Berger d'Anatolie

Berger d'Anatolie

Nom d'origine : Anadolu Çoban Köpegi

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Qualités du Berger d'Anatolie

Tempérament du Berger d'Anatolie

Affectueux
Aime les enfants
Calme
Facile à éduquer
Joueur
Peut rester seul
Protecteur
S'entend avec d'autres animaux
Sociable

Le Berger d'Anatolie au quotidien

A peu besoin d'exercice
Aboie peu
Bave peu
Mange peu
Nécessite peu d'entretien
Perd peu ses poils
Peu coûteux à toiletter
Peu enclin à l'obésité
Santé robuste

Le Berger d'Anatolie : pour qui ?

Avec des enfants
Comme premier chien
En appartement
Pour personne peu disponible
Pour personne âgée
Pour petit budget

Informations sur le Berger d'Anatolie

L’histoire du Berger d’Anatolie

Le Berger l’Anatolie, également connu sous le nom de Anadolu Çoban Köpegi dans la langue de son pays d’origine, est un chien de berger originaire de Turquie, plus précisément – comme l’indique bien son nom - de l’Anatolie, c’est-à-dire la partie asiatique de la Turquie. « Çoban Köpegi »  signifie « chien de berger » en turc.

 

Il descendrait de chiens de type dogues présents sur le territoire il y a environ 6000 ans et amenés par des tribus nomades asiatiques. Employés notamment pour la chasse, ces ancêtres auraient donné au Berger d’Anatolie son agilité, sa grande taille ainsi que son tempérament assez distant.

 

Ce dernier existe depuis au moins 2000 ans avant J.-C., puisqu’on le trouve notamment représenté sur des sculptures faites par des peuples assyriens de la même époque. Par ailleurs, des chiens lui ressemblant grandement sont mentionnés dans le Livre de Job, qui fait partie à la fois de l’Ancien Testament et du Tanakh.

 

Il était originairement employé dans l’actuelle Turquie pour protéger le bétail (surtout des moutons et des chèvres) de tout type de prédateurs, qu’il s’agisse de meutes de loups ou de voleurs.

 

Il passait alors tout son temps auprès de son troupeau et s’acquittait de sa tâche avec une efficacité très appréciée et reconnue, tant il possédait - et possède toujours – un gabarit et un instinct extrêmement protecteur le rendant très impressionnant et dissuasif.

 

Il est issu d’une sélection rigoureuse et implacable menée par les peuples nomades : les individus qui ne correspondaient pas à de bons chiens de travail, forts et courageux, étaient abattus. Seuls les meilleurs sujets étaient utilisés pour la reproduction. Cette sélection aboutit à un chien au tempérament stable et doté d’une grande capacité de travail. En outre, il devait ressembler le plus possible au bétail qu’il gardait – notamment par sa couleur et sa taille - pour pouvoir se fondre dans la masse et prendre par surprise d’éventuels assaillants.

 

Afin de protéger sa gorge face à ces derniers, il portait un collier de fer doté de longues pointes. On peut d’ailleurs encore aujourd’hui voir ce genre d’équipements au cou de certains représentants de la race dans sa Turquie natale.

 

Une fois qu’il avait atteint la taille adulte, le Berger d’Anatolie n’était en général pas nourri par ses maîtres et devait alors de débrouiller pour trouver sa nourriture par lui-même. Il se nourrissait alors de végétaux et chassait de gros rongeurs ainsi que d’autres petits animaux, sans jamais bien sûr s’attaquer à son propre troupeau.

 

Il voyagea auprès des peuples d’Anatolie et des régions environnantes durant de nombreuses années, ce qui conduisit au développement de diverses races telles que le Karakachan et l’Akbash, dont il est l’un des ancêtres. Le chien turc le plus proche du Berger d’Anatolie est toutefois le Kangal, avec qui il possède énormément de points communs. D’ailleurs, ils sont considérés par un nombre croissant d’organismes comme étant une seule et même race. En effet, ils possèdent presque exactement les mêmes caractéristiques physiques, si ce n’est que la robe du Kangal doit obligatoirement être fauve et noire, alors que le Berger d’Anatolie peut présenter des teintes plus diverses. En fonction des organismes, quelques autres paramètres peuvent également les différencier, notamment concernant la taille ou la forme de la queue.

Diffusion à l’international et reconnaissance du Berger d’Anatolie

Avant même d’être reconnu par les principales associations canines mondiales, les grandes capacités de travail du Berger d’Anatolie l’amenèrent à voyager dans divers pays.

 

Ce fut particulièrement le cas après que la Turquie adopte en 1973 une loi rendant illégal le fait de tuer certaines espèces protégées s’attaquant au bétail. En effet, davantage d’éleveurs se mirent alors à utiliser ce chien, car sa présence dissuadait fortement les prédateurs de s’approcher : cela qui évitait à leurs maîtres de devoir les abattre pour protéger les troupeaux.

 

Cet usage s’étendit alors bien au-delà des frontières turques. Par exemple, en 1994, on le vit faire son arrivée en Namibie, dans le sud de l’Afrique, où il fut utilisé dans les parcs nationaux pour protéger les guépards, en voie de disparition. Sa mission consistait notamment à les empêcher de s’approcher des habitations humaines, pour éviter qu’ils s’attaquent au bétail des Hommes et se fassent tuer en représailles. Grâce notamment au travail du docteur Laurie Marker, co-fondatrice et directrice du Cheetah Conservation Fund, de nombreux représentants de la race (ainsi que des Kangals) furent ainsi placés auprès d’agriculteurs namibiens. Cette technique se révéla très efficace, protégeant à la fois le bétail et le guépard ; elle est d’ailleurs de plus en plus utilisée de nos jours. 

 

Le Berger d’Anatolie foula pour la première fois le sol américain à la fin des années 1930, lorsqu’il fut présenté au secrétaire à l’agriculture, Henry A. Wallace. Ce dernier souhaitait alors étudier diverses races afin d’identifier le meilleur chien de protection de troupeaux. En effet, la production de laine était à l’époque une activité importante, et la garde des moutons constituait un enjeu majeur pour cette industrie. L’ambassade turque fit donc venir aux États-Unis un couple de Bergers d’Anatolie, dont la femelle donna rapidement naissance à 12 chiots. L’expérience ne fut guère concluante, car le pays entra rapidement en guerre, avec le rationnement que cela impliquait. Or, les besoins alimentaires très conséquents de ces 14 mastodontes étaient peu compatibles avec ce dernier. Wallace ne put obtenir assez de financements pour continuer de nourrir ces chiens ainsi que tous les autres de son projet de recherche, et ce dernier fut abandonné. Pour autant, il eut été hasardeux d’envoyer à l’abattoir ces animaux offerts par la Turquie, en raison du risque d’incident diplomatique si cela finissait par se savoir. Une discrète vente aux enchères des différents spécimens du programme fut organisée, au cours de laquelle les 14 colosses furent tous achetés par un homme provenant des Îles Vierges. Soulagés d’être débarrassés, les chercheurs de l’équipe ne prirent même pas la peine de demander ce qu’allait faire cette famille de chiens sur l’île. Cette histoire resta secrète jusqu’à ce qu’en 1993, l’historien Dee Brown, qui était l’un deux, la narra dans ses mémoires.


