La santé du Berger Allemand : espérance de vie, maladies, conseils...

Espérance de vie du Berger Allemand

Le berger Allemand est robuste et jouit en général d’une bonne santé. Son espérance de vie de 12 à 14 ans se situe d’ailleurs dans la moyenne haute des races de gabarit comparable.

Article détaillé : L'espérance de vie du chien

Résistance du Berger Allemand au froid et à la chaleur

Constitué d’un sous-poil et d’un poil de couverture, le pelage « double » du Berger Allemand constitue une protection efficace contre le froid, la chaleur et les intempéries. 


Cela dit, lorsqu’il fait particulièrement chaud, il est comme n’importe quel chien susceptible de souffrir d’un coup de chaleur, avec potentiellement à la clef de très graves conséquences. De ce fait, mieux vaut alors éviter les sorties en milieu de journée, quand les températures sont les plus élevées.

Maladies du Berger Allemand

Comme pour toutes les races populaires, la santé du Berger Allemand est très documentée. De ce fait, la liste des maladies auxquelles on sait qu’il est prédisposé est longue, et pourrait de prime abord sembler inquiétante. Cela dit, il ne faut pas oublier qu’il jouit globalement d’une santé robuste : la majorité des individus ne développent aucune de ces pathologies au cours de leur vie.


Il est néanmoins utile de les connaître un tant soit peu : cela permet d’une part d’être à même de détecter rapidement un éventuel problème (et le cas échéant d’y faire face dans les meilleures conditions), et d’autre part de prendre des mesures de prévention quand c’est possible.

 

Les maladies tumorales

 

Une tumeur est une masse composée de cellules qui se reproduisent de façon anarchique. Elle se présente généralement sous la forme d’une grosseur sur une partie du corps : un organe, une zone de la peau… Le Berger Allemand présente une prédisposition à plusieurs maladies tumorales, certaines étant bénignes et d’autres malignes (cancers) :

    • l’hémangiosarcome, une tumeur maligne qui concerne les vaisseaux sanguins, susceptible de se développer dans la rate, le foie, le poumon, le cœur... Le Berger Allemand y est prédisposé, particulièrement au niveau de la rate et du cœur, et elle apparaît généralement vers l’âge de 10 ans. En plus de symptômes généraux (abattement, perte d’appétit, amaigrissement progressif, anémie, respiration anormalement rapide…), on peut en observer d’autres plus ou moins spécifiques selon la zone touchée. Par exemple, un abdomen gonflé et douloureux ainsi que des pertes de connaissance dans le cas d’une tumeur de la rate ; un état de faiblesse, des pertes de connaissance et des difficultés respiratoires dans celui d’une tumeur cardiaque. Il arrive que la tumeur se rompe, provoquant une hémorragie interne potentiellement fatale à défaut de prise en charge chirurgicale immédiate. Le traitement d’un hémangiosarcome dépend de l’emplacement de la tumeur, de son stade d’évolution et de l’état général du chien. Néanmoins, il commence généralement par une intervention chirurgicale, a fortiori en cas de tumeur de la rate : on ôte alors cette dernière, afin d’éviter le risque d’une hémorragie ou pour stopper les saignements si celle-ci est justement en cours. Ce traitement suffit rarement, car en général des métastases sont déjà présentes à ce stade. On recourt alors dans un second temps à la chimiothérapie, mais comme cette tumeur est dans tous les cas très agressive et souvent diagnostiquée tardivement, il s’agit surtout ce faisant d’améliorer la qualité de vie de l’animal et de gagner un peu de temps. En effet, le décès de l’animal est généralement inexorable moins d’un an après le diagnostic ;

    • l’ostéosarcome, une tumeur osseuse maligne qui concerne surtout les races grandes et géantes. Assez fréquente chez le Berger Allemand, elle apparaît le plus souvent chez des individus âgés de plus de 10 ans, mais une atteinte précoce (entre 18 et 24 mois) est possible. Touchant le plus souvent l’extrémité des os longs, elle se traduit d’abord par des douleurs intenses, une boiterie, parfois un gonflement localisé de la patte atteinte, voire une fracture de l’os au niveau de la tumeur. D’autres symptômes apparaissent fréquemment par la suite : baisse de forme, troubles digestifs (perte d’appétit, diarrhée, vomissements…), perte de poids, fonte musculaire, troubles respiratoires… Cette pathologie est très agressive : dans 90% des cas, des métastases sont déjà présentes au moment du diagnostic. Cela explique que le pronostic est très sombre : en règle générale, les traitements envisageables (amputation associée à de la chimiothérapie, immunothérapie ou radiothérapie) n’empêchent pas la prolifération du cancer, mais permettent de supprimer la douleur et d’améliorer la qualité de vie de l’animal jusqu’à son décès ;

    • l’adénocarcinome du sac anal, une tumeur agressive qui se déclare en moyenne vers l’âge de 10-11 ans et concerne davantage les femelles que les mâles. Elle ne touche généralement qu’un seul des deux sacs, et se manifeste par l’apparition d’une masse dans la région anale. Les symptômes sont une augmentation de la soif, des difficultés à déféquer ainsi qu’un aspect anormal des selles. Cette maladie n’est pas guérissable, mais il est possible d’augmenter l’espérance de vie de l’animal en ôtant chirurgicalement les sacs anaux ainsi que les ganglions régionaux s’ils sont également touchés - ce qui est courant. Le cas échéant, cette opération chirurgicale est alors associée à de la chimiothérapie ou de la radiothérapie ;

    • le mélanome épibulbaire, ou mélanome limbique, une tumeur généralement bénigne située au niveau de l’œil, entre la périphérie de la cornée et le tissu se trouvant sous la conjonctive. Chez le Berger Allemand, elle touche généralement des sujets âgés de 2 à 4 ans ou de 8 à 11 ans. Chez les premiers, elle grandit rapidement, occasionnant une gêne visuelle. Son ablation chirurgicale permet toutefois de résoudre le problème. Chez les seconds, elle est peu évolutive, et de ce fait n’a pas vraiment le temps d’impacter la vision ; 

    • le cystadénocarcinome rénal, une tumeur maligne qui se développe sur un ou les deux reins, et qui chez le Berger Allemand est d’origine héréditaire. Se déclarant généralement entre l’âge de 5 et 11 ans, elle va de pair avec une dermatofibrose nodulaire, c’est-à-dire une grosseur proliférative sur la peau, qui apparaît généralement avant la tumeur rénale proprement dite. Chez la femelle, il arrive aussi que le cystadénocarcinome rénal soit accompagné d’une tumeur de l’utérus. Quoi qu’il en soit, ses signes cliniques sont la présence de sang dans les urines, une augmentation de la soif et des urines, ainsi qu’une perte de poids. La tumeur peut rester petite et peser à peine 90 grammes, ou bien prendre des proportions très importantes - jusqu’ à atteindre autour de 7 kg. Par ailleurs, chez la moitié des sujets des métastases apparaissent au niveau des poumons, du foie… Si ce n’est pas le cas et qu’un seul rein est touché, on peut traiter la maladie en retirant le rein atteint. En revanche, en présence de métastases ou si les deux reins sont atteints, elle entraîne inexorablement le décès de l’animal. On ne peut que mettre en place une chimiothérapie palliative pour améliorer sa fin de vie ;

    • l’adénome/carcinome du cortex surrénalien, une tumeur bénigne (adénome) ou maligne (carcinome) qui en règle générale concerne une seule des deux glandes surrénales, et qui chez le Berger Allemand touche un peu plus les femelles. Situées au-dessus des reins, les glandes surrénales ont pour fonction de sécréter diverses hormones, dont la cortisone. Chez 15 à 20% des sujets atteints, cette tumeur entraîne une surproduction de cortisone : c’est ce qu’on appelle l’hypercorticisme, ou le syndrome de Cushing. Dans tous les cas, le traitement consiste à éliminer chirurgicalement la glande touchée. En cas d’hypercorticisme, celle qui reste est atrophiée : on doit alors administrer des corticoïdes jusqu’à ce qu’elle fonctionne à nouveau normalement ;

    • le séminome, une tumeur testiculaire qui se déclare généralement chez des mâles âgés de 9 à 11 ans et touche davantage les sujets cryptorchides, c’est-à-dire ceux chez qui un ou les deux testicules n’est (ne sont) pas descendu(s) dans le scrotum. La plupart du temps, elle se traduit par un changement d’aspect des testicules : celui atteint devient plus gros et dur, alors que l’autre est au contraire susceptible de s’atrophier. La probabilité de métastases est faible (de l’ordre de 10%), et elle est le plus souvent bénigne. Toutefois, même quand c’est effectivement le cas, elle est susceptible d’entraîner un déséquilibre hormonal ou la production anormale de certaines hormones sexuelles, avec le risque de provoquer l’apparition d’affections plus ou moins graves : syndrome de féminisation, rougeur cutanée (érythème) associée à une perte de poils qui s’étend progressivement, troubles de la prostate souvent compliqués de hernies périnéales (c’est-à-dire avec un déplacement de certains organes vers la région anale appelée périnée), lésions sur les glandes entourant l’anus, voire anémie très sévère due à une chute du nombre des cellules sanguines dans la moelle épinière (aplasie médullaire). En règle générale, la stérilisation de l’animal suffit pour résoudre le problème. Cependant, en cas d’aplasie médullaire et/ou de métastases du séminome, le pronostic est plus réservé.

