L'impact environnemental du chien

Vue aérienne de buissons en forme de Caniche

Depuis la fin du 20ème siècle, l'Homme a une conscience de plus en plus affinée et précise de son environnement, et notamment de l'impact qu'il a sur celui-ci. Le sujet figure même désormais au coeur du débat public dans de nombreux pays.


En revanche, l'impact écologique de ses animaux de compagnie est nettement plus négligé, et le plus souvent sous-estimé - à commencer par celui du chien.


De fait, les effets sur l'environnement de la présence du meilleur ami de l'Homme sont loin d'être négligeables, notamment du fait de ses interactions avec la faune sauvage, ses excréments et son alimentation. Cela dit, comme pour un humain, il existe différents moyens de les atténuer.


Quels impacts le chien a-t-il sur l'environnement, et comment peut-on les réduire ?

L'impact des chiens sur la faune

Quand on pense à l'impact des animaux de compagnie sur la faune, le premier exemple qui vient en tête est généralement le chat. En effet, il est de notoriété publique que ce dernier a en chassant un impact notable sur la biodiversité, notamment les oiseaux.

 

Toutefois, la présence des chiens n'est pas non plus sans conséquences sur les espèces sauvages. Ils peuvent en effet les déranger, leur transmettre des maladies ou même les attaquer.

Les attaques de chiens

Un bélier mort dans la montagne

Comme son ancêtre le loup, le chien est un carnivore, qui a besoin de manger beaucoup de viande pour être en bonne santé. Lorsqu'il vit dans une famille, c'est cette dernière qui lui donne sa nourriture, souvent sous forme de croquettes ou de pâtées. Mais lorsqu'il n'a personne pour s'occuper de lui, il doit trouver de quoi se nourrir par lui-même.

 

Dans beaucoup de cas, un chien errant reste près des villes, et trouve son « bonheur » en fouillant dans les poubelles ou les décharges. Mais il peut arriver aussi qu'il retrouve un mode de vie presque sauvage, et se nourrisse en chassant des proies - comme le loup. Il peut alors attaquer les troupeaux de moutons ou d'autres types de bétail, ou s'en prendre à la faune sauvage : chevreuil, cerf, lièvre, sanglier, bouquetin, mouflon... Il commet alors de véritables carnages, a fortiori quand il chasse en meute.

 

L'impact des chiens errants sur la faune est difficile à quantifier ; d'ailleurs, leur population n'est pas connue avec exactitude. Les différentes estimations réalisées évaluent le nombre de chiens errants à entre 300 et 500 millions à travers le monde. On ne peut qu'imaginer les dégâts qu'ils peuvent engendrer sur la faune sauvage lorsqu'ils chassent pour se nourrir...

La transmission de maladies

Deux chiens sauvages se battent ensemble

Un autre problème causé par le chien est le rôle qu'il joue comme vecteur de maladies contagieuses parfois graves pour les autres espèces.

 

Il faut dire que l'être humain vit de plus en plus près des animaux sauvages : par la force des choses, il en va de même de son meilleur ami. La contamination peut se faire de manière directe (par exemple lors d'une bagarre avec un animal) ou indirecte (par le biais de crottes ou d'urine que le chien laisse derrière lui, et contenant des microbes).

 

L'un des exemples les plus parlants est celui de la maladie de Carré, une pathologie très contagieuse proche de la rougeole humaine et souvent mortelle. Elle touche notamment le coyote, le chacal, le loup, le raton-laveur, la belette, la loutre, le putois, le lion, le tigre, et sans doute bien d'autres espèces de mammifères. Les spécialistes pensent que c'est le chien qui, à force de contacts, la leur aurait transmise.

 

Or, là où celui-ci peut être vacciné ou soigné, ce n'est pas le cas des animaux sauvages, qui ne sont pas armés pour lutter contre des maladies normalement absentes de leur environnement naturel. L'impact peut être désastreux : par exemple, une épidémie de maladie de Carré survenue en 1994 parmi les lions du parc national du Serengeti (à cheval sur le Kenya et la Tanzanie) a causé la mort d'un tiers d'entre eux.