Par la suite, au cours des années 50, l’archéologue et passionné Rodney Young importa quelques sujets dans le pays. Cependant, il fallut attendre encore environ 20 ans, et plus précisément 1970, pour qu’une première portée soit officiellement enregistrée.  Elle était le fruit de l’union de deux chiens nommés Zorba et Peki, importés par le lieutenant Robert C. Ballard, qui avait été pendant un temps en poste en Turquie. Ce dernier fut d’ailleurs également à l’origine, la même année, de la création d’un club de race national, l’Anatolian Shepherd Dog Club of America.

 

Il fallut néanmoins à nouveau plus de 20 ans pour le Berger d’Anatolie soit officiellement reconnu aux États-Unis. Cela survint précisément en 1993, lorsque le United Kennel Club (UKC) lui accorda officiellement sa reconnaissance. L’autre organisme américain de référence, l’American Kennel Club (AKC), lui emboîta le pas en 1996. Mais contrairement à l’UKC qui considère le Berger d’Anatolie et le Kangal comme deux races distinctes, l’AKC prit le parti de reconnaitre les deux en tant que Berger d’Anatolie. Le Club Canin Canadien (CCC) a depuis suivi ses voisins, et reconnaît, de la même manière que l’AKC, une seule et même race.

 

En Europe Occidentale, le premier pays où le Anadolu Çoban Köpegi se diffusa fut le Royaume-Uni. Cela survint dans les années 60, après que l’auteur Charmian Hussey ait importé une chienne en provenance de Turquie. L’Anatolian Karabash Dog Club fut créé en 1968, puis la race fut reconnue en 1971 par le Kennel Club, l’institution cynologique de référence du pays. Depuis 2016, il reconnaît également le Kangal, et considère donc ces deux chiens comme deux races distinctes.

 

En revanche, la Fédération Cynologique Internationale (FCI), qui coordonne une centaine d’organismes nationaux (dont ceux de la France, la Belgique et la Suisse) considéra d’emblée le Berger d’Anatolie comme étant le même chien que le Kangal, lors de sa reconnaissance en 1989 sous le nom de Chien de Berger Kangal.

 

En Turquie, le Köpek Irklari ve Kinoloji Federasyonu (KIF) reconnaissait le Berger d’Anatolie et le Kangal comme deux races distinctes jusqu’en 2018. Depuis cette date, il n’existe plus que le Kangal : tout Berger d’Anatolie doit désormais être enregistré en tant que Kangal, et tous les individus qui avaient été inscrits dans les registres du KIF avant 2018 sont désormais considérés comme des Kangals.

Dans sa Turquie natale, le Berger d’Anatolie (qui y est donc désormais considéré comme étant le même chien que le Kangal) continue de faire la fierté des habitants comme chien de travail, et c’est aujourd’hui encore au sein de ce pays que sa population est la plus élevée.

 

En effet, à l’échelle du monde, il demeure assez peu représenté, même si on le retrouve utilisé dans une grande diversité de pays. La race a ainsi essaimé notamment au Canada, au Mexique, dans de nombreux pays d’Europe, en Extrême-Orient, au Japon, en Australie... Quel que soit l’endroit, il reste d’abord et avant tout un chien de travail : il est peu fréquent d’en croiser comme simples animaux de compagnie.

 

En France, où Berger d’Anatolie et Kangal sont considérés comme une seule et même race, la Société Centrale Canine (SCC) reçoit entre 350 et 450 enregistrements chaque année depuis le milieu des années 2010. Il a donc su se faire une certaine place dans le pays, et est bien au-delà de la cinquantaine de naissances par an recensées dans les années 90. Le tournant des années 2010 fut d’ailleurs marqué par un bond important, car dans la première décennie du 21ème siècle les chiffres se situaient plutôt entre 100 et 150 enregistrements annuels.

 

En Suisse, il est également considéré comme étant le même chien que le Kangal, et la population de la race est aussi en progression régulière, même si elle reste modeste : la base de données Amicus recense un peu plus de 200 spécimens.

 

Au Royaume-Uni, où il est bien différencié du Kangal, sa population est en net déclin. En effet, alors qu’on comptait autour d’une cinquantaine d’enregistrements par an auprès du Kennel Club dans les années 2000, ce nombre était plus proche de la vingtaine à la fin de la décennie suivante. 

 

Aux États-Unis, où l’American Kennel Club (AKC) considère que le Kangal et lui ne font qu’un seul chien, il se situe autour de la 90ème place (sur un peu moins de 200) dans le classement des races établi par l’organisme sur la base du nombre d’enregistrements annuels reçus. Il est en progression par rapport à l’aube du 21ème siècle, où il se situait plutôt autour de la 120ème place, ainsi que par rapport au tournant des années 2010, où il était environ 110ème. La population totale de la race dans le pays serait d’environ 3000 sujets.

Le Berger d’Anatolie est parfois comparé avec le Kuvasz et le Chien de Montagne des Pyrénées, mais se montre bien plus mince et agile que ces derniers. Cela ne l’empêche pas d’être tout en muscle et de dégager une impression de force, de puissance et de robustesse : il est bien d’aplomb et globalement harmonieusement construit.

 

Sa poitrine est profonde et descend en général jusqu’aux coudes. La ligne du dessus se montre quelque peu arquée au niveau du rein, amenant la croupe à être plus haute que le garrot.

 

Elle se prolonge par une queue longue, qui dépasse largement le niveau des jarrets et est portée basse lorsqu’il est au repos. En revanche, lorsqu’il est éveillé et en activité, elle est redressée et s’enroule au-dessus du dos, mais de manière moins soutenue que celle du Kangal.

 

Les pattes sont solides et très puissantes, sans être excessivement musclées. Vues de face, elles sont verticales et bien droites. À l’avant comme à l’arrière, les pieds sont forts et pourvus de coussinets très résistants. Les griffes sont assez longues et bien solides.

 

La tête du Berger d’Anatolie est assez grande, mais toujours proportionnelle à son corps, et comporte un crâne large.

 

Les oreilles sont de taille moyenne et tombantes. Elles ont la forme d’un triangle, mais leurs extrémités sont arrondies. Elles sont parfois taillées, du moins dans les endroits où cette pratique est encore autorisée – ce n’est plus le cas notamment en France, en Belgique, en Suisse et au Québec.  Quoi qu’il en soit, elles arborent la plupart du temps une couleur noire.

