Alano Espagnol

Alano Espagnol

Nom d'origine : Alano Espanol

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Informations sur le Alano Espagnol

L'Alano Espagnol, également connu sous le nom de Bulldog Espagnol, est une race de chien très ancienne. Son nom fait référence aux Alains (ou Alani, en latin), un peuple nomade scythique originaire de ce qui correspond aujourd’hui au Caucase du Nord, un district fédéral russe situé à l’extrême sud-ouest du pays, coincé entre la Mer Noire et la Caspienne. Ils arrivèrent sur la péninsule ibérique avec les Barbares à la chute de l’Empire romain, au 5ème siècle après J.-C. Les Alains utilisaient des chiens pour la guerre, la chasse, la garde et pour l’élevage de bétail ; l’Alano Espagnol est un descendant direct de ces derniers.

 

Si les premiers Alanos étaient très semblables au Mastiff du Tibet, race de chien de travail très ancienne employée à l’origine par les bergers nomades de l'Himalaya, leur aspect changea fortement au fil du temps. Il faut dire que leurs propriétaires, les Alains, conquirent des territoires variés, des bords de la Mer Noir à l’Europe méditerranéenne et jusqu’en Afrique du Nord. Ils eurent donc l’occasion d’évoluer sous différents climats, de se reproduire avec divers chiens locaux et de se voir assigner des tâches variées, ce qui entraina des variations morphologiques importantes.

 

En 1350, le roi de Castille et de León Alfonso XI (1311-1350) lui-même mentionna des chiens de chasse appelés Alani dans son livre Libro de la Montería, et les décrivit comme ayant de belles couleurs. En 1387, Gaston Fébus (1331-1391), comte de Foix, fit de même dans son Livre de chasse.

 

À partir de 1492 et de la conquête de l’Amérique, l’Alano fut d’une aide très précieuse aux explorateurs espagnols pour combattre et capturer comme esclaves les Amérindiens. Les croisements avec des chiens locaux donnèrent en outre naissance à diverses races qui existent encore de nos jours, comme le Cimarron Uruguayen, le Fila Brasileiro ou le Dogue Argentin. Les conquistadores amenèrent aussi quelques spécimens avec eux lorsqu’ils conquirent les Canaries à partir du 15ème siècle, et ces individus sont les ancêtres du Dogo Canario (ou Presa Canario).

 

L’Alano fut également utilisé pour la garde de troupeaux dans de nombreuses régions d'Espagne. Ainsi, les Espagnols reprirent à leur compte toutes les utilisations ancestrales que les Alains faisaient de leurs chiens. 

 

Sa polyvalence est également illustrée par des écrits publiés en 1613 par Miguel de Cervantes (1547-1616), dramaturge espagnol, dans son livre El Coloquio de los Perros. Il évoqua notamment la grande utilité du Bulldog Español à l'abattoir de Séville, où il était alors utilisé pour capturer les taureaux agressifs, tenir le bétail pendant l’abattage, faire la garde et arrêter les animaux qui tentaient de s’échapper.

 

À partir d’une certaine époque, il commença également à être utilisé dans le cadre de combats contre des taureaux, comme l’attestent différents témoignages du 18ème siècle. Il fut également employé pour les combats de chiens, et c’est d’ailleurs encore le cas de nos jours – la différence étant que ces derniers se déroulent dans la clandestinité, puisque cette pratique est interdite dans de nombreux pays, dont l’Espagne.

 

En outre, pendant cette période qui dura du Moyen-Âge jusqu’au 19ème siècle, les Anglais, les Français et les Allemands importèrent l’Alano dans leurs pays respectifs et le croisèrent avec leurs chiens locaux, qu’il s’agisse du Bulldog, du Bullenbeisser ou encore du Dogue de Bordeaux. De ces croisements naquirent par exemple le Mastiff, le Bullmastiff, le Boxer, le Mâtin Napolitain ou encore le Cane Corso. Il est également l’ancêtre du Ca de Bou (ou Dogue de Majorque) suite à des croisements avec des chiens de berger locaux.