 

Quand on connaît la fragilité de certaines populations d'animaux sauvages - notamment du fait de l'activité humaine -, on ne peut que s'alarmer du fait qu'elles soient touchées par de nouvelles maladies transmises par les animaux domestiques...

Le dérangement des animaux sauvages

Un chien pourchasse les pigeons dans un parc

Le chien possède un fort instinct de prédation lié à son passé de chasseur, qu'il a conservé au fil des siècles. C'est ce qui explique qu'aujourd'hui encore, il adore généralement courir après tout ce qui bouge : les joggeurs, les vélos, les voitures... mais aussi les petits animaux, comme les oiseaux. Qui n'a jamais vu un toutou pourchasser des pigeons dans un parc, pour le plaisir de les voir s'envoler simultanément ?

 

En soi, ce passe-temps peut sembler inoffensif, voire même amusant. En réalité, il dérange la faune sauvage de manière significative. En effet, il oblige les oiseaux à consacrer une bonne partie de leur temps à surveiller la présence de chiens dans les environs, et à utiliser beaucoup d'énergie pour s'envoler brusquement quand ils se font poursuivre. Ce temps et cette énergie peuvent ensuite leur manquer pour d'autres tâches plus importantes pour leur survie et celle de leur espèce, comme chercher de la nourriture ou nourrir leurs petits.

 

En plus de cet aspect, le chien peut involontairement abîmer voire détruire les nids des oiseaux qui nichent au sol, ou les terriers de certains animaux comme le lièvre ou le lapin. Il peut aussi effrayer par sa présence ou ses aboiements les petits d'espèces sauvages, comme les faons (notamment au printemps) : ces derniers peuvent perdre la trace de leur(s) parent(s) en s'enfuyant, ce qui réduit leurs chances de survie.

 

Ceci explique d'ailleurs qu'il est courant que la présence de chiens soit fortement encadrée - voire interdite - dans les réserves naturelles, les forêts et les autres zones sensibles (par exemple les plages ou les rives de certains lacs ou étangs). En tout état de cause, même dans les lieux où ils sont tolérés, il convient de surveiller son compagnon et de l'empêcher de déranger d'une quelconque manière les animaux sauvages.

La pollution causée par les excréments de chien

Les urines et crottes de chien ne sont pas seulement sales et malodorantes : elles sont aussi polluantes pour l'environnement, notamment l'air, le sol et l'eau. Les crottes représentent aussi une part non négligeable des déchets produits chaque année par un foyer.

La pollution des sols

Un chien noir fait caca dans la forêt

Les urines et crottes de chien constituent un apport en azote et en phosphore important pour les sols, et qui devient même problématique lorsqu'elles sont concentrées au même endroit - par exemple dans les parcs urbains, ou le long des sentiers de promenade dans la nature.

 

Une étude intitulée « Nutrient fertilization by dogs in peri-urban ecosystems » et publiée en 2022 dans la revue British Ecological Society a ainsi montré que les déjections qui s'entassent dans quatre réserves naturelles proches de la ville de Gand (Belgique) causent par endroits une pollution des sols comparable à celle causée par certains fertilisants dans les terres agricoles. Pris individuellement, une crotte ou un pipi n'est pas très problématique : le problème est que la plupart des chiens font leurs besoins à peu près aux mêmes endroits, si bien que la quantité d'azote et de phosphore s'y accumule au point de devenir polluante.

 

La même étude a aussi montré que si tous les maîtres ramassaient les crottes de leur compagnon derrière eux sur les chemins de randonnée, la pollution en phosphore y serait réduite de 97%, et celle en azote de 56% - d'où l'importance de toujours le faire, même dans la nature.

L'impact sur les insectes

Un chien couché dans l'herbe observe un papillon

Un autre impact du meilleur ami de l'Homme dont on est rarement conscient est celui causé par les antiparasitaires et vermifuges, qui contaminent les déjections.