 

Les yeux sont en forme d’amande et de taille moyenne. Ils sont bien écartés et peuvent présenter toutes les teintes de brun. Leur contour est quant à lui toujours de couleur noire.

 

Vu de profil, le nez est plus court que le crâne. Il est assez anguleux et débouche sur une truffe bien noire.

 

Cette dernière domine des lèvres légèrement pendantes, mais sans excès. Elles cachent des mâchoires articulées en ciseaux où sont plantées des dents solides. 

 

Le pelage du Berger d’Anatolie se compose d’une double couche de poils. Il possède donc d’une part un sous-poil court et bien épais, qui lui permet de résister aux intempéries et aux basses températures, et d’autre part un poil de couverture assez épais lui aussi, qui mesure entre 3 et 7 cm de long. Le manteau est bien plus fourni au niveau de la queue, des pattes et des oreilles.

 

La couleur est un élément important pour différencier le Berger d’Anatolie du Kangal. En effet, pour les organismes reconnaissant deux races distinctes, le premier peut être de diverses couleurs, comme le pinto, le blanc, le bringé, le gris fauve, le foie, le fauve rouge, le fauve bleu, ou encore la robe la plus commune : faon ou fauve avec masque, oreilles et griffes noirs. Le second quant à lui doit obligatoirement présenter cette dernière robe. Les couleurs acceptées par les organismes ayant fusionné ces deux races divergent. En particulier, alors que la FCI (et donc les organismes nationaux qui en sont membres, dont la Société Centrale Canine en France, la Société Royale Saint-Hubert en Belgique et la Société Cynologique Suisse) n’accepte plus que des individus présentant la couleur typique du Kangal, l’AKC a au contraire pris le parti de fusionner toutes les couleurs de robes présentées par les deux types, ce qui donne un large éventail de couleurs autorisées.

 

Enfin, le Berger d’Anatolie se caractérise par un dimorphisme sexuel très prononcé : il est fréquent que le mâle pèse une dizaine de kilos de plus que la femelle, et il se montre également sensiblement plus grand que cette dernière.

 

Ce chien se distingue d’ailleurs également du Kangal par son gabarit, puisque sa hauteur au garrot est bien souvent supérieure de 5 à 10 cm. Il est également légèrement plus lourd, avec en moyenne 2 ou 3 kilos de plus.

Le Berger d’Anatolie (ou Anadolu Çoban Köpegi, en turc) est souvent confondu avec le Kangal (ou Kangal Coban Köpegi, en turc). De fait, ces deux chiens originaires de Turquie sont très similaires en termes d’apparence et de tempérament, au point d’ailleurs que certains organismes de référence ne les considèrent pas comme des races distinctes mais comme une seule et unique race.

 

La principale différence se situe au niveau de la robe : alors que le premier peut présenter une palette assez variée de couleurs, le second doit nécessairement arborer une robe fauve ainsi que des oreilles, des griffes et un masque de couleur noire. Cette couleur de robe est d’ailleurs perçue en Turquie comme une preuve de la pureté du spécimen en question.

 

Les standards des organismes qui considèrent qu’il s’agit de deux races distinctes mettent également en exergue d’autres petites différences. Par exemple, les yeux du Berger d’Anatolie ne sont pas aussi enfoncés dans le visage que ceux du Kangal, et sa queue est moins recourbée. Son gabarit diffère également : avec en moyenne 5 à 10 cm supplémentaires au garrot et quelques kilos en plus, il est un peu plus imposant que son cousin. 

 

Dans une certaine mesure, leurs usages divergent également : en effet, ayant été sélectionné dans son pays d’origine pour servir l’armée ainsi que pour des combats de chien, en plus de son rôle historique de gardien, le Kangal tend à posséder un caractère plus affirmé (et donc à être potentiellement plus dangereux) que le Berger d’Anatolie.

 

C’est d’ailleurs lui qui est aujourd’hui considéré comme un emblème national de la Turquie et qui est reconnu par l’organisme de référence, le Köpek Irklari ve Kinoloji Federasyonu (KIF). Dans le passé, ce dernier reconnaissait les deux races à la fois, mais depuis 2018 il a fusionné les deux : tous les Bergers d’Anatolie déjà existants ou à venir sont donc considérés comme des Kangals.

 

D’autres organismes, et non des moindres (à l’instar par exemple du prestigieux et influent Kennel Club britannique, ou encore de l’Australian National Kennel Council), continuent de les considérer comme deux races distinctes. Pour d’autres, comme la Fédération Cynologique Internationale (qui recouvre une centaine d’organismes canins dont ceux de France, de Belgique et de Suisse), le Club Canin Canadien ou l’American Kennel Club, il s’agit tout simplement d’une seule et même race.

Le Berger d’Anatolie est un colosse imposant, très sûr de lui-même et toujours très déterminé à faire son travail correctement, ce qui peut parfois le rendre quelque peu têtu.

 

Très amical et calme avec les personnes qu’il connaît, il se montre extrêmement protecteur de sa famille : les inconnus ne sont jamais les bienvenus chez lui, et il n’est pas inhabituel qu’il les accueille de manière agressive. En effet, il considère toute personne ou animal ne faisant pas partie de son « troupeau » comme une potentielle menace. Il convient de bien prévenir les voisins qu’eux-mêmes et leurs animaux éventuels doivent s’abstenir d’entrer dans le jardin en cas d’absence du propriétaire : lorsque son maître n’est pas là, il y a peu de chances qu’il laisse entrer quiconque, même des personnes qu’il connaît déjà. Pour les mêmes raisons, toute personne qui souhaiterait faire sa connaissance, même si elle y est invitée par son maître, doit éviter de le caresser de but en blanc : il a besoin d’un certain temps pour accepter les nouvelles personnes. Il est plutôt du genre à décider par lui-même si une personne est digne de confiance ou non, et cela peut prendre un certain temps.

 

Son tempérament très protecteur peut poser problème en particulier avec les enfants. En effet, il peut interpréter à tort des chamailleries ou même de simples jeux entre enfants comme une attaque à l’encontre du petit de la famille, et se mettre en tête de le protéger contre ses « agresseurs ». En somme, mieux vaut éviter qu’il ne soit dans les parages lorsque celui-ci se divertit avec des amis.

 

En outre, son gabarit très imposant fait qu’il peut facilement renverser et blesser un tout-petit, y compris involontairement. Le problème se pose d’autant plus lorsque lui-même est jeune, car il se montre alors particulièrement agité et maladroit. Le Berger d’Anatolie est d’autant moins adapté pour de jeunes enfants qu’il ne les considère pas comme supérieurs à lui dans la hiérarchie familiale, et a donc tôt fait de se montrer dominant à leur encontre. En tout cas, s’il se retrouve malgré tout au contact de tout-petits, il ne faut jamais perdre de vue qu’aucun chien - quelle que soit sa race - ne doit être laissé sans surveillance en de telles circonstances.