 

À partir du 19ème siècle, l’utilisation de l’Alano en tant que chien de chasse diminua. En effet, la concurrence de nouvelles races étrangères, l’évolution des traditions de chasse et les débuts de l’utilisation des armes à feu pour la chasse diminuèrent leur nombre au sein des rehalas (groupes de chiens de chasse). En parallèle, l’interdiction de la corrida en 1883 mit fin à son rôle dans les arènes. Puis, pendant la guerre civile espagnole (1936-1939), des milliers de spécimens furent tués, au point que sa population fut fortement décimée. La race connut donc pendant des décennies un déclin numérique rapide en Espagne, au point que des études finirent par affirmer son extinction.

 

En 1963, lors d’une exposition canine au parc Retiro, à Madrid, un couple de représentants de la race fut présenté comme en étant les derniers représentants. Peu après, elle fut considérée – à tort - comme complètement éteinte.

 

Au début des années 1980, Carlos Contera, Luis A. Centenera et Luis M. Arribas, membres tous les trois de l’Asociación Nacional de Criadores de Alano Español (ANCAE), le club de race espagnol, se lancèrent dans un travail de recensement des individus restants. Ils parvinrent à en retrouver environ 300 chiens employés pour la garde de vaches sauvages dans des territoires assez difficiles d’accès en Espagne (provinces de Burgos, Cantabrie et Salamanque, sous-région des Encartaciones, dans la province de Biscaye). Pendant une dizaine d’années, des chercheurs en médecine vétérinaire de l’université de Cordoue examinèrent le patrimoine génétique de chacun d’eux afin de s’assurer de leur pureté raciale. Ils furent dès lors utilisés dans le cadre d’un programme pointilleux de reproduction, qui permit la renaissance de la race.

En 1997, un premier standard de race fut rédigé. Il fut révisé dès 2000, grâce aux résultats d’une étude biométrique réalisée sur plus de 50 spécimens. Si l’homogénéité de la race était clairement établie d’emblée sur le plan psychologique, il n’en allait pas de même d’un point de vue physique. Les chercheurs et les éleveurs ne cessent depuis lors de travailler sur cet aspect, afin d’aboutir à un chien davantage standardisé.

 

En 2004, la Real Sociedad Canina de España (RSCE) reconnut l’Alano Espagnol en tant que race autochtone. Il est pour l’instant le seul organisme à avoir franchi le pas : par exemple, ni le Kennel Club (KC) britannique, ni l’American Kennel Club (AKC) ou l’United Kennel Club (UKC) aux États-Unis, ni le Club Canin Canadien (CCC) ne reconnaissent l’Alano Espagnol. L’ANCAE et la RSCE travaillent à sa reconnaissance par la Fédération Cynologique Internationale (FCI), mais il est impossible de dire si et quand ces démarches aboutiront, d’autant que son relatif manque d’homogénéité constitue un frein évident.

 

En tout état de cause, la diffusion de l’Alano en dehors de son pays d’origine demeure très limitée. Même en France, pourtant limitrophe de l’Espagne, il fallut attendre 2008 pour qu’un représentant de la race fasse son arrivée. Son exportation en Amérique du Nord est encore plus récente, puisque ce n’est qu’en 2018 qu’un Alano Espagnol posa les pattes au Canada.

 

Même dans son pays officiel, l’Alano Español reste rare. Ainsi, à en juger par les données de l’ANCAE, on ne compterait actuellement plus qu’environ 600 individus au sein du pays.

Avant toute chose, il convient de souligner que l’Alano Espagnol se caractérise par un relatif manque d’homogénéité au niveau de son apparence, même si les éleveurs travaillent à standardiser davantage la race.