 

Les maladies cardiaques

 

Le Berger Allemand est prédisposé à plusieurs pathologies cardiaques :

    • la cardiomyopathie dilatée, une affection d’origine héréditaire qui touche surtout les races grandes à géantes, et qui est due au fait que le cœur ne se contracte pas normalement. Cela entraîne une baisse du flux sanguin envoyé dans l’organisme, avec pour conséquences une dilatation du coeur et l’installation d’une insuffisance cardiaque. Se déclarant principalement entre l’âge de 5 et 10 ans, cette maladie se manifeste au travers de symptômes variés : certains sont d’ordre général (fatigabilité, amaigrissement, baisse de forme…), tandis que d’autres sont plus spécifiques à l’insuffisance cardiaque qui s’installe (toux, malaises, difficultés respiratoires, accumulation anormale de liquide dans la cavité abdominale, perte d’appétit…). Dans 90% des cas, on ne connaît pas avec certitude – voire pas du tout – la cause de la cardiomyopathie dilatée, mais elle est probablement alors la conséquence d’une attaque antérieure du muscle cardiaque, d’origine virale, inflammatoire, toxique ou autre. Par ailleurs, elle peut apparaître et se développer de manière progressive, ou bien au contraire se manifester d’emblée sous une forme grave. À moins d’avoir une origine connue et traitable (ce qui est très rarement le cas), la cardiomyopathie dilatée est incurable et conduit généralement au décès de l’animal en l’espace de quelques mois (mais un décès subit est également possible). Un traitement médicamenteux associé à une bonne hygiène de vie ainsi qu’à un suivi vétérinaire régulier peut toutefois améliorer la qualité de vie de l’animal, voire dans certains cas prolonger cette dernière de plusieurs années ;  

    • la sténose aortique, une malformation cardiaque congénitale soupçonnée chez le Berger Allemand d’être d’origine héréditaire. Elle consiste en un rétrécissement de la valve aortique : située entre le ventricule gauche et l’aorte, celle-ci est une des principales artères de l’organisme. Cela gêne le passage du sang, ce qui entraîne à terme une fatigue du ventricule gauche et l’installation d’une insuffisance cardiaque. Les symptômes de cette dernière sont notamment une fatigue à l’effort ainsi que des syncopes, et elle cause parfois un décès soudain. Le plus souvent, le premier signe clinique d’une sténose aortique est la détection d’un souffle au coeur chez le chiot lors de la première visite vétérinaire. Cette maladie est en soit incurable, et dans les cas les plus graves les symptômes d’une insuffisance cardiaque apparaissent dès l’âge de 5-6 mois. Toutefois, elle prend la plupart du temps une forme modérée et peut alors être traitée au moyen de médicaments, afin de limiter l’insuffisance cardiaque et d’améliorer la qualité de vie de l’animal ;

    • la persistance du canal artériel, une malformation cardiaque congénitale qui chez le Berger Allemand est d’origine héréditaire et concerne surtout les femelles. Elle est à l’origine d’une mauvaise oxygénation de l’organisme et d’une fatigue anormale du cœur. Dans un premier temps, les symptômes sont assez discrets : retard de croissance, fatigue, mauvais état général… Puis, en quelques mois (voire parfois quelques années), on constate l’installation d’une insuffisance cardiaque. Si elle est décelée tôt, la persistance du canal artériel peut être corrigée via une opération chirurgicale ; dans le cas contraire, elle est incurable. Cependant, si le cœur n’est pas déjà trop abîmé au moment du diagnostic, il demeure possible de ralentir sa progression en traitant ses conséquences : cela permet d’augmenter l’espérance de vie de l’animal ;

    • la dysplasie mitrale, une malformation congénitale de la valve mitrale (située entre l’oreillette et le ventricule gauches), qu’on suspecte d’être chez le Berger Allemand d’origine héréditaire. Les symptômes (lorsqu’il y en a) sont peu spécifiques : intolérance à l’effort, insuffisance cardiaque… Les sujets asymptomatiques ne reçoivent généralement pas de traitement, mais font l’objet d’une surveillance vétérinaire et il faut leur éviter les efforts intenses ainsi que les sorties par temps humide et/ou très chaud. Dans le cas où des symptômes sont présents, une intervention chirurgicale visant à remplacer la valve malade (et offrant une bonne chance de guérison complète) est envisageable, mais uniquement pour les sujets jeunes et assez robustes : pour les autres, les risques liés à l’intervention (notamment l’anesthésie) sont trop importants, surtout si l’insuffisance cardiaque est déjà à un stade assez avancé. Concernant cette dernière, elle nécessite un traitement médicamenteux administré à vie pour faire baisser la tension artérielle, ralentir le rythme cardiaque et éventuellement améliorer la circulation sanguine ; 

    • la persistance du quatrième arc aortique droit, une anomalie congénitale qui chez le Berger Allemand est d’origine héréditaire. L’arc aortique est un faisceau de vaisseaux sanguins présent chez l’embryon. En temps normal, le quatrième arc gauche se développe au cours de la gestation pour former l’aorte, une des principales artères de l’organisme, alors que le quatrième en partant de la droite disparaît. Dans le cas de cette anomalie, c’est l’inverse qui se produit. La conséquence est une compression de l’œsophage, qui de ce fait ne se dilate pas normalement au passage des aliments. Ces derniers tendent alors à s’accumuler en amont de la zone de compression, ce qui entraîne une dilatation de l’œsophage. Apparaissent juste après le sevrage du chiot, les symptômes sont une respiration anormale, des régurgitations, une absence de prise de poids et une faim permanente. Une opération effectuée de manière précoce permet d’améliorer la situation, même si des problèmes dus à la dilatation de l’oesophage peuvent persister. En tout cas, à défaut de prise en charge chirurgicale, le risque est que les régurgitations provoquent ce qu’on appelle une pneumonie par aspiration, qui correspond au fait que les aliments passent dans les poumons au lieu de descendre dans l’estomac. Pour limiter ce risque en attendant qu’il soit opéré, l’animal doit être nourri debout sur ses pattes arrière et rester dans cette position pendant 10 à 20 minutes après le repas, lequel doit avoir la consistance d’une soupe épaisse.

 

Les maladies gastro-entérologiques

 

  • la furonculose anale, qui correspond à l’apparition progressive de fistules périanales (des plaies produisant du pus) parfois très importantes au niveau des tissus situés autour de l’anus. Ces lésions sont larges et profondes, avec des zones de tissus morts (nécrose), et peuvent remonter jusqu’à la base de la queue. Très douloureuse et souvent accompagnée de surinfections d’origine bactérienne, cette pathologie se déclare en moyenne entre l’âge de 7 et de 9 ans. Elle se manifeste par divers symptômes : douleur dans la région anale, irritation, léchage anormalement fréquent de la zone, tendance à se frotter le derrière sur le sol, suintements malodorants, défécation douloureuse, traces de sang dans les selles, éventuellement une certaine agressivité…  Ses causes ne sont pas connues avec certitude, mais un dysfonctionnement du système immunitaire pourrait en être à l’origine, plus ou moins en lien avec des allergies alimentaires ainsi qu’une prédisposition d’ordre héréditaire. Plusieurs traitements sont possibles, et parfois utilisés en parallèle : l’administration d’immunodépresseurs, un régime alimentaire hypoallergénique, des soins locaux quotidiens (nettoyage, désinfection, maintien au sec de la zone atteinte). Dans tous les cas, une surveillance médicale étroite est nécessaire afin de suivre l’évolution de l’affection et de traiter les éventuelles surinfections, d’autant qu’elles sont fréquentes. Si le traitement médicamenteux échoue ou ne suffit pas, l’ablation chirurgicale des tissus touchés est une solution efficace. C’est toutefois une opération complexe, présentant un risque élevé de complications diverses : rétrécissement anal (sténose), incontinence fécale… En outre, des récidives sont fréquentes. La meilleure façon de traiter la furonculose anale est d’associer les deux traitements (médicamenteux et chirurgical) puis de mettre en place une surveillance médicale étroite ainsi qu’un traitement de fond pour limiter le risque de récidives ;