 

Non content de protéger les humains de sa famille dès qu’il le juge nécessaire, le Berger d’Anatolie n’hésite pas également à prendre la défense des animaux avec qui il vit. D’ailleurs, pour peu qu’il soit élevé avec eux depuis son plus jeune âge, il s’accorde totalement avec d’autres chiens, voire même des chats. En revanche, lorsqu’il rencontre un congénère ou tout autre animal qu’il ne connait pas, la plus grande prudence s’impose, car il a des chances se montrer agressif et peu accueillant ; compte tenu de son gabarit, cela peut vite devenir dangereux. C’est particulièrement vrai en cas de rencontre avec des oiseaux ou des rongeurs, car ces derniers ont constitué pendant bien longtemps les repas de ses ancêtres. Toutefois, s’il partage depuis les débuts son foyer avec un tel animal, il le considère normalement comme un membre de sa famille (qu’il lui revient de protéger, au même titre que les autres) et non comme une proie potentielle, si bien qu’une cohabitation peut potentiellement être envisagée, même si des précautions s’imposent au moins dans un premier temps.

 

Archétype du chien protecteur, le Berger d’Anatolie est toujours en alerte, observant constamment l’environnement qui l’entoure et analysant le moindre danger potentiel. Cela vaut même la nuit : ayant longtemps été employé pour surveiller les troupeaux durant la nuit, c’est un chien nocturne. S’il se repose davantage durant la journée, il ne dort pas non plus énormément au cours de cette dernière, et reste toujours attentif à tout ce qu’il se passe autour de lui. Quelle que soit l’heure, il se réveille donc instantanément s’il entend le moindre bruit, et se montre toujours prêt à défendre sa maison et ses maîtres contre une quelconque menace. Cela implique qu’il peut se montrer particulièrement bruyant, y compris en pleine nuit. Ce tempérament protecteur étant profondément ancré en lui, il est quasiment impossible de limiter ce comportement. Par conséquent, une personne adoptant ce chien a donc intérêt d’une part à ne pas avoir le sommeil léger, et d’autre part à vivre dans un endroit plutôt isolé.

 

De toute façon, il serait insensé d’envisager de faire vivre ce chien en ville voire en appartement : pour être équilibré (et mieux vaut qu’il le soit, compte tenu de son gabarit), il a besoin d’avoir accès à l’extérieur. Il ne peut donc être épanoui qu’à la campagne et dans une maison avec un vaste jardin. Pour la sécurité des personnes et animaux évoluant dans les environs, il est impératif que ce dernier soit parfaitement clôturé, sans quoi le Berger d’Anatolie ne manque pas de passer son temps à se promener aux alentours – et peut alors être la source de quelques frayeurs, voire pire. La clôture doit être assez haute d’environ 3 mètres pour qu’il ne puisse pas sauter par-dessus, et suffisamment enfoncée dans le sol pour qu’il ne soit pas en mesure de passer par-dessous en creusant un trou. Elle est également l’assurance qu’aucun animal ou personne inconnue ne puisse entrer sur son territoire, car elle risquerait fort de vite le regretter.

 

C’est d’autant plus vrai que, comme tout chien de travail qui se respecte, le Berger d’Anatolie aime avoir une tâche à effectuer, et a à cœur de la réaliser au mieux. Garder la maison ou être responsable de la sécurité des humains et animaux du foyer est une mission toute naturelle pour ce chien qui ne supporte pas vraiment d’être inoccupé. D’ailleurs, s’il n’est pas assez stimulé mentalement ou physiquement, il peut rapidement devenir destructeur et causer des dégâts considérables… Il est donc impératif que son maître soit suffisamment disponible pour chaque jour solliciter l’intelligence de son compagnon et lui permettre de se dépenser.

 

Cela dit, ses besoins en la matière restent relativement modérés : une heure d’exercice physique journalier convient normalement très bien, qu’il s’agisse d’activités dans le jardin ou de promenades. Il ne faut toutefois pas trop compter sur des séances de jeux pour lui permettre de se dépenser : il est très difficile par exemple de le convaincre de rapporter une balle ou un frisbee, puisqu’il n’y trouve aucun intérêt. Cela limite d’ailleurs les interactions possibles avec les enfants.

 

Compte tenu de son gabarit ainsi que de son tempérament protecteur et conflictuel, il est impératif de le tenir en laisse au cours des promenades, afin d’éviter des situations potentiellement tendues voire dangereuse lors de rencontres avec d’autres chiens, des représentants d’autres espèces ou encore des personnes inconnues. En tout état de cause, il est aisé de comprendre que ce chien n’est pas vraiment fait pour être promené dans un parc public ou tout autre endroit dans lequel évoluent beaucoup de personnes et animaux. Mieux vaut privilégier les activités dans le jardin (surtout s’il est particulièrement vaste) et les sorties dans des endroits peu fréquentés, voire isolés.

 

Quoi qu’il en soit, bien que le Berger d’Anatolie apprécie de disposer d’un grand jardin et d’y passer une bonne partie de son temps, il n’apprécie pas vraiment de vivre dans une niche à l’extérieur ou dans un chenil : il lui faut sa place au sein de la maison. En effet, même s’il fut pendant longtemps élevé et sélectionné pour être un gardien de troupeau indépendant, il ne s’agit pas d’un chien solitaire : il apprécie la compagnie de sa famille, qu’il se donne toujours pour mission de protéger. Par contre, mieux vaut veiller à ce que les objets de valeur soient toujours hors de sa portée, car il ressemble parfois à un éléphant dans un magasin de porcelaine. C’est particulièrement lorsqu’il est jeune, car il est alors particulièrement énergique et maladroit à la fois.

 

Au final, le tempérament du Berger d’Anatolie et son gabarit font qu’il n’est adapté qu’à certains types de foyers bien précis. Il peut se montrer très affectif et fidèle, mais il est important d’être toujours très exigeant avec lui et de ne laisser passer aucun faux pas, sans quoi certains problèmes de comportement pourraient se développer. Il est réservé à des personnes expérimentées en matière d’éducation canine, sûres d’elles et prêtes à accepter la grande responsabilité de posséder un tel chien. Par ailleurs, il est trop exigeant pour une personne âgée, tant du fait de son gabarit et de sa grande énergie que du niveau de vigilance constante qu’il requiert.

L’éducation du Berger d’Anatolie doit être faite par un maître qui sache se comporter en véritable leader, et montrer avec fermeté et douceur quelles sont les règles et les limites. À défaut, il peut rapidement prendre le dessus sur son maître et devenir le dominant de la maison. Vu son gabarit, on imagine à quel point cela peut devenir problématique – voire dangereux – s’il décide de mener son petit monde à la baguette, et par exemple de choisir quelle direction doit être prise pendant les promenades. Aussi, il ne convient absolument pas à un éducateur débutant : c’est un chien réservé à une personne expérimentée et sûre d’elle.

