément de poils en dehors de ses mues saisonnières, ceux-ci se retrouvent bien souvent collés à sa bave lorsqu’elle sèche, que ce soit sur le sol ou ailleurs. En clair, ce n’est pas un bon choix de race pour une personne très à cheval sur la propreté.

 

Du fait de l’entretien régulier de sa peau, les bains ne sont que peu utiles pour ce chien. Il peut être pertinent de lui en donner un tous les 2 à 3 mois, mais il ne faut pas le faire plus fréquemment, sans quoi sa peau pourrait sécher et son poil être endommagé. Quoi qu’il en soit, il faut utiliser à chaque fois un shampoing spécialement conçu pour la gent canine.

 

Il ne faut toutefois pas compter sur un bain pour faire partir cette odeur si spécifique qui se dégage du Chien de Saint-Hubert, et que certains vont jusqu’à comparer à celle du moisi. Elle n’est pas liée par exemple à la saleté de son pelage : c’est son odeur corporelle, et toute personne envisageant d’adopter un représentant de cette race doit être consciente qu’il faudra s’en accommoder pendant toute la vie de son compagnon.

 

Par ailleurs, comme les plis de sa peau, ses grandes oreilles tombantes représentent un terreau fertile pour le développement d’infections, notamment des otites. Il convient donc de vérifier chaque semaine l’état de ses oreilles et de les nettoyer. Il faut également prendre l’habitude de les sécher après toute longue sortie dans un environnement humide, et a fortiori toute baignade. Enfin, il convient dans l’idéal d’en vérifier l’extrémité après chaque repas et de la nettoyer au besoin, car leur longueur fait qu’elles traînent facilement dans les gamelles.

 

Compte tenu de la propension du Bloodhound à développer différentes maladies oculaires canines, ses yeux doivent également faire l’objet d’une certaine vigilance. Il est important de les vérifier chaque semaine afin de déceler au plus tôt un éventuel problème et de les nettoyer au besoin, notamment pour éviter tout dépôt de saletés qui pourraient s’infecter.

 

Ses dents doivent aussi faire l’objet d’un nettoyage fréquent. En effet, comme chez les humains, cela permet d’éliminer la plaque dentaire et d’éviter qu’elle ne se transforme en tartre, qui peut être à l’origine de diverses maladies bucco-dentaires. Il convient donc de régulièrement brosser les dents de son chien à l’aide d’un dentifrice spécialement conçu pour la gent canine. Si un brossage journalier est idéal, le faire une fois par semaine est déjà bien.

 

En revanche, comme le Saint-Hubert est très actif, marchant et courant beaucoup, l’usure naturelle suffit généralement à tailler ses griffes. Contrairement à de nombreuses autres races, il n’est donc que rarement nécessaire de le faire manuellement. Cependant, il convient de rester attentif à leur pousse au cas où : si elles venaient à être trop longues, elles pourraient non seulement le gêner, mais aussi potentiellement se casser et le blesser. Si on les entend toucher le sol lorsqu’il se déplace sur un sol dur, c’est qu’elles doivent être taillées.

 

Qu’il s’agisse du pelage, de la peau, des oreilles, des yeux, des dents ou des griffes, tous les gestes d’entretien d’un Saint-Hubert doivent être effectués convenablement, au risque de lui faire mal voire le blesser. Aussi, il peut être pertinent de demander conseil la première fois à un vétérinaire ou à un toiletteur canin, afin d’apprendre auprès d’un professionnel les bons gestes à effectuer. Il est d’ailleurs important d’habituer au plus tôt son compagnon à bénéficier de ces différents soins, de façon à ce qu’ils lui semblent parfaitement naturels et éviter que les séances ne tournent au cauchemar pour lui comme pour son maître.

 

Enfin, qu’il soit ou non destiné à la chasse, ce chien étant généralement amené à passer beaucoup de temps dehors. Il est bon de prendre l’habitude d’effectuer une rapide inspection de son pelage au retour de chaque longue sortie. Cela permet de vérifier que des parasites ou épillets ne se sont pas invités sur lui, et qu’il n’a pas de blessure ou d’égratignure.