 

En effet, même s'il est essentiel de traiter son chien contre les vers et les parasites pour le garder en bonne santé, des restes des produits utilisés se retrouvent souvent dans les excréments, où ils demeurent ensuite pendant des jours voire semaines. Or, ils peuvent alors contaminer les insectes coprophages qui s'en nourrissent : bousier, mouche, cafard...

 

Comme ces insectes sont eux-mêmes des proies pour d'autres animaux, c'est toute la chaîne alimentaire qui se retrouve perturbée lorsqu'un grand nombre de crottes de chien sont laissées dans la nature...

La pollution de l'eau

Un chien fait caca à côté d'un cours d'eau

Nombre de crottes de chien qui ne sont pas ramassées finissent dans l'eau (rivière, ruisseau, fleuve, lac, mer...) à cause notamment de la pluie et du ruissellement, et y bouleversent la faune et la flore locales.

 

C'est en tout cas ce qu'ont montré des études menées aux États-Unis : d'après leurs travaux, plus de 20 % des bactéries présentes dans l’eau des bassins récepteurs urbains proviennent en fait des crottes de nos compagnons canins...

La pollution de l'air

Des crottes de chien sur un trottoir en ville

Une étude intitulée « Sources of bacteria in outdoor air across cities in the midwestern United States » et publiée en 2011 dans la revue Applied and Environmental Microbiology a montré que les bactéries présentes dans l'air de plusieurs grandes villes des États-Unis pendant l'hiver sont en fait issues en grande partie des crottes de chien. Ceci serait dû au fait que le vent emporterait certains microbes contenus dans ces dernières.

 

Certes, cette étude n'est sans doute pas extrapolable à l'ensemble des grandes villes de tous les pays du monde, mais elle montre tout de même le potentiel polluant des crottes - y compris pour l'air que l'on respire au quotidien.

La quantité de déchets

Un homme ramasse les crottes de son chien dans le parc

Les déjections ramassées et jetées n'ont certes pas d'impact immédiat sur l'environnement, mais ont des conséquences indirectes dans le sens où elles augmentent la quantité de déchets produits - avec tout ce que cela implique en termes de logistique et de traitement.

 

Quand on sait qu'un chien fait en moyenne ses besoins une à cinq fois par jour, cela peut représenter plusieurs dizaines voire centaines de kilos de déchets par animal et par an à traiter, d'une manière ou d'une autre...

L'impact environnemental de l'alimentation des chiens

L'alimentation telle qu'elle est majoritairement produite de nos jours - c'est-à-dire de manière industrielle et intensive - a un impact important sur l'environnement. Cela vaut bien sûr pour celle destinée aux humains, mais aussi pour celle destinée à leurs animaux de compagnie, notamment les chiens.

L'empreinte carbone de l'alimentation

Un homme fait du compost avec des épluchures de légumes avec son chien

En tant que carnivore, le chien a besoin de manger beaucoup de viande. Or, celle-ci étant de nos jours souvent issue de l'élevage intensif, sa consommation a un impact environnemental loin d'être négligeable.

 

C'est en tout cas ce qu'affirment Robert et Brenda Dale, deux architectes américains spécialisés dans le développement durable et auteurs du livre intitulé Time to Eat the Dog?: The Real Guide to Sustainable Living paru en 2009. D'après leurs calculs, l'alimentation d'un chien aurait en moyenne une empreinte carbone annuelle deux fois supérieure à celle d'un Land Cruiser (un véhicule tout-terrain produit par Toyota) qui parcourrait 10.000 kilomètres par an.

 

En 2017, une autre étude intitulée « Environmental impacts of food consumption by dogs and cats » et publiée dans la revue Plos One est parvenue à d'autres conclusions. Elle estime en effet que l'alimentation des 160 millions de chiens et chats que comptent les États-Unis produit 64 millions de tonnes de CO2 par an, soit autant que 13 millions de voitures au cours de la même période.