 

C’est d’autant plus vrai qu’ayant été élevé pendant des milliers d’années pour avoir des responsabilités et prendre des initiatives de manière autonome, il n’est pas du tout obnubilé par l’envie de plaire à tout prix à son maître. S’il estime qu’un exercice n’est pas intéressant ou utile pour lui, il choisit tout simplement de ne pas obéir.

 

Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’écoute pas. En effet, ce chien est très sensible aux tons de voix, et cerne donc très bien l’état d’esprit de son interlocuteur. Par conséquent, même quand il donne du fil à retordre, il convient de ne pas céder à l’impatience et à l’énervement - voire de recourir à la violence -, mais bien plutôt de faire preuve de patience et de douceur. De fait, une éducation basée sur le renforcement positif lui convient parfaitement.

 

En tout cas, pour qu’il comprenne bien ce qui est attendu de lui, il est important que les règles soient établies clairement dès son arrivée dans le foyer, mais aussi qu’elles restent constantes dans le temps ainsi qu’entre les différents membres de la famille. Il faut donc que ces derniers soient totalement en phase sur ce qui est à bannir et au contraire ce qui mérite d’être encouragé. Si ce qui était permis la veille est interdit le lendemain, ou si Monsieur permet ce que Madame proscrit, il ne faut pas s’étonner qu’il ne sache pas à quoi s’en tenir et donne l’impression d’être désobéissant.

 

À l’inverse, dès lors que les choses sont faites dans les règles de l’art et qu’il est face à un éducateur compétent, son intelligence lui permet d’apprendre énormément de choses, et il est possible d’aller très loin dans son éducation.

 

La marche en laisse fait en tout cas partie des priorités de cette dernière, étant donné que cet accessoire est indispensable lorsqu’il sort en promenade. Au vu de la taille d’un Berger d’Anatolie adulte, cet apprentissage doit être validé le plus tôt possible : même pour une personne musclée et déterminée, il serait difficile - voire impossible - de le retenir s’il choisissait par exemple de ne pas aller dans la direction voulue.

 

Par ailleurs, même s’il doit toujours être tenu en laisse lors des promenades, rien ne dit qu’un jour il ne parvienne pas à évoluer sans être retenu – par exemple en cas de fugue. En prévision d’une telle situation, il est donc utile de lui apprendre également le rappel.

 

Il est important également de l’habituer dès son plus jeune âge à se laisser manipuler sans broncher, en particulier dans le cadre des différents soins à lui prodiguer. Si une fois adulte il se rebiffe par exemple lorsque son maître cherche à le laver, brosser ses dents ou couper ses griffes, les séances de toilettage peuvent vite devenir non seulement très pénibles, mais surtout périlleuses – sans même parler des visites chez le vétérinaire.

 

En revanche, il n’est nul besoin de lui apprendre le métier de gardien. Garder son territoire et protéger les siens est profondément ancré en lui, et c’est une mission qu’il assume spontanément à partir de l’âge de 18 mois environ. Non content d’être inutile, chercher à accentuer son instinct protecteur par l’éducation pourrait rendre ce dernier excessif, et donc s’avérer dangereux.

 

En revanche, étant donné que ce chien peut potentiellement devenir agressif, il convient de ne jamais le laisser jouer de façon brutale, notamment avec des congénères ou avec des enfants. Il doit savoir prendre sur lui et se contrôler, même dans les moments les plus ludiques. Aussi, dès son plus jeune âge, il convient de stopper net tout comportement s’apparentant à de l’agressivité ou de la domination, même dans le cadre de jeux. À défaut, il a de grandes chances d’en faire montre également à un âge plus avancé, ce qui pourrait s’avérer fort dangereux.

 

Par ailleurs, comme pour toute race, une socialisation précoce et intense du chiot est indispensable pour obtenir un adulte équilibré, qui sait se tenir en toute circonstance. C’est d’autant plus important chez le Berger d’Anatolie, compte tenu de la taille et la puissance qui est la sienne à l’âge adulte, ainsi que de sa personnalité affirmée : s’il n’a pas été correctement socialisé et est donc enclin à avoir des réactions inadaptées, ce cocktail peut poser bon nombre de problèmes. Une bonne socialisation passe par une multiplication des rencontres avec des personnes variées, des congénères et des représentants d’autres espèces, ainsi que par la confrontation avec tous types de stimuli et de situations, dans un vaste panel d’environnements. Plus il est habitué à un maximum de choses dès sa jeunesse, plus il a des chances de se montrer toute sa vie durant serein et équilibré en toute circonstance, y compris face à l’inconnu. Ce chien est d’ailleurs particulièrement joueur et sociable lorsqu’il est jeune : il faut absolument en profiter pour lui offrir une socialisation de qualité, qui est sans doute le meilleur investissement possible pour la suite.

 

Sans une bonne socialisation et éducation, le Berger d’Anatolie a toutes les chances d’être difficile à contrôler et dangereux. Mais même dans le cas où il est bien éduqué, il ne faut jamais oublier la force de ses instincts, qui fait d’ailleurs qu’il n’est pas un chien facile à vivre.

Au vu de ses origines de chien de travail et des conditions rudes auxquelles il est habitué, il n’est guère surprenant que le Berger d’Anatolie soit globalement robuste et ne présente que rarement des problèmes de santé. Son espérance de vie de 11 à 13 ans est d’ailleurs plutôt dans la fourchette haute pour un chien d’un tel gabarit.

 

En outre, il est capable de s’adapter à tous les types de climats, qu’ils soient chauds ou froids, et donc de vivre sous quasiment toutes les latitudes.

 

Cependant, comme n’importe quelle race, certains problèmes sont davantage susceptibles de le toucher. C’est le cas en particulier de :

