Chien et colchique : toxicité, symptômes, que faire

Des colchiques en fleurs dans un jardin

Le colchique (Colchicum) est une plante de la même famille que le lys, dont il existe à ce jour une centaine d'espèces. Il se présente sous la forme d'un bulbe enfoui dans la terre, dont ne dépassent que les feuilles, les fleurs et/ou les fruits (graines). Il fleurit le plus souvent à l'automne, même si certaines espèces fleurissent carrément pendant l'hiver ou au printemps. Les fleurs sont généralement roses ou violettes, mais une espèce présente des fleurs jaunes.


Il est souvent confondu avec le crocus (à partir duquel est obtenue l'épice appelée safran) en raison de leurs fleurs très semblables : il est appelé parfois « faux safran » ou « safran bâtard ». Toutefois, la fleur du colchique a six étamines (l'organe mâle de la fleur), là où celle du crocus en a seulement trois. En outre, la floraison de la plupart des colchiques se fait à l'automne ou en hiver, avant la sortie des feuilles, alors que celle du crocus se fait plutôt au printemps, après l'apparition des feuilles.


Quelle que soit l'espèce, le colchique est une plante très toxique, aussi bien pour les humains que pour les chiens. Il est d'ailleurs couramment surnommé « tue-chien » : c'est dire si sa toxicité pour le meilleur ami de l'Homme fait l'unanimité. Il n'en va pas de même du crocus, qui lui ne présente aucun danger pour la consommation.

Pourquoi le colchique est-il toxique pour un chien ?

Si le colchique est aussi toxique pour les chiens et les autres animaux, c'est notamment en raison de sa teneur en colchicine, un alcaloïde très puissant présent aussi bien dans ses fleurs, ses graines, ses feuilles ou encore ses bulbes. Cette molécule possède la propriété de bloquer la division de la cellule sur laquelle elle se fixe, puis d'entraîner sa mort.

 

Lorsqu'elle est ingérée, la colchicine attaque différentes cellules de l'organisme, notamment les cellules digestives et nerveuses. Il en résulte des dysfonctionnements digestifs mais aussi et surtout neurologiques susceptibles d'être fatals - notamment par paralysie respiratoire dans les heures à jours suivant l'ingestion.

 

Il est à noter toutefois que la colchicine est également utilisée pour confectionner des traitements pour humains, notamment contre la goutte. Cela signifie donc que de tels médicaments sont eux aussi toxiques pour les chiens si jamais ces derniers en avalent accidentellement.

 

Dangerosité

Très toxique

La dose toxique du colchique pour le chien

La dose toxique du colchique pour les chiens n'est pas connue avec exactitude.

 

Pour ce qui est de la dose létale en revanche, elle semble se situer entre 0,5 et 0,8 mg / kilo de masse corporelle. Cela signifie qu'un chien de 20 kg peut mourir avec seulement 10 à 16 mg de colchicine - c'est-à-dire très peu. Certains individus fragiles ou sensibles à la colchicine peuvent même décéder avec une dose d'à peine 0,13 mg / kilo de masse corporelle : il s'agit de la plus petite dose létale présente dans la littérature à ce jour.

 

La quantité de colchicine dans un colchique n'est pas connue avec précision, car elle dépend notamment de l'espèce. Il est toutefois couramment admis que pour le colchique d'automne (l'une des espèces les plus connues et répandues), 50-60 grammes de feuilles ou 5 grammes de graines peuvent tuer un chien de 20 kilos, car contenant environ 20 mg de colchicine.

 

La colchicine est d'autant plus dangereuse qu'en plus d'être très toxique même à faible dose, elle reste longtemps dans l'organisme. Ainsi, il faut au moins une dizaine de jours pour que le corps élimine l'intégralité du poison, dans le cas bien sûr où le décès ne survient pas avant.

Les symptômes d'intoxication au colchique chez le chien

L'intoxication par le colchique a fait l'objet de diverses études, notamment chez le chien. On peut citer par exemple l'étude intitulée « Accidental colchicine poisoning in a dog » et publiée en 2004 dans le Canadian Veterinary Journal : elle s'est intéressée aux symptômes que présentait une jeune femelle Caniche de 14 mois après avoir mangé du colchique.

 

En cas d'intoxication, les symptômes apparaissent en moyenne dans les deux heures qui suivent l'ingestion. Ils peuvent toutefois aussi apparaître bien plus tard, jusqu'à un ou deux jours après l'ingestion, notamment si l'intoxication se fait par prise de toutes petites quantités en plusieurs fois.

 

Les premiers symptômes sont généralement d'ordre digestif : on constate notamment des diarrhées, des vomissements, une salivation excessive et/ou des douleurs abdominales. Ce sont globalement les mêmes qu'on retrouve pour toutes les intoxications. Les diarrhées et vomissements peuvent entraîner une déshydratation s'ils se prolongent plusieurs jours.

