Chien maltraité : que faire si on constate un cas de maltraitance ?

Un chien donne la patte à un humain

Le fait que le chien soit le meilleur ami de l'Homme n'empêche pas des actes de maltraitance de la part de certaines personnes, que ce soit à l'encontre de leur propre compagnon ou d'un chien qui n'est pas le leur. Or, lorsqu'on est témoin de maltraitance, il peut être difficile de savoir comment faire pour venir en aide au malheureux animal.


Voici donc quelques conseils utiles pour savoir comment réagir si jamais on voit ou suspecte qu'une personne maltraite un chien - ou un représentant de n'importe quelle autre espèce, d'ailleurs.

Chien maltraité : pourquoi il ne faut pas fermer les yeux

Deux policières opérant un standard téléphonique

La maltraitance envers les chiens – et plus largement vers les animaux quels qu’ils soient – est de moins en moins un sujet qu’on « met sous le tapis ». Il existe donc dans la plupart des pays des procédures permettant d’effectuer facilement un signalement, afin que les services compétents (police et justice) s’emparent du problème, mettent fin aux agissements voire condamnent leur auteur.

 

Il est d’autant plus important de le faire que la maltraitance n’est généralement pas un phénomène ponctuel et qui s’interrompt de lui-même. Dans le meilleur des cas, elle se poursuit dans le temps, la personne qui en est l'auteur n'ayant pas conscience que son comportement est inapproprié ; dans le pire, elle tend carrément à gagner en fréquence et en sévérité, au fur et à mesure que les limites de la violence sont repoussées.

 

Si on ne fait rien, un chien maltraité risque donc de souffrir de plus en plus tant physiquement que psychologiquement. Dans les cas extrêmes, la maltraitance peut même conduire jusqu’à sa mort, soit du fait des mauvais traitements qu’il subit, soit du fait qu’il finit par perdre tout goût à la vie et se laisser mourir. Et même si ce n'est pas le cas, il garde généralement des séquelles psychologiques à vie, perdant confiance en l'être humain.

 

Malgré tout, encore aujourd’hui, les actes de maltraitance qui ont lieu au su et au vu de tout le monde ne sont pas toujours signalés. Quant à ceux qui se tiennent dans la sphère privée, c’est encore plus compliqué. En effet, un moins grand nombre de personnes sont susceptibles de les constater, et en outre elles ont généralement un lien avec l’auteur des faits : cela les conduit souvent à hésiter à intervenir, voire les en dissuade totalement.

 

Pourtant, si l'on est effectivement témoin de maltraitance sur un animal, ne rien faire revient à laisser la situation perdurer, voire s'aggraver...

Informer et éduquer le propriétaire

Une femme avec un chien discutant avec une amie

La maltraitance a souvent pour cause un manque de connaissance. Par conséquent, si on constate un problème de ce type dans son entourage, la première chose à faire est d’informer la personne en question des besoins du chien et de la souffrance qu’elle lui fait endurer, sans forcément s’en rendre compte elle-même.

 

Pour que le message passe plus facilement, on peut aussi l’orienter vers des sources d’informations pertinentes ou susceptibles de lui apporter l’aide dont elle a besoin, en particulier si la négligence est due à une incapacité physique ou financière. De fait, c'est souvent bien plus simple d'accepter les conseils de professionnels et/ou de personnes a priori neutres que de proches, car on a tôt fait de se sentir alors jugé par eux sur son aptitude à s'occuper correctement d'un chien...

 

Si le problème perdure malgré ce travail de sensibilisation, s’il s’agit de quelqu'un qu’on ne connaît pas ou bien sûr s’il est clair que la maltraitance est parfaitement consciente et volontaire, un signalement auprès des autorités s'impose.

Signaler un cas de maltraitance aux autorités

Si la discussion avec l'auteur des faits ne semble rien donner ou si elle est tout bonnement impossible (par exemple parce que la personne refuse de discuter ou agit par sadisme), la seule solution pour tâcher de les faire cesser est de les signaler aux autorités compétentes.

 

Évidemment, la procédure à suivre diffère d'un endroit à l'autre.

Signaler un cas de maltraitance en France

Un agent de la police judiciaire vu de dos
La plateforme Pharos est opérée par la police judiciaire

En France, il est possible de signaler un cas de maltraitance envers un animal en appelant le 112, le numéro national d’urgence. On peut aussi le faire en se rendant en personne dans le commissariat le plus proche, comme pour n’importe quelle plainte.

