Mon chien a du mal à respirer : pourquoi, et que faire ?

Un chien blanc a du mal à respirer dans un jardin

Comme un humain, un chien respire avec son nez et sa bouche. Il lui arrive même de haleter, c'est-à-dire de respirer très vite en ouvrant grand la gueule et en sortant la langue, notamment pour reprendre son souffle après un effort. Il s'agit d'un comportement tout à fait normal, en tout cas dans le cas général.


Il est toutefois susceptible aussi de souffrir de difficultés respiratoires plus ou moins brutales et sévères. Dans les cas graves, cela peut se traduire par une détresse respiratoire, et même potentiellement entraîner son décès.


Qu'est-ce qui peut faire qu'un chien a du mal à respirer ? Quels sont alors les symptômes présents ? Quand faut-il s'inquiéter, et comment réagir le cas échéant ?

Qu'est-ce qu'une difficulté respiratoire ?

Un chien sur le point de tousser fait une grimace au milieu des feuilles

On parle de difficulté respiratoire en cas de gêne à l'inspiration, à l'expiration, ou lors des deux à la fois. Le nom scientifique est la dyspnée, qui signifie littéralement en grec « difficulté à respirer ».

 

Elle peut avoir toutes sortes de causes, et être légère ou au contraire sévère en fonction des situations. Dans les cas graves, elle entraîne une insuffisance respiratoire, c'est-à-dire une baisse drastique du niveau d'oxygène dans le sang, avec potentiellement à la clé un risque de décès. On parle alors de détresse respiratoire.

 

La dyspnée concerne l'Homme, mais aussi divers animaux - notamment le chat et le chien. Les causes sous-jacentes, les symptômes et même les traitements possibles sont d'ailleurs globalement les mêmes d'une espèce à l'autre, même si bien sûr il existe aussi quelques spécificités.

Pourquoi mon chien a-t-il du mal à respirer ?

Que ce soit chez un chien ou chez un humain, une difficulté respiratoire peut avoir des origines diverses. Elle est souvent le fait d'un trouble respiratoire (à cause d'une maladie, d'une allergie, d'une anomalie morphologique...), mais il existe aussi d'autres types de causes possibles.

Une maladie respiratoire

Une femme utilise un inhalateur sur un chien asthmatique

Le plus souvent, c'est une maladie respiratoire qui est à l'origine de l'encombrement des voies respiratoires, et donc de la difficulté du chien à respirer. Il peut s'agir par exemple d'un rhume, d'une bronchite, d'une pneumonie, d'une toux du chenil, d'une grippe, d'un asthme, d'un ver du poumon, de la maladie de Carré...

 

En effet, ces pathologies sont le fait de microbes et/ou d'une substance irritante, qui causent une inflammation des voies respiratoires. Pour se débarrasser de ces intrus, l'organisme provoque une toux et/ou une production abondante de mucus : cela permet à moyen terme de soulager les voies respiratoires, mais à court terme cela les encombre et risque de gêner la respiration.

Une allergie

Un chien tousse et éternue à cause du pollen

Un certain nombre d'allergies du chien causent des symptômes respiratoires, et en particulier une éventuelle difficulté à respirer. C'est le cas bien entendu des allergies au pollen, à la pollution et aux acariens, mais aussi potentiellement d'autres types plus inattendus - par exemple certaines allergies alimentaires.

 

Le principe est le même que pour une maladie : lorsqu'il est exposé à certains allergènes, l'organisme réagit en déclenchant une toux et/ou une production de mucus dans les voies nasales, ce qui entrave plus ou moins fortement la respiration. Un gonflement de la gueule et/ou de la gorge est également possible : c'est ce que l'on appelle un oedème de Quincke.

Une anomalie morphologique

Un Bouledogue Français noir couché sur le lit

Il peut arriver que les difficultés à respirer ne soient pas le fait d'un encombrement des voies respiratoires, mais d'une anomalie au niveau de celles-ci. Il peut s'agir d'une particularité morphologique de la race (par exemple dans le cas d'un chien au nez écrasé), d'une malformation présente à la naissance ou encore de la conséquence d'un problème survenant au cours de la vie de l'animal : généralement une maladie (par exemple le collapsus trachéal) ou un choc violent (notamment au niveau du cou).

 

Quel que soit le cas de figure, les voies respiratoires sont tellement déformées qu'elles ne permettent plus un passage correct de l'air jusqu'aux poumons. Le cas échéant, la respiration risque d'être plus ou moins difficile, et contrairement aux autres causes cette gêne est généralement permanente.

