Le lymphome du chien : symptômes, traitement, espérance de vie...

Un Labrador avec l'air malade est couché sur le sol

Véritable fléau chez l'être humain, le cancer n'épargne pas non plus les animaux de compagnie, notamment les chiens. D'après une étude britannique publiée en novembre 2011 dans la revue L'Essentiel, le cancer serait même la première cause de mortalité chez le chien, avec environ 27% des décès. Chez certaines races, c'est même plus.


L'un des cancers les plus dangereux chez le chien est le lymphome. Particulièrement agressif et difficile à diagnostiquer, il nécessite une intervention rapide, car l'espérance de vie du chien atteint est courte...


Connaître les différentes formes de lymphomes et les symptômes correspondants permet de réagir le plus rapidement possible et d’apporter les soins nécessaires.

Qu'est-ce qu'un lymphome ?

Un chien malade caché sous une couverture

Egalement appelé « tumeur des ganglions », le lymphome est un type de cancer fréquent chez le chien.

 

Il s’agit d’une tumeur maligne qui touche le système lymphatique, chargé de la défense de l’organisme. Selon son type, un lymphome peut toucher différents organes.

 

Ce cancer est généralement très agressif et, sans traitement, les chiens atteints par cette maladie ont souvent une espérance de vie très courte. Il faut donc apprendre à en reconnaître les premiers signes pour pouvoir réagir rapidement. Malheureusement, en fonction de l'endroit où il se développe, les symptômes sont assez variables, ce qui complique le diagnostic.

Les types de lymphomes chez le chien

Le lymphome ne se manifeste pas toujours de la même façon, en fonction de la zone où il apparaît et des organes qu'il touche. On distingue ainsi trois principaux types de lymphomes : le multicentrique, le cutané, et le localisé sur un organe particulier. Il en existe toutefois d'autres, qui sont plus rares.

Le lymphome multicentrique

Un chien au poil frisé avec un air fatigué et triste

Le type de lymphome le plus courant chez le chien est le lymphome multicentrique. Il représente environ 85% des lymphomes canins diagnostiqués.

 

Il doit son nom au fait qu'il affecte les ganglions lymphatiques périphériques, qui sont petits amas réniformes dont la taille varie de l'un à l'autre. Les cellules tumorales peuvent atteindre d’autres organes comme la rate, le foie, la peau, les poumons, les reins ou encore la moelle osseuse.

 

L’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) divise la maladie en 5 stades. Ainsi, dans sa forme la moins virulente et occasionnelle, le lymphome multicentrique du chien se limite à un seul ganglion (stade 1). Mais il peut également affecter plusieurs ganglions dans une même région (stade 2), alors que dans ses formes les plus agressives, on observe un grossissement des ganglions non-douloureux (stade 3) avec infiltration au niveau de la rate (stade 4) ou infiltration du sang et/ou de la moelle osseuse (stade 5).

Le lymphome cutané

Un chien malade se fait examiner par un vétérinaire

Un autre type de lymphome que l'on rencontre chez le chien est le lymphome cutané. Il est toutefois beaucoup plus rare que le multicentrique, puisqu'il ne représente que 3 à 8% des cas de lymphomes.

 

Dans sa forme la plus fréquente, le lymphome cutané est dominé par le mycosis fongoïde (qui est une hématodermie, c’est-à-dire une maladie du sang et de la peau), et ne s’étend que tardivement aux noeuds lymphatiques (ganglions) et aux organes internes.

 

L’apparition de symptômes généraux est assez tardive.

Le lymphome localisé sur un organe

Une radiographie du thorax avec un lymphome visible

Certains lymphomes du chien touchent un organe en particulier. On dit alors que le lymphome est localisé.

 

On trouve par exemple dans cette catégorie le lymphome du foie et le lymphome de l’intestin. Les symptômes et leur gravité dépendent alors de l'organe affecté et sont donc assez variables d'un cas à l'autre.

