Askania Skazka



AS Pouchkin Orlik




  De gauche à droite:
  AS Tchaïka-Orlitsa, AS Pouchkin Orlik,
  AS Pobeyda Djemma-Laï, AS Russkaya-Shoutka



Tout a commencé en 1988, arrêt sur une image de magazine. Un grand chien Blanc couché sur un lit de feuilles mortes, port royal et comme un sourire lumineux. Malgré le texte bref, le décrivant comme une race impossible à trouver en Europe et en dehors de son pays d'origine, j'ai désiré ce chien. En quelques semaines je crois avoir écris à tous les ministères de l'agriculture et toutes les sociétés canines de ce qui est en passe aujourd'hui d'être le continent Européen. De façon assez symbolique, je crois avoir reçu une réponse de chacun d'eux, pour déclarer inconnu de leur territoire "mon chien".

Avita Nortonia Avita Nortonia

Six mois après ce début d'aventure, le chien du magazine, comme sorti du papier glacé entrait dans ma vie. Avita Nortonia, née en Pologne, foulait le sol français.


  Ci-contre et ci-dessous : Avita Nortonia



Avita Nortonia Avita Nortonia

Décider de l'adoption d'un chien est déjà une décision importante, adopter un chien adulte et de race inconnue, il fallait l'inconscience de la jeunesse et l'aveuglement de la passion pour réussir. Je n'y connaissais banalement rien dans le registre et la magie fit son effet.
Ma "Mädchen" décrite comme une chienne asociale, issue d'une race de cerbères est entrée dans mon quotidien sans jamais faire un bruit. Veillant sur ma petite fille, gardant la maison et en ma présence surveillant du coin de l'œil l'environnement.

De tous les échanges nés de mon désir d'elle, s'étaient à l'époque tissées de véritables relations, je voulais en savoir plus, le mur de Berlin venait de choir, tout devenait possible.
Entre voyages à l'Est à la découverte d'un monde, expositions pour faire découvrir le chien de mes rêves, et toutes les questions qui en amenaient tant d'autres, j'ai découvert mon nouveau monde.
En février 1995, au cours d'un de mes déplacements à Moscou, j'ai eu la chance de pouvoir accéder aux archives de cette race. Depuis des années mon jugement s'était affiné et je m'étais créée un nouveau désir. Accueillir un chien des lignées que j'avais pu étudier. J'avais surtout isolé quelques traceurs. Une brève rencontre avec Jelena Tsoukhanova, quelques mots échangés sur mon souhait. Ma demande peu réfléchie, née d'un constat avait bien peu de chance d'aboutir.

Ksyusha       Noël 1995, dans un appartement à Moscou venait de naître, une femelle et trois mâles. Si je voulais Ksyusha (personnage d'une berceuse de Russie) elle était pour moi. Ses frères, Kit, Kasimir et Kousin seront à l'origine de lignées brillantes en Ukraine, à Moscou et ST Petersbourg. Pour ma part, Ksyusha (Maksyu, Max) ne devait être à l'origine qu'un chien de compagnie. Arrivée en mars 1996, cette terreur a mis mon quotidien en ébullition, sur active, gonflée, ayant un sens de l'humour qui n'eut jamais de cesse que de s'imposer à tous. Elle me poussa à d'autres voyages, d'autres interrogations. J'avoue n'avoir jamais eu envie de produire, mais le chagrin d'une amie ayant perdu subitement sa petite chienne de sept mois après trois ans d'attente pour l'importer, me fit basculer.

KsyushaKsyusha Ksyusha
Ksyusha

            Ksyusha

En décembre 1998, Avita nous quittait et en janvier 1999, Max nous donnait neuf chiots. Entre le terrible chagrin de la perte, l'indicible joie de la naissance, une nouvelle aventure commençait. La race étant restée confidentielle, la plupart des chiots partirent à l'étranger.
Quatre restèrent en France, Doushka qui passa le CSAU et ouvrit le premier carnet de travail en pistage pour cette race, Koukla qui s'en alla veiller sur deux chérubins au sein d'une famille. Et Djemma et Orlik qui restèrent chez nous.
Un nouveau défi à relever, présenter cette race en expositions, la faire connaître et lui rendre ses lettres de noblesse.

AS Pobeyda Djemma-laï AS Pobeyda Djemma-laï

AS Pobeyda Djemma-laï
AS Pobeyda Djemma-laï

Orlik notre petit aigle, qui releva tous les défis de la compétition et foula toutes les moquettes d'Europe pour se voir consacrer en 2002, au premier rassemblement de la race en république Tchèque. Il affronta une cinquantaine de participants venus des pays d'origine et les plus grands affixes, Orlik qui se vit décerner le titre de vainqueur et finit meilleur de race. Orlik qui sans pudeur portait la couleur si rare et perdue de son aïeul , notre Lilik qui donna de sa race une image nouvelle. Orlik qui fit de notre affixe une référence.

AS Pouchkin Orlik

AS Pouchkin Orlik AS Pouchkin Orlik
AS Pouchkin Orlik
 AS Pouchkin Orlik  AS Pouchkin Orlik

Djemma le suivit dans tous nos déplacements et fit honorablement son bonhomme de chemin. Il multiplièrent les titres nationaux et internationaux.
Une nouvelle portée vit le jour, issue de Djemma.