 

Il faut toutefois savoir que ces différents chiffres sont contestés par la communauté scientifique, en raison d'hypothèses et modes de raisonnement jugés douteux. Par exemple, la nourriture industrielle destinée à la gent canine est souvent fabriquée à partir de déchets d'aliments produits pour les humains, qui donc existeraient même sans les chiens : leur imputer un tel impact intrinsèque est donc discutable.

 

Néanmoins, même s'ils ne s'accordent pas sur les chiffres, les scientifiques sont globalement d'accord pour dire que l'alimentation des animaux de compagnie a un impact non négligeable en termes d'émissions carbone, et que ce dernier est trop souvent ignoré - y compris par les maîtres eux-mêmes.

La quantité d'eau bue

La quantité d'eau bue

Le meilleur ami de l'Homme ne se contente pas de manger : il boit, et parfois beaucoup. La consommation d'eau d'un chien varie d'un individu à l'autre en fonction de différents facteurs (son mode de vie, le climat...), mais elle est globalement comprise entre 50 et 70 mL par jour et par kilo de masse corporelle. Cela signifie qu'un chien de 20 kg boit au moins un litre d'eau par jour, et qu'un chien de 50 kg en boit 2,5 litres.

 

Or, dans la mesure où le réchauffement climatique conduira sans doute à une diminution du volume d'eau potable disponible dans nombre d'endroits - lorsqu'elle n'y est pas déjà faible aujourd'hui -, la question de la quantité que nos compagnons en consomment n'est pas secondaire. Serons-nous partout capables de procurer suffisamment d'eau aux chiens sans que cela nuise aux humains eux-mêmes ?

 

Cela dit, il faut souligner qu'en comparaison d'autres espèces domestiques, le chien est plutôt sobre. Par exemple, il faut compter entre 5 et 10 litres d'eau par jour pour un porc, autour de 15 litres pour un cheval, environ 50 litres pour une vache à viande, et 50 à 100 litres pour une vache laitière. Mais comme ces animaux sont ensuite utilisés pour fabriquer la viande que nous consommons et donnons à nos compagnons, force est de constater que la quantité totale d'eau utilisée est loin d'être négligeable.

Pour être écologique, faut-il renoncer à avoir un chien ?

Un chien avec une plante verte sur la tête

Faire le bilan de l'impact environnemental du chien amène forcément à s'interroger sur les conclusions qu'on peut en tirer. Pour ménager le vivant et la planète, faut-il réduire le nombre de compagnons domestiques que nous possédons, voire arrêter totalement d'en avoir ?

 

La question est loin d'être évidente, car d'un autre côté il faut aussi prendre en compte le fait qu'avoir un chien est bon pour la santé et présente de nombreux autres avantages : il apporte de l'amour, de la compagnie, de la distraction, etc. En outre, le meilleur ami de l'Homme rend bien des services à ce dernier, en l'assistant dans différentes tâches : assurer la sécurité de biens et de personnes, aider des handicapés, retrouver des disparus...

 

En fait, le problème n'est pas tant l'impact d'un chien pris individuellement (tout être vivant en a un) que :

  • la surpopulation canine : nombre de pays comptent en effet un chien pour 5 à 10 habitants ;
  • les mauvaises habitudes de certains maîtres, qui ne ramassent pas systématiquement les crottes de leur compagnon en ville ou dans la nature.

 

En tout cas, quand bien même la question de savoir s'il y a trop de chiens mérite d'être posée, il y en a une autre dont la réponse est certaine : oui, à population canine égale, l'impact des chiens sur l'environnement pourrait être sensiblement inférieur à ce qu'il est actuellement.

 

Peut-être faudrait-il déjà se pencher sur ce deuxième aspect, ce qui suppose de provoquer une modification des comportements et des habitudes. Il y aurait en effet beaucoup à faire pour sensibiliser davantage les propriétaires sur la question et les aider à réduire l'empreinte environnementale de leur compagnon. Cela n'empêche pas en parallèle de chercher par exemple à contrôler les populations de chiens errants, qui posent de toute façon des problèmes plus larges.