Les symptômes du lymphome chez le chien

Quel que soit le type de lymphome, le chien peut également présenter un syndrome paranéoplasique, c’est-à-dire un ensemble de troubles peu spécifiques pouvant accompagner certains cancers. Il s’agit de troubles neurologiques, endocriniens, hématologiques, dermatologiques, osseux ou articulaires, ou encore d’une grande fatigue et/ou d’une perte de poids.

 

Il existe ensuite des symptômes plus spécifiques en fonction du type de lymphome concerné.

Les symptômes du lymphome multicentrique

Dans le cas d’un lymphome multicentrique, le principal symptôme est une polyadénopathie, c’est-à-dire une présence de plusieurs ganglions de volume augmenté, particulièrement dans le cou.

Les symptômes du lymphome cutané

Un chien se gratte abondamment le cou avec la patte arrière

Dans le cas d’un lymphome cutané, les principaux symptômes sont :

  • une dépigmentation de la truffe, de la peau et/ou des coussinets, qui est le symptôme le plus fréquent ;
  • des dermatites, c’est-à-dire des inflammations de la peau ;
  • des prurits (démangeaisons) liées à une affection cutanée.

 

L' « avantage » du lymphome cutané est que ses symptômes sont bien visibles, et permettent donc un diagnostic et une prise en charge beaucoup plus rapide que pour les autres formes. L'espérance de vie est donc globalement meilleure que pour le multicentrique ou le localisé.

Les symptômes du lymphome localisé

Enfin, les symptômes d’un lymphome touchant un organe en particulier diffèrent selon l’organe touché.

 

Par exemple, dans le cas d’un lymphome de l’intestin ou abdominal, le chien vomit et/ou perd l'appétit. Pour un lymphome du foie, on peut remarquer un ictère, c’est-à-dire une jaunisse, une coloration jaune de la peau et des muqueuses typique d'un problème d'ordre hépatique.

Les chiens prédisposés au lymphome

De la même façon que pour la plupart des tumeurs, la cause exacte des lymphomes n’est pas connue. Certains facteurs sont susceptibles de jouer un rôle, comme une exposition à certains polluants ou une alimentation de mauvaise qualité.

 

Il apparaît toutefois que certains chiens et certaines races de chiens sont prédisposées à développer un lymphome au cours de leur vie, probablement pour des raisons génétiques.

Les chiens prédisposés au lymphome multicentrique

Un Boxer fatigué couché sur son coussin orange

Bien que le lymphome multicentrique puisse affecter tout type de chien, les races de taille moyenne ou géante sont les plus touchées. Un facteur héréditaire serait même suspecté chez les grandes races de chien, telles que le Bullmastiff et le Rottweiler.

 

Il a également été remarqué que le lymphome multicentrique se déclarait particulièrement chez les chiens au système immunitaire affaibli (ayant reçu un traitement au préalable ou présentement malades), et spécialement chez le Boxer, l’une des races les plus prédisposées.

 

Des facteurs présents dans l’environnement sont également suspectés d'augmenter le risque d'apparition d'un lymphome, comme par exemple les dioxines ou certains pesticides.

 

Par ailleurs, un chien peut développer un lymphome multicentrique à n’importe quel âge, mais le phénomène est plus couramment observé en milieu ou fin de vie.

Les chiens prédisposés au lymphome cutané

Un chien Airedale debout sur le parquet
L'Airedale est prédisposé au lymphome cutané

En ce qui concerne le lymphome cutané mycosis fongoïde, il touche majoritairement des chiens de plus de 10 ans. Ainsi, une étude rétrospective sur 100 cas publiée en 2011 a fait ressortir une moyenne d’âge de 11,5 ans, et 86% des sujets touchés avaient plus de 9 ans.

 

Il existe aussi une prédisposition raciale pour ce lymphome, qui touche particulièrement le Cocker Spaniel, le Coton de Tuléar, le Berger des Pyrénées, le Bichon Frisé et l’Airedale Terrier. Cela ne signifie évidemment pas que tous les chiens appartenant à ces races développeront un jour un lymphome : néanmoins, ils sont tout de même plus à risques que leurs congénères, toutes choses égales par ailleurs.

Le pronostic du lymphome chez le chien

Une femme soutient son Labrador malade en lui tenant doucement la tête

Quel qu'en soit le type, le pronostic du lymphome est très mauvais, chez le chien comme d'ailleurs chez les autres animaux.