 

C’est un molosse de taille moyenne à grande, qui se distingue notamment par son allure rustique, son corps athlétique, sa musculature développée, ses épaules saillantes et son profil droit et longiligne. Son dos est musclé et se prolonge par une queue attachée très bas, épaisse et courte.

 

Sa démarche rapide et souple n’est pas sans rappeler celle d’un félin, car il se déplace tête basse et avec des gestes élastiques. Ceci s’explique notamment par ses pattes avant qui sont droites, longues et musclées et ses larges pieds antérieurs.

 

L’Alano Espagnol est une race de chien brachycéphale : sa tête est en forme de cube, avec un crâne plus large que profond. Sa gueule est large et profonde, et arbore des mâchoires puissantes dominées par un museau court. Ses yeux sont de taille moyenne et espacés. Ils peuvent être de couleur jaune, ambre ou noisette. Ses paupières sont fortement pigmentées de noir, ce qui lui donne une expression sérieuse et un regard pénétrant caractéristique de la race.

 

Ses oreilles sont de petite taille, bien séparées l’une de l’autre, légèrement arrondies et pointues. Elles sont portées tombantes et bien appliquées contre la partie postérieure des joues. Toutefois, dans les pays où c’est autorisé, elles sont le plus souvent taillées à la base. Cette pratique consistant à couper les oreilles d’un chien (otectomie) est toutefois interdite dans un nombre croissant de territoires, dont la France, la Belgique, la Suisse et au Québec. Il en va de même depuis 2017 dans son Espagne natale.

 

Le pelage de l’Alano Espagnol se compose d’un sous-poil court et fin et d’un poil de couverture court, épais et serré. Il est plus doux sur la tête, et plus épais vers la queue, mais est dense et fourni sur l’ensemble du corps.

 

Il peut avoir des couleurs très différentes : bringé, fauve, gris loup et noir. Dans tous les cas, des marques blanches peuvent être présentes aux extrémités, à la poitrine ou au cou. L’idéal est toutefois qu’elles soient limitées tant en nombre qu’en dimensions.

 

Par ailleurs, le dimorphisme sexuel est bien marqué chez cette race : mâles et femelles ont une taille assez proche, mais les premiers sont nettement plus massifs.

L’Alano Espagnol éprouve un fort attachement envers les êtres humains de sa famille et se montre très affectueux avec les personnes qu’il connait. Il se montre d’ailleurs très sensible, ce qui lui permet de bien ressentir leur état d’esprit du moment. Il est également très patient, même face à des enfants un peu turbulents. Il adore d’ailleurs jouer avec eux, mais son gabarit fait qu’il peut facilement bousculer involontairement un tout-petit. En tout état de cause, un très jeune enfant ne doit jamais être laissé seul avec un chien, sans surveillance d'un adulte.

 

Envers les étrangers, il se montre réservé et plutôt du genre à rester à l’écart même lorsqu’il constate qu’ils sont accueillis positivement par son maître. La sociabilisation effectuée dans le cadre de son éducation peut toutefois permettre d’atténuer cette tendance. Par contre, s’il considère que l’inconnu constitue une menace, il n’hésite pas à attaquer, et sans prévenir qui plus est. Il doit donc être surveillé de près lorsqu’il se trouve autour de personnes qu’il ne connaît pas, même s’il est généralement assez perspicace pour ne s’en prendre à eux que si la situation l'exige effectivement.

 

En tout cas, si elles sont mal intentionnées, elles trouvent donc face à elles un chien aussi fort que protecteur qui fait un excellent chien de garde, sans pour autant être inutilement agressif ou bruyant. C’est d’autant plus vrai qu’en plus d’être adroit et astucieux, il est très attentif à tout ce qui se passe autour de lui, ne manquant jamais de réagir au quart de tour si besoin.