AS Russkaya Shoutka

AS Russkaya Shoutka
AS Russkaya Shoutka AS Russkaya Shoutka

Shoutka la magnifique resta chez nous. Shoutka qui très vite devait me démontrer qu'elle était encore une pointure de plus à la sélection que j'avais entrepris. J'ai alors commencé à m'essouffler d'être toujours seule en exposition à présenter cette race de façon conviviale.

L'été 2003 fut terrible, notre Lik refusa une nuit de rentrer malgré l'orage, il fut frappé par la foudre. Je crois avoir rarement ressenti un tel sentiment de désolation, de fin, d'inutilité.
Orlik fut dans ma vie un épisode complet, je ne voulais pas produire, je ne voulais pas de mâle à la maison, la couleur grise n'était pas vraiment ce que je préférais dans cette race, Lik a tout bouleversé, il m'a fait renoncer au passé pour écrire une nouvelle page. Il a déjoué tous mes plans, il m'a prouvé le contraire de tout, il m'a appris le meilleur , que rien ne se fini si rien ne doit commencer.
Orlik fut l'aboutissement que je ne cherchais pas, mais sans lui et malgré la présence des autres j'ai ressenti le terrible vide du bout de la laisse. Etait ce sans compter le vieil adage russe ? " Dieu garde un œil…"
Ou simplement le dernier clin d'œil de Magiklilik?

En toutes ces années de tout ce que j'avais vu, recherché, lu, écrit, il m'était banalement apparu que dans mon jardin deux chiens, s'approchant au mieux de mon idée du standard, s'ébattaient.
Le 27 juillet 2003, Shoutka donnait naissance aux dix chiots de Orlik. Tout devait commencer de nouveau. La majorité de ces chiots attendus s'en furent à l'étranger encore. Mais un BBlik était parmi nous, Sadko que j'ai passé mon temps à comparer sans jamais me satisfaire, Sadko qui est si semblable et auquel je m'évertue à trouver tant de différences.

AS Udalec Sadko
AS Udalec SadkoAS Udalec Sadko
AS Udalec Sadko
AS Udalec Sadko - www.horvathimre.com


Et puis notre Lulu, née jaune comme une chandelle que nous appellerons "Svet Moï" qui se traduit par ma lumière en russe.

AS Ukrainya Svet Moï dite Lulu
AS Ukrainya Svet Moï dite "Lulu"

AS Ukrainya Svet Moï dite Lulu
AS Ukrainya Svet Moï dite Lulu   AS Ukrainya Svet Moï dite Lulu   AS Ukrainya Svet Moï dite Lulu

AS Ulibka Soudba dite Snoopy Noop



et enfin Snoopy- Noop,
appelée très sérieusement "Ulibka Soudba"
soit clin d'œil du destin...



AS Ulibka Soudba dite Snoopy Noop



AS Ulibka Soudba dite Snoopy Noop   AS Ulibka Soudba dite Snoopy Noop

Bref les triplés sévissent ici. Il paraît qu'il est très difficile d'éduquer un chiot berger de Russie méridionale, que deux c'est impossible, et trois alors ?

Cristal Vityaz SAVITAS       Cristal Vityaz SAVITAS

Cristal Vityaz SAVITASCristal Vityaz SAVITAS

En septembre 2004, Vityaz est arrivée de Lituanie, et nous avons donc du affronter "la bande des quatre". Quatre adolescents qui j'oserais le dire, se développent parfaitement et se conduisent très bien.
Alors où se situe donc la difficulté si ce n'est dans l'imaginaire de certains qui en croyant posséder des trésors uniques sont en train de priver d'avenir cette race?

En mai 2005 Max nous a quitté comme elle avait vécu, un dernier pied de nez. Accourue à notre rencontre, ivre de soleil et de liberté, elle s'est écroulée sans nous avoir un instant fait présager de la fin imminente.
Notre tribu se compose aujourd'hui de quatre femelles et de deux mâles, c'est un peu trop à mon goût, car vivre avec six chiens au quotidien et de façon familiale s'avère parfois contraignant. Ma décision de produire a induit un choix, celui de la sélection. Quand une race est très présente sur un territoire on peut facilement accéder au pool génétique à travers les spécimens. Cela n'était pas réalisable en la matière puisque la plupart des sujets de qualité vivent dans le pays d'origine.
J'ai parmi bien des regrets celui de n'avoir pu tenter toutes les combinaisons dont je rêvais, sans doute parce qu'il manquait le facteur essentiel de passionnés.
Pour autant j'ai eu beaucoup de chance en mettant dans ma vie cet animal mythique qu'est le Berger de Russie méridionale et d'avoir découvert ce compagnon de tous les instants. J'ai encore plus de chance de pouvoir garder l'espoir de produire encore, de penser que ces quelques pages feront peut être d'autres émules.
J'ai la satisfaction d'avoir prouvé que cette race est composée de chiens comme les autres.
Il me reste le souhait d'avoir convaincu et de croiser plus fréquemment des bergers de Russie méridionale sur notre territoire.

Cristal Vityaz SAVITAS
De gauche à droite : AS Pobeyda Djemma-laï, AS Udalec Sadko et Cristal Vityaz SAVITAS