Mon chien est en surpoids voire obèse : que faire ?

Un chien Carlin en surpoids dans un jardin

L'obésité est un fléau bien trop présent chez les humains : en France par exemple, elle toucherait environ 15% de la population, ce qui est colossal.


Ce que l'on sait moins en revanche, c'est qu'il en va de même des animaux de compagnie, notamment des chiens. Après tout, si le surpoids est rare dans la nature, il est au contraire assez courant chez les animaux domestiques, pour toutes sortes de raisons. Or, les conséquences sur la santé sont tout aussi délétères que chez l'humain.


Qu'est-ce que l'obésité ? Pourquoi un chien peut-il devenir obèse, et comment savoir s'il est trop gros ? Quelle alimentation lui donner ? Voici quelques pistes pour remédier à ce problème.

Qu'est-ce que l'obésité ?

Un chien obèse allongé dans l'herbe

L'obésité est une maladie grave qui correspond à une accumulation excessive de graisse dans l'organisme. Chez le chien, elle se caractérise par un écart positif d'au moins 20% par rapport à son poids idéal. Dans le cas où cet écart n'est que de 10 à 20%, on parle plutôt de surpoids.

 

Il s'agit d'un des désordres nutritionnels les plus fréquents chez les animaux de compagnie, et les chiens n'échappent pas à la règle : entre 30 et 40 % des chiens seraient en surpoids, et 5 à 10% d'entre eux seraient obèses, d'après diverses études. La faute revient le plus souvent à un mode de vie de plus en plus sédentaire ainsi qu'à une alimentation industrielle pas toujours appropriée à leurs besoins et leur condition.

 

L'obésité ne s'installe jamais du jour au lendemain. Il s'agit d'un processus long, en deux phases successives :

  • la phase dynamique : elle correspond à une prise de poids progressive sur plusieurs mois, voire plusieurs années ;
  • la phase statique : au-delà d'un certain seuil, le chien ne grossit plus et son poids se stabilise. Son appétit peut même diminuer, car du fait de son état, il se déplace beaucoup moins et a donc des besoins nutritionnels moindres. Cette baisse d'appétit ne conduit toutefois pas à une perte de poids.

Pourquoi mon chien est-il obèse ?

L'obésité est presque toujours liée à un problème d'alimentation et/ou un manque d'activité physique, en tout cas chez le chien. Il ne s'agit toutefois pas des seules causes possibles.

Une alimentation trop riche

Un chien réclame à manger à table

Le plus souvent, un chien devient obèse en raison d'une alimentation trop riche en lipides et en glucides par rapport à ses besoins nutritionnels.

 

En effet, l'organisme se constitue des stocks de graisses à partir des lipides et des glucides en excès, pour pouvoir ensuite les utiliser à loisir comme source d'énergie lors d'un effort physique. Or, s'ils ne sont pas utilisés, ces stocks de graisses s'accumulent : il en résulte un surpoids, voire de l'obésité à long terme.

 

Le plus souvent, cette situation se produit dans les cas suivants :

  • si son alimentation est trop riche en lipides et/ou en glucides ;
  • s'il reçoit une trop grande quantité de nourriture par rapport à ce dont il a besoin ;
  • s'il a tendance à grignoter, en particulier s'il s'agit de friandises ou d'autres aliments riches ;
  • si on lui donne des restes, car la nourriture pour humain est plus grasse et sucrée que la nourriture pour animaux.

 

Bien entendu, l'obésité s'installe sur le long terme : faire un écart de temps à autre ne cause normalement pas de surpoids, sauf cas particuliers. C'est seulement si les mauvaises habitudes sont ancrées que le risque existe.

Un manque d'activité physique

Un Labrador noir obèse dans un parc

Une autre cause fréquente d'obésité, aussi bien chez le chien que chez l'humain, est la sédentarité, c'est-à-dire le fait de ne pas faire suffisamment d'exercice. En effet, un effort physique contribue à réduire les stocks de graisse : avoir une alimentation très calorique n'est pas forcément gênant si le niveau d'exercice est en adéquation.

 

En général, le manque d'exercice est dû au fait que les promenades qu'on lui fait faire sont trop courtes et/ou trop peu nombreuses. En plus de cela, il est courant que le chien ne pratique pas ou peu d'activités énergivores, comme courir, creuser des trous, nager... qui permettent de brûler beaucoup de calories d'un coup.

