Le shunt porto-systémique chez le chien

Un chien fatigué allongé sur le sol

Fréquence : Peu commune
Gravité :  Moyenne
Maladie génétique : Oui
Traitement : Soignable par chirurgie

 

Le shunt porto-systémique (SPS), aussi appelé shunt hépatique, est une pathologie causée par la présence anormale d'un vaisseau sanguin à l'intérieur du foie ou en amont de ce dernier. Il est le plus souvent congénital (c'est-à-dire présent dès la naissance), mais peut dans de rares cas apparaître en cours de vie : on parle alors de shunt porto-systémique acquis.

 

Contrairement à d'autres problèmes vasculaires, le SPS est loin d'être répandu au sein de la gent canine. En effet, il ne concernerait que 0,05% des chiens croisés et 0,18% des chiens de race, d'après une étude intitulée « Association of breed with the diagnosis of congenital portosystemic shunts in dogs: 2,400 cases (1980-2002) » et publiée en 2003 dans le Journal of the American Veterinary Medical Association.

L'origine du shunt porto-systémique

Un Bouledogue Français fatigué allongé dans son panier

Pendant le développement prénatal du chiot, le foie n'est pas encore fonctionnel et ne peut donc pas épurer le sang pour le débarrasser de ses déchets et toxines, comme il est supposé le faire. Un shunt (c'est-à-dire un vaisseau servant de déviation) est donc présent pendant toute la gestation : il court-circuite le foie et conduit le sang vers le placenta, afin que le rôle de filtre soit joué directement par l'organisme de la mère et non par celui du chiot.

 

À la naissance, le foie devient opérationnel : normalement, le shunt désormais inutile se ferme donc naturellement, avant de s'atrophier avec le temps. Toutefois, il arrive parfois qu'il ne se ferme pas : une partie du sang continue donc d'être déviée, ce qui empêche sa purification. Les problèmes de santé qui en découlent correspondent à ce que l'on appelle le shunt porto-systémique.

 

Les raisons de la non-fermeture chez certains chiens ne sont pas connues avec exactitude. Néanmoins, une cause héréditaire est fortement soupçonnée, et a même été prouvée chez certaines races.

Les types de shunt porto systémique

Un chien fatigué allongé sous les couvertures

Il existe chez le chien deux types de shunt porto-systémique, en fonction de leur localisation :

  • le shunt intra-hépatique (SPS IH), lorsque le vaisseau déviant le sang est situé dans le foie ;
  • le shunt extra-hépatique (SPS EH), lorsqu'il est situé hors du foie.

 

Le SPS EH est surtout présent chez les petites races et le SPS IH chez les grandes. Néanmoins, les signes cliniques et les complications possibles sont à peu près les mêmes dans les deux formes. La principale différence entre un SPS IH et un SPS EH est la prise en charge, le premier étant plus délicat à traiter que le second.

Les races de chien prédisposées au shunt porto-systémique

Un Jack Russel fatigué allongé sur le lit
Le Jack Russel fait partie des races prédisposées

Même si la prévalence demeure faible, il existe beaucoup de races de chiens prédisposées au shunt porto-systémique. Leur nombre est trop important pour toutes les citer, mais on peut au moins évoquer celles qui ont le plus de chances de connaître ce problème :

 

 

 

Une composante héréditaire est fortement suspectée chez l'ensemble de ces races. Elle a même été prouvée chez certaines d'entre elles, notamment le Yorkshire, le Lévrier Irlandais et le Cairn Terrier, d'après une étude intitulée « Inherited liver shunts in dogs elucidate pathways regulating embryonic development and clinical disorders of the portal vein » et publiée en 2012 dans la revue Mammalian Genome.

Les symptômes du shunt porto-systémique chez le chien

Un chiot Golden Retriever à l'air fatigué

Les symptômes du shunt porto-systémique sont assez variables d'un chien à l'autre, tant dans leur nature que leur intensité. En effet, en fonction de la quantité de sang détournée et des endroits du corps où s'accumulent les toxines qui n'ont pas pu être éliminées par le foie, différents organes peuvent être atteints.

 

Les types de symptômes les plus courants sont :

  • des symptômes globaux, tels qu'un retard de croissance, une léthargie ou encore une perte de poids ;
  • des symptômes digestifs : diarrhées, vomissements... ;
  • des troubles du comportement alimentaire, notamment de l'anorexie ou un syndrome pica ;
  • des troubles nerveux, pouvant aller d'une légère apathie jusqu'au coma dans les cas graves ;
  • des troubles urinaires, comme une quantité d'urine plus importante ou à l'inverse des difficultés à uriner.

 

Les symptômes du shunt porto-systémique apparaissent le plus souvent entre 1 mois et 2 ans après la naissance. Ils seraient moins sévères dans le cas d'un SPS EH, car lorsque le shunt est extérieur au foie, le fonctionnement des autres organes de la cage thoracique (notamment l'estomac et le diaphragme) comprimerait par moments le vaisseau et l'empêcherait donc de détourner trop de sang.