  • la dysplasie de la hanche, une maladie souvent favorisée par une prédisposition héréditaire et qui touche particulièrement les chiens de taille moyenne à grande. Elle correspond à une malformation articulaire au niveau de la hanche : le fémur ne s’insère pas correctement dans la cavité pelvienne de cette dernière, ce qui provoque souvent des douleurs, des boiteries, des difficultés à se mouvoir, ainsi que de l’arthrose lorsque l’animal atteint un âge plus avancé. Certaines opérations chirurgicales permettent toutefois d’atténuer voire retarder les effets de la maladie ;
  • la dysplasie du coude, qui est également une maladie articulaire dont l’apparition peut être favorisée par une prédisposition héréditaire. Elle provoque des douleurs se traduisant bien souvent par des boiteries et des difficultés à se déplacer de manière générale. Chez les individus les plus âgés, elle est couramment à l’origine du développement de problèmes d’arthrose. Si la maladie n’est pas trop avancée, il est possible de la soigner par une intervention chirurgicale ;
  • le syndrome de laxité du canal carpien, qui touche principalement les chiots des races de grande taille, du fait de leur croissance rapide. Il s’agit d’un mauvais développement des os du carpe, l’équivalent du poignet chez l’Homme. Ces derniers présentent alors une hypertension ou une hyperflexion souvent identifiable à l’œil nu, mais non douloureuse. Le traitement de ce syndrome dépend de la gravité du problème mais se base avant tout sur une alimentation équilibrée et des séances de rééducation. La majeure partie des sujets touchés se rétablissent totalement en grandissant ;
  • l’ankyloglossie, ou ligature de la langue, une maladie congénitale et potentiellement héréditaire assez rare, qui se caractérise par une fixation complète du frein lingual au plancher de la cavité buccale. Cela réduit la mobilité de la langue, et engendre donc des difficultés à s’alimenter et à déglutir. Il est possible de traiter ce problème par voie chirurgicale ;
  • la dilatation-torsion de l’estomac, qui elle aussi touche principalement les races de grande taille, et se déclare en général après la prise d’un repas. Elle survient lorsque l’estomac du chien se tord, ce qui empêche les gaz d’être évacués et perturbe gravement la circulation sanguine. Si l’animal n’est pas pris en charge rapidement, l’issue est fatale ;
  • l’hypothyroïdie, un dérèglement hormonal au niveau de la glande thyroïde. Elle provoque une baisse générale du métabolisme, qui peut se traduire par des effets très divers : prise de poids, fatigue importante, poils ternes, fréquence cardiaque ralentie, sensibilité accrue au froid, difficultés respiratoires, etc. Il n’est pas possible de la soigner, mais différents traitements à vie permettent d’éviter les symptômes ;
  • la maladie de von Willebrand, une affection héréditaire qui se traduit par des problèmes de coagulation sanguine. On constate alors des saignements sans raison apparente au niveau des muqueuses (gencive et truffe, par exemple), ou particulièrement abondants en cas de blessure. Du sang peut également être présent dans les selles et les urines. Il n’existe aucun traitement pour la guérir, mais certains médicaments permettent de limiter les symptômes ;
  • la surdité congénitale, lorsque le chiot naît et reste sourd toute sa vie, que ce soit d’une ou des deux oreilles. Elle peut être difficile à identifier, surtout quand elle n’est qu’unilatérale, mais un animal touché a tendance à s’isoler davantage, dort plus et se montre plus calme que ses frères et sœurs. Il bouge également bien moins ses oreilles et est davantage susceptible de sursauter et d’avoir des réactions de surprise. Il n’existe aucun traitement ou opération chirurgicale permettant de rétablir l’audition ;
  • les infections aux oreilles (comme par exemple, les otites), courantes chez les races de chien aux oreilles tombantes comme le Berger d’Anatolie. En effet, cette particularité morphologique impliquent qu’elles emprisonnent bien plus facilement l’humidité et tous types de saletés ;
  • l’entropion, une maladie oculaire parfois héréditaire qui s’observe lorsque la roule vers l’intérieur de l’œil, provoquant d’importantes irritations du globe oculaire. Il est tout à fait possible d’y remédier par une opération chirurgicale ;
  • la gale démodécique (ou démodécie), une maladie de peau provoquée par un acarien et qui provoque des plaques rouges, la production excessive de squames ainsi que la perte de poils au niveau de la tête, du cou et des pattes avant. Elle concerne surtout les chiots, et disparait souvent d’elle-même. Il existe toutefois une forme généralisée de la maladie, qui touche l’ensemble du corps et nécessite la prise d’un traitement ;
  • la sensibilité aux produits anesthésiants : certains provoquent des troubles nerveux pouvant aller jusqu’à entraîner la mort. Cela signifie qu’il vaut mieux lorsque c’est possible éviter le recours à l’anesthésie, ou en tout cas s’assurer que le praticien connaît cette particularité, qu’on retrouve aussi notamment chez les lévriers.

 

Nombre de maladies auxquelles le Berger d’Anatolie est prédisposé sont donc ou peuvent être de nature héréditaire. Par conséquent, pour mettre toutes les chances de son côté d’adopter un chiot en bonne santé – et qui le reste -, il convient de se tourner vers un éleveur sérieux, qui prend la peine de bien tester génétiquement les reproducteurs envisagés afin d’exclure ceux qui présentent un risque de transmission d’une tare héréditaire. Le professionnel doit donc être en mesure de présenter les résultats des tests effectués sur les parents ou sur le chiot, en plus d’un certificat de bonne santé établi par un vétérinaire et du détail des vaccins administrés, consigné dans le carnet de santé ou de vaccination du petit.

 

Une fois l’adoption effectuée, il est essentiel de garder en tête que tout chien est particulièrement fragile tant qu’il n’est pas encore adulte, et que c’est encore plus vrai pour le Berger d’Anatolie, compte tenu de sa grande taille et des phases de croissance rapide qu’elle implique. Il est donc important de n’augmenter que très progressivement la durée et l’intensité de ses exercices physiques jusqu’à ce qu’il atteigne sa maturité physique, autour de l’âge de deux ans. À défaut, il pourrait non seulement souffrir de blessures à court terme, mais aussi connaître des problèmes articulaires ou osseux tout au long de sa vie.

 

Par ailleurs, le fait qu’il passe généralement une existence en bonne santé ne dispense nullement de lui faire effectuer un bilan de santé chez le vétérinaire au moins une fois par an, et encore plus régulièrement lorsqu’il vieillit. En plus de permettre de s’assurer qu’il se porte bien ou au contraire de déceler au plus tôt un éventuel problème, ces visites offrent également l’occasion de lui faire administrer ses rappels de vaccins.

 

En parallèle, il est important que son maître n’oublie jamais de renouveler ses traitements antiparasitaires tout au long de l’année, chaque fois que cela est nécessaire, pour qu’il ne cesse pas non plus d’être protégé à ce niveau-là. C’est particulièrement important pour les individus passant beaucoup de temps dehors.  

Le Berger d’Anatolie présente une double couche de poils très fournie et a tendance à en perdre énormément. Il n’est d’ailleurs pas vraiment fait pour une personne qui souhaite que son intérieur reste toujours immaculé. En période normale, il lui faut au moins un ou deux brossages par semaine afin d’éliminer les poils morts. Lors de ses mues saisonnières, au printemps et en automne, il convient d’accentuer l’effort et de le brosser tous les jours.

 

En revanche, les bains ne sont que rarement nécessaires. Aussi, à moins qu’il ne se soit particulièrement sali, 2 ou 3 bains par an suffisent. Il peut d’ailleurs être judicieux de les prévoir durant les périodes de mue, car ils peuvent être d’une grande aide pour l’aider à se débarrasser des poils morts. Dans tous les cas, il est important d’avoir recours à un shampoing spécialement conçu pour les chiens, car le pH de leur peau est différent de celui des humains.