 

Que ce soit face à un humain, un sanglier, un taureau ou un ours sauvage, il se montre courageux et ne recule devant rien pour protéger son maître en toutes circonstances, jusqu’à la mort s’il le faut – même s’il est blessé et souffre, il n’abandonne le combat que quand son maître lui en intime l’ordre. C’est ce courage qui dans le passé fit de lui un excellent chien de corrida et de chasse au sanglier.

 

Élevé pour travailler en groupe avec des congénères du même sexe et de la même race, voire même de races différentes (Podencos Ibicencos, Villanos ou autres chiens de sang), il est également capable de partager son foyer avec eux, se montrant généralement bienveillant et joueur à leur égard.

 

Il peut également facilement vivre aux côtés d’autres animaux de compagnie, dès lors qu’il y est habitué dès son plus jeune âge. En revanche, lors des promenades et autres sorties en extérieur, mieux vaut le tenir en laisse pour éviter les accidents. En effet, son instinct de chasse peut à tout moment le conduire à poursuivre les petits animaux qu’il croise.

 

Il ne saurait pour autant être question de limiter les sorties par crainte qu’il soit par moments intenable. En effet, énergique et sportif, il a besoin de se dépenser au moins une heure par jour pour être équilibré. Étant très endurant, il est bien sûr ravi d’aller au-delà. Au-delà des classiques promenades, il est possible de varier les plaisirs en lui faisant pratiquer différents sports canins comme l’agility, le Règlement Concours International (RCI), le mondioring ou encore le flyball. Son agilité digne d’un chat et sa capacité à sauter très haut font que ces deux dernières disciplines sont parfaitement adaptées pour lui. Par ailleurs, il peut également tout simplement accompagner un maître sportif pour de la randonnée ou de la course à pied, par exemple.

 

Il est aussi possible de mobiliser son énergie en l’employant comme chien de travail, puisque c’est d’ailleurs pour accomplir des tâches qu’il a été créé à la base et utilisé pendant des siècles. Ainsi, au-delà de la chasse, on le retrouve parfois utilisé comme chien secouriste ou chien d’assistance. En effet, ayant passé des siècles à remplir tous types de rôles auprès des humains, il ressent le besoin de se sentir utile, d’avoir une tâche à accomplir ou un rôle à exercer pour être heureux. Le fait de le stimuler mentalement est d’ailleurs une bonne manière d’éviter qu’il s’ennuie et développe de ce fait des comportements indésirables.

 

En tout cas, l’Alano Espagnol est une race de chien faite pour vivre en extérieur, et pas dans un appartement. Même une maison avec jardin peut lui sembler trop petite s'il n’a pas la possibilité de faire de l’exercice dans des grands espaces, par exemple en forêt ou à la campagne. Cette dernière est d’ailleurs le cadre de vie idéal pour lui. Il n’hésite pas d’ailleurs à fuguer si son besoin de se dépenser n’est pas pleinement satisfait et que son environnement n’est pas sécurisé.

 

Par ailleurs, il fait partie avec le Cane Corso des deux seules races de molosses qui ne ronflent pas, et est d’autant plus silencieux qu’il aboie peu, du moins en temps normal. En effet, s’il n’est pas en mesure de se dépenser suffisamment ou ne reçoit pas assez beaucoup d’attention, il est susceptible de faire entendre de la voix. Sans être du genre à souffrir d’anxiété de séparation dès que son maître quitte le logement, il supporte mal de rester seul trop longtemps - si bien d’ailleurs que la présence d’un autre chien à la maison peut être un bon moyen de le distraire. En tout état de cause, il n’est pas recommandé pour une personne qui est absente pendant une majeure partie de la semaine, car il a besoin d’interactions humaines quotidiennes.

 

Enfin, même si l’Alano Espagnol présente des qualités indéniables, il n’est pas un chien à mettre entre toutes les mains, et n’est pas recommandé pour un débutant. En effet, comme tout chien de type molosse, il a un caractère fougueux, dominant et têtu : son maître doit être capable d’être ferme et de montrer à son chien qui décide.