Il est possible de nourrir le Chien de Saint-Hubert de diverses façons. La plus simple consiste en la distribution d’aliments industriels secs de qualité et équilibrés, comme des croquettes. Ses repas peuvent également être faits maison et doit alors être constitués majoritairement de viande, accompagnée par des légumes, des œufs cuits ou du fromage, par exemple. Il est également possible d’opter pour le régime alimentaire BARF, majoritairement basé sur la consommation de viande crue et qui convient aussi très bien à ce chien.

 

Il est judicieux en tout cas d’éviter de lui donner de la nourriture trop salissante, car des débris ont vite fait de rester coincés dans les nombreux plis de peau proches de sa bouche ainsi que sur ses oreilles. D’ailleurs, il est préférable de nettoyer sa bouche et le bout de ses oreilles après chaque repas, de façon à ce qu’il ne salisse pas trop la maison après s’être rassasié.

 

Quelle que soit la solution retenue, les aliments ainsi que la quantité qui lui en est donnée doivent être adaptés à son gabarit, son âge, son état de santé et son niveau d’activité, afin de répondre au mieux à ses besoins nutritionnels.

 

Il est donc important de ne pas lui donner de la nourriture destinée initialement aux humains sans s’assurer qu’elle est effectivement adaptée à ces derniers. Prendre l’habitude de le laisser finir les restes de table sans trop se préoccuper de ce que ces derniers comportent n’est donc vraiment pas un cadeau à lui faire – sans même parler du risque qu’il y trouve des aliments appréciés de ses maîtres, mais qui sont toxiques pour les chiens. Le risque est d’autant plus réel que le Chien de Saint-Hubert est gourmand et doté d’un appétit d’ogre : si on le laisse faire, il a tôt fait de réclamer.

 

Son alimentation est particulièrement cruciale tout au long de sa jeunesse, tant qu’il n’a pas encore atteint son âge adulte. En effet, si elle est trop riche, il pourrait prendre de l’embonpoint, ce qui nuirait à ses os et articulations, particulièrement fragiles en cette période. En outre, alors qu’il connaît de fortes poussées de croissance, une nourriture trop riche aurait de grandes chances d’accélérer ces dernières, avec tous les risques que cela implique : blessures, malformations, etc. À l’inverse, une alimentation trop pauvre pourrait provoquer des carences alimentaires et des retards de croissance. Il faut donc veiller (en faisant appel si besoin à l’expertise d’un vétérinaire) à l’ajuster constamment à ses besoins en constante évolution.

 

Même une fois adulte, ces derniers ne sont pas forcément les mêmes tout au long de l’année, car son niveau d’activité peut fluctuer d’une période à l’autre. C’est tout particulièrement vrai s’il est utilisé dans le cadre de la chasse, car cette activité implique une dépense énergétique sensiblement accrue. Pour qu’il garde alors la forme et soit en mesure de faire parler tout son potentiel, il convient d’augmenter les rations distribuées durant les périodes de chasse. À l’inverse, il faut veiller bien sûr à revenir au niveau habituel une fois la saison terminée, sous peine qu’il ne prenne du poids.

 

C’est d’autant plus vrai que le Bloodhound est une race de chien prédisposée à l’obésité, du fait notamment de sa gourmandise et de sa propension à voler de la nourriture (bien aidé en cela par sa grande taille). Il faut donc être très vigilant quant à la nourriture qui lui est donnée, et lui apprendre à ne pas quémander, manger les restes des repas de sa famille ou fouiller dans les poubelles. Il convient également de garder en tête que les friandises peuvent certes être des alliées de poids pour réussir son éducation et le rendre obéissant, mais qu’elles peuvent aussi entraîner une prise de poids et donc se retourner contre lui. L’idéal est d’opter pour des produits allégés et de déduire de sa ration quotidienne l’apport calorique qu’elles représentent.

 

Par ailleurs, afin de se rendre compte rapidement d’un écart trop important et pouvoir réagir, il faut prendre l’habitude de le peser régulièrement (idéalement deux fois par mois). En cas de prise de poids qui se confirme voire s’amplifie lors des mesures suivantes, il convient de prendre rendez-vous avec son vétérinaire pour connaître la source du problème et savoir comment y remédier. En effet, l’alimentation et le niveau d’activité du chien ne sont pas forcément en cause : la prise de poids peut être en fait un symptôme d’une maladie ou correspondre à une réaction à un traitement.