Le diagnostic du shunt porto-systémique

Un chiot Bouledogue Français fait une radiographie aux rayons X

Diagnostiquer un shunt porto-systémique chez un chien n'est pas forcément toujours simple, car les symptômes peuvent être très divers et le vaisseau déviant n'est pas toujours facile à visualiser - en particulier lorsqu'il est situé dans le foie. Il faut donc procéder par étapes.

 

Le vétérinaire réalise tout d'abord deux prises de sang, la première à jeun et la seconde deux heures après le repas. Cette technique a pour objectif de mettre en évidence la présence éventuelle dans le sang de certains déchets en quantité trop importante. Elle n'est pas suffisante pour conclure à un shunt, mais permet au moins d'en suspecter un.

 

Si les prises de sang du chien sont concluantes, des examens d'imagerie sont réalisés afin de tenter de localiser le vaisseau défaillant. Le plus souvent, une simple échographie abdominale suffit pour percevoir le shunt, et le diagnostic est alors établi. Si ce n'est pas le cas mais que le vétérinaire continue de suspecter fortement un shunt porto-systémique, des radiographies plus poussées et nécessitant une anesthésie générale sont requises, car seule la localisation approximative du vaisseau défaillant permet de confirmer définitivement le diagnostic et dès lors d'envisager un traitement.

Le traitement du shunt porto-systémique chez le chien

Traiter un chien ayant un shunt porto-systémique passe par une opération chirurgicale visant à empêcher le sang de circuler dans le vaisseau déviant.

Le déroulé de l'opération

Un chiot se repose après une opération chirurgicale

L'intervention pour soigner un shunt porto systémique consiste en la pose d'un anneau constricteur ou d'une bande de cellophane autour du vaisseau défaillant, afin d'entraîner la fermeture progressive de ce dernier (une fermeture brutale pourrait occasionner une augmentation de pression trop importante dans le foie, et donc une hémorragie).

 

L'opération se déroule le plus souvent sans encombre dans le cas d'un SPS EH ; en revanche, un SPS IH (à l'intérieur du foie, donc) peut nécessiter deux interventions successives.

 

Bien qu'il s'agisse d'une opération chirurgicale assez lourde et qui n'est donc pas exempte de risques, le traitement du shunt porto-systémique d'un chien est généralement très efficace, et l'animal se rétablit en seulement quelques semaines. Des médicaments et soins particuliers peuvent toutefois être nécessaires pour aider l'organisme à évacuer les toxines, en particulier si celles-ci sont nombreuses.

Le coût du traitement du shunt porto systémique

Un chien allongé sur des billets de banque

Même si son efficacité est très bonne, le coût du traitement d'un chien atteint de shunt porto systémique est très élevé : il peut en effet facilement atteindre 1500 euros au total, en comptant les examens de diagnostic, l'anesthésie, la chirurgie et les éventuels traitements.

 

En outre, comme il s'agit vraisemblablement d'une anomalie héréditaire, il est rarement pris en charge par les assurances santé pour animaux, même si le maître avait pris soin d'en souscrire une avant l'apparition des premiers symptômes.

 

Faire opérer son chien d'un shunt porto systémique représente donc un coût important pour un foyer, en particulier si le maître n'avait pas anticipé cette éventualité dans son budget annuel avant d'adopter. Néanmoins, le jeu en vaut la chandelle, car l'intervention chirurgicale est très efficace et permet le plus souvent à l'animal de retrouver une vie normale.

L'espérance de vie d'un chien avec un shunt porto-systémique

Un homme fait un câlin à son Labrador

L'espérance de vie d'un chien avec un shunt porto-systémique dépend essentiellement de la quantité de sang détournée et de la rapidité de la prise en charge. Elle peut donc être assez variable d'un animal à l'autre.

 

Le principal risque est celui de l'accumulation de toxines dans le cerveau du chien, car cela entraîne des lésions cérébrales potentiellement importantes. L'espérance de vie peut alors être réduite, et ne pas dépasser quelques années voire quelques mois. Ce cas serait plus fréquent chez les grandes races, car elles sont surtout sujettes au SPS IH et seraient donc plus sévèrement atteintes que celles souffrant de SPS EH.

 

En revanche, si la prise en charge se fait avant que les organes n'aient été trop atteints, l'intervention chirurgicale donne de très bons résultats. En l'absence de complications opératoires, l'espérance de vie du chien malade est alors globalement la même que celle de ses congénères sains.

Dernière modification : 11/28/2021.

Sommaire de l'article

    Les origines des maladies cardiaques
  1. Page 2 : L'endocardiose
  2. Page 3 : La cardiomyopathie dilatée
  3. Page 4 : L'insuffisance cardiaque
  4. Page 5 : La dirofilariose cardiaque
  5. Page 6 : La persistance du canal artériel
  6. Page 7 : Le shunt porto-systémique
  7. Page 8 : La sténose aortique
  8. Page 9 : L'hypertension
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