  • l’insuffisance pancréatique exocrine (IPE), due à un dysfonctionnement du pancréas, dont la fonction est de sécréter diverses substances importantes, notamment des enzymes digestives et des protéines antibactériennes censées réguler la flore bactérienne de l’intestin grêle. L’IPE correspond au fait que le pancréas ne produit pas ou pas assez de ces substances (en particulier les enzymes digestives) : cela entraîne d’une part la malabsorption des lipides, des protéines et des glucides, et d’autre part une quantité anormalement élevée de bactéries dans l’intestin grêle. Les symptômes sont un amaigrissement sans perte de l’appétit, des selles très volumineuses plus ou moins diarrhéiques, ainsi qu’une peau et un pelage en mauvais état. Par ailleurs, elle entraîne fréquemment des carences nutritionnelles. Le Berger Allemand est particulièrement prédisposé à l’insuffisance pancréatique exocrine, et chez lui elle se déclare généralement vers l’âge de 3 ans. Outre le fait qu’on suspecte un facteur héréditaire, plusieurs pathologies peuvent en être à l’origine : un dysfonctionnement du système immunitaire, une pancréatite chronique, une tumeur du pancréas… Le traitement doit être administré à vie : il consiste à donner à l’animal des aliments spécifiquement conçus pour les chiens souffrant de problèmes digestifs (ils sont particulièrement digestes), ainsi que des extraits pancréatiques qui doivent être administrés juste avant les repas ;

  • le mégaoesophage congénital, une anomalie due à un dysfonctionnement neuromusculaire qui fait que l’oesophage ne se dilate pas normalement au passage des aliments. De ce fait, la nourriture, l’eau et la salive y stagnent au lieu d’aller dans l’estomac, ce qui entraîne des régurgitations et une perte de poids importante. Ces signes cliniques apparaissent généralement dès le sevrage du chiot. Il est alors crucial de réagir très rapidement, compte tenu du risque que les aliments régurgités passent dans les poumons et provoquent une grave infection (ce qu’on appelle une pneumonie par aspiration, et qui peut être fatal). En l’absence de solution médicamenteuse ou chirurgicale efficace, la meilleure façon d’éviter que ceci se produise consiste à nourrir l’animal avec de petites quantités de boulettes molles qu’on lui donne plusieurs fois par jour, à placer sa gamelle en hauteur et à le maintenir en position verticale ou assise pendant 5 à 10 minutes après qu’il a mangé et bu, pour faciliter le passage des aliments et de l’eau par gravité. En parallèle, il est généralement recommandé de lui administrer des antiacides. Toutefois, du fait des pneumonies à répétition ainsi que de la perte de poids importante, le pronostic est généralement sombre ;

  • la maladie inflammatoire chronique de l’intestin (MICI), qui correspond à une inflammation chronique de l’estomac et/ou de l’intestin grêle et/ou du côlon. Cette pathologie est susceptible de se déclarer à tout âge et peut avoir diverses origines : des parasites internes, une intolérance alimentaire, un dysfonctionnement du système immunitaire qui fait que l’organisme se retourne contre lui-même… Ses signes cliniques (perte de poids, vomissements, diarrhées, augmentation ou baisse de l’appétit, présence de sang ou de mucus dans les selles…) dépendent de la sévérité de l’atteinte et sont d’intensité variable d’un individu à l’autre. Elle est incurable, mais il est possible de limiter les symptômes en mettant en place un régime alimentaire hypoallergénique et riche en protéines. Si cela s’avère insuffisant, ainsi que dans les cas les plus graves, cette mesure est complétée par l’administration d’antibiotiques, voire de corticoïdes et/ou d’immunodépresseurs. Ces divers traitements permettent généralement à l’animal de retrouver une bonne qualité de vie ;

  • le syndrome de prolifération bactérienne de l’intestin grêle, une maladie méconnue qui touche surtout les grandes races, touche davantage les mâles et se déclare le plus souvent vers l’âge de deux ans. Elle est due à une augmentation anormale de la flore bactérienne intestinale, ce qui provoque une mauvaise assimilation des nutriments. Ceci entraîne divers problèmes : des selles diarrhéiques, une perte de poids, des flatulences, des borborygmes (« gargouillements »)… On constate également chez certains sujets des vomissements, une inflammation du côlon (colite), ou encore des troubles alimentaires tels qu’une polyphagie (faim excessive), une coprophagie (ingestion de crottes) ou encore le Pica (ingestion volontaire de pierres, jouets ou autres objets non comestibles). On ne connaît pas toujours la cause de ce syndrome, mais il semble que certaines maladies puissent favoriser son apparition : par exemple une insuffisance pancréatique exocrine (IPE), un dysfonctionnement du système immunitaire, des affections inflammatoires de l’appareil digestif… Dans le cas où son origine est établie, traiter cette dernière permet généralement de résoudre le problème ; en revanche, en l’absence de cause identifiable, seul un traitement de longue durée consistant en des antibiotiques ainsi qu’une alimentation hautement digeste et pauvre en graisses s’avère efficace. On recommande également l’administration de probiotiques et de vitamine B12 ;
      
  • la dilatation-torsion de l’estomac, un problème qui concerne principalement les races de taille moyenne ou grande. Elle correspond au fait que l’estomac gonfle et se replie sur lui-même, ce qui empêche l’évacuation des gaz et gêne la circulation sanguine. Sans prise en charge rapide, l’issue est fatale ;

  • l’entérite/colite/entérocolite lymphoplasmocytaire, une maladie inflammatoire chronique qui survient principalement entre l’âge de 4 et de 8 ans, et qui correspond au fait que la paroi de l’intestin est infiltrée par des globules blancs appelés lymphocytes et plasmocytes. On parle d’entérite si l’atteinte concerne l’intestin grêle, de colite si c’est le côlon, et d’entérocolite si les deux sont touchés. Cette affection est souvent associée à une prolifération bactérienne dans la zone touchée ainsi qu’à un déficit en immunoglobulines, des protéines jouant un rôle important dans la défense de l’organisme. Son origine exacte est inconnue, mais on soupçonne un facteur héréditaire ou une réponse anormale du système immunitaire à un problème digestif (par exemple l’ingestion d’une substance particulière). Devenant de plus en plus fréquents et sévères avec le temps, ses symptômes sont un état d’abattement, des diarrhées avec ou sans vomissements, une perte de poids sans baisse de l’appétit, une déshydratation, des borborygmes (gargouillement), des douleurs abdominales… Dans les formes graves, on constate parfois une chute du taux de certaines protéines (albumine et/ou globulines) contenues dans le sang. On peut guérir cette affection au moyen d’un traitement médicamenteux, mais en raison des récidives fréquentes il doit être administré sur une longue durée (plusieurs semaines voire mois).

 

Les maladies neurologiques

 

Le Berger Allemand est enclin à quatre maladies neurologiques :

 

  • l’épilepsie idiopathique, une affection chronique du système nerveux qui est souvent d’origine héréditaire. Elle se traduit par des crises convulsives parfois impressionnantes, particulièrement sévères et difficiles à contrôler chez le Berger Allemand. On ne peut la guérir, mais il existe des traitements permettant de limiter la fréquence et l’intensité des crises, voire dans certains cas de les éviter complètement. L’animal retrouve alors une qualité de vie presque normale ;

  • la hernie discale, qui correspond au fait qu’un disque intervertébral pénètre dans la colonne et comprime la moelle osseuse. Elle se décline en deux formes : le type I, qui affecte surtout chez les races de petite taille ; le type II, qui touche particulièrement celles de grande taille - notamment le Berger Allemand. Chez ce dernier, elle concerne les vertèbres lombaires et se déclare en moyenne entre l’âge de 7 et 9 ans. Les conséquences sont des douleurs (notamment en position assisse), une faiblesse des pattes arrière ainsi que des troubles urinaires et fécaux. Les symptômes vont crescendo et la maladie évolue vers une paralysie plus ou moins prononcée des pattes arrière. Si l’animal est pris en charge rapidement, un traitement médicamenteux et du repos suffisent parfois pour obtenir la guérison. Dans le cas contraire, ou si les médicaments ne suffisent pas à soulager les symptômes, une intervention chirurgicale s’avère nécessaire pour résoudre le problème ;

  • la sténose lombosacrée dégénérative, une pathologie dégénérative progressive qui consiste en une compression des racines nerveuses au niveau de la jonction entre les vertèbres lombaires et le sacrum. Elle se déclare souvent vers l’âge de 7 ans, concerne particulièrement les chiens de travail et les races de taille moyenne à grande (dont le Berger Allemand), et touche nettement plus les mâles que les femelles. Cette compression peut avoir plusieurs causes possibles : une hernie discale de type II avec pénétration du disque intervertébral dans la moelle épinière, une subluxation (c’est-à-dire un déplacement osseux au niveau de la première vertèbre sacrée), une anomalie congénitale (par exemple des vertèbres surnuméraires)… Par ailleurs, le surpoids est un facteur favorisant. Les signes cliniques de la sténose lombosacrée dégénérative sont des douleurs au bas du dos, une boiterie des pattes arrière, des difficultés pour se lever, se coucher, s’asseoir, sauter ou monter les escaliers. Au fur et à mesure de la progression de la maladie, d’autres symptômes apparaissent : la queue est portée basse, les pattes arrière se replient, ce qui fait que le dessus des pieds frotte sur le sol quand le chien se déplace, on constate l’apparition d’une incontinence urinaire ou fécale, parfois une automutilation de la région touchée… Cette maladie n’est pas curable, mais dans un peu plus de la moitié des cas différents traitements permettent de gérer efficacement la douleur, et ce de manière durable : injections de cortisone (uniquement en cas de prise en charge précoce), administration d’anti-inflammatoires en association avec du repos et éventuellement un régime amaigrissant. Si cela s’avère insuffisant, la chirurgie donne de bons résultats dans 80 à 95% des cas. Elle ne permet toutefois pas toujours d’éliminer l’incontinence ;

  • la myélopathie dégénérative, qui correspond à une dégénérescence progressive de la moelle épinière. Cette maladie se manifeste par des troubles de l’équilibre et de la coordination (ataxie), ainsi qu’une paralysie partielle des pattes arrière puis des pattes avant (parésie). Elle n’est pas curable et évolue inexorablement vers la paralysie totale, si bien que l’animal finit le plus souvent par être euthanasié (généralement une fois que les pattes avant sont touchées).