 

Il convient aussi de préciser qu’il ne devient pleinement adulte qu’autour de l’âge de 3 ans, tant sur le plan psychologique que morphologique.

Comme tout chien, l’Alano Espagnol doit être socialisé dès son plus jeune âge. Pour en faire un adulte équilibré et bien dans ses pattes, il faut lui offrir un maximum d'occasions de rencontrer toutes sortes de personnes, de congénères, de représentants d'autres espèces, d’être confronté à toutes sortes de stimuli (bruits, odeurs, etc.) et de situations. Ceci est d’autant plus vrai qu’il est par nature plutôt réservé et suspicieux envers les étrangers. En outre, cela permet de le rendre davantage réceptif pour apprendre, puisqu’il est alors moins enclin à se laisser distraire par tout et n’importe quoi.

 

Comme il s’agit d’un chien de grande taille, il faut également l’habituer à se laisser manipuler dès son plus jeune âge, pour éviter toute réticence par la suite lors des séances d'entretien.

 

Éduquer un Alano Espagnol n’est pas chose aisée, car il s’agit d’un molosse au caractère fougueux et dominant. Il doit trouver face à lui un maître ayant déjà une certaine expérience et au caractère affirmé, capable d’asseoir son autorité et de ne jamais lui laisser la moindre occasion de remettre en cause la hiérarchie familiale. À défaut, il aurait de grandes chances d’exploiter la faille, et cela pourrait devenir dangereux à plus ou moins brève échéance.

 

Il est donc primordial de fixer des règles claires quant à ce qu’il peut et ce qu’il ne peut pas faire. Elles doivent être appliquées de manière uniforme par l’ensemble des membres de la famille, et être constantes dans le temps : pas question d’autoriser un jour ce qui était interdit la veille. Surtout, elles doivent être mises en place dès son plus jeune âge, lorsque sa capacité d’apprentissage et sa docilité sont à leur maximum. Comme pour toute race, des mauvaises habitudes ont vite fait d’être prises lorsqu’il n’est encore qu’un chiot et de devenir de réels problèmes une fois adulte.

 

En tout état de cause, compte tenu de sa puissance, le fait qu’il obéisse au doigt et à l’œil est absolument critique pour qu’il puisse évoluer en toute sécurité au milieu d’humains et d’animaux qui lui sont inconnus. En particulier, apprendre le rappel à son chien revêt une importance toute particulière.

L’Alano Espagnol est une race de chien rustique et robuste. Il jouit d'un excellent système immunitaire lui permettant d’être particulièrement résistant aux maladies canines, et son passé de chien de combat n’est sans doute pas pour rien dans le fait qu’il est également très résistant à la douleur – au point parfois d’y paraître insensible.

 

Habitué depuis des siècles à travailler et vivre en extérieur dans des conditions climatiques difficiles, il est aussi fort résistant aux conditions météorologiques quelles qu’elles soient : températures très chaudes ou au contraire très froides, sécheresse, humidité... Il peut d’ailleurs sans problème être installé en extérieur, sous réserve de lui mettre à disposition un endroit dans lequel il peut s’abriter au besoin.

 

Sa population restreinte et sa diffusion limitée empêchent de disposer d’un recul très conséquent concernant sa santé, mais il est toutefois avéré qu’il est prédisposé à certains problèmes :

  • une dermatite liée aux plis de son visage. Cette maladie inflammatoire chronique de la peau se traduit par une peau sèche, des plaques rouges et de fortes démangeaisons ;
  • la dysplasie de la hanche et la dysplasie du coude, problèmes fréquents chez les chiens de grande taille et caractérisés par une prédisposition héréditaire. Elles peuvent causer des douleurs articulaires et rendre les déplacements plus difficiles ;
  • des otites et autres infections au niveau des oreilles, du fait de leur forme tombante.