 

Il s'agit d'un cercle vicieux, car plus il grossit, plus il se fatigue vite lors des promenades et des exercices, donc moins il est actif et moins il brûle de graisses, ce qui aggrave son surpoids.

Les autres causes possibles

Un chiot Teckel obèse attend devant sa gamelle

Si l'alimentation et le manque d'exercice sont les principales causes de l'obésité, ce ne sont pas les seules.

 

On peut citer également :

 

  • une maladie hormonale comme l'hypothyroïdie ou le syndrome de Cushing : elle peut provoquer une prise de poids excessive, alors même que le chien est aussi actif que d'habitude et ne mange pas davantage ;

  • certains médicaments comme les corticoïdes ou les antiépileptiques, car ils ont parfois pour effet d'augmenter l'appétit ou de favoriser le stockage des graisses dans l'organisme ;

  • la stérilisation, car elle tend à la fois à réduire l'activité physique et à faciliter le stockage des graisses ;

  • des prédispositions génétiques, qui expliquent par exemple que certaines lignées sont naturellement prédisposées au surpoids et à l'obésité.

Les chiens prédisposés à l'obésité

Un Teckel en surpoids sur la plage avec une balle

Tous peuvent être touchés, mais certains chiens sont tout de même prédisposés à l'obésité.

 

C'est le cas notamment :

  • des chiens âgés, car leur organisme stocke davantage les graisses ;
  • des chiens stérilisés, car ils sont moins actifs et stockent davantage les graisses ;
  • des femelles, davantage sujettes à la prise de poids que les mâles ;
  • de certaines races qui sont prédisposées à l'obésité, pour des raisons métaboliques. Ainsi, les origines du Husky font que les pénuries alimentaires ont souvent été son lot quotidien : de ce fait, son organisme constitue davantage de réserves. Le Cocker, le Labrador et le Teckel sont quelques autres exemples.

 

Cela ne signifie pas que de tels chiens deviennent forcément obèses, ni que ce sont les seuls qui sont concernés. Simplement, comme ils sont plus à risques que les autres, leur poids doit être surveillé d'encore plus près.

Le danger de l'obésité pour un chien

Un chien trop gros allongé dans la rue

Si l'embonpoint est souvent pris (à tort) à la légère, l'obésité est quant à elle une véritable maladie, aux conséquences potentiellement graves à long terme.

 

Il faut dire qu'elle favorise l'apparition de moult problèmes, parmi lesquels :

  • des problèmes articulaires comme l'arthrose ou la rupture des ligaments croisés, en raison de l'effort accru qu'elle implique sur les os et articulations ;
  • une fatigue du coeur, qui se traduit entre autres par une hypertension, voire une insuffisance cardiaque à plus long terme ;
  • des dérèglements hormonaux, comme le diabète ou l'insuffisance hépatique ;
  • des infections cutanées, notamment au niveau des plis de la peau et des bourrelets ;
  • une dégradation de l'état général, comme une fatigue importante et un essoufflement plus rapide ;
  • une diminution de l'immunité, qui favorise de nouvelles infections et aggrave les maladies existantes ;
  • un risque accru de complications en cas d'anesthésie générale.

 

Tout ceci explique que l'obésité cause une diminution de l'espérance de vie : on estime qu'un chien obèse vit en moyenne environ 2,5 ans de moins qu'un congénère en bonne santé, si l'on en croit l'étude « Association between life span and body condition in neutered client-owned dogs » publiée en 2018 dans le Journal of Veterinary Internal Medicine.

 

Naturellement, plus l'obésité est marquée et durable, plus les dangers sont augmentés.

Comment savoir si un chien est obèse ?

Une femme en train de prendre les mensurations d'un Corgi

Savoir si son chien est en surpoids ou obèse n'est pas forcément aussi simple que ce que l'on pourrait penser.

 

En effet, même s'il existe des valeurs de référence qui donnent une idée de ce que doivent être ses mensurations « normales », un poids doit être ramené à la morphologie du chien : après tout, certains comme les lévriers sont naturellement fins, tandis que d'autres comme les bouledogues sont habituellement costauds sans être en surpoids.