 

Les maladies articulaires

 

Le Berger Allemand est globalement robuste, mais ses articulations sont clairement un de ses points faibles. Il est ainsi prédisposé à plusieurs maladies les concernant :

  • la dysplasie de la hanche, une malformation correspondant au fait que la tête du fémur ne tient pas correctement en place dans son logement. Cela entraîne des douleurs, une boiterie, des difficultés à bouger, puis l’apparition d’arthrose, et à terme la paralysie d’une ou – le plus souvent – des deux pattes arrière. Cette pathologie touche surtout les races de taille moyenne à grande, et son apparition peut être favorisée par un facteur héréditaire. On peut la guérir par voie chirurgicale si elle est décelée de façon très précoce ; dans le cas contraire, des traitements médicamenteux et/ou chirurgicaux permettent parfois d’atténuer les symptômes ;

  • la dysplasie du coude, une autre maladie articulaire courante chez les races de taille moyenne à grande et qui peut elle aussi être favorisée par un facteur héréditaire, mais qui touche le coude. Comme la dysplasie de la hanche, elle entraîne des douleurs, une boiterie, des difficultés à bouger, puis de l’arthrose. Si elle est diagnostiquée très tôt, une opération chirurgicale permet souvent une guérison complète. Dans le cas contraire, on peut espérer limiter les symptômes à l’aide de traitements médicamenteux et/ou chirurgicaux ;

  • l’ostéochondrose de l’épaule et l’ostéochondrose du genou, des pathologies fréquentes chez le Berger Allemand et qui correspondent au fait que le cartilage articulaire de la zone concernée s’épaissit au cours de la croissance. Elles affectent surtout les mâles, et se déclarent le plus souvent entre l’âge de 4 et 7 mois. Leur cause est incertaine, mais on suspecte fortement une origine héréditaire associée à un ou plusieurs problèmes : des lésions vasculaires entraînant un manque d’oxygénation du cartilage et un déficit en apports nutritifs (ce qui gênerait le processus d’ossification), des microtraumatismes répétés sur l’articulation... Quoi qu’il en soit, il arrive que le cartilage se fissure ou se décolle, entraînant une boiterie et une inflammation importante de l’articulation. L’ostéochondrose de l’épaule est la plus fréquente des deux, et bilatérale (c’est-à-dire touche les deux épaules) dans environ la moitié des cas. Que ce soit l’épaule ou le genou qui est touché, le traitement passe par une intervention chirurgicale visant à ôter le cartilage concerné. Ensuite, soit on le laisse se reformer naturellement, soit on greffe un autre cartilage à la place, soit on le remplace par du cartilage synthétique. Le pronostic dépend de l’âge de l’animal, de la zone touchée et de son étendue, mais une prise en charge précoce signifie une plus grande chance de guérison ; 

  • la polyarthrite idiopathique, une maladie inflammatoire due à un dysfonctionnement du système immunitaire et susceptible de concerner diverses articulations (souvent plusieurs en même temps). Se déclarant le plus fréquemment entre un et trois ans, cette pathologie se manifeste par des douleurs articulaires plus ou moins intenses, parfois associées à de la fièvre, un état léthargique ainsi que des troubles locomoteurs. Un traitement médicamenteux permet de résoudre le problème, mais il doit souvent être donné pendant quatre à six mois ;

  • la vertèbre lombo-sacrée transitionnelle, une affection incurable d’origine héréditaire et qui fait partie des dysplasies articulaires de la colonne vertébrale. Elle correspond à une asymétrie de la première vertèbre sacrale, ce qui empêche les vertèbres d’être correctement alignées et la colonne d’être droite. Outre des douleurs dans le bas du dos et une boiterie des pattes arrière, cette anomalie peut aussi entraîner des symptômes neurologiques (difficultés à bouger, incontinence…), et à terme une paralysie totale de l’arrière-train.

 

Les maladies osseuses

 

Le berger Allemand est prédisposé à trois maladies osseuses :

  • la panostéite éosinophilique, ou énostose, une atteinte de la moelle osseuse parfois d’origine héréditaire qui touche la partie médiane des os longs (le plus souvent ceux des pattes avant) et apparaît généralement entre 5 et 15 mois. Elle concerne quatre fois plus les mâles que les femelles, et est fréquente chez les races de grande taille à croissance rapide comme le Berger Allemand. Cette affection entraîne une modification de l’organisation cellulaire de l’os, avec pour conséquences une prolifération osseuse et vasculaire, ainsi qu’une augmentation du volume de sang dans les veines (ce qu’on appelle une congestion veineuse). On ne connaît pas son origine exacte, mais on pense qu’elle peut être la conséquence de plusieurs pathologies : une attaque bactérienne ou virale, une maladie sanguine telle que la maladie de von Willebrand ou l’hémophilie de type A… Elle pourrait également être liée à une alimentation hyperprotéique, c’est-à-dire trop riche en protéines. Les signes cliniques de la panostéite éosinophilique sont une boiterie soudaine plus ou moins sévère et pouvant aller jusqu’à l’incapacité à se lever, une douleur à la palpation du centre de l’os atteint, et parfois de la fièvre. Ils sont susceptibles de se produire dans plusieurs zones à la fois, voire de « se déplacer » d’une patte à l’autre (et disparaître alors de la patte précédemment touchée). On traite la douleur en mettant l’animal au repos et en lui administrant des antalgiques, voire des corticoïdes pendant une courte période. Ce problème est douloureux, mais n’a aucune conséquence sur le long terme : la maladie disparaît spontanément entre 12 et 18 mois après être apparue ; 

  • l’ostéodystrophie hypertrophique, ou ostéopathie métaphysaire, une pathologie qui touche la métaphyse, c’est-à-dire la partie de l’os située entre son centre et son extrémité. Elle est fréquente chez les races de grande taille à croissance rapide, comme le Berger Allemand. Dans son cas, elle concernerait davantage les mâles que les femelles et se déclare généralement entre 2 et 6 mois. Le plus souvent, l’atteinte se produit sur l’ulna (cubitus) ou le tibia, plus rarement sur la mâchoire ou l’extrémité de la patte. On ne sait exactement ce qui la cause, mais plusieurs options sont évoquées : une infection bactérienne ou virale (notamment la maladie de Carré), une carence en cuivre ou en vitamine C, une alimentation trop riche en protéines, un dysfonctionnement du système immunitaire… Quoi qu’il en soit, l’ostéodystrophie hypertrophique se traduit par une boiterie, légère et épisodique ou au contraire sévère et continue, parfois associée à des symptômes généraux comme de la fièvre, une perte d’appétit et un état dépressif. On constate aussi un gonflement chaud de la zone atteinte et une douleur importante à la palpation. Un traitement médicamenteux associé à du repos permet de gérer l’inflammation et la douleur. Des récidives sont possibles tant que la croissance de l’animal se poursuit, mais le pronostic est bon pour les formes légères ; d’ailleurs, elles guérissent parfois spontanément en l’espace de quelques jours à quelques semaines. En revanche, les cas graves exigent généralement une hospitalisation et peuvent laisser de graves séquelles - par exemple une déformation osseuse importante et définitive ;

  • la spondylarthrose déformante, ou spondylopathie déformante, une maladie fréquente chez le Berger Allemand et qui correspond à la formation d’excroissances osseuses sur certaines vertèbres - au point d’ailleurs que parfois ces dernières se rejoignent et se soudent entre elles. Cette affection se déclare le plus souvent chez des sujets assez âgés, mais survient parfois vers l’âge de 2-3 ans. Ses symptômes sont des mouvements moins souples, une démarche raide, des douleurs à la flexion de la colonne vertébrale… On ne peut la guérir, mais il est possible de réduire efficacement la douleur au moyen d’un traitement anti-inflammatoire ainsi qu’en évitant les activités qui sollicitent fortement le dos. 