 

Dans un deuxième temps, des symptômes neurologiques font leur apparition, lorsque la colchicine s'attaque aux cellules du cerveau. On constate notamment un affaiblissement, des tremblements, un défaut de thermorégulation, des troubles du rythme cardiaque, des convulsions, une paralysie pouvant s'étendre aux muscles respiratoires et causer un décès.

Que faire si mon chien a mangé du colchique ?

Compte tenu de sa grande toxicité, il ne faut pas perdre une minute pour contacter un vétérinaire ou un centre antipoison pour animaux si jamais l'on voit son chien manger du colchique ou si on le soupçonne d'en avoir ingéré. Ce sont en effet les mieux placés pour indiquer la démarche à suivre.

 

Malheureusement, il n'existe à ce jour aucun antidote contre le poison contenu dans le colchique, aussi bien pour le chien que pour l'humain. Le traitement mis en place vise donc à :

  • limiter l'absorption si l'ingestion est récente, en le faisant vomir ou en utilisant du charbon actif ;
  • soulager les symptômes et soutenir l'organisme en attendant que ce dernier élimine le poison - ce qui prend généralement une dizaine de jours.

 

Toutefois, il faut savoir que le pronostic est sombre même en cas de prise en charge rapide. Le mieux est donc de ne surtout pas planter de colchiques chez soi si jamais l'on possède un chien, et de ne jamais laisser ce dernier s'approcher de ces plantes toxiques lors des promenades et des sorties.

Mise en garde

Les propos et conseils formulés ici ne remplacent pas l'expertise d'un professionnel, d'autant que chaque chien est unique. En cas de besoin ou de doute, il convient donc de se tourner vers un vétérinaire.

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : La liste des plantes toxiques
  2. Page 2 : L’acacia
  3. Page 3 : L'agave
  4. Page 4 : L’aglaonema
  5. Page 5 : L'aloe vera
  6. Page 6 : L’aloès
  7. Page 7 : L’allamanda
  8. Page 8 : L’amaryllis
  9. Page 9 : L’anthurium
  10. Page 10 : L'arum
  11. Page 11 : L’azalée
  12. Page 12 : Le bégonia
  13. Page 13 : Le brunfelsia
  14. Page 14 : Le buis
  15. Page 15 : Le cactus
  16. Page 16 : Le chèvrefeuille
  17. Page 17 : Le chrysanthème
  18. Page 18 : La citronnelle
  19. Page 19 : La clématite
  20. Page 20 : Le colchique
  21. Page 21 : Le coquelicot
  22. Page 22 : Le croton
  23. Page 23 : Le cycas
  24. Page 24 : Le cyclamen
  25. Page 25 : Le cyprès
  26. Page 26 : Le dahlia
  27. Page 27 : Le datura
  28. Page 28 : Le dieffenbachia
  29. Page 29 : La digitale
  30. Page 30 : La dracaena
  31. Page 31 : L'eucalyptus
  32. Page 32 : L'euphorbe
  33. Page 33 : Le ficus
  34. Page 34 : Le fragon
  35. Page 35 : Le géranium
  36. Page 36 : Le gloriosa
  37. Page 37 : La glycine
  38. Page 38 : Le gui
  39. Page 39 : L'herbe à chat (cataire)
  40. Page 40 : L'hortensia
  41. Page 41 : Le houx
  42. Page 42 : L'if
  43. Page 43 : L'iris
  44. Page 44 : La jacinthe
  45. Page 45 : Le jasmin étoilé
  46. Page 46 : La jonquille
  47. Page 47 : Le laurier
  48. Page 48 : Le laurier-cerise
  49. Page 49 : Le laurier-rose
  50. Page 50 : Le laurier-sauce
  51. Page 51 : La lavande
  52. Page 52 : Le lierre
  53. Page 53 : Le lilas
  54. Page 54 : Le lupin
  55. Page 55 : Le lys
  56. Page 56 : Le muguet
  57. Page 57 : Le narcisse
  58. Page 58 : L'oiseau de paradis
  59. Page 59 : L'oxalis
  60. Page 60 : La passiflore
  61. Page 61 : Le pavot
  62. Page 62 : Le philodendron
  63. Page 63 : Le poinsettia
  64. Page 64 : La primevère
  65. Page 65 : La renoncule
  66. Page 66 : Le rhododendron
  67. Page 67 : Le ricin
  68. Page 68 : Le spathiphyllum
  69. Page 69 : Le schefflera
  70. Page 70 : Le thuya
  71. Page 71 : La tulipe
  72. Page 72 : Le yucca