Comment rendre son chien plus écologique ?

Pour réduire son impact environnemental, il n'est heureusement pas utile - ni même souhaitable ! - de prendre la décision d'abandonner son compagnon canin. En effet, quelques habitudes assez simples permettent de le rendre plus écolo, et donc de réduire son impact global.

Ramasser ses besoins

Des crottes de chien dans le sable de la plage

On ne le répétera jamais assez, mais il est essentiel de ramasser les crottes de son chien, que ce soit en ville ou dans la nature. C'est même d'ailleurs l'une des premières choses à faire si l'on souhaite diminuer son empreinte environnementale, car ce geste simple a bien des avantages.

 

Certes, en ramassant ses crottes et en les jetant dans les poubelles appropriées, on augmente la quantité de déchets à traiter. Toutefois, on réduit dans le même temps son impact sur la qualité des sols, des cours d'eau, de l'air, et même sur la faune - notamment certains insectes. On contribue aussi à réduire le risque de transmission de maladies à des congénères ou à d'autres espèces, et à garder les espaces publics propres et agréables pour tout le monde.

 

Si on ajoute à cela le respect de ses concitoyens, de l'espace public et de la loi, on voit combien les bonnes raisons de suivre cette saine habitude ne manquent pas.

Le tenir en laisse dans la nature

Une femme et son chien font une promenade en montagne

Une habitude assez simple à prendre pour réduire l'impact de son chien sur la faune est de le tenir systématiquement en laisse lors des sorties dans la nature. En effet, cela limite fortement les chances qu'il dérange les animaux sauvages par sa présence.

 

Certes, il peut être frustrant pour lui d'être en permanence tenu en laisse, notamment dans des endroits peu fréquentés où on pourrait lui permettre d'évoluer en toute liberté. C'est toutefois aussi dans son intérêt, car cela limite le risque qu'il se perde, fugue ou soit victime d'un accident (par exemple une collision avec un véhicule ou une blessure à la suite d'une rencontre malheureuse avec un animal sauvage).

 

Si l'on fait le choix de ne pas le tenir en laisse pendant de telles sorties, il faut a minima s'assurer que l'on a bien le contrôle sur lui. Apprendre le rappel à son chien est alors un pré-requis incontournable, pour faire en sorte qu'il réponde au doigt et à l'oeil quand on lui demande de revenir - même par exemple lorsqu'il est attiré par une odeur intéressante ou se lance à la poursuite d'un animal sauvage.

Lui donner une alimentation digeste

Des assiettes de croquettes et de pâtée pour chien

Une bonne alimentation est le meilleur moyen de réduire la quantité de déjections d'un chien, et donc de déchets qu'il produit au quotidien.

 

Une étude intitulée « Nutrient digestibility and fecal characteristics, microbiota, and metabolites in dogs fed human-grade foods » et publiée en 2021 dans le Journal of Animal Science a ainsi montré que la quantité de crottes produites par un chien peut aller du simple au double (voire au triple) en fonction du type de nourriture qu'il reçoit. Au global, ce sont les croquettes qui engendrent la plus grosse production de selles, la faute sans doute à leur teneur généralement élevée en céréales peu digestes. En comparaison, les pâtées sont bien mieux digérées. C'est néanmoins la nourriture maison se retrouve en haut du podium, avec une quantité de selles presque trois fois moindre.

 

Il faut néanmoins reconnaître que les pâtées et la nourriture maison ne sont pas forcément à la portée de tous les maîtres. En effet, pour être à même de satisfaire les besoins nutritionnels du chien, ces aliments doivent être donnés en grande quantité : cela les rend assez coûteux. Pour un petit chien, la différence en termes de budget alimentation n'est pas forcément énorme dans l'absolu. En revanche, dans le cas d'un animal de moyenne ou grande taille, elle est nettement plus élevée, au point d'être rédhibitoire pour certains.