En outre, il est prédisposé à l’obésité, qui peut aggraver ou être à l’origine de tous types de problèmes de santé. Elle constitue d’ailleurs un cercle vicieux dans lequel il faut veiller qu’il ne tombe pas : plus il prend du poids, moins un chien est actif, et donc plus la situation s’aggrave. En outre, lui donner des quantités trop importantes de nourriture a de grandes chances de l’exposer à des ballonnements.

 

L'adoption auprès d'un éleveur d’Alano Espagnol sérieux et responsable offre normalement les meilleures garanties en termes de santé de l'animal. Il doit fournir un certificat de bonne santé établi par un vétérinaire, les documents relatifs aux vaccins administrés (carnet de santé / carnet de vaccination) ainsi que les résultats des tests génétiques menés sur les parents ou le petit afin d’écarter le risque de maladies héréditaires.

 

Par ailleurs, lorsqu’il est petit et encore en pleine croissance, ses os et articulations sont particulièrement fragiles. Il faut donc alors lui éviter tout exercice physique trop intense ou trop long : il pourrait le payer à plus ou moins brève échéance, avec parfois des séquelles à vie (malformations, etc.). C’est vrai pour tous les chiens, mais encore plus pour ceux qui comme l’Alano font une certaine taille et connaissent donc de fortes poussées de croissance.

 

Enfin, un des meilleurs moyens de garder son chien en bonne santé, et ce quel que soit son âge, est de l’emmener chez le vétérinaire au moins une fois par an pour un bilan complet, qui offre l’occasion de s'assurer qu'il reste à jour de ses rappels de vaccins et de déceler au plus tôt un éventuel problème. Le maître doit aussi veiller à renouveler les traitements antiparasitaires de son compagnon chaque fois que nécessaire, afin qu’il ne cesse jamais d’être protégé.

Le pelage court de l’Alano Espagnol ne requiert que peu de soins : en temps normal, le brosser une fois par semaine suffit, d’autant qu’il ne perd que peu de poils. Il en va autrement durant ses périodes de mue, au printemps et à l’automne : il est alors nécessaire de le faire plus fréquemment (au moins deux fois par semaine).

 

En outre, son pelage n’est guère salissant. De ce fait, lui donner un bain une ou deux fois par an est amplement suffisant, à moins bien sûr qu’il ne se soit particulièrement sali. En tout état de cause, le faire de manière excessive risquerait de retirer le sébum naturellement présent sur sa peau et destiné à la protéger. Quoi qu’il en soit, il faut systématiquement utiliser un shampoing spécialement conçu pour les chiens, voire un shampoing spécifique si l’animal souffre de dermatite.

 

Ses oreilles requièrent en revanche une certaine vigilance, car leur forme pendante implique que les saletés et l’humidité s’y accumulent facilement. Il faut les examiner et les nettoyer toutes les semaines, mais également prendre l’habitude de les sécher à chaque fois qu’il s’est baigné ou a passé un long moment dans un lieu humide.

 

Sa séance d’entretien hebdomadaire est également l’occasion de nettoyer ses yeux à l’aide d’un chiffon humide.

 

Il est nécessaire aussi de régulièrement contrôler et brosser ses dents, afin de limiter la formation de plaque dentaire et ses conséquences : mauvaise haleine, maladies bucco-dentaires, etc. Le faire une fois par semaine est déjà bien, même si plus souvent – voire quotidiennement - est idéal. Il faut systématiquement utiliser un dentifrice spécialement fait pour la gent canine.

 

Au passage, contrairement à la plupart des autres races de molosses, il n’est pas nécessaire de nettoyer régulièrement le pourtour de sa bouche (et de s’inquiéter pour la propreté du logement), car il ne bave pratiquement pas.

 

En revanche, il est important de contrôler ses griffes de temps à autres, pour éviter qu’elles ne deviennent trop longues. En effet, cela pourrait le gêner pour marcher, et elles risqueraient de se casser – avec au passage le risque de le blesser. Cela dit, compte tenu de son niveau d’activité, l’usure naturelle fait généralement son effet pour les limer, si bien qu’il n’est nul besoin de les couper manuellement.