 

Les maladies sanguines

 

Le Berger Allemand présente une prédisposition à trois troubles de la coagulation sanguine :

  • la maladie de von Willebrand, une affection d’origine héréditaire qui se manifeste par des saignements spontanés (au niveau de la truffe, des gencives…), des saignements abondants en cas de blessure, ainsi que par la présence de sang dans les urines ou les selles. On ne peut la guérir, mais des traitements permettent au moins de limiter les symptômes ;

  • l’hémophilie de type A, qui touche principalement les mâles, est le plus souvent d’origine héréditaire et ne peut être guérie. Elle se traduit par des saignements plus ou moins importants, la présence d’hématomes, ainsi que des urines ou des selles sanguinolentes. Les cas les plus graves peuvent se traduire par des hémorragies internes, et l’animal doit alors être régulièrement transfusé. Ils sont toutefois rares chez le Berger Allemand, chez qui cette maladie reste normalement modérée ; 

  • l’hémophilie de type B, ou maladie de Christmas, une affection qui a généralement une origine héréditaire et qui touche essentiellement les mâles. Certains symptômes sont discrets et peuvent passer inaperçus (par exemple, les gencives qui saignent chez un chiot lorsqu’il perd ses dents de lait), mais d’autres sont plus visibles : formation d’hématomes spontanés (particulièrement au niveau des articulations), saignements qui se prolongent anormalement… Dans les cas les plus graves, des hémorragies internes sont possibles, notamment dans le thorax, l’abdomen ou le système nerveux. L’hémophilie de type B est incurable, et même si des traitements (essentiellement des transfusions sanguines) permettent de limiter - voire prévenir - les hémorragies, le pronostic à terme est généralement réservé.

 

Les maladies infectieuses

 

Le Berger Allemand est prédisposé à quelques maladies infectieuses :

  • l’aspergillose, une pathologie due à un champignon appelé Aspergillus Fumigatus, lequel se développe dans la cavité nasale et/ou le sinus frontal, qui est situé au-dessus du nez et derrière les sourcils. Les races au museau long (comme c’est le cas du Berger Allemand) y sont prédisposées, et elle touche davantage les mâles. Apparaissant le plus souvent entre un et sept ans, elle se manifeste par des éternuements chroniques ainsi qu’un jetage nasal épais et parfois sanguinolent. D’autres symptômes sont également susceptibles d’apparaître : état d’abattement, dépigmentation de la truffe... Des troubles neurologiques sont également possibles dans les formes les plus graves. L’aspergillose est curable, mais difficile à soigner : même donnés sur une longue période, les traitements antifongiques classiques ne s’avèrent pleinement efficaces que dans un cas sur deux. En outre, ils ont parfois des effets secondaires potentiellement graves, notamment pour le foie. On obtient de meilleurs résultats avec une intervention chirurgicale destinée à éliminer les zones touchées et à les traiter à l’aide d’une crème antifongique : elle présente un taux de réussite de 70 à 100%, selon la sévérité du cas. Néanmoins, il est parfois nécessaire de s’y prendre à plusieurs reprises, car l’aspergillose est très résistante et les récidives sont fréquentes ;

  • la cryptococcose, une maladie due à un champignon appelé Cryptococcus. Touchant surtout les individus de moins de 4 ans passant beaucoup de temps à l’extérieur, elle est causée par l’inhalation des spores contenues dans des substances végétales en décomposition. Les zones touchées sont principalement les poumons ou les cavités nasales, mais une contamination du sang est possible. Le cas échéant, cela favorise la propagation de l’infection dans d’autres parties du corps : le système nerveux central, les yeux, la peau, les articulations, le système digestif, la rate, la thyroïde, le pancréas... Après une période d’incubation allant généralement de deux à treize mois (mais pouvant même être plus longue encore), la cryptococcose provoque un affaiblissement du système immunitaire et s’accompagne de symptômes d’ordre général (abattement, perte de poids, fièvre, perte d’appétit), ainsi que d’autres propres à la zone touchée. Celle-ci étant le plus souvent le système nerveux central, les cavités nasales ou l’appareil urinaire, les symptômes spécifiques les plus courants sont d’ordre neurologique (crises épileptiformes, problèmes de coordination, sensibilité sensorielle excessive ou hyperesthésie, paralysie faciale…), respiratoire (éternuements, écoulement nasal purulent ou hémorragique, gonflement des ganglions sous la mâchoire…) ou urinaire (difficultés pour uriner, malpropreté…). Le pronostic est bon pour les formes légères et localisées, mais il est plus réservé pour les formes nerveuses ou disséminées. Dans tous les cas, le traitement est délicat et très long (plusieurs mois à plusieurs années). Il consiste à administrer des médicaments antifongiques, mais aussi parfois à retirer via une opération chirurgicale les zones infectées. Il faut savoir enfin que la cryptococcose est une zoonose, c’est-à-dire une maladie qu’un chien peut transmettre à un humain, et que les personnes immunodéprimées sont particulièrement à risque. Une vigilance extrême s’impose d’autant plus que chez l’Homme la cryptococcose provoque généralement une méningo-encéphalite, qui est une maladie potentiellement fatale ;

  • la parvovirose, une affection virale très contagieuse et mortelle en l’absence de prise en charge rapide. Comme pour toute maladie causée par un virus, le risque de transmission est particulièrement élevé en collectivité : refuge, élevage, chenil… En l’occurrence, celle-ci se traduit par de la fatigue, un refus de boire et de manger, un inconfort abdominal, une forte fièvre, une déshydratation sévère et une gastro-entérite hémorragique. On ne peut traiter la parvovirose elle-même, mais en attendant que le système immunitaire du chien élimine le virus (si tant est qu’il y parvienne, sinon l’issue peut être fatale), un placement en soins intensifs s’impose afin de traiter les symptômes. Cela dit, il existe un vaccin contre cette maladie, qui peut être administré dès l’âge de 8 semaines – il est d’ailleurs fortement recommandé de le faire.

 

Les maladies uro-génitales

 

Le Berger Allemand est enclin à certaines affections uro-génitales :

  • l’urolithiase, qui correspond à la formation de calculs dans la vessie et/ou les voies urinaires. Elle se traduit par des difficultés à uriner, des mictions anormalement fréquentes et sanguinolentes, ainsi qu’une soudaine malpropreté urinaire. Une prise en charge rapide s’impose chez les mâles, car les calculs peuvent boucher l’entrée du pénis. Le traitement dépend de leur composition, mais en règle générale on recourt à la chirurgie, qui permet d’obtenir une amélioration – voire une guérison – plus rapide qu’un traitement médicamenteu. Il existe toutefois un risque de récidive ;

  • la cryptorchidie congénitale, une anomalie probablement d’origine héréditaire et qui correspond au fait qu’un ou les deux testicules ne descend(ent) pas dans le scrotum, comme cela se fait normalement à l’âge de 8 semaines. Cela augmente le risque d’infection, mais aussi celui d’une torsion testiculaire voire d’une tumeur maligne du testicule. En outre, ce problème est souvent à l’origine d’une surproduction d’hormones sexuelles appelées oestrogènes, avec potentiellement pour conséquences une altération de la peau ainsi que des troubles comportementaux : anxiété, agressivité… Le traitement de la cryptorchidie congénitale passe par une intervention chirurgicale visant à retirer le(s) testicule(s) non descendu(s) ;

Par ailleurs, il faut savoir que quel que soit son sexe, la stérilisation précoce (c’est-à-dire avant l’âge d’un an) d’un Berger Allemand est susceptible de favoriser l’apparition de certaines pathologies : problèmes articulaires, cancers, incontinence urinaire dans le cas d’une femelle…

 

Les maladies oculaires

 

Le Berger Allemand présente une prédisposition à un certain nombre de maladies oculaires :

  • la kératite superficielle chronique, ou pannus, une inflammation de la cornée causée par le fait que cette dernière (et souvent aussi la membrane nictitante ainsi qu’une partie de la conjonctive) est attaquée par le système immunitaire. Suspectée d’être d’origine héréditaire, cette affection est évolutive et généralement indolore. Chez le Berger Allemand, elle se déclare en moyenne entre un et six ans. Lorsqu’elle apparaît avant l’âge d’un an, son évolution est généralement plus grave et plus rapide. Elle touche toujours les deux yeux, et rend la cornée irrégulière et rouge. Dans les cas graves, on constate une altération de la vision due au développement de vaisseaux sanguins et de tissu cicatriciel sur la cornée. Une opération chirurgicale est alors nécessaire pour éviter que l’animal ne devienne aveugle. En revanche, dans les cas les plus bénins, un simple traitement médicamenteux suffit, à base de corticoïdes ou d’immunomodulateurs sous forme de gouttes ; 

  • la blépharite dysimmunitaire, une affection inflammatoire qui touche les paupières et qui correspond à un dysfonctionnement du système immunitaire, si bien que ce dernier attaque l’organisme. On constate alors l’apparition d’ulcérations (plaies) au niveau de la jonction entre les muqueuses oculaires et la peau des paupières. La blépharite dysimmunitaire va généralement de pair avec une pyodermite, une maladie cutanée d’origine bactérienne, si bien que c’est parfois toute la face de l’animal qui est touchée. On peut la guérir grâce à des médicaments, mais le traitement doit être donné sur une longue durée ;

  • la cataracte, une opacification du cristallin qui conduit généralement à la cécité à défaut d’opération chirurgicale. Trois formes sont susceptibles d’affecter le Berger Allemand : la plus fréquente touche généralement des sujets âgés de 5 ans et plus et est peu invalidante ; il existe aussi une forme congénitale, d’origine héréditaire ou non, rare et généralement non évolutive ; enfin, la forme juvénile se déclare en moyenne entre l’âge de 8 et 12 semaines, évolue jusqu’aux 2 ans de l’animal, puis se stabilise ;

  • la dysplasie rétinienne multifocale, une pathologie d’origine héréditaire qui correspond à un développement anormal des couches de la neuro-rétine, un élément du système nerveux central qui transforme les signaux lumineux en influx nerveux. Cette anomalie se développe avant ou juste après la naissance et est irréversible, mais non évolutive. Elle peut être bénigne, se traduisant simplement par la formation de plis et/ou de rosettes sur la rétine : cela induit certes une gêne visuelle, mais celle-ci est limitée. En revanche, dans les cas les plus graves, elle provoque un décollement de la rétine, conduisant à terme à la cécité partielle ou totale. La dysplasie rétinienne est parfois associée à d’autres problèmes oculaires (par exemple la cataracte) ou ostéo-articulaires, comme le nanisme ;

  • la dystrophie cornéenne, une affection qui touche les deux yeux (pas forcément en même temps) et qui se caractérise par une opacification de la cornée. Elle est suspectée d’être d’origine héréditaire et existe sous trois formes : celle à laquelle le Berger Allemand est prédisposé est la dystrophie cornéenne stromale lipidique. Se déclarant le plus souvent entre l’âge d’un et six ans, elle est due à un dépôt de lipides dans le stroma cornéen, qui est la couche la plus épaisse de la cornée. Cela entraîne la formation d’opacités blanchâtres et brillantes dans la cornée. Il n’existe pas de traitement efficace, mais en règle générale la vision n’est que peu affectée, et ne l’est que de manière occasionnelle ;

  • l’éversion du cartilage de la membrane nictitante, un problème qui correspond au fait que le cartilage qui constitue cette dernière se replie sur lui-même. La membrane s’enroule alors vers l’extérieur, ce qui provoque une conjonctivite chronique souvent associée à la présence de mucus, voire de pus. Suspectée d’être d’origine héréditaire, cette affection se déclenche principalement chez des chiots de moins d’un an, et souvent dès l’âge de 2 à 3 mois. Elle peut toucher un seul œil ou les deux, est inesthétique mais n’a pas d’impact sur la vision et n’est pas évolutive. On peut la traiter via une intervention chirurgicale

 

Les maladies cutanées

 

Le Berger Allemand est prédisposé à de nombreuses maladies cutanées :

  • la dermatite atopique, une affection dermatologique inflammatoire chronique due à un ou plusieurs allergènes environnementaux : pollens, acariens… Elle est d’origine héréditaire, et apparaît le plus souvent entre 6 mois et 3 ans. Elle entraîne des otites récurrentes ainsi que d’intenses démangeaisons, en particulier au niveau des doigts. C’est une maladie incurable, mais ses symptômes peuvent être limités de différentes manières : des médicaments visant à calmer les démangeaisons et/ou à traiter les infections, des shampooings traitants pour renforcer les défenses cutanées, l’élimination des parasites potentiellement présents dans l’environnement de l’animal, la désensibilisation à l’allergène responsable, etc. ;

  • la cellulite idiopathique du Berger Allemand, une infection bactérienne de la peau due le plus souvent à un staphylocoque, et qui devient chronique à cause d’un dysfonctionnement du système immunitaire d’origine héréditaire. Elle se déclare généralement entre 3 et 13 ans, et se manifeste par l’apparition de profondes lésions cutanées (ulcères, bulles hémorragiques et purulentes) qui peuvent toucher l’ensemble du corps ou seulement certaines zones : les plus courantes sont la région dorso-lombaire, le côté des cuisses, l’abdomen, la ligne dorsale, la tête, le cou, le périnée ainsi que le pourtour de l’anus. On constate aussi parfois la formation de plaies ulcératives et suppuratives chroniques (fistules) autour de l’anus et/ou au-dessus du coussinet principal des pattes arrière. Outre le fait qu’elles sont douloureuses, les lésions provoquent des démangeaisons plus ou moins intenses, au point que parfois le chien s’auto-mutile. Les cas les plus graves provoquent même une altération de son état général : abattement, perte de l’appétit, amaigrissement important, mais aussi fièvre due au fait que des bactéries se développent facilement dans les lésions. Le traitement est long et délicat : il consiste à tondre les zones atteintes, utiliser des shampooings traitants destinés à renforcer les défenses cutanées, ainsi qu’à administrer des antibiotiques. Il est possible d’éliminer ainsi les lésions existantes, mais les récidives sont fréquentes et rapides - le plus souvent à peine quelques semaines à quelques mois plus tard. Le pronostic à terme est réservé, car la cellulite idiopathique du Berger Allemand tend à s’aggraver avec l’âge, entraînant des douleurs extrêmes, des difficultés à se déplacer, une perte d’appétit, de la fièvre… La maladie peut en outre évoluer vers une infection généralisée (septicémie) ou une nécrose (mort des tissus) étendue. C’est pourquoi les formes les plus sévères peuvent conduire à l’euthanasie de l’animal atteint ;

  • la démodécie généralisée, une affection cutanée due à des acariens naturellement présents dans les glandes sébacées ainsi que les follicules pileux, et dont le nombre est normalement régulé par l’organisme. Elle survient quand ce dernier ne remplit pas correctement son rôle, et son apparition est probablement favorisée par un facteur héréditaire. Les acariens se multiplient alors, provoquant une inflammation qui entraîne des chutes de poils (alopécie), des rougeurs, parfois des croûtes, des pustules ainsi que des infections bactériennes potentiellement graves. Douloureuses et sources de démangeaisons, ces lésions sont susceptibles de s’étendre à tout le corps, mais les zones les plus fréquemment concernées sont le cou, le tronc et les pattes. Dans les cas les plus sévères, on constate de l’abattement et une perte de poids importante, au point que le pronostic vital de l’animal est engagé. La démodécie généralisée est fréquente chez le Berger Allemand, et apparaît le plus souvent dans les premiers mois de vie. En fonction de l’étendue du problème, plusieurs types de traitements sont possibles : des antiparasitaires externes pour éliminer les acariens responsables, l’utilisation de shampoings bactéricides pour nettoyer la peau mais aussi calmer les douleurs et les démangeaisons, l’administration d’antibiotiques… L’animal finit alors par guérir, mais cela prend du temps (au moins quatre mois) ;

  • la dermatite à Malassezia, une maladie dermatologique causée par la levure Malassezia Pachydermatis. Elle se traduit notamment par des rougeurs, une peau grasse et des démangeaisons, et touche l’ensemble du corps ou seulement une partie. Dans tous les cas, un traitement antifongique permet de résoudre le problème en éliminant la levure en cause ;

  • la dermatite de léchage des extrémités, ou granulome de léchage, une affection de la peau qui touche généralement l’arrière d’une patte et est la conséquence d’un léchage compulsif. Elle se manifeste d’abord par la formation d’une plaque ovale, ferme, sans poils et épaisse. Dans un second temps, la maladie devient chronique : la zone atteinte est alors hyperpigmentée, fibreuse et encline à des infections bactériennes souvent résistantes aux antibiotiques. Les causes possibles sont multiples : problèmes dermatologiques (dermatite atopique, allergies, intolérances alimentaires…), parasites externes, tumeur, neuropathie, hypothyroïdie, leishmaniose, léchage compulsif dû par exemple à l’ennui… Le traitement dépendant de l’origine de l’affection, il est indispensable d’identifier cette dernière pour remédier au problème. Quoi qu’il en soit, les chances de guérison sont généralement bonnes ;

  • la dermatose répondant au zinc, qui correspond à un apport en zinc insuffisant pendant la croissance. Il en existe deux formes : le type I concerne surtout les races nordiques, alors que le type II touche préférentiellement les chiots de races à croissance rapide - notamment le Berger Allemand. Le déficit en zinc peut être causé par une alimentation contenant trop de céréales complètes (car elles perturbent l’absorption de ce nutriment par l’organisme) ou encore par l’administration excessive de calcium via des compléments alimentaires. Les symptômes de la dermatose répondant au zinc sont des rougeurs cutanées (érythème), des pellicules évoluant vers des croûtes très collantes, ainsi que parfois des démangeaisons localisées sur les doigts ou autour des orifices (nez, bouche, œil…). On peut y remédier simplement en modifiant l’alimentation de l’animal ;

  • la folliculite pyotraumatique, une inflammation des follicules pileux causée le plus souvent par une prolifération anormale de bactéries naturellement présentes sur la peau, mais qui a parfois une autre origine : déséquilibre hormonal, infection fongique, présence de parasites externes, allergie… Dans tous les cas, elle provoque d’abord l’apparition de rougeurs et de boutons associés à des démangeaisons, puis une perte de poils localisée due au grattage, aux mordillements et/ou au léchage, et enfin la formation de lésions suintantes et douloureuses. La folliculite pyotraumatique peut évoluer rapidement vers une infection profonde si elle n’est pas prise en charge de façon précoce. Son traitement dépend de la cause sous-jacente et de la gravité de l’atteinte. Dans les cas légers à modérés, des shampoings antibactériens ou antifongiques, ainsi que des soins locaux au moyen de produits antiseptiques (lotions, crèmes…) permettent de réduire l’inflammation, lutter contre l’infection et soulager les démangeaisons. Les cas sévères nécessitent quant à eux le recours à des médicaments permettant de traiter l’origine du problème : des antibiotiques, des antifongiques, des antiparasitaires externes… ;

  • le lymphoedème primaire, une maladie cutanée incurable due à un dysfonctionnement du système lymphatique, dont les principales fonctions sont de filtrer le sang et la lymphe (c’est-à-dire un liquide contenant des globules blancs). Du coup, le liquide lymphatique s’accumule dans les tissus et provoque des gonflements d’abord au niveau des pattes, puis sur d’autres parties du corps : face, abdomen… Le lymphoedème primaire est suspecté d’être d’origine héréditaire ou congénitale, et se déclare généralement chez les chiots de moins de 2 mois. La rétention de liquide entraîne divers symptômes : douleurs, boiterie, décoloration de la zone atteinte, troubles de la cicatrisation… Dans les cas graves, le lymphoedème primaire peut favoriser le développement de multiples infections voire la défaillance d’un ou plusieurs organes causée par la compression, et à ce titre s’avérer fatal à plus ou moins long terme. Dans les cas modérés, on préconise des massages et des exercices légers permettant de favoriser la circulation de la lymphe, en parallèle de mesures préventives visant à réduire le risque d’infection : maintenir toujours propre la zone touchée, éviter autant que possible les coupures, les éraflures ou encore les piqûres d’insectes, et toujours bien nettoyer les lésions si cela se produit ;

  • le nodule fibroprurigineux, une réaction inflammatoire proliférative mais bénigne qui touche le bas du dos. Elle affecte généralement des chiens âgés de plus de 8 ans et allergiques aux piqûres de puces. Cette affection entraîne l’apparition sur la peau d’un ou plusieurs nodules (c’est-à-dire des masses) rouges ou hyperpigmentées, sans poils et présentant parfois une plaie à cause des mordillements dus aux démangeaisons. La guérison passe par le traitement de l’allergie responsable puis par l’extraction chirurgicale du nodule s’il n’y a qu’un, ou par l’administration de corticoïdes par voie locale s’il y en a plusieurs ; 

  • la pododermatite, une inflammation cutanée du pied dont les causes peuvent être multiples : inhalation ou ingestion d’allergènes, maladie du métabolisme, parasitose provoquée par l’acarien Démodex, des aoûtats ou des sarcoptes… Cette affection va couramment de pair avec une ou des infections bactériennes ou fongiques (c’est-à-dire provoquées par des champignons). La pododermatite étant davantage un symptôme qu’une pathologie à proprement parler, son traitement passe par celui du problème qui en est à l’origine ;

  • la séborrhée primaire, qui correspond à une accumulation anormale dans les cellules de l’épiderme de kératine, une substance présente notamment dans les ongles et les poils. Elle est d’origine héréditaire chez le Berger Allemand et se déclare généralement avant l’âge d’un an. N’importe quelle partie du corps est susceptible d’être touchée, mais celles qui le sont le plus souvent sont le cou, les aisselles et/ou l’aine. Ses symptômes sont des croûtes, des squames (bouts de peau morte), des comédons (points noirs), une peau grasse et malodorante… Ils vont en s’aggravant au fil du temps et sont souvent associés à une ou des surinfections bactériennes ou fongiques (c’est-à-dire dues à des champignons). On peut traiter la séborrhée primaire à l’aide d’un shampoing anti séborrhéique, antibactérien et/ou antifongique, associé à des antibiotiques en cas d’attaque bactérienne concomitante sévère.

 

Les autres maladies

 

  • la myosite des muscles masticateurs, ou myosite éosinophilique, une affection probablement d’origine héréditaire et assez fréquente chez le Berger Allemand adulte. Il s’agit d’une maladie inflammatoire auto-immune (c’est-à-dire due à un dysfonctionnement du système immunitaire, qui se retourne contre l’organisme), qui touche d’abord les muscles de la mastication – et parfois se cantonne à ceux-ci. Elle provoque dans un premier temps une contracture desdits muscles, puis à terme la disparition des fibres musculaires qu’ils contiennent. La myosite des muscles masticateurs existe sous deux formes différentes : aigue ou chronique. Dans le premier cas, on constate un gonflement douloureux des muscles masticateurs – parfois associé à une inflammation du nerf optique provoquant des troubles visuels ainsi qu’une exophtalmie (c’est-à-dire que le globe oculaire devient excessivement proéminent), de la fièvre, un gonflement des ganglions et des amygdales, un refus de manger, une tendance à baver, une ouverture de la bouche difficile et douloureuse. La forme chronique est la plus courante, et se manifeste par une atrophie progressive des muscles masticateurs de la joue (masséters) : leur tissu musculaire devient fibreux, au point qu’à terme le chien ne peut plus ouvrir la bouche, et donc ne peut plus manger ni boire. S’il est administré rapidement, un traitement à base de corticoïdes et d’immunomodulateurs peut remédier au problème en quelques jours. Il doit néanmoins être poursuivi ensuite afin d’éviter les récidives - potentiellement pendant plusieurs mois. Dans le cas où la maladie est décelée tardivement et où la fibrose est importante, mais aussi en cas de rechute, les médicaments s’avèrent généralement peu efficaces, et l’issue est potentiellement fatale ;

  • l’hypercorticisme, ou syndrome de Cushing, qui correspond à une production anormalement importante de cortisone par une des deux glandes surrénales, et parfois par les deux. Ces dernières sont situées au-dessus des reins, et responsables notamment de la sécrétion de cette hormone. Cette pathologie apparaît principalement chez des individus d’âge moyen à avancé, et peut être la conséquence d’une tumeur des glandes surrénales ou de l’hypophyse. Cette dernière est une petite glande située sous le cerveau, et dont la fonction est de produire ou libérer diverses substances : salive, hormones, sueur, sucs digestifs, lait, larmes… Les symptômes de l’hypercorticisme peuvent être très variés, mais les plus fréquents sont une augmentation de l’appétit, de la soif et de la production d’urine, une atrophie musculaire, une peau fine et lâche avec parfois des nodules (masses) calcifiés, un ventre pendant et une perte de poils (alopécie) s’étendant progressivement à tout le corps, exception faite de la tête et des pattes. Le traitement de cette maladie dépend de son origine. Ainsi, quand il s’agit d’une tumeur de l’hypophyse (ce qui représente environ 85% des cas), la prise quotidienne et à vie de médicaments permet de réguler la sécrétion de cortisone. Si l’origine de l’hypercorticisme est une tumeur surrénalienne, on peut retirer chirurgicalement la glande atteinte, mais l’opération est délicate. Enfin, si l’hypercorticisme n’est pas la conséquence d’une tumeur, un traitement médicamenteux s’avère généralement suffisant ;

  • le déficit sélectif en immunoglobuline A (IgA), un dérèglement du système immunitaire suspecté d’être d’origine héréditaire. Il correspond à une concentration anormalement basse dans le sang d’immunoglobulines A, des protéines qui jouent un rôle très important dans la lutte contre les agents infectieux au niveau des muqueuses. Cette affection est souvent asymptomatique chez le Berger Allemand, mais susceptible de favoriser un certain nombre d’allergies ainsi que de pathologies (d’ordre digestives, respiratoires, cutanées, urinaires…). Lorsque des symptômes sont présents, ils peuvent apparaître dès l’âge de 4 mois, le plus souvent sous la forme d’infections récidivantes (particulièrement au niveau digestif dans le cas du Berger Allemand) accompagnées de vomissements, de diarrhées, d’une perte de poids… On constate parfois une amélioration spontanée vers l’âge de 18 mois, l’animal devenant alors asymptomatique. Quoi qu’il en soit, le déficit sélectif en immunoglobuline A (IgA) est incurable : on ne peut qu’agir sur les pathologies et les allergies qu’il provoque. Le pronostic dépend de l’âge de l’animal, de l’importance du déficit, mais aussi de la gravité des maladies provoquées ainsi que de la réponse à leur traitement. 