 

Comme nombre de congénères de grande taille, le Saint-Hubert est prédisposé à la dilatation-torsion de l’estomac – c’est même la première cause de mortalité chez cette race, car elle est fatale à défaut de prise en charge rapide par un vétérinaire. Différentes mesures permettent toutefois de réduire grandement le risque. Tout d’abord, sa ration quotidienne doit être divisée en plusieurs repas (au moins deux), afin d’éviter une prise alimentaire trop conséquente. Ensuite, lesdits repas doivent être pris au calme, à l’abri de toute source de stress. Enfin, le chien ne doit pas effectuer d’exercice physique intense dans l’heure qui précède, et surtout dans celle qui suit.

 

Enfin, comme tous les chiens, le Bloodhound doit toujours disposer d’une gamelle d’eau propre et fraîche de façon à pouvoir se désaltérer dès qu’il le souhaite.

Depuis ses débuts, le Chien de Saint-Hubert est employé pour la chasse au gros gibier, notamment en meute (en particulier dans le cadre de la chasse à courre) et plus précisément pour ses qualités de pistage. Doté d’un odorat très efficace ainsi que d’une endurance et une détermination sans faille, il n'a pas son pareil pour suivre des traces (même anciennes), et fait un excellent rapprocheur et chien de pied. Il excelle tout particulièrement dans la traque au cervidé et au sanglier, mais peut aussi très bien être employé sur la piste du lièvre. Ce n’est donc pas une surprise qu’on le retrouve encore souvent employé pour la chasse de nos jours.

 

Dès le début du 19ème siècle, ses qualités de pisteur furent également utilisées par les forces de l’ordre, notamment au Royaume-Uni, pour retrouver les délinquants et autres brigands. À la même époque, aux États-Unis, elles servirent également à poursuivre et retrouver les esclaves qui tentaient de s’échapper.

 

Il continue aujourd’hui d’être utilisé comme chien policier renifleur, par exemple pour retrouver des personnes évadées de prison. Les secours l’emploient également comme chien de recherche de personnes disparues.

 

C’est aussi un excellent compagnon familial, sociable et qui s’entend particulièrement bien avec les enfants. Grand sportif, il n’est pas fait en revanche pour une personne âgée ou très sédentaire, mais a au contraire toutes les chances d’être épanoui aux côtés de personnes actives. Il ne demande d’ailleurs pas mieux que d’accompagner ses maîtres faire du jogging, de la randonnée ou du vélo.

 

En revanche, ne possédant aucun instinct de protection et étant plutôt du genre à bien accueillir les inconnus (surtout s’ils ont quelques menues friandises pour lui), il n’est pas du tout fait pour jouer le rôle de gardien.

 

Il peut par contre se distinguer dans certains sports canins. Évidemment, son incroyable flair lui ouvre grand les portes des compétitions de pistage, mais il fait également un bon compétiteur en agility ou en rallye.

Quel que soit le pays, le prix d’un chiot Saint-Hubert dépend comme pour toute race du prestige de l’élevage dont il est issu, de sa lignée et des éventuelles distinctions obtenues par ses ancêtres, ainsi et surtout que de ses caractéristiques propres – à la fois en termes de tempérament et de proximité avec le standard.

 

En France et en Belgique, le prix moyen d’un Saint-Hubert est de l’ordre de 1300 euros, la plage de valeurs s’étendant de 1000 à 1700 euros.

 

Au Canada, il faut compter environ 800 dollars canadiens pour adopter un chiot Bloodhound. Toutefois, compte tenu de l’offre limitée dans le pays, il peut être pertinent dans certains cas de se tourner vers les États-Unis. Les élevages de Chiens de Saint-Hubert y proposent en général leurs chiots à des montants situés entre 500 et 1500 dollars américains.

 

Opter pour un achat à l’étranger implique toutefois de bien connaître et respecter la réglementation relative à l’importation d’un chien dans son pays, mais aussi de prendre en compte que des coûts supplémentaires viennent s’ajouter au prix d’achat : frais administratifs, de transport, etc.