 

Les gestes d’entretien du pelage, des oreilles, des yeux, des dents et des griffes ne doivent évidemment pas être effectués au hasard, au risque d’une part de ne pas obtenir les résultats escomptés, et d’autre part de faire mal à son chien voire le blesser. Il peut donc être utile de prendre conseil auprès d’un vétérinaire ou d’un toiletteur la première fois, afin de savoir comment procéder. Par ailleurs, mieux vaut y habituer son compagnon dès son plus jeune âge, pour éviter qu’il se montre réticent par la suite.

 

Par ailleurs, lorsqu’il revient d’une longue virée en pleine nature, il convient d’inspecter son pelage à la recherche d’éventuels parasites, épillets ou blessures.

L’Alano Espagnol n’est pas difficile en termes de nourriture et peut très bien être nourri à l’aide d’aliments industriels.  Son alimentation doit être adaptée à ses besoins nutritionnels, qui dépendent de son âge, son niveau d'activité et son état de santé. Un vétérinaire peut s’avérer de bon conseil tant pour choisir des produits adaptés que pour déterminer la quantité qui doit lui en être donnée chaque jour.

 

Quoi qu’il en soit, il est préférable comme pour tout chien de répartir sa ration quotidienne en au moins deux repas (de préférence un le matin et un le soir).

 

En tout cas, son alimentation quand il est chiot est déterminante, car son assez grande taille fait qu’il connaît alors de fortes poussées de croissance. Si elle est trop riche, elle risque d’accentuer encore le phénomène, ce qui peut être à l’origine de problèmes articulaires ou de malformations, avec donc potentiellement des séquelles à vie.

 

Plus largement, à tout âge, le fait que la race soit prédisposée à l'obésité nécessite une vigilance particulière quant à sa ration quotidienne. En particulier, il est conseillé de déduire de cette dernière les friandises éventuellement données dans le cadre de son éducation. Surtout, cela implique qu’une surveillance régulière de l'évolution de son poids est de rigueur, en le pesant environ 2 fois par mois. En cas de dérapage qui se confirme voire s’accentue lors des mesures suivantes, il faut se rendre chez le vétérinaire pour déterminer si le problème est lié à une cause médicale ou à l’alimentation. En tout état de cause, les risques qu’engendrent l'obésité ne doivent pas être pris à la légère, car elle peut être à l'origine ou aggraver de nombreux problèmes de santé. Les individus stérilisés y sont davantage prédisposés.

 

Enfin, comme pour tous les autres chiens, l’Alano doit avoir en permanence de l'eau fraîche et propre à sa disposition.

L'Alano Espagnol eut pendant des siècles de nombreux usages. Il servit ainsi pour la chasse au gros gibier ainsi que la garde de propriétés et du bétail dans de nombreuses régions d'Espagne. Pendant la conquête de l’Amérique, il fut utile dans la capture d’esclaves. Par la suite, on le retrouva également employé à affronter des taureaux, ou tout simplement ses congénères dans le cadre de combats de chiens.

 

Habitué depuis longtemps à effectuer diverses tâches au service des humains, il reste encore aujourd’hui un chien de travail. Ainsi, il est toujours utilisé comme chien de garde ainsi que pour la protection des bovins et autres animaux d'élevage. On le retrouve aussi employé dans des rôles nouveaux, comme celui de chien d’assistance ou chien secouriste.

 

Il est également devenu un bon chien de compagnie, du moins pour un maître capable de lui offrir l’espace et l’exercice dont il a besoin, et qui dispose de suffisamment d’expérience et de fermeté pour garder le dessus sur son chien.

 

Son caractère très affectueux, sa sensibilité et son besoin de se sentir utile font aussi qu’on le retrouve parfois comme chien de thérapie. Il peut en effet être formé pour apporter de l'affection, du confort et du soutien dans les hôpitaux ou les maisons de retraite, par exemple.