 

Par conséquent, il faut non seulement peser son chien, mais aussi évaluer sa corpulence globale.

 

Par ailleurs, d'autres signes peuvent aider au diagnostic : par exemple, s'il est obèse, il a des chances d'avoir des difficultés à se déplacer, de haler fréquemment et de s'essouffler au moindre effort.

Peser son chien

Un chien en surpoids sur une balance

La méthode la plus simple pour savoir si un chien est en surpoids consiste à le peser.

 

Pour peser un chien de petite taille, il suffit de se peser seul, puis se peser en le tenant dans ses bras, et enfin faire la différence entre les deux. C'est une méthode plutôt simple par exemple pour connaître le poids d'un Bouledogue Français.

 

En revanche, si le chien est plus grand et qu'on peut difficilement le prendre dans ses bras, il est préférable de le faire peser lors d'une visite de routine chez le vétérinaire. Certains cabinets laissent même des balances en libre-service dans les salles d'attente, ce qui peut être pratique si l'on souhaite le peser fréquemment - notamment s'il s'agit d'un individu à risque.

 

Une fois que l'on connaît son poids, il ne reste plus qu'à comparer cette valeur au poids idéal du chien : il est en surpoids si l'écart est supérieur à 10%, et obèse s'il est supérieur à 20%. Le poids idéal est généralement indiqué dans le standard de la race ; si ce n'est pas le cas, le mieux est de contacter le club de race correspondant, ou un vétérinaire.

Evaluer la corpulence de son chien

Un vétérinaire évalue la corpulence d'un Carlin

Pour savoir si un chien est trop gros, savoir combien il pèse ne suffit pas forcément, car un poids n'a pas toujours de sens s'il est considéré dans l'absolu.

 

Il est donc important d'évaluer également sa corpulence générale :

 

  • si son poids est correct, on doit pouvoir sentir facilement ses côtes, sa colonne vertébrale, ses hanches, les os des épaules et la base de sa queue à travers une fine couche de gras. S'il faut appuyer fort pour les percevoir, il est probable que le chien soit en surpoids. Si, même en insistant, ses os ne sont pas palpables, il y a de grandes chances qu'il soit obèse ;

 

  • si le chien est debout, son ventre doit être tendu, le pli abdominal doit être bien visible, et aucune couche de graisse ne doit pendre. De plus, lorsqu'on le regarde d'au-dessus, il faut pouvoir distinguer facilement sa taille de sa poitrine grâce à un creux situé au niveau des flancs : si ce creux n'est pas visible et que l'animal possède des poignets d'amour, c'est qu'il est probablement en surpoids, voire obèse.

 

Naturellement, il s'agit là de conseils généraux, qui valent pour une majorité de chiens mais pas forcément pour tous. Par exemple, le Jämthund a naturellement une bonne couche de graisse sous sa peau, sans que ce soit un signe de surpoids. À l'inverse, le Whippet et le Greyhound ne sont pas supposés avoir une couche de gras même fine sur les os. Il ne peut donc être question de se fier uniquement à la corpulence pour détecter un surpoids, mais aussi au poids.

Que faire si mon chien est obèse ?

Si jamais on a un chien en fort surpoids voire obèse, il ne peut être question de le laisser en l'état : non seulement il est peu probable que les choses s'améliorent d'elles-mêmes, mais en plus il existe à terme un risque pour sa santé. Or, plus on tarde à réagir, plus les efforts à réaliser pour le ramener à un poids normal sont importants.

 

La première chose à faire avec un chien obèse est de se rendre chez un vétérinaire, afin de déterminer de manière fiable la cause de l'embonpoint, et donc mettre en place une méthode adaptée. Le plus souvent, cela passe par une modification du régime alimentaire et une augmentation de l'activité physique. Des médicaments peuvent également être utiles.

Quelle alimentation pour un chien obèse ?

Le plus souvent, l'obésité est la conséquence entre autres d'un déséquilibre sur le plan alimentaire. Il faut donc rééquilibrer le régime du chien : cela passe par exemple par le fait de réduire les quantités qu'on lui donne, opter pour des aliments moins riches, limiter le grignotage...