 

Par ailleurs, le Berger d’Anatolie possède des oreilles tombantes, ce qui accroît la probabilité de développer des infections à ce niveau (par exemple, des otites). Il est donc particulièrement important de vérifier leur état et de les nettoyer au moins une fois par semaine. En outre, après chaque promenade dans des environnements humides, et a fortiori chaque baignade, il convient de les lui sécher pour éviter que de l’humidité ne s’y accumule.

 

Il faut également examiner ses yeux une fois par semaine. Cela permet de les nettoyer si des saletés s’y sont installées, afin d’éviter là aussi un éventuel début d’infection.

 

Comme pour tout chien, une bonne hygiène buccale a également son importance pour éviter le développement de plaque dentaire et de toutes les maladies et autres problèmes que cette dernière pourrait provoquer après s’être transformée en tartre. Il convient donc de brosser régulièrement ses dents à l’aide d’un dentifrice développé pour la gent canine. L’idéal est de le faire tous les jours si possible, mais une ou deux fois par semaine est déjà bien.

 

Enfin, les griffes du Berger d’Anatolie sont très solides et ne s’usent que très peu de manière naturelle. Il faut donc prendre l’habitude de surveiller leur pousse, et de les couper lorsque cela est nécessaire. À défaut, elles pourraient le gêner dans ses déplacements, voire se casser d’elles-mêmes et le blesser. Dès lors qu’on les entend frotter lorsqu’il marche sur un sol dur, c’est qu’une taille s’impose ; en général, il faut tabler sur une fréquence de 4 à 6 semaines.

 

Qu’il s’agisse des soins relatifs au pelage, aux oreilles, aux yeux, aux dents ou encore aux griffes de son animal, le propriétaire ne doit pas agir à l’aveugle. En effet, il est important de bien maîtriser les gestes d’entretien du Berger d’Anatolie pour non seulement être efficace, mais aussi ne pas risquer de lui faire mal. Aussi, la première fois, il peut être intéressant de les apprendre auprès d’un vétérinaire ou d’un toiletteur.

 

Quoi qu’il en soit, il est important de s’y atteler rapidement, dès son plus jeune âge, pour qu’elles lui semblent normales et soient parfaitement acceptées tout au long de sa vie. En effet, les séances de toilettage peuvent vite tourner au cauchemar s’il n’y met pas un peu du sien. Il faut tout particulièrement l’habituer à se laisser manipuler les pattes et l’intérieur de la bouche, des endroits toujours plus délicats à soigner quelle que soit la race du chien.

 

Enfin, s’il lui arrive régulièrement de passer de longues heures en pleine nature, il peut être judicieux de prendre l’habitude de l’inspecter rapidement au retour pour vérifier l’absence de parasites, d’épillets ou de blessures en tous genres.

Par rapport à son gabarit, le Berger d’Anatolie n’a pas besoin d’énormément de nourriture. Ceci est sans doute dû au fait que ses ancêtres devaient se débrouiller seuls pour trouver leurs repas lorsqu’ils gardaient les troupeaux, et ceux-ci se composaient d’aliments peu consistants, principalement des petits rongeurs et des végétaux.

 

Toutefois, cela ne veut pas dire pour autant qu’il est facile à nourrir : en particulier, quand bien même ceux-ci sont de qualité, il n’apprécie généralement pas les aliments industriels pourtant parfaitement admis par la plupart de ses congénères. En revanche, ce gourmet se délecte de rations faites maison, composées de riz et de viande de poulet ou d’agneau par exemple.
Dans tous les cas, la quantité de nourriture à lui donner doit être adaptée comme tout chien à son âge, son état de santé et son niveau d’activité physique.

 

Le dosage et le choix des aliments est particulièrement critique lorsqu’il n’a pas encore atteint son âge adulte, soit avant ses 18 mois. En effet, il passe alors par des phases de croissance intense au cours desquelles une alimentation inadaptée pourrait avoir de lourdes conséquences. Si elle est trop riche, il risque de grandir encore plus vite, avec à la clef un risque de blessures voire de malformations ; c’est d’autant plus vrai qu’il est prédisposé à différents problèmes osseux et articulaires comme la dysplasie de la hanche, du coude ou encore le syndrome de laxité du canal carpien. Au contraire, si son alimentation ne répond pas pleinement à ses besoins nutritionnels, il a de grandes chances de souffrir de retards de croissance.

 

Quel que soit son âge, il est préférable de diviser sa ration journalière en au moins deux repas bien distincts, répartis idéalement le matin et le soir. En effet, en plus de faciliter la digestion, cela diminue grandement la probabilité de dilatation-torsion de l’estomac, à laquelle le Berger d’Anatolie est comme la majorité de ses congénères de grande taille particulièrement exposé. Faire en sorte qu’il mange dans le calme et lui épargner tout exercice physique intense dans l’heure qui précède et surtout dans celle qui suit constituent deux autres mesures importantes à adopter pour réduire ce risque souvent mortel.

 

Mieux vaut également que ses repas lui soient donnés à heure fixe : cela permet de gagner sa confiance, puisqu’il constate que son maître est une personne fiable qui subvient à ses besoins sans qu’il ait à réclamer, et de réduire la probabilité qu’il se mette à quémander ou à chercher par lui-même de la nourriture, par exemple en fouillant dans les poubelles ou en volant.

 

L’obésité est rarement une source d’inquiétude pour le Berger d’Anatolie, en raison notamment de son appétit somme toute limité. Cela ne doit toutefois pas faire oublier qu’aucun chien n’est totalement à l’abri – et le risque est d’ailleurs accru pour un individu qui a été stérilisé. Compte tenu des nombreux problèmes de santé qu’une masse trop importante peut engendrer ou aggraver, il est bon de peser son compagnon environ une fois par mois, et de se tourner vers un vétérinaire si un écart inexpliqué apparaît et se confirme – voire s’amplifie – lors des mesures suivantes. En effet, seul un professionnel de santé peut tirer les choses au clair, car cette prise de poids peut être sans rapport avec le régime alimentaire de l’animal, ou son niveau d’activité : elle peut être le symptôme d’une maladie ou être causée par un médicament.

 

Enfin, comme tout chien, le Berger d’Anatolie doit avoir en permanence à sa disposition une gamelle d’eau fraîche et propre.

Historiquement, le Berger d’Anatolie était utilisé dans sa Turquie natale pour travailler comme chien de protection de troupeaux. Cela signifiait rester jour et nuit auprès du bétail, constitué le plus souvent de moutons et de chèvres, et le défendre contre les prédateurs potentiels - bien souvent des loups. Son courage, ses sens très aiguisés, son grand instinct de protection et sa taille dissuasive le rendaient effectivement capable de repousser la plupart des agresseurs. S’il n’est pas du genre à vouloir à tout prix les combattre, il n’en reste pas moins qu’il s’en sortait bien souvent comme vainqueur lorsqu’il était nécessaire de se battre.