 

En ce qui concerne les croquettes, les résultats de l'étude sont à nuancer en fonction du type de produit. En effet, ce sont surtout les croquettes bas de gamme qui contiennent beaucoup de végétaux : celles de qualité premium sont normalement plus riches en viande, et donc plus digestes. Malgré tout, elles contiennent toujours une part plus ou moins importante de végétaux, nécessaires pour leur donner leur forme compacte.

Privilégier des viandes plus écologiques

De la viande de poulet et des carottes dans une gamelle pour chien

D'un point de vue écologique, toutes les viandes ne se valent pas. En effet, la quantité d'eau et de protéines végétales nécessaires pour produire un kilo de protéines animales n'est pas la même selon que l'on parle par exemple de boeuf, de porc, de volaille ou de mouton. L'impact carbone varie également selon le type de viande.

 

Si l'on se fie au rapport publié en 2019 par le World Wildlife Fund (WWF) et intitulé Viande : manger moins, manger mieux, les viandes à privilégier en termes de bilan carbone sont dans l'ordre le poulet, la dinde, le porc, le mouton, le veau, le boeuf et en dernier l'agneau - sachant que les 4 derniers de la liste sont nettement plus polluants que les 3 premiers. L'ordre reste globalement le même si l'on compare la consommation en céréales ou en eau : le poulet et la dinde sont clairement à privilégier par rapport au porc, au mouton et au boeuf.

 

Un bon moyen de réduire l'impact écologique de son chien est donc de choisir pour le nourrir des produits fabriqués à partir de viande de volaille, plutôt que ceux contenant du boeuf, du porc ou du mouton. C'est d'autant plus bénéfique pour l'environnement que le poulet et la dinde sont aussi bien plus digestes, ce qui permet également de réduire la quantité d'excréments produits par l'animal.

Rendre son chien végétarien ?

Un Border Collie tient des carottes dans sa gueule

Une solution largement prônée pour réduire son impact environnemental est d'opter pour un régime moins riche en viande - voire végétarien. C'est vrai pour l'humain, mais est-ce faisable aussi pour le chien ?

 

S'il est vrai que notre meilleur ami peut manger des fruits et légumes, il l'est tout autant qu'il reste d'abord et avant tout un carnivore. C'est inscrit dans ses gènes et dans ses organes digestifs. De ce fait, alors qu'il assimile très bien les aliments d'origine animale comme la viande, le poisson ou les oeufs, il digère beaucoup moins bien ceux d'origine végétale, comme les céréales ou les légumineuses.

 

Une petite quantité ne pose pas forcément problème, mais s'il s'agit de remplacer une grande part de la viande qu'il consomme normalement par des végétaux, le risque de troubles digestifs, de malnutrition voire de carences est réel. Cela explique que même s'il est techniquement possible d'augmenter un peu la part de végétaux dans son alimentation, il n'est pas conseillé de le rendre végétarien - et encore moins végan.

 

Cela pourrait d'ailleurs même s'avérer contre-productif d'un point de vue environnemental, car un chien qui digère mal sa nourriture produit des selles plus fréquentes et volumineuses...

Conclusion

La présence des chiens à leurs côtés procure aux humains beaucoup de joie et de bonheur. Toutefois, elle n'est pas sans conséquences sur l'environnement et la planète dans laquelle ils vivent.

 

Pris individuellement, un chien n'est pas un problème majeur, et ne pollue pas forcément plus que d'autres espèces animales. C'est surtout la surpopulation canine qui pose problème, car l'impact environnemental est alors multiplié d'autant.

 

Il existe toutefois différentes astuces et habitudes que chaque maître responsable peut s'approprier pour réduire l'empreinte écologique de son compagnon. La première d'entre elles est de toujours ramasser ses besoins, pour limiter la pollution et les risques que ceux-ci génèrent. Mais il est aussi possible d'agir sur d'autres tableaux, à commencer par son alimentation ou le fait de garder le contrôle sur lui lors des sorties dans la nature.

Par Aurélia A. - Dernière modification : 10/09/2022.