  • Le Chien de Saint-Hubert a une voix très grave, mais n'est pas aboyeur.

 

 

  • Le Chien de Saint-Hubert est cité ou apparaît dans divers romans et pièces de théâtre. On peut citer par exemple :
    • Le Songe d’une nuit d’été, la célèbre pièce de théâtre écrite entre 1594 et 1595 par William Shakespeare ;
    • La case de l’oncle Tom, un brûlot contre l’esclavage écrit par l’écrivaine américaine Harriet Beecher Stowe et publié en 1852. Ce roman eut un très fort impact sur la société nord-américaine de l’époque, et fut d’ailleurs un sujet de tension avant même que la Guerre de Sécession n’éclate en 1861. Le Bloodhound, qui était couramment utilisé dans les plantations pour retrouver les esclaves échappés, y est présenté comme un animal particulièrement vicieux ;
    • Le chien des Baskerville, un roman de la série Sherlock Holmes écrit par Arthur Conan Doyle et publié en 1901. Il met en scène un chien démoniaque sans doute fortement inspiré du Saint-Hubert.

 

  • La race est également représentée dans bon nombre de films et films d’animations. On peut notamment parler de :
    • Pluto, le célèbre chien de Mickey Mouse créé par Walt Disney en 1930, en s’inspirant d’un Bloodhound ;
    • Bruno ou Pataud, le chien de Cendrillon dans le film d’animation Disney du même nom, sorti en 1950. Toujours très proche de la princesse, il se distingue par son amour pour la sieste et son envie continue de chasser le chat de Madame de Trémaine, la belle-mère de l’héroïne. Lors du bal, il est transformé par la Marraine Fée en valet de pied ;
    • Roquet belles oreilles, une série d’animation diffusée au début des années 50 et dont le personnage principal, qui porte ce même nom, est fortement inspiré du Bloodhound - bien qu’il soit de couleur bleue ! La soixantaine de courts épisodes qui constituent la série permettent de le suivre au cours de toutes ses drôles d’aventures ;
    • Luke la main froide, une comédie dramatique américaine réalisée par Stuart Rosenberg et sortie en 1967. Il s’agit en réalité d’une adaptation du roman du même nom, écrit par Donn Pearce et publié en 1965, qui conte l’histoire de Luke, un homme condamné à deux ans de travaux forcés dans l’État de Floride, aux États-Unis. N’acceptant pas l’autorité des gardiens, il tente à plusieurs reprises de s’enfuir. Des Bloodhounds apparaissent au cours du film, sans pour autant y avoir une importance majeure ;
    • Napoléon, dans le dessin animé Disney Les Aristochats, sorti en 1970. Ami de la célèbre famille féline, Napoléon apparait à deux reprises dans le film, affublé à chaque fois de son compagnon le Basset Lafayette ;
    • The Beverly Hillbillies, une série américaine créée par Paul Henning et diffusée entre 1962 et 1971. Elle narre l’histoire d’une famille modeste, dont les membres se rendent compte que leur ferme se situe au-dessus de grandes ressources pétrolières. Dans le générique ainsi que dans certains épisodes apparaît le vieux chien de la famille, nommé Duke. Il est tout particulièrement présent dans l’épisode 19 de la saison 1, intitulé Elly’s Animals ;
    • McGruff the Crime Dog, un personnage d’animation créé par l’Américain Jack Keil dans les années 80 pour une campagne de prévention télévisée contre le crime.

  • Tiger, un Bloodhound originaire des États-Unis possède le record du chien avec les plus grandes oreilles, ce qui lui a permis d'entrer dans le Guinness World Records.
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Avis & conseils Saint-Hubert

J'ai toujours eu des chiens de grande taille. Je viens de prendre mon premier St Hubert, race qui me tentait depuis longtemps. Quel bonheur ! Ce chien , bien qu'un peu "pot de colle" est juste fabuleux . Une mentalité en or. Il est docile et attentif, très intelligent. Son éducation est simple, surtout si on prend du plaisir avec son chien dans les divers exercices. Je le recommanderais facilement aux personnes cherchant un bon chien de famille. Je "kife" :-)

   
Par Frédéric