 

Tout ceci est toujours vrai de nos jours, et il continue d’être utilisé à cette fin et d’exceller dans ce rôle, que ce soit dans son pays d’origine ou ailleurs.

 

On le retrouve également employé pour protéger des espèces en voie de disparition, y compris dans d’autres pays que le sien. C’est le cas par exemple en Namibie, où il est utilisé pour défendre les troupeaux des agriculteurs en faisant fuir les guépards : cela permet par la même occasion d’éviter que ces derniers soient la cible des humains.

 

Le Berger d’Anatolie est également souvent adopté comme animal de compagnie pour servir de gardien. Il faut dire qu’on trouve difficilement meilleur garde du corps, car ses qualités ancestrales de protecteur le rendent redoutable lorsqu’un humain ou animal inconnu cherche à entrer chez lui ou à s’en prendre aux siens. Toutefois, son besoin d’espace, son gabarit ainsi que son côté indépendant et têtu fait qu’il n’est vraiment pas adapté à tous les foyers – certainement pas notamment à un débutant, à des personnes âgées ou à une famille avec un enfant en bas âge.

 

Il n’est pas non plus fait pour participer à des compétitions de sport canin. En effet, non seulement ce chien n’est pas vraiment joueur, mais il peut en outre se montrer particulièrement hostile à l’égard de congénères ou personnes inconnus : ces évènements sont tout sauf un cadre approprié pour lui.

 

En revanche, son énergie et sa puissance peuvent être exploités en lui apprenant à tirer un traîneau ou une petite charrette. Comme il aime être actif et avoir une tâche à accomplir, il remplit alors généralement parfaitement sa mission.

Le prix d’un chiot Berger d’Anatolie dépend de la qualité de l’élevage ainsi que de la lignée dont il est issu, mais aussi de ses caractéristiques propres.

 

Pour un individu destiné à la compagnie ou la garde, il faut généralement compter entre 900 et 1500 euros. Le montant augmente pour un spécimen destiné à la reproduction, et peut alors atteindre 2200 euros.

 

Au Canada, il est possible de trouver son bonheur moyennant 900 à 2000 dollars canadiens, mais les élevages sont assez peu nombreux. Pour éviter d’éventuels délais d’attente ou avoir accès à un choix plus large, une solution peut consister à se tourner vers les États-Unis, où le prix moyen d’un chiot Berger d’Anatolie est de 700 dollars américains. Évidemment, comme partout ailleurs, les chiots destinés à la reproduction et/ou issus des meilleures lignées peuvent coûter nettement plus cher - jusqu’à 5000 dollars américains pour des sujets exceptionnels.

 

En Turquie, la notoriété grandissante de ce chien fait que les éleveurs sont confrontés à une demande croissante, tant domestique et pour l’exportation. Les prix ont donc largement augmenté, et se situent le plus souvent entre 10 000 et 30 000 livres turques, soit environ 1300 à 3800 euros. Certains élevages réputés vont même au-delà...

 

Une personne qui souhaite malgré tout adopter un Berger d’Anatolie directement dans son pays d’origine ne doit surtout pas acheter son animal dans une foire ou un lieu informel. En effet, au vu de la valeur de ces chiens, les vols en vue de revente sont de plus en plus courants. Il faut donc se tourner vers un spécialiste, mais choisir un élevage de qualité pour adopter son chien peut s’avérer relativement ardu, étant donné que le succès de la race conduit certaines personnes à s’improviser éleveurs sans en avoir pour autant les compétences.

 

Par ailleurs, acheter son chien à l’étranger (que ce soit en Turquie ou ailleurs) implique de connaître et respecter la réglementation concernant l’importation dans le pays où on habite, mais aussi de prendre en compte que des dépenses administratives et de transport viennent alors s’ajouter au prix d’achat.

 

Quoi qu’il en soit, mieux vaut parfois dépenser un peu plus pour s’assurer d’adopter auprès d’un éleveur digne de ce nom, qui veille à offrir aux petits une socialisation de qualité dès leurs premières semaines. Il est également important de s’assurer du tempérament des parents du chiot, car il donne souvent une première idée de ce que sera le caractère de leur progéniture. En effet, s’ils sont bien socialisés et éduqués, cela a forcément un impact positif sur le comportement futur de leur petit, puisque c’est dans cet environnement qu’il passe ses premiers mois. Il convient au contraire de fuir tout élevage où les chiens se montrent excessivement méfiants voire mal éduqués. Par ailleurs, un professionnel digne de ce nom vérifie que les adoptants potentiels sont adaptés à cette race et conscients de ce qu’adopter un Berger d’Anatolie implique ; si l’éleveur ne le fait pas, il est permis de s’interroger quant à son sérieux.

Des Bergers d’Anatolie jouèrent des rôles importants dans :

  • la série policière américaine Simon & Simon, créée par Phillip DeGuere et diffusée pour la première fois en 1981. Marlowe, un Berger d’Anatolie, apparaît dans certains épisodes, notamment l'épisode 21 de la saison 4 intitulé Marlowe, Come Home ;
  • le film américain Kate et Leopold, réalisé par James Mangold et sorti en 2001. Dans ce film romantique et de science-fiction apparaît un Berger d’Anatolie nommé Bart qui appartient à Leopold, l’un des héros du film. Il fut joué par deux Bergers d’Anatolie nommés Moïse et Noah ;
  • les deux films Comme chiens et chats (par Lawrence Guterman, sorti en 2001) et Comme chiens et chats : La revanche de Kitty Galore (par Brad Peyton, sorti en 2010), qui relatent notamment l’histoire de Butch, un Berger d’Anatolie qui fait partie d’un commando d’élite canin et combat des chats mégalomanes ;
  • le film Shooter, tireur d’élite, réalisé par l’américain Antoine Fuqua en 2007 et basé sur le livre de Stephen Hunter intitulé Point of Impact. Un Berger d’Anatolie du nom de Sam y figure en tant que fidèle compagnon du héros de l’histoire, le tireur d’élite Bob Lee Swagger ;
  • Sivas, un film turc réalisé par Kaan Müjdeci, sorti en 2014 et qui fut alors nominé aux Oscars. Il relate l’histoire d’Aslan, un garçon de 11 ans vivant en Anatolie. Il recueille Sivas, un Berger d’Anatolie qu’il retrouve blessé et laissé pour mort après un combat. Après l’avoir soigné, Aslan se retrouve confronté à la pression d’autres propriétaires de chiens de combat qui souhaitent que Sivas se batte de nouveau, mais aussi au souhait de sa famille de vendre l’animal. Le film invite à suivre les aventures de l’enfant, qui cherche désespérément à sauver son compagnon.

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