 

Si la maltraitance est constatée sur Internet, par exemple à travers une vidéo ou une photo, il est également possible de se rendre sur la plateforme Pharos : les policiers et gendarmes en charge du service s’occupent alors des démarches nécessaires en vue non seulement de faire retirer le contenu incriminé, mais surtout d’engager des poursuites envers l’auteur des faits.

 

Une personne reconnue coupable de maltraitance sur un animal encourt jusqu'à 5 ans d'emprisonnement ainsi qu'une amende pouvant atteindre 75.000 euros. En plus de cela, elle peut être contrainte d'effectuer un stage de sensibilisation à la prévention et à la lutte contre la maltraitance animale.

Signaler un cas de maltraitance en Belgique

Le logo du numéro gratuit 1718

En Belgique, le modus operandi pour le signalement d’un acte de maltraitance diffère d’une région à l’autre.

 

À Bruxelles, le signalement se fait uniquement via un formulaire de contact prévu à cet effet.

 

En Flandre, il faut appeler le 1700 ou envoyer un email à [email protected]

 

En Wallonie, il faut appeler le 1718 ou envoyer un email à [email protected] On peut également utiliser le formulaire permettant de réaliser la démarche directement en ligne. En cas de poursuites engagées par le parquet, l'auteur des faits encourt une peine pouvant aller jusqu'à 15 ans de prison et 10 millions d'euros d'amende.

 

Signaler un cas de maltraitance en Suisse

Le logo de la Protection Suisse des Animaux, un hibou dans un cercle blanc

Si on est témoin de maltraitance envers un animal en Suisse, on peut prévenir la Protection Suisse des Animaux (PSA) en remplissant un formulaire prévu à cet effet sur son site. Il est également possible de prévenir l’Office vétérinaire cantonal.

 

À l’image par exemple de celui de Genève, certains cantons proposent également un formulaire en ligne pour effectuer un signalement en ligne auprès des autorités.

 

Une personne jugée coupable pour des faits de maltraitances s'expose à une peine pouvant aller jusqu'à 3 ans d'emprisonnement, ainsi qu'à une amende.

Signaler un cas de maltraitance au Québec

Le logo du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec

Au Québec, on peut signaler un problème de maltraitance envers un chien ou même un autre animal en allant directement dans un commissariat, ou bien en appelant le 1 844 ANIMAUX (264-6289).

 

Il est également possible de se rendre sur le site du gouvernement provincial pour déposer une plainte via un formulaire prévu à cet effet. Celle-ci sera examinée par les services d’inspection du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.

 

En cas de condamnation, l'auteur des faits peut être condamné à une peine allant jusqu'à 18 mois de prison et 250.000 dollars d'amende.

Conclusion

Même si l'on peut à première vue être réticent à l'idée d'intervenir pour protéger un chien victime de maltraitance, il n'y a malheureusement pas toujours d'autre option. Une discussion avec l'auteur peut parfois être tentée, mais si ce n'est pas possible ou ça ne donne rien, la seule chose à faire est de signaler le cas aux autorités.

 

De fait, chacun a son rôle à jouer dans la lutte contre ce fléau qu'est la maltraitance envers les chiens, que celle-ci soit involontaire ou au contraire délibérée. La prise de conscience sur ce sujet va d'ailleurs croissante, comme l'illustre l'augmentation du nombre de personnes poursuivies pour de tels faits : plus qu'une augmentation des faits eux-mêmes, elle résulte sans doute d'abord et avant tout du nombre plus important de signalements et du fait que la justice se saisit davantage qu'avant du problème.

 

La lutte contre la maltraitance ne se limite toutefois pas à signaler les situations problématiques que l'on viendrait à observer au quotidien : elle passe aussi par le fait de ne pas adopter d'animaux issus de canaux peu vertueux telles que les usines à chiots, qui sont clairement des lieux de maltraitance. Cela implique notamment de prendre le temps de se renseigner avant l'adoption, et de s'assurer que l'animal a été élevé et éduqué dans de bonnes conditions. Certes, il faut généralement débourser davantage pour un chien issu d'un élevage sérieux et responsable, mais c'est le prix à payer pour contribuer à lutter contre la maltraitance ayant cours dans les élevages intensifs.

Par Nicolas C. - Dernière modification : 11/18/2022.

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