
Les chiens sont des animaux plutôt rustiques et robustes, mais ils sont tout de même sujets à toutes sortes de problèmes de santé.
En particulier, ils peuvent être touchés par un grand nombre de maladies respiratoires. Celles-ci restent souvent bénignes et passagères, mais certaines peuvent s'avérer bien plus sérieuses. C'est notamment le cas du collapsus trachéal, une pathologie certes rare, mais souvent dangereuse voire mortelle - a fortiori lorsqu'elle n'est pas traitée.
À quoi est-il dû, et certaines races y sont-elles prédisposées ? Quels en sont les principaux symptômes, et comment évolue-t-il ? Quel traitement peut-on mettre en place pour le soigner, ou au moins l'atténuer ? Peut-on le prévenir ?
La trachée désigne la portion des voies respiratoires qui relie le larynx et les bronches. Elle prend la forme d'un tube qui traverse le cou et la partie supérieure du thorax.
Comme son nom l'indique, le collapsus trachéal (ou collapsus de la trachée) est une affection respiratoire caractérisée par l'aplatissement des anneaux de la trachée, ce qui conduit à une diminution du diamètre de cette dernière.
Il s'agit d'une maladie chronique, c'est-à-dire qui tend à s'aggraver avec le temps. En effet, l'aplatissement progressif de la trachée conduit à des difficultés respiratoires de plus en plus importantes : à long terme et en l'absence d'intervention médicale, elle entraîne souvent une détresse respiratoire, voire le décès.
Le collapsus trachéal a été décrit chez diverses espèces domestiques - notamment le cheval, le porc, la vache, la chèvre, le chat et le chien. À ce jour, ce dernier semble être le plus touché, mais cette pathologie demeure relativement peu répandue : son incidence est de 0,5% par an, si l'on en croit une étude intitulée « Surgical management of extrathoracic tracheal collapse in two large-breed dogs » et publiée en 1997 dans le Journal of the American Veterinary Medical Association.
Le collapsus trachéal est causé par une dégénérescence des anneaux qui composent la trachée. Ils perdent alors en rigidité au point de finir par s'affaisser.
Cette dégénérescence peut elle-même avoir différentes causes, les principales étant :
En revanche, contrairement à ce que les spécialistes ont longtemps pensé, le surpoids ne semble pas un facteur déterminant pour l'apparition du collapsus trachéal. Il semble toutefois augmenter bel et bien le risque de symptômes, et notamment de symptômes graves, du fait qu'il implique une pression supplémentaire sur la trachée.
En théorie, le collapsus trachéal peut toucher n'importe quelle race. Dans la pratique toutefois, certaines sont davantage concernées que d'autres.
Les plus petites races de chiens sont les plus touchées, parce que le cartilage qui soutient leur trachée est moins épais que chez les autres races. Celles chez qui l'incidence est la plus élevée sont le Yorkshire et le Caniche Toy, mais la maladie a aussi été décrite chez beaucoup d'autres, comme le Chihuahua, le Spitz Allemand...
Les races de chiens au nez très écrasé sont également prédisposées, car la forme particulière de leur museau les expose au syndrome brachycéphale, lui-même à l'origine de difficultés respiratoires chroniques. On trouve notamment parmi elles le Bouledogue Anglais, le Boxer, le Carlin, le Cavalier King Charles... Compte tenu de ce qui précède, les plus petites sont davantage concernées que les autres.
Enfin, on trouve quelques autres races au sein desquelles la maladie a été décrite, pour des raisons qui sont encore mal comprises à ce jour. C'est le cas en particulier du Golden Retriever, du Greyhound, du Labrador et du Lévrier Afghan.
Le collapsus trachéal est une maladie chronique, c'est-à-dire qui tend à s'aggraver avec le temps, au fur et à mesure que la trachée s'affaisse et donc que l'air a de plus en plus de mal à passer. Le terme de lumière est utilisé pour désigner la largeur de l'espace à l'intérieur de la trachée, par lequel l'air circule de la gueule aux poumons (et inversement).
Chez le chien, on distingue quatre grands stades d'évolution :
| Évolution | Collapsus | Lumière réduite de |
| Stade 1 | Léger | ~ 25% |
| Stade 2 | Marqué | ~ 50% |
| Stade 3 | Sévère | ~ 75% |
| Stade 4 | Total | plus de 75% |
Naturellement, plus le stade est avancé, plus l'air a du mal à circuler dans les voies respiratoires, et donc plus les symptômes sont marqués. Au stade 4, le risque de décès devient élevé (voire très élevé), car la respiration est tellement difficile que l'organisme n'est plus correctement oxygéné.
Cela étant, tout collapsus trachéal n'évolue pas nécessairement vers le stade 4 : tout dépend de la cause sous-jacente, ainsi que de la prise en charge éventuelle. Ainsi, il arrive que la maladie se stabilise à un stade peu avancé.
Les symptômes du collapsus trachéal dépendent du degré d'évolution de l'affaissement de la trachée, et donc de l'ampleur de la gêne respiratoire occasionnée.
Le principal symptôme est généralement une toux forte, sèche, chronique, et qui ne guérit pas même avec l'utilisation de traitements habituels. Au stade 1, elle n'est habituellement présente qu'en cas d'excitation ou d'effort. Elles devient ensuite de plus en plus fréquente - voire permanente - au fur et à mesure que la maladie progresse. Dans tous les cas, elle se produit essentiellement en journée, contrairement par exemple à la toux causée par une insuffisance cardiaque, qui elle est habituellement nocturne.