 

En effet, comme les autres types de cancers, le lymphome ne guérit jamais spontanément : il finit immanquablement par se répandre dans le reste de l'organisme et causer le décès, à plus ou moins long terme en fonction de la forme qu'il prend.

 

Toutefois, si la prise en charge est rapide et le traitement efficace, quelques rares chiens finissent par guérir totalement. Cela nécessite toutefois d'agir très vite, car la forme multicentrique - qui est de loin la plus courante - est très agressive et cause rapidement le décès.

L'espérance de vie d'un chien avec un lymphome

Un chien Jack Russel malade, couché dans son panier

En l'absence de traitement, l'espérance de vie d'un chien atteint de lymphome est globalement assez courte :

  • autour de 8 mois lorsque la maladie est encore peu avancée ;
  • autour de 2 mois lorsqu'elle est déjà en phase avancée.

 

C'est particulièrement vrai dans le cas du lymphome multicentrique, qui est le plus agressif et malheureusement aussi le plus répandu des types de lymphomes. Il est souvent découvert en phase avancée, ce qui empêche d'agir de manière précoce.

 

En cas de traitement (notamment la chimiothérapie), la durée de vie du chien touché par le lymphome est un peu meilleure, sans pour autant être vraiment bonne. Elle est de l'ordre d'un an à compter du début du traitement. Certains parviennent à vivre plus de deux ans ; néanmoins, la guérison totale reste rare et les rechutes fréquentes. Il ne faut donc pas espérer de miracle, même avec une prise en charge rapide...

 

Traitement Stade lymphome Espérance de vie
Sans chimio Peu avancé Environ 8 mois
Avancé Environ 2 mois
Avec chimio - Environ un an

Le diagnostic du lymphome chez le chien

Un vétérinaire examine un petit chiot de type Labrador

Afin de diagnostiquer un lymphome quel que soit son type, le vétérinaire effectue une biopsie (c'est-à-dire un petit prélèvement) d’un ganglion ou d’un organe, suivie d’une analyse des cellules constitutives de l’échantillon de tissu prélevé. 

 

Une échographie et/ou un scanner sont parfois réalisés ensuite afin d’évaluer le stade de la maladie et l’éventuelle extension à d’autres organes et parties du corps.

 

Après avoir reçu les résultats, le vétérinaire établit plus précisément le sous-type de lymphome dont il s'agit. Il est alors en mesure d’estimer son espérance de vie, et de prescrire un traitement si c'est encore possible.

Le traitement du lymphome chez le chien

Quelle qu'en soit la forme, le lymphome ne guérit jamais spontanément. Il faut donc mettre en place un traitement pour espérer ralentir son évolution, à défaut de pouvoir le soigner totalement - ce qui est possible mais reste très rare.

Le traitement chirurgical du lymphome

Un petit chien se réveille avec des bandages après une opération sous anesthésie

Certaines formes de lymphomes, comme le lymphome cutané ou localisé sur l’intestin ou le foie, peuvent être traitées par voie chirurgicale. Le vétérinaire réalise une opération afin de retirer les tumeurs, afin que seuls les tissus sains demeurent.

 

Il faut toutefois pour cela que le lymphome ne soit pas dans une phase trop avancée, et que le chien soit en suffisamment bonne santé pour supporter une opération aussi lourde. Or, dans la mesure où ce type de cancers apparaît souvent chez les sujets âgés, la chirurgie peut alors s'avérer trop risquée pour être tentée.

 

De plus, il est rare que le traitement chirurgical suffise pour traiter un lymphome, en raison de la difficulté de retirer totalement les cellules tumorales et de la rapidité d'apparition des métastases. Dans la plupart des cas, une chimiothérapie reste donc nécessaire, même dans les cas où une opération est possible.

Le traitement du lymphome par chimiothérapie

 Selon le sous-type dont souffre le chien, le vétérinaire peut également prescrire une chimiothérapie complémentaire à cette chirurgie.