Un étouffement

Un jeune Border Collie joue avec une pierre dans le jardin

Une autre raison possible lorsqu'un chien a des difficultés à respirer est qu'il est en train de s'étouffer. Ceci se produit généralement en cas de fausse route (c'est-à-dire si de l'eau ou de la nourriture descend dans les voies respiratoires au lieu de l'appareil digestif), ou si un élément se coince dans la trachée : un noyau, un morceau de viande ou d'os, un jouet, un sac plastique...

 

L'air ne peut alors plus correctement circuler jusqu'aux poumons, du fait que les voies respiratoires sont entravées. La situation est grave, et peut même être extrême si le chien ne parvient plus du tout à respirer : on est alors dans un cas d'urgence vitale, puisqu'il risque de décéder en seulement quelques minutes.

Un oedème pulmonaire

Schéma illustrant un oedème pulmonaire

Le fait qu'un chien peine à respirer peut résulter d'un oedème pulmonaire. Il s'agit d'une présence anormale de liquide dans les poumons, ce qui empêche l'air inspiré de passer dans la circulation sanguine et donc d'oxygéner l'organisme. Il en résulte de grandes difficultés respiratoires qui apparaissent de manière brutale ou chronique, et nécessitent généralement une hospitalisation d'urgence.

 

Le plus souvent, l'oedème pulmonaire est lu-même la conséquence d'une insuffisance cardiaque, c'est-à-dire d'une fatigue anormale du coeur. Néanmoins, d'autres causes sont possibles : par exemple un problème respiratoire, une inhalation de gaz toxiques ou encore une noyade.

Les symptômes de difficultés respiratoires chez le chien

Un Berger Malinois assis sur le sol en train de tousser

Un chien qui a du mal à respirer présente divers symptômes assez faciles à reconnaître.

 

Les plus courants sont les suivants :

  • des sifflements à l'inspiration et/ou l'expiration ;
  • un halètement soutenu ;
  • une quinte de toux ;
  • un râle, c'est-à-dire un bruit rauque à la respiration ;
  • un essoufflement, c'est-à-dire une difficulté à reprendre son souffle ;
  • une intolérance à l'effort, y compris lors d'activités peu éprouvantes comme une simple promenade ;
  • une gueule grande ouverte ;
  • des pattes avant écartées, pour augmenter le volume de la cage thoracique et mieux respirer ;
  • un bleuissement des muqueuses dans les cas avancés.

 

Tous ces symptômes ne sont pas forcément présents en même temps, mais il y en a généralement plusieurs à la fois. Au demeurant, plus ils sont nombreux, plus il y a des chances que la situation soit grave.

Faut-il s'inquiéter si un chien respire mal ?

Vue proche d'un chien endormi avec le nez qui coule

Tant que la gêne reste légère et passagère, un chien qui respire mal n'est pas forcément en danger, car son organisme continue d'être suffisamment approvisionné en oxygène. Si par contre elle est sévère, le risque de décès est réel. Il faut donc apprendre à faire la différence entre les deux cas, pour savoir dans lequel on se situe.

 

De façon générale, la situation est inquiétante s'il se met à mal respirer de manière soudaine, ou si sa respiration est fortement affectée. En particulier, s'il émet des sifflements ou des râles - voire s'il n'est plus capable d'émettre aucun son - et/ou si ses muqueuses bleuissent, c'est le signe d'un grave manque d'oxygène dans l'organisme, qui peut s'avérer rapidement fatal si rien n'est fait. Il faut alors appeler un vétérinaire en urgence, pour une prise en charge la plus rapide possible.

 

En revanche, si les seuls symptômes qu'on observe sont qu'il tousse occasionnellement ou a le nez qui coule, la situation n'a a priori rien de gravissime : il souffre peut-être simplement d'une maladie passagère ou d'une allergie. Si l'on ne sait pas ce qu'il en est, mieux vaut prendre rendez-vous avec un vétérinaire pour réaliser un diagnostic et éventuellement mettre en place un traitement. En tout cas, son pronostic vital n'est a priori pas immédiatement menacé.

Comment soulager un chien qui a du mal à respirer ?

Un vieux chien malade avec un masque à oxygène

Un chien qui respire mal a besoin d'être examiné par un vétérinaire pour que ce dernier détermine l'origine du problème et éventuellement mette en place un traitement. Il s'agit même d'une urgence vitale si la gêne respiratoire est vraiment importante.