La toux est susceptible de s'accompagner d'autres symptômes, les plus communs étant :
Il n'est pas forcément facile au début de reconnaître un collapsus trachéal, car les symptômes sont rares et peu spécifiques. Toutefois, une consultation vétérinaire s'impose dès lors qu'un chien souffre brusquement d'une intolérance à l'effort et/ou d'une toux qui ne semble pas vouloir guérir au fil des semaines.
Le vétérinaire commence par réaliser un examen clinique, et observe les symptômes dont il souffre - en particulier si son âge ainsi que sa race correspondent. Une palpation de la trachée peut éventuellement permettre de détecter une éventuelle anomalie à ce niveau, et donc d'aiguiller le diagnostic vers un collapsus.
Le cas échéant, il réalise alors généralement des radiographies au niveau du cou et/ou du thorax sous différents angles (tant à l'inspiration qu'à l'expiration, normalement) afin de visualiser l'apparence de la trachée. Un scanner et/ou une échographie peuvent également être utiles si les radiographies ne sont pas concluantes. En dernier recours, si un doute persiste, une endoscopie sous anesthésie générale permet de confirmer définitivement le diagnostic.
Le traitement d'un chien qui souffre d'un collapsus trachéal dépend du stade de la maladie. Il repose sur :
Quoi qu'il en soit, les dépenses correspondantes sont susceptibles d'être prises en charge au moins en partie si l'on a pris soin de faire assurer son compagnon avant apparition des premiers symptômes.
Dans la plupart des cas, le diagnostic est posé alors que la trachée est encore peu affaissée : un traitement médicamenteux est alors normalement suffisant pour atténuer voire faire disparaître les symptômes.
Il comprend entre autres :
En parallèle, il est important de faire maigrir son chien s'il est en surpoids voire obèse, afin de réduire l'effort exercé sur la trachée et donc limiter l'ampleur des symptômes - voire les empêcher de s'aggraver.
Le traitement médicamenteux peut suffire à faire disparaître le collapsus trachéal dans les cas les plus légers ; dans les autres cas, il doit généralement être poursuivi à vie. Il coûte habituellement entre 60 et 150 euros par mois, en fonction principalement des molécules retenues ainsi que du gabarit de l'animal.
Lorsqu'un collapsus trachéal est diagnostiqué chez un chien, le vétérinaire tente généralement en premier lieu un traitement médicamenteux - en particulier si la maladie est encore peu avancée.
Si la médication ne suffit pas ou si la trachée est déjà trop affaissée, une opération est la seule solution possible pour qu'il puisse retrouver une respiration à peu près normale. Elle consiste en la pose d'un stent trachéal : il s'agit d'une prothèse tubulaire qui permet de maintenir la trachée ouverte. L'opération se pratique sous anesthésie générale et dure habituellement moins de 15 minutes.
Par la suite, des soins post-opératoires sont requis pendant quelques jours à quelques semaines, notamment pour soulager les douleurs et réduire le risque d'infection. Enfin, un suivi régulier permet de s'assurer que la prothèse est bien tolérée.
En général, le prix d'une opération pour poser un stent trachéal chez un chien est de l'ordre de 1000 à 1500 euros. C'est coûteux, mais cela permet à l'animal de retrouver une capacité respiratoire normale ou quasi normale.
Un collapsus de la trachée peut théoriquement toucher n'importe quel chien, et avoir toutes sortes d'origines. Il est donc difficile de le prévenir totalement. Néanmoins, quelques mesures simples permettent de limiter le risque.
On peut citer en particulier les suivantes :
Ces différentes mesures ne garantissent évidemment pas un risque zéro, mais permettent tout de même de réduire le probabilité d'un problème au niveau de la trachée. Elles valent pour n'importe quel chien, mais elles sont d'autant plus pertinentes s'il est prédisposé au collapsus trachéal - notamment s'il est petit, âgé et/ou doté d'un museau très écrasé.
Le collapsus trachéal est une maladie respiratoire grave, qui correspond à un affaissement de la trachée sur elle-même. Il peut avoir toutes sortes de causes, et les races de petite taille ainsi que celles au museau très écrasé sont les plus touchées. Le traitement repose sur des médicaments dans la majorité des cas, ou sur une opération chirurgicale s'il est déjà trop avancé.
Le mieux reste tout de même de prévenir le problème, ce qui suppose notamment d'éviter d'exposer son animal à des substances irritantes. C'est d'autant plus utile que cela permet également de réduire la probabilité d'autres maladies respiratoires : l'asthme, la bronchite, la tumeur nasale...
Le collapsus trachéal est une maladie respiratoire grave, qui correspond à un affaissement de la trachée sur elle-même. Il peut avoir toutes sortes de causes, et les races de petite taille ainsi que celles au museau très écrasé sont les plus touchées. Le traitement repose sur des médicaments dans la majorité des cas, ou sur une opération chirurgicale s'il est déjà trop avancé.
Le mieux reste tout de même de prévenir le problème, ce qui suppose notamment d'éviter d'exposer son animal à des substances irritantes. C'est d'autant plus utile que cela permet également de réduire la probabilité d'autres maladies respiratoires : l'asthme, la bronchite, la tumeur nasale...