
Les chiens sont dans l'ensemble des animaux plutôt robustes, qui ne tombent pas facilement malades. Ils ont toutefois un appareil cardio-respiratoire fragile, qui peut se mettre à dysfonctionner pour toutes sortes de raisons.
L'oedème pulmonaire est une des affections respiratoires susceptibles de les toucher. Il représente presque toujours une urgence, et nécessite donc une prise en charge immédiate.
En quoi consiste-t-il exactement, et quelles en sont les causes possibles ? Comment se manifeste-t-il ? Quelle est l'espérance de vie d'un chien atteint par un oedème pulmonaire, et quel traitement peut-on mettre en place ?
Un oedème pulmonaire est une accumulation de liquide dans les poumons, plus exactement dans les alvéoles pulmonaires, ce qui entraîne des difficultés respiratoires plus ou moins marquées. On parle également parfois d'oedème aigu du poumon (OAP).
Il touche les humains ainsi que de nombreux animaux, dont les chiens. Chez ces derniers, il est le plus souvent une complication d'une maladie cardiaque, même s'il peut également avoir d'autres causes.
Quoi qu'il en soit, il doit être considéré comme une urgence vitale, car il a de grandes chances d'entraîner la mort à défaut d'intervention rapide.
L'oedème pulmonaire est toujours la conséquence d'un autre problème de santé. Le plus souvent, ce dernier est une insuffisance cardiaque, elle-même habituellement causée par une maladie cardiovasculaire. D'autres causes peuvent toutefois être à l'origine d'un oedème pulmonaire.
Chez un humain comme chez un chien, l'oedème pulmonaire est le plus souvent la conséquence d'une insuffisance cardiaque.
En effet, cette dernière se traduit par une augmentation du volume du coeur, si bien qu'il comprime alors les vaisseaux sanguins alentour. C'est cette pression qui risque de causer une fuite du sérum (le liquide constituant la « base » du sang) depuis les vaisseaux sanguins vers les alvéoles pulmonaires, c'est-à-dire les petites poches dans lesquelles s'effectuent normalement les échanges gazeux.
L'insuffisance cardiaque peut elle-même avoir des origines assez variées : une malformation comme la cardiomyopathie dilatée ou la maladie valvulaire mitrale, une endocardite, un trouble du rythme cardiaque, une dirofilariose (infestation par des vers du coeur), etc.
Un oedème pulmonaire peut avoir diverses causes autres qu'une insuffisance cardiaque, notamment :
Cela étant, lorsque l'oedème pulmonaire ne résulte pas d'une insuffisance cardiaque, la cause sous-jacente n'est pas toujours identifiable, sauf s'il survient après un évènement bien précis - par exemple dans le cas d'un chien mordu par un serpent ou qui a manqué de se noyer.
Comme un humain, un chien peut souffrir d'un oedème pulmonaire quels que soient son âge, sa race, son sexe et son mode de vie. Autrement dit, aucun individu n'est à l'abri.
On constate toutefois une prédisposition chez :
Naturellement, le risque est encore augmenté chez un sujet qui vérifie les deux conditions à la fois.
Les symptômes d'un oedème pulmonaire dépendent de la quantité de liquide présente dans les poumons : plus il y en a, plus ils sont nombreux, impressionnants et inquiétants.
Si elle demeure modeste, les principaux symptômes sont une toux répétée, une respiration plus rapide et plus difficile, des raclements de la gorge, un état de faiblesse voire de léthargie. L'animal peut également adopter une position anormale : la tête et le cou tendus, la gueule grande ouverte. Il essaye ce faisant de faciliter le passage de l'air vers ses poumons, afin de mieux respirer.
Dans les cas sévères, il a de grandes chances d'avoir des gencives bleutées ou de se mettre à cracher une sorte de mousse rosâtre : il s'agit du liquide qui est alors expulsé des poumons. Il risque également de perdre connaissance, voire de tomber dans le coma et mourir.
L'évolution de l'oedème pulmonaire est le plus souvent très rapide, même si elle dépend essentiellement de la cause sous-jacente : l'état du chien se dégrade habituellement en l'espace de seulement quelques jours.
Chez un humain comme chez un chien, l'oedème pulmonaire est le plus souvent un problème grave.
En effet, à défaut d'intervention rapide d'un vétérinaire dès l'apparition des premiers symptômes, l'espérance de vie du chien est généralement très courte : à peine quelques jours dans la plupart des cas. Cela s'explique par le fait qu'il ne faut habituellement pas plus longtemps pour que les poumons soient massivement inondés, et donc que la respiration devienne très difficile voire quasiment impossible.
Même si l'animal est pris en charge rapidement pour désengorger ses poumons, il n'est pas forcément tiré d'affaire pour autant : tout dépend de la cause sous-jacente.
En particulier, une insuffisance cardiaque avancée est rarement de bon augure : il n'a bien souvent plus que quelques mois à vivre, même avec la mise en place d'un traitement de soutien. La question de faire euthanasier son chien pour lui éviter de souffrir davantage est alors susceptible de se poser : le mieux est d'en parler avec le vétérinaire, pour savoir ce qu'il en pense.
En revanche, si l'oedème n'est pas le fait d'une insuffisance cardiaque (par exemple une morsure de serpent), le pronostic est généralement bien meilleur, et l'espérance de vie n'est pas forcément réduite. L'animal peut même réussir à se remettre totalement, sans séquelle particulière.