 

Grand athlète, il peut également s’illustrer dans différentes disciplines de sport canin telles que le mondioring, le mordant, l’agility, la traction de charges, les épreuves d’endurance ou encore le Règlement Concours International (RCI).

 

Enfin, il peut être trouvé dans des combats de chiens, où ses puissantes mâchoires et son courage sont des atouts indéniables. Cette pratique étant toutefois interdite dans de nombreux pays (dont en Espagne, depuis 2015), ces activités se pratiquent dans la clandestinité.

La seule institution qui reconnaît l’Alano Espagnol est la Real Sociedad Canina de España (SRCE), l’organisme canin de référence en Espagne. Étant donné qu’il s’agit d’une race de molosse, mieux vaut pour éviter tout problème s’assurer d’adopter un chiot livré avec son certificat d’inscription de la SRCE, ce qui permet de garantir qu’il est de pure race.

 

En France, cette race n'est pas concernée par la loi de 1999 sur les chiens dit dangereux.

 

En Belgique et en Suisse, elle ne fait pas non plus partie de la liste de races interdites.

 

Au Québec, les chiens dressés pour la protection, la garde et l'attaque sont normalement proscrits, mais  la législation diffère d’un lieu à l’autre. Avant tout projet d’adoption, il est donc indispensable de clarifier l’usage du chien et de s’informer sur la législation locale à la fois dans le lieu où on réside ou projette de déménager dans les années à venir.

En Espagne, le prix d’un chiot Alano Espagnol se situe généralement entre 500 et 700 euros.

 

Toutefois, la race s’est encore assez peu diffusée hors de son pays d’origine, même si on commence à voir apparaître une poignée d’élevages dans certains pays d’Europe de l’Ouest, dont la France et la Belgique. Elle en est aussi à ses tout débuts au Canada.

 

Par conséquent, quel que soit le pays, il peut être pertinent voire nécessaire de se tourner vers un éleveur basé en Espagne. Il faut alors s’assurer que le chiot est enregistré auprès de la Real Sociedad Canina de España (SRCE), ce qui garantit qu’il est de pure race. Par ailleurs, des coûts de transport et des frais administratifs viennent s’ajouter au prix d’achat de l’animal, et il convient bien sûr de respecter la réglementation relative à l’importation d’un chien depuis l’étranger.

 

En tout cas, quel que soit le pays, le prix demandé dépend du prestige de l'élevage, de la lignée du chien et de ses caractéristiques intrinsèques.

  • De nombreuses œuvres rendent compte de la place importance qu’occupa pendant des siècles l’Alano dans son pays d’origine. Qu’il s’agisse de Velázquez, Cervantes, Phoebus, Berceo ou Goya (entre autres), de nombreux écrivains, sculpteurs et peintres firent référence dans leurs œuvres à ce chien apprécié du peuple espagnol et considéré comme un allié indispensable pour bien des tâches. On le retrouve ainsi par exemple dans la Cacería de jabalíes en el Hoyo, peinte par Velázquez (1599 - 1660) dans la deuxième moitié du 17ème siècle et exposée au musée du Prado, à Madrid. Il fut également représenté par Francisco de Goya (1746 – 1828), peintre et graveur espagnol, dans sa série de gravures La Tauromaquia qui apparut entre 1815 et 1816 et qui présenta les corridas où des chiens de cette race participèrent.

 

  • L’Alano Espagnol fut utilisé par les conquistadores au cours de leur conquête de l’Amérique, et deux de ses représentants marquèrent particulièrement l’histoire. Le premier, Becerrillo appartenait au conquistador Juan Ponce de León et avait la capacité de différencier les indigènes soumis et les plus violents, afin de pourchasser ces derniers. Le second, qui n’était autre que son fils Leoncico, fut le premier chien venant d’Europe à naviguer sur les eaux du Pacifique.
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