 

Cela étant, il est important de procéder à ces changements en douceur. En effet, si on réduit trop drastiquement la quantité de calories qu'on lui donne, il risque alors fortement d'avoir faim en permanence, et donc de développer des troubles alimentaires : une gloutonnerie, une boulimie, un pica...

Les aliments pour chien en surpoids ou obèse

Les aliments pour chien en surpoids ou obèse

L'alimentation d'un chien en surpoids ou obèse doit être allégée en calories, en lipides et/ou en glucides. Pour cela, le mieux est d'opter pour des aliments light.

 

Un régime light a pour objectif de favoriser l'élimination des graisses en excès dans l'organisme, en limitant les apports de calories. Ainsi, il couvre en moyenne seulement 60 à 80% des besoins énergétiques du chien tels qu'ils seraient mesurés si ce dernier était à son poids optimal. De plus, la proportion de matières grasses est diminuée pour représenter généralement moins de 15% de sa ration, tandis qu'à l'inverse celle de fibres non digestes est augmentée pour atteindre autour de 10% (là où elle se situe plutôt autour de 5% en temps normal). De tels aliments industriels allégés sont disponibles en grandes surfaces, dans des magasins spécialisés et sur internet. À titre d'exemple, le prix des croquettes light est généralement compris entre 5 et 8 euros / kg.

 

Il faut toutefois savoir que la limitation des calories implique généralement une inévitable diminution des apports en protéines, vitamines et minéraux. Il faut donc veiller à ce que la mise en place d'un régime drastique ne se traduise pas par l'apparition de carences du chien en vitamines ou en nutriments. Selon les cas, une complémentation alimentaire peut être nécessaire afin d'éviter tout déséquilibre nutritionnel.

 

Quoi qu'il en soit, pour introduire une alimentation permettant de le faire maigrir, une transition alimentaire, c'est-à-dire une modification progressive de la nourriture du chien, est nécessaire afin d'éviter l'apparition de problèmes gastriques (diarrhées et vomissements, principalement).

 

Un tel régime prend souvent plusieurs mois pour montrer des résultats : il faut donc savoir se montrer patient. Toutefois, comme chez l'humain, les pertes de poids lentes donnent globalement de meilleurs résultats à long terme.

Supprimer les mauvaises habitudes alimentaires

Supprimer les mauvaises habitudes alimentaires

Comme chez l'être humain, certaines mauvaises habitudes alimentaires contribuent à la prise de poids et diminuent drastiquement l'efficacité d'autres mesures prises par ailleurs. Il importe donc de les bannir au plus tôt.

 

En premier lieu, les friandises doivent rester exceptionnelles : pas question donc de lui en donner tous les jours, à chaque fois qu'il se conduit bien. Il existe d'autres moyens de le récompenser sans lui faire prendre de risques inutiles pour sa santé : des caresses, des encouragements (« C'est bien », « Bravo »...), un jouet qu'il affectionne, etc. Sachant qu'elles peuvent indéniablement être d'une grande utilité, en particulier face à un animal pas forcément très obéissant, elles peuvent tout de même continuer à être données occasionnellement, à condition qu'il s'agisse de produits allégés et que les apports caloriques correspondants soient déduits de sa ration journalière. Dans le cas contraire, mieux vaut les bannir totalement, car elles lui causeraient plus de mal que de bien.

 

De plus, il est essentiel de ne jamais lui donner de restes de table, car les aliments consommés par les humains ne lui sont pas adaptés. En effet, en plus du risque d'intoxication alimentaire, ils sont généralement beaucoup trop gras ou trop sucrés pour lui. Il est donc préférable de s'abstenir de lui en donner, d'apprendre son chien à ne pas quémander à table, et d'éviter qu'il ne cherche à se substituer au lave-vaisselle une fois le repas achevé. En outre, il faut s'assurer qu'il ne puisse pas aller se servir en nourriture, qu'elle se trouve dans des placards ou dans le frigidaire.

 

Enfin, comme chez les humains, le grignotage est souvent synonyme de prise de poids : il faut donc éviter que le chien se nourrisse en dehors des repas.

Augmenter la sensation de satiété

Augmenter la sensation de satiété

Lorsqu'on souhaite faire perdre des kilos à son chien pour l'aider à retrouver son poids idéal, on peut être tenté de simplement diminuer ses rations habituelles.

 

Or, cette méthode est à proscrire, car pour que le régime soit efficace, il est impératif que l'animal éprouve un sentiment de satiété. S'il a faim en permanence, il risque de passer ses journées à quémander à manger, renifler le sol à la recherche de la moindre miette qui traîne, se mettre à voler de la nourriture, manger tout ce qui lui passe sous la dent (y compris un aliment ou une plante toxique...), se jeter sur sa gamelle et avaler sa pitance en un temps record... Il peut même finir par fuguer ou adopter une attitude agressive, y compris envers sa famille.

 

Heureusement, il existe des solutions pour augmenter le sentiment de satiété tout en diminuant les apport énergétiques de son alimentation. Par exemple, un chien nourri avec des pâtées ou des sachets fraîcheur se sent plus facilement repu, car à calories égales, ces aliments contiennent de grandes quantités d'eau et sont plus volumineux que les croquettes.

 

Les produits riches en fibres sont également les alliés minceur des chiens trop gros, car en plus de limiter l'absorption des graisses, ils entraînent un sentiment de satiété précoce. Ils jouent donc sur les deux tableaux : non seulement ils réduisent les apports caloriques, mais en plus ils font en sorte que l'animal ait moins faim. Il faut toutefois faire attention à ce que la quantité de fibres ne soit pas trop importante : l'appareil digestif du chien étant conçu avant tout pour digérer de la viande, une consommation excessive de végétaux peut entraîner des problèmes gastriques, tels que des diarrhées.

 

Enfin, s'il chien est généralement nourri une à deux fois par jour, il est possible de fractionner sa ration quotidienne en trois repas journaliers, pour que le sentiment de faim dure moins longtemps : après tout, il est d'autant moins enclin à réclamer du rab dans la journée qu'il sait qu'un autre repas l'attend plus tard.

Faire faire de l'exercice à un chien en surpoids

Faire faire de l'exercice à un chien en surpoids

En parallèle de mettre son chien à la diète, il peut être utile de lui faire faire de l'exercice pour favoriser sa perte de poids, maintenir son tonus musculaire, et contribuer à son bien-être et son équilibre émotionnel.

 

Il convient toutefois d'être prudent, car plus un chien est en surpoids, plus il a du mal à se déplacer et plus il se fatigue rapidement. Il n'est donc pas question de lui faire faire d'emblée des exercices intenses ou de longues sorties : cela risquerait d'abîmer ses os et ses articulations, mais également de fatiguer son coeur et ses poumons. Une attention particulière doit être portée aux chiens au nez plat : du fait de leur système respiratoire atrophié, ils peuvent facilement se retrouver en situation de détresse respiratoire, et le risque est grandement accru lorsqu'ils sont en surpoids ou obèses.

 

Il est donc important de remettre son chien à l'exercice, mais il est essentiel de le faire en suivant à la lettre les conseils d'un vétérinaire. Celui-ci conseille généralement de commencer par des séances courtes et peu intenses, comme des promenades ou des jeux dans une bassine d'eau peu profonde, et d'y mettre fin rapidement si l'animal semble à la peine. La durée et l'intensité des sessions peuvent être augmentées très progressivement au fur et à mesure, lorsque la perte de poids commence à être notable. Le suivi par un vétérinaire n'en demeure pas moins indispensable, afin de savoir où bien placer le curseur. En outre, le professionnel peut apporter un éclairage intéressant concernant d'éventuels accessoires pour animaux dans lesquels il serait judicieux d'investir pour aider son chien de se dépenser.

Les médicaments pour chien obèse

Les médicaments pour chien obèse

Il existe des médicaments pour faire perdre du poids à son chien. Leur principe actif entraîne une nette diminution de l'absorption des lipides alimentaires, ainsi qu'une baisse de l'appétit de l'animal.

 

Ces traitements peuvent être mis en place si les autres solutions (changement d'alimentation et reprise de l'exercice physique) ne donnent pas de résultats probants.  Le mieux est de demander conseil à un vétérinaire.

Prévenir l'obésité chez le chien

Le surpoids ne tombe pas du ciel : il s'agit d'un processus qui s'étale dans le temps, et qui, le plus souvent, est le fait d'habitudes alimentaires en inadéquation avec ses dépenses quotidiennes. Il est donc tout à fait possible de prévenir l'obésité du chien en étant vigilant sur certains points.

Adapter l'alimentation aux besoins énergétiques du chien

Adapter l'alimentation aux besoins énergétiques du chien

L'un des points cruciaux pour bien nourrir son chien est d'opter pour une alimentation de qualité correspondant à son niveau d'activité. Il est inutile par exemple de fournir à un individu peu actif une alimentation très riche : il ne ferait que stocker sous forme de graisse ce qu'il n'aurait pas réussi à dépenser. Un animal qui ne se dépense pas beaucoup gagne plutôt à être nourri avec des aliments de type « light », spécialement conçus pour ceux qui ne font pas beaucoup d’exercice. Il faut simplement faire attention à ce que ces aliments couvrent bien tous ses besoins en vitamines et en nutriments, pour éviter l'apparition de carences nutritionnelles.

 

Par ailleurs, mieux vaut limiter le recours aux friandises, ou au moins éviter qu'elles ne contiennent trop de sucre et de graisses. Si le maître ne souhaite pas y renoncer complètement, tant il est vrai qu'elles peuvent être utiles pour parvenir à ses fins (en particulier afin de l'éduquer), mieux vaut utiliser des produits allégés. Dans tous les cas, l'apport calorique qu'elles représentent doit être déduit de la ration quotidienne de l'animal.

 

Enfin, l'alimentation ad libitum n'est clairement pas recommandée pour un chien, car ce dernier n'est pas capable de s'autoréguler aussi bien qu'un chat, par exemple. Au contraire, il est recommandé de peser rigoureusement la quantité d’aliments qui lui est donnée chaque jour et de ne pas faire d'écart, quitte à diviser la ration en davantage de repas pour augmenter la sensation de satiété.

Maintenir un niveau d'activité suffisant

Une femme et son Labrador jouent dans la neige

Comme chez l'Homme, il ne faut pas négliger l’exercice comme moyen de prévenir l'obésité du chien de manière active. De fait, même une alimentation riche n'est pas problématique si l'animal se dépense en conséquence.

 

La durée d'exercice journalier qu'un chien doit effectuer pour éviter de développer de l'embonpoint et rester bien dans son corps comme dans sa tête varie fortement d'un individu à l'autre, mais dépend avant tout de sa race. Là où un Berger Australien Miniature, un Chien Nu du Pérou ou un Coton de Tuléar n'a pas besoin de plus que 30 à 45 minutes de marche par jour, un Chien du Groënland, un Foxhound Anglais ou un Lévrier Afghan ne saurait clairement s'en contenter. Au demeurant, les races très sportives sont généralement les moins prédisposées à l'obésité, mais cela suppose que leur besoin d'exercice soit satisfait. Dans le cas contraire, la situation peut très vite déraper... Il revient donc au maître d'adapter la durée et la fréquence des activités en fonction des besoins de son animal, de façon à n'en faire ni trop, ni trop peu.

 

Quoi qu'il en soit, s'il est compliqué pour lui de trouver suffisamment de temps pour promener son chien très souvent, il peut remplacer la marche par d'autres types d'exercices, dont certains peuvent d'ailleurs être effectués dans le jardin : jeux sportifs (frisbee, lancer de balle...), baignade, sports canins (agility, flyball, mais aussi bien sûr canicross,  cani-vtt, etc.). Dans la mesure où ces activités brûlent davantage de calories que la marche, les séances peuvent être plus courtes - et donc moins chronophages pour le maître - pour une dépense énergétique équivalente. Elles n'en demeurent pas moins de bonnes occasions de renforcer la complicité entre les deux partenaires, et l'animal apprécie généralement que les activités effectuées avec son propriétaire ne se cantonnent pas à de simples promenades. Il peut toutefois être utile de demander confirmation au vétérinaire qu'elles sont effectivement adaptées pour le chien.

 

Une autre habitude qu'il peut être utile de prendre, surtout pour un maître assez peu disponible, est d'emmener son compagnon avec soi lors de certaines sorties du quotidien - par exemple pour aller faire des courses. Cela revient à faire d'une pierre deux coups, puisque c'est l'occasion pour l'animal de se dépenser.

 

Dans tous les cas, pour éviter toute prise de poids, il est important de maintenir un minimum d'activité par jour, quelles que soient les circonstances. La période hivernale ou les jours de mauvais temps en général ne peuvent donc pas justifier des journées entières passées étalé sur le canapé, quand bien même le maître doit alors se faire un peu violence pour sortir son compagnon.

 

S'il fait froid, mais que les températures ne sont pas non plus glaciales, il existe des méthodes efficaces pour protéger son chien contre le froid en hiver et donc pouvoir continuer à le sortir malgré tout.

 

Si vraiment la météo est trop mauvaise, ou si l'état du chien ne permet pas de faire des exercices intenses (par exemple s'il est âgé ou s'il souffre d'arthrose), les jeux de recherche, d'obéissance et de réflexion peuvent représenter une alternative intéressante : en plus de stimuler intellectuellement le chien et d'être facilement réalisables en intérieur, ils lui permettent d'éliminer des calories sans le fatiguer physiquement.

 

Surveiller le poids d'un chien à risque

Un chien obèse couché sur le sol

Pour déceler rapidement tout écart, un chien à risque doit être pesé régulièrement : dans l'idéal une fois par semaine, et au minimum une fois par mois. Le mieux est de consigner les résultats dans son carnet de santé, pour suivre facilement l'évolution.

 

Naturellement, un petit écart ne doit pas affoler : le poids peut être un peu plus élevé que la normale de manière passagère, sans que cela soit problématique. Par exemple, il est courant d'observer une petite prise de poids en hiver, notamment parce qu'on a tendance à se montrer moins actif. Toutefois, si l'écart se confirme voire s'accentue mois après mois, il est essentiel de consulter un vétérinaire pour identifier la cause du problème et y remédier.

 

La stérilisation est une autre période critique, car le déséquilibre hormonal qui s'ensuit provoque une augmentation de l'appétit, alors qu'en parallèle l'animal est moins actif. Dans le cas d'une race prédisposée à l'obésité, il est généralement conseillé de diminuer d'emblée de 20 à 30% les apports énergétiques juste après l'opération, car à défaut le poids peut augmenter dès la semaine qui suit. Dans tous les cas, après une telle intervention, il est nécessaire de peser son chien semaine après semaine afin de déterminer si un ajustement de la ration quotidienne est nécessaire.

 

Enfin, il faut garder en tête qu'un chien peut être en surpoids voire obèse même pendant sa croissance, même si c'est plus rare car il est généralement assez actif. Il est donc important là encore de le peser souvent, pour s'assurer qu'il grandit sans trop s'écarter de sa courbe de poids idéal : s'il est trop gros ou à l'inverse trop maigre, il risque alors de développer des problèmes de santé potentiellement graves - a fortiori sur le plan articulaire.

Conclusion

L'obésité est une maladie qui peut avoir des conséquences graves. La recette pour l'éviter est finalement assez simple : une bonne alimentation, de l'exercice régulier, et un suivi rigoureux de son poids.

 

Si malgré ces précautions il se retrouve en surpoids ou obèse, l'aide d'un vétérinaire est indispensable afin d'en déterminer la cause et mettre en place une solution adaptée. Le plus souvent, le problème vient d'un déséquilibre entre l'apport calorique fourni par l'alimentation et la dépense énergétique de l'animal, et c'est donc au propriétaire d'agir. Des solutions existent alors, qui ne se limitent pas forcément à mettre son chien au régime.

 

Dans tous les cas, quels que soient les moyens employés pour faire maigrir son chien, l'essentiel est d'être attentif à son bien-être et de le faire bénéficier d'un suivi vétérinaire tout au long du processus. Ce dernier peut être plus ou moins long, mais le jeu en vaut la chandelle : le ramener à son poids idéal est un des meilleurs moyens de garder son chien en bonne santé. En outre, au-delà du gain de bien-être que cela lui procure, ce peut être aussi un investissement très rentable, en lui épargnant nombre de problèmes de santé que l'obésité peut causer ou aggraver.

Mise en garde

Les propos et conseils formulés ici ne remplacent pas l'expertise d'un professionnel, d'autant que chaque chien est unique. En cas de besoin ou de doute, il convient donc de se tourner vers un vétérinaire.
Par Aurélia A. - Dernière modification : 01/15/2026.

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