Un oedème pulmonaire risque souvent de rapidement dégénérer et entraîner le décès du chien en quelques jours à peine. Il est donc crucial de se tourner vers un vétérinaire le plus vite possible si on constate des symptômes pouvant y faire penser, a fortiori s'il souffre déjà d'une pathologie cardiaque.
Pour établir un diagnostic, le vétérinaire commence généralement par écouter les battements cardiaques à l'aide d'un stéthoscope : cela lui permet de détecter un éventuel souffle au coeur, c'est-à-dire un bruit anormal causé par une mauvaise circulation du sang au niveau du coeur. Dans les cas sévères, il peut même entendre alors des crépitements à la respiration : ils sont le fait de l'accumulation de liquide dans les alvéoles pulmonaires.
Dans un second temps, il réalise des examens plus approfondis, notamment une radiographie ou une échocardiographie : cela permet de mettre en évidence certaines anomalies, comme un coeur anormalement gros ou des lésions pulmonaires. C'est également d'une grande utilité pour tenter d'identifier la cause sous-jacente, en particulier si elle est de nature cardiovasculaire.
Dès lors qu'un chien souffre d'un oedème pulmonaire, un traitement doit être mis en place dans les plus brefs délais afin de dégager ses poumons et ainsi éviter une suffocation.
Les soins correspondants sont souvent coûteux, d'autant qu'une hospitalisation de plusieurs jours est généralement nécessaire pour l'aider à respirer et débarrasser ses poumons du liquide qui les encombre. Si on a pris soin de souscrire une assurance pour chien, les dépenses en question sont généralement prises en charge par cette dernière lorsque la cause sous-jacente est traumatique ou toxique, mais c'est rarement le cas lorsqu'elle est le fait d'une insuffisance cardiaque.
Dès lors qu'un chien souffre d'un oedème pulmonaire, le vétérinaire décide habituellement de l'hospitaliser pour le mettre sous oxygène, afin de l'aider à mieux respirer.
En parallèle, il lui administre des médicaments visant à faciliter l'évacuation du liquide présent dans les poumons, pour ramener la situation à l'état initial. Il s'agit le plus souvent de diurétiques.
Des calmants et/ou des anti-douleurs peuvent également être utilisés pour calmer l'animal et lui éviter de souffrir davantage - ou au moins réduire ses souffrances.
Cette première phase dure généralement de quelques heures à quelques jours : c'est la durée habituellement nécessaire pour que l'état d'un chien atteint d'un oedème pulmonaire s'améliore.
Après cela, une phase de repos strict s'impose, pour éviter de solliciter son coeur ainsi que ses poumons. Toute éventuelle réapparition de symptômes respiratoires doit alors conduire à immédiatement consulter à nouveau le vétérinaire, au cas où il s'agirait d'une rechute.
Dans un second temps, une fois que l'état du chien s'est amélioré puis s'est stabilisé, il convient de traiter la cause sous-jacente, en tout cas si c'est possible : cela permet de limiter le risque de rechute.
Le traitement dépend de sa nature. Ainsi, il s'agit généralement :
Dans le cas le plus courant, c'est-à-dire celui où l'oedème pulmonaire est le fait d'une insuffisance cardiaque, il est rarement possible de soigner cette dernière. Il existe toutefois des médicaments qui permettent au moins de stimuler le coeur afin de l'aider à mieux jouer son rôle. En parallèle, il est important d'éviter à l'animal tout effort physique important et de mettre en place un régime alimentaire strict (notamment pauvre en sel) pour éviter toute fatigue cardiaque supplémentaire.
Dans la mesure où l'oedème pulmonaire peut avoir un grand nombre de causes possibles, il est difficile de prévenir totalement son apparition. En revanche, quelques mesures de bon sens permettent indéniablement de réduire les risques.
Ainsi, il est utile en particulier de mettre l'accent sur la prévention des accidents. Cela passe notamment par le fait de :
En plus de cela, un suivi renforcé par un vétérinaire - voire un cardiologue animalier - est crucial s'il est prédisposé aux maladies cardiaques, voire s'il est effectivement atteint d'une pathologie cardiovasculaire. Cela permet de limiter les chances d'apparition d'une insuffisance cardiaque, et donc d'un oedème pulmonaire - a fortiori sévère.
De telles mesures ne permettent évidemment pas de réduire le risque à zéro, mais elles permettent tout de même de le réduire sensiblement.
Un oedème pulmonaire provoque des difficultés respiratoires souvent fatales en l'absence de prise en charge rapide. Il est donc crucial de se tourner sans attendre vers un vétérinaire dès lors qu'on soupçonne qu'un chien en souffre.
La prise en charge médicale se fait habituellement en trois étapes : une phase de stabilisation avec une mise sous oxygène, une phase de repos, et une phase de traitement de la cause sous-jacente notamment pour limiter le risque de rechute.
Cela dit, d'autres raisons qu'un oedème pulmonaire peuvent expliquer qu'un chien a du mal à respirer de manière soudaine : une fausse route, un objet ou un aliment coincé dans la trachée, une crise d'asthme, une infestation par des vers du poumon, un collapsus trachéal... Quel que soit le cas de figure, une prise en charge d'urgence est le plus souvent nécessaire pour éviter une issue fatale.






Mon chien TYSER (Dobermann) souffre d'une cardiomyopathie sévère avec un oedème pulmonaire. Il est depuis peu...