La polychimiothérapie

La polychimiothérapie

Dans la plupart des cas, quel que soit le type de lymphome, le traitement repose sur plusieurs médicaments anticancéreux combinés dans un protocole que l’on appelle polychimiothérapie. Certains d'entre eux s’administrent par voie orale, et d’autres par voie veineuse.

 

La durée du traitement varie généralement entre 6 et 12 mois. Pendant la première phase, qui dure habituellement de 4 à 8 semaines, les séances s’enchaînent à raison d’une par semaine. Puis, dans un second temps, elles deviennent plus espacées, se déroulant toutes les 3 semaines. 

 

A l’issue de cette polychimiothérapie, environ la moitié des chiens atteints d’un lymphome de stade avancé (stade 3) restent en rémission 7 à 10 mois, et survivent au final 10 à 14 mois.

La monochimiothérapie

La monochimiothérapie

Enfin, il existe également un protocole fondé sur une mono-chimiothérapie, c’est-à-dire comprenant une seule drogue.

 

Le cas échéant, la doroxubicine est la drogue la plus efficace. Elle permet d’obtenir la disparition des symptômes dans près de 70% des cas et une rémission complète des chiens traités, avec une espérance de vie dépassant un an pour la moitié d’entre eux.

 

La mono-chimiothérapie s’effectue par perfusion toutes les 3 semaines à raison de 6 séances maximum, sans aucun comprimé complémentaire.

Les risques liés à la chimiothérapie

Les risques liés à la chimiothérapie

Généralement, la chimiothérapie est mieux tolérée par les animaux que par les humains. Ainsi, les chiens présentent rarement des effets secondaires durables.

 

Néanmoins, certains effets secondaires transitoires peuvent apparaître, tels qu’une perte d’appétit ou des vomissements dans les jours qui suivent le traitement. Il est très rare qu'ils soient importants, mais il faut toujours faire montre de vigilance, car la chimiothérapie reste lourde malgré tout et implique une baisse des défenses immunitaires.

 

D’ailleurs, en France, la loi oblige les vétérinaires à hospitaliser au moins 24 heures les chiens à la suite de ces traitements. Cette hospitalisation permet d’observer et traiter au mieux les effets secondaires immédiats si besoin est, ainsi que de récupérer les selles et urines pour protéger l’environnement des déchets toxiques que pourrait éliminer le chien.

Le prix du traitement contre le lymphome du chien

Une femme fait ses factures sur ordinateur à côté de son chien

Chercher à soigner un chien atteint d’un lymphome est très coûteux.

 

En effet, le prix d’une seule séance de polychimiothérapie oscille autour de 300 euros, et celui de la monochimiothérapie est lui aussi très élevé. Il faut donc prévoir en moyenne au moins 2000 euros, voire davantage. Si un traitement par chirurgie est nécessaire, il faut alors ajouter à ce montant autour de 1000 euros supplémentaires.

 

Quand on sait que les chances de guérison totale sont minces, et que l'espérance de vie reste faible même avec un traitement, cela explique que certains se posent la question de l'euthanasie, pour éviter autant d'efforts et de dépenses et abréger des souffrances inutiles...

 

Certaines mutuelles pour chien peuvent tout de même rembourser une partie du coût des traitements, si la souscription a eu lieu avant l'apparition des symptômes. Néanmoins, il existe généralement un certain nombre d'exclusions, notamment en termes de races et d'âge - les vieux chiens sont rarement couverts. Si l'on souhaite souscrire une telle assurance pour son compagnon, mieux vaut donc lire attentivement les conditions de prise en charge, pour maximiser les chances d'être remboursé le cas échéant.

Conclusion

Le lymphome est un cancer fréquent chez le chien, dont les symptômes diffèrent selon le type et le sous-type, mais qui est grave dans tous les cas et s'avère mortel à court terme.

 

Un traitement approprié peut toutefois lui permettre d’atteindre dans le meilleur des cas une rémission complète sans aucun symptôme, et donc de vivre normalement pendant plusieurs mois, voire quelques années. Néanmoins, les protocoles de traitement sont lourds, chers, et parfois contraignants.

Par Estelle C. - Dernière modification : 04/20/2022.