 

Le vétérinaire commence par évaluer la gravité des symptômes présents. En particulier, s'il soupçonne une détresse respiratoire, il hospitalise le chien et le place sous oxygène, afin que son organisme soit oxygéné de manière satisfaisante.

 

L'étape suivante est de rechercher l'origine du problème. Pour cela, il passe en revue les symptômes présents et réalise différents examens, en fonction de la cause soupçonnée : une prise de sang, une échographie thoracique, une radiographie des cavités nasales, une biopsie des poumons, une analyse au microscope ou en laboratoire du mucus produit dans les bronches, etc. Ceci l'aide à poser un diagnostic précis.

 

Une fois ceci fait, il peut envisager un traitement. Il propose par exemple des antibiotiques en cas d'infection bactérienne, des antihistaminiques ou une désensibilisation en cas d'allergie, des bronchodilatateurs en cas d'asthme, une opération en cas de cancer, d'anomalie morphologique ou de corps étranger coincé dans les voies respiratoires, etc.

 

Il peut aussi suggérer l'administration de médicaments destinés à soulager la gêne respiratoire, si celle-ci est vraiment handicapante ou si la cause sous-jacente n'est pas soignable. Les plus courants sont les vasoconstricteurs (pour empêcher le nez de couler) et les antitussifs (pour limiter la toux). Toutefois, cela n'a rien de systématique, car la toux et le nez qui coule sont des mécanismes de défense de l'organisme pour désengorger les voies respiratoires : dans certains cas, il serait en réalité contre-productif de les faire cesser.

 

Les dépenses que représentent la prise en charge de l'animal et son éventuel traitement sont potentiellement prises en charge au moins en partie par l'assurance santé du chien, si l'on avait pris soin d'en souscrire une avant que le problème ne survienne. Tout dépend néanmoins de la cause sous-jacente : en particulier, les malformations et les maladies pour lesquelles existe un vaccin (comme la maladie de Carré et la toux du chenil) sont rarement couvertes.

Comment prévenir les difficultés respiratoires chez le chien ?

Un petit chien qui a froid avec une écharpe dans le jardin

Il est impossible d'empêcher son chien de souffrir un jour ou l'autre de difficultés respiratoires, étant donné que celles-ci peuvent avoir toutes sortes de causes. Néanmoins, il est possible au moins de limiter les chances que cela se produise.

 

En particulier, pour prévenir les problèmes respiratoires, il est important de :

  • faire vacciner son chien contre la maladie de Carré et la toux du chenil ;
  • le faire opérer s'il souffre d'un syndrome brachycéphale prononcé ;
  • le vermifuger à intervalles réguliers, en particulier s'il sort souvent ;
  • découper sa nourriture en petits morceaux, afin d'éviter qu'il ne s'étouffe ;
  • pour la même raison, l'empêcher de prendre en bouche des petits objets : jouets, sacs plastiques, cailloux... ;
  • éviter de le laisser au contact d'animaux (congénères ou représentants d'autres espèces) qui souffrent de symptômes respiratoires.

 

Ces différentes mesures de précaution ne suffisent pas pour prévenir totalement les difficultés respiratoires, mais permettent tout de même d'en réduire grandement la probabilité.

 

Quoi qu'il en soit, si l'on remarque qu'un chien développe des symptômes respiratoires (même légers), il est important de ne pas laisser traîner les choses et de se tourner vers un vétérinaire. C'est le meilleur moyen que le problème soit pris en charge efficacement (généralement via la mise en place d'un traitement), plutôt que de prendre le risque qu'il ne dégénère - avec potentiellement à la clef des difficultés respiratoires.

Conclusion

Un chien peut avoir du mal à respirer pour toutes sortes de raisons - souvent à cause d'une maladie respiratoire, mais pas uniquement. Quoi qu'il en soit, la situation peut vite dégénérer si l'air ne parvient plus à circuler en quantité suffisante jusqu'à ses poumons : une prise en charge d'urgence est alors nécessaire pour lui venir en aide. Dans tous les cas, il convient de se rendre chez un vétérinaire pour que celui-ci pose un diagnostic et mette en place un traitement si possible.

Mise en garde

Les propos et conseils formulés ici ne remplacent pas l'expertise d'un professionnel, d'autant que chaque chien est unique. En cas de besoin ou de doute, il convient donc de se tourner vers un vétérinaire.
Dernière modification : 23/03/2024.