La persistance du canal artériel chez le chien

La persistance du canal artériel chez le chien

Fréquence : Très commune, surtout chez les femelles
Gravité :  Mortelle, mais soignable prise à temps
Maladie héréditaire : Oui
Vice rédhibitoire : Non

 

La persistance du canal artérien, aussi appelée patent ductus arteriosus, est une malformation héréditaire congénitale (c'est-à-dire présente dès la naissance) qui touche davantage les femelles que les mâles, et auxquelles certaines races de chiens sont prédisposