Sans être difficile à éduquer, le Berger Allemand nécessite un maître capable de gagner sa confiance et son respect : cela suppose d’être calme, mais surtout ferme et constant. Il faut également savoir faire preuve de patience durant sa longue phase d’adolescence, sachant qu’il n’atteint sa pleine maturité psychologique que vers l’âge de trois ans. Cependant, dès lors qu’on a les qualités requises et qu’on s’y prend correctement, on obtient normalement aisément un compagnon très loyal, équilibré et facile à vivre.
Il faut dire que la grande intelligence du Berger Allemand, son importante capacité d’apprentissage ainsi que son désir de plaire sont autant de qualités qui rendent son éducation agréable pour qui sait lui faire comprendre quelle est sa place. Ce chien qui aime apprendre se montre alors très réceptif.
Il apprend d’ailleurs très vite, puisqu’il est normalement capable d’intégrer un nouvel ordre en moins de cinq répétitions. Cela lui permet d’ailleurs d’être extrêmement bien placé dans le classement des races par intelligence (ou plutôt par obéissance) établi par le professeur Stanley Coren : il y occupe en effet la troisième place.
Pour toutes ces raisons, même si on le conseille généralement plutôt pour une personne déjà expérimentée, il peut aussi convenir à un primo-adoptant dès lors que ce dernier sait se montrer à la hauteur.
Il convient toutefois de souligner qu’il est important d’entretenir l’éducation d’un Berger Allemand tout au long de sa vie, afin qu’il reste docile et ne devienne pas trop indépendant. Il faut veiller en particulier au respect des règles, en faisant toujours preuve de cohérence et de constance.
Doté d’un fort instinct protecteur et facilement indépendant, le Berger Allemand a besoin pour devenir un compagnon équilibré et agréable d’une éducation assez ferme, mais surtout très cohérente et constante. À défaut, il risquerait fort de s’avérer pénible à gérer, voire dangereux car trop protecteur.
Pour autant, il faut se comporter avec bienveillance, d’autant qu’il est sensible, aime plaire à son maître et est réceptif aux apprentissages. Lui crier dessus ou agir avec brutalité ne conduirait qu’à créer des blocages, lui faire perdre confiance en son maître, voire même le rendre hargneux.
La meilleure méthode d’éducation pour un Berger Allemand est le renforcement positif, qui consiste à ignorer les mauvais comportements et à récompenser les bons par des friandises, des compliments ou des caresses. Il comprend ainsi progressivement ce qui fait plaisir à son maître et ce qu’on attend de lui : on obtient ainsi progressivement un compagnon obéissant, très loyal et bien dans sa tête.
On a tout intérêt à commencer l’éducation d’un chiot Berger Allemand dès ses 2-3 mois, car c’est le moment où il est le plus malléable. Il est alors trop jeune pour intégrer des commandes assez complexes comme le rappel ou la marche au pied, mais tout à fait capable en revanche d’assimiler les bases de l’éducation, celles-là même qui faciliteront les apprentissages ultérieurs : reconnaître son nom, obéir à quelques ordres simples, se laisse manipuler, acquérir des notions de propreté, commencer à respecter les règles du foyer…
Cela dit, même s’il est clairement préférable (et plus facile) de commencer son éducation le plus tôt possible, il faut garder à l’esprit qu’un chien est capable d’apprendre à tout âge – et cela vaut quelle que soit sa race. Ainsi, dès lors qu’on s’y prend correctement, il est tout à fait possible de travailler avec un adulte des notions peu ou pas acquises quand il était petit. Cela demande simplement plus de patience, car les choses peuvent alors être moins aisées et/ou prendre plus de temps.
Comme avec n’importe quel chien, l’éducation d’un Berger Allemand implique entre autres de lui apprendre à respecter diverses règles nécessaires pour une cohabitation sereine.
Mieux vaut d’ailleurs commencer dès son arrivée dans le foyer, car il est bien plus facile d’éviter qu’il prenne de mauvaises habitudes que de les lui faire perdre une fois qu’elles sont ancrées. C’est encore plus vrai dans le cas d’un chiot de quelques mois : il est alors nettement plus malléable qu’un adulte ou même un adolescent.
Pour que cela fonctionne, il est indispensable qu’il puisse comprendre facilement ce qu’on attend de lui, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. Or, cela n’est possible que si tous les membres du foyer se montrent cohérents et constants : les règles doivent être exactement les mêmes d’une personne à l’autre, immuables et applicables en toutes circonstances. Par exemple, si madame interdit aujourd’hui ce que monsieur autorisait la veille (ou l’inverse), cela entraîne de la confusion dans son esprit et, tôt ou tard, des problèmes.
Pour que chacun fasse appliquer scrupuleusement les règles, encore faut-il qu’il comprenne leur raison d’être. Cela vaut aussi pour les enfants, souvent enclins à l’indulgence envers leur compagnon de jeux. Il est donc important de leur expliquer qu’elles ne sont pas destinées à l’embêter mais qu’au contraire elles sont bénéfiques pour tout le monde, lui compris. En effet, elles contribuent à établir une cohabitation basée sur le respect mutuel, lui fournissent un cadre clair et lui permettent de connaître précisément sa position hiérarchique au sein du foyer. Un chien étant un animal de meute, ces choses sont nécessaires pour qu’il soit équilibré et se sente bien parmi les siens.
Évidemment, il intègre d’autant mieux ces règles que la relation qu’il entretient avec ses humains se fonde sur la confiance et le respect mutuel.
Éduquer correctement un Berger Allemand nécessite d’accorder une attention particulière à certains points.
En premier lieu, il est impératif de lui apprendre à respecter son maître, et donc à lui obéir en toutes circonstances. C’est la base de l’éducation pour tout chien, mais c’est particulièrement important chez lui au vu de son gabarit à l’âge adulte et de son fort instinct protecteur. À défaut, il pourrait se montrer exagérément méfiant – voire potentiellement agressif - envers les personnes ou les animaux qu’il ne connaît pas, que ce soit au domicile ou à l’extérieur. Pour le rendre parfaitement obéissant et ainsi éviter cela, il faut faire preuve de fermeté, mais surtout de cohérence et de constance. De la patience est également nécessaire au cours de sa longue adolescence, car il ne devient mentalement adulte que vers l’âge de trois ans. Enfin, il est important d’entretenir l’éducation d’un Berger Allemand tout au long de sa vie, afin d’éviter qu’il ne devienne moins docile.
Un autre point important est de l’habituer progressivement mais rapidement à la solitude, car il n’aime pas rester seul très longtemps. En effet, tant sa proximité avec les siens que son besoin de les protéger impliquent qu’il vit mal d’en être éloigné.
Il est également indispensable de travailler le rappel et la marche en laisse quand il est encore chiot. Non seulement il apprend alors plus facilement, mais en plus il est alors moins puissant - et donc plus facile à contrôler - qu’une fois adulte.
Par ailleurs, comme le Berger Allemand est assez vocal et doté d’une voix puissante, il est fortement conseillé de lui apprendre très tôt à ne pas aboyer à tort et à travers, ou du moins à se taire quand on lui en donne l’ordre. À défaut, il pourrait rapidement s’avérer très pénible tant pour ses propriétaires que pour les voisins.
Enfin, il convient de ne pas le laisser mordre quand il est chiot, même pour jouer. En effet, le Berger Allemand est à la base un chien de berger, et mordre est quelque chose d’instinctif pour un tel animal : le laisser faire revient à encourager ce comportement, avec le risque qu’il veuille alors pincer tout ce qui est en mouvement (vélos, enfants qui courent…). Il est d’autant plus crucial d’éviter d’en arriver là que sa mâchoire devient très puissante une fois qu’il est adulte : il aurait donc tôt fait de causer alors des blessures.
Socialisation du Berger Allemand
La socialisation est une étape primordiale dans l’éducation de tout chiot, particulièrement entre l’âge de deux et trois mois. Elle est d’autant plus cruciale dans le cas d’une race naturellement protectrice comme le Berger Allemand.
Ainsi, en l’habituant dès son plus jeune âge à tous types de situations et de rencontres, on obtient progressivement un compagnon équilibré, ni peureux ni méfiant à l’excès.
Les éleveurs les plus sérieux ne cèdent d’ailleurs pas leurs chiots avant l’âge de trois mois, alors qu’ils peuvent légalement le faire avant : ils s’assurent ainsi de leur offrir une socialisation de qualité avant de s’en séparer.
Néanmoins, même si on adopte auprès d’un tel éleveur, il est crucial de poursuivre ce travail dès l’arrivée du petit dans le foyer.
Cela implique de lui faire rencontrer toutes sortes de personnes et d’animaux – y compris des congénères, afin qu’il continue d’assimiler les codes sociaux de son espèce qu’il a commencé à intégrer auprès de sa mère. Mieux vaut cependant attendre pour cela qu’il soit vacciné, et commencer avec des sujets amicaux, afin de limiter le risque de problèmes – voire d’éviter un traumatisme dont il pourrait souffrir tout le reste de sa vie.
Il est également indispensable de le confronter à des stimuli variés (bruits, odeurs…) ainsi qu’à des situations diverses dans toutes sortes d’endroits, y compris des lieux animés. Ainsi, il s’habitue peu à peu à ne pas avoir peur de ce qu’il ne connaît pas et à garder un bon comportement en toute circonstance. C’est d’autant plus fondamental dans le cas du Berger Allemand que son instinct protecteur le pousse à se montrer méfiant envers les personnes et les animaux inconnus.
Enfin, il faut avoir conscience que la socialisation doit être entretenue tout au long de la vie d’un chien : le priver d’interactions et de stimulations aurait toutes les chances d’entraîner tôt ou tard des troubles du comportement. Il convient donc de veiller à ce qu’il continue à rencontrer régulièrement d’autres humains et animaux, et soit confronté à des situations variées.