Risque d'obésité du Berger Allemand

Très énergique, le Berger Allemand n’est pas particulièrement prédisposé à l’obésité. Cela ne dispense toutefois pas de contrôler régulièrement son poids, en particulier dans le cas d’un individu stérilisé : en effet, comme pour n’importe quelle race, la stérilisation accroît le risque de prise de poids.


Comme chez un humain, l’obésité peut à la fois provoquer différentes pathologies et aggraver des problèmes préexistants, en particulier sur les plans cardiaque et articulaire. En effet, elle entraîne une fatigue du coeur susceptible d’aboutir à une insuffisance cardiaque plus ou moins sévère (ou d’accentuer une insuffisance déjà installée). En parallèle, elle implique une pression accrue sur le squelette et les articulations, ce qui favorise l’apparition ou l’aggravation de problèmes articulaires. Or, le Berger Allemand présente justement une prédisposition à plusieurs affections d’ordre cardiaque ou articulaire. 


Il est donc important de peser son animal une fois par mois, mais aussi à chaque fois qu’on soupçonne une prise de poids. Si cela se confirme – voire s’amplifie – au fil des pesées, il convient de réagir rapidement et de manière appropriée, c’est-à-dire de se tourner vers un vétérinaire. En effet, seul un professionnel de santé est à même de déterminer si l’origine du dérapage est d’ordre médical (maladie, réaction à un traitement…) ou d’ordre alimentaire (généralement une nourriture trop riche et/ou donnée en trop grande quantité).


En tout cas, il faut d’autant moins attendre qu’autrement un cercle vicieux risquerait de s’installer : un animal en surpoids devient moins actif, ce qui a de grandes chances d’aggraver la prise poids.

Causes de mortalité du Berger Allemand

Bien qu’elle soit assez ancienne, une étude sur la mortalité des chiens aux États-Unis entre 1984 et 2004, publiée en 2011 dans le Journal of Veterinary Internal Medicine et intitulée « Mortality in North American Dogs from 1984 to 2004 : An investigation into age-, size- and breed -related causes of death », montre que les cancers sont la première cause de mortalité chez le Berger Allemand. En effet, ils représentent environ 28% des décès étudiés. C’est toutefois un peu moins que la moyenne toutes races confondues, qui se situe légèrement au-delà de 30%. 


Viennent ensuite les maladies gastro-entérologiques, responsables d’environ 15% des décès. Ce pourcentage est supérieur à celui concernant l’ensemble des races, qui est de l’ordre de 10%. 


Enfin, les maladies osseuses et/ou articulaires ainsi que les maladies neurologiques représentent les unes comme les autres quelque 13% des décès. C’est un peu moins que la moyenne toutes races confondues, qui se situe aux alentours de 15%.

Adopter un Berger Allemand en bonne santé

Bien que le Berger Allemand jouisse normalement d’une bonne santé générale, il est indéniablement prédisposé à diverses maladies héréditaires ou favorisées par un facteur héréditaire. Il est donc fort judicieux de s’adresser à un éleveur sérieux quand on souhaite adopter un représentant de cette race.


En effet, un professionnel rigoureux soumet toujours ses reproducteurs potentiels à des tests de dépistage, et écarte systématiquement de la reproduction ceux qui sont susceptibles de transmettre une tare héréditaire à leur descendance. Dans le cas du Berger Allemand, il s’agit de tests génétiques (par exemple pour la myélopathie dégénérative) mais aussi d’examens radiographiques : dysplasie de la hanche et du coude, vertèbre lombo-sacrée transitionnelle...


Que le dépistage ait été réalisé sur les parents ou le petit, l’éleveur doit être en mesure d’en fournir les résultats, en plus du détail des vaccins administrés au chiot et d’un certificat de bonne santé délivré par un vétérinaire.
Par ailleurs, un éleveur responsable ménage ses reproducteurs, notamment en veillant à ce que ses femelles n’aient pas plus d’une portée par an. On peut généralement vérifier ce qu’il en est en observant les dates de mise bas sur son site ou ses réseaux sociaux.


Il s’assure également que les chiots naissent et grandissent dans les meilleures conditions, en leur offrant un suivi médical de qualité ainsi qu’un environnement sain et agréable. Il est d’ailleurs recommandé de visiter l’élevage afin de vérifier que c’est bien le cas.


Il est évident que tout ce travail a un coût, et que celui-ci se répercute sur le prix des chiots. Toutefois, il est largement justifié de dépenser un peu plus si cela permet d’augmenter ses chances d’adopter un animal qui est en bonne santé et a toutes les chances de le rester.

Fragilité du Berger Allemand en période de croissance

À l’instar de n’importe quelle race, le chiot Berger Allemand passe la majeure partie de son temps à jouer, sans être conscient des risques qu’il encourt. 


Or, il est assez fragile pendant sa croissance, et particulièrement entre l’âge de 4 et 7 mois, période au cours de laquelle il connaît une croissance très rapide. C’est d’autant plus vrai que quel que soit son âge, il est davantage enclin que la plupart de ses congénères à souffrir de problèmes au niveau des articulations, et surtout du squelette. Son ardeur pendant ses premiers mois de vie pourrait donc avoir de fâcheuses conséquences, tant à court terme (blessure) que plus tard (malformation, fragilité osseuse et/ou articulaire…), avec potentiellement des séquelles à vie. 


Il convient donc de canaliser si nécessaire son énergie et de lui éviter tout exercice intense (course, sauts…) jusqu’à ce que ses articulations aient achevé leur développement, ce qui survient vers l’âge de 2 ans.


Il est également indispensable de veiller à ce qu’il ait toujours un endroit au calme pour se reposer sans risque d’être dérangé dans son sommeil. En effet, ce dernier est crucial non seulement pour qu’il puisse récupérer des forces, mais aussi pour son bon développement physique et mental. Il est d’ailleurs important de souligner qu’un chiot dort beaucoup plus qu’un chien adulte : généralement plus de 15 heures par jour, et même près de 20 heures durant ses premiers mois.

Maintenir un Berger Allemand en bonne santé

Comme pour n’importe quelle race, la meilleure façon de garder un Berger Allemand en bonne santé est de l’emmener régulièrement chez un vétérinaire pour lui faire passer un bilan de santé complet. Une visite annuelle suffit généralement dans un premier temps, mais il convient de le faire plus souvent au fur et à mesure qu’il prend de l’âge.


Cela permet de s’assurer que tout va bien, ou au contraire de déceler au plus tôt un problème éventuel (parfois même avant l’apparition de signes cliniques) et le cas échéant d’y faire face dans les meilleures conditions. C’est aussi un bon moyen de ne pas oublier les rappels de vaccins, nécessaires pour le protéger contre plusieurs maladies potentiellement fatales.


En plus de ces visites de contrôle, il est également indispensable de lui administrer tout au long de l’année les traitements antiparasitaires préventifs qui s’imposent, tant internes (vermifuge) qu’externes, afin que là aussi il soit protégé en permanence.


En outre, même si le Berger Allemand n’est pas particulièrement prédisposé à l’obésité, il est crucial comme pour tout chien de garder son poids sous contrôle. Il convient donc de le peser au moins une fois par mois, voire davantage dans le cas d’un sujet à risque (très gourmand, stérilisé, souffrant de problèmes articulaires…), et de consulter rapidement un vétérinaire en cas de dérapage.

Assurer un Berger Allemand

Le Berger Allemand jouit généralement d’une santé robuste, mais aucun chien n’est à l’abri d’un accident ou d’une maladie grave. Or, de tels coups du sort sont susceptibles de nécessiter des traitements lourds et très chers – parfois à vie.


Il peut donc être judicieux de souscrire une assurance santé pour son compagnon, car cela permet de bénéficier d’une aide financière en cas de problème, et ainsi potentiellement d’éviter de se retrouver dans une situation difficile.


L’offre en la matière est pléthorique, de même que la gamme des prix : ceux-ci varient fortement en fonction de l’âge du chien, de ce qui est pris en charge ou pas, du taux de couverture, du plafond annuel, du montant de la franchise, de la nécessité ou non d’avancer les frais, de l’éventuelle prise en charge des dépenses de prévention… Il est donc recommandé de demander plusieurs devis, afin de pouvoir comparer les différentes options et de choisir celle qui convient le mieux.


En règle générale, le prix d’une assurance santé pour un chiot Berger Allemand de 6 mois se situe entre 5 et 35 euros mensuels si on opte pour une formule d’entrée de gamme. Si on préfère une formule premium et donc une prise en charge plus complète, il faut plutôt débourser entre 15 et 100 euros par mois.


Dans le cas d’un adulte de 4 ans, les contrats les plus économiques se situent également entre 5 et 35 euros par mois. Pour une couverture plus large, le budget à prévoir est de l’ordre d’une vingtaine à une centaine d’euros.


En tout état de cause, on constate qu’assurer un Berger Allemand coûte globalement moins cher que d’autres races de gabarit similaire, ce qui confirme la bonne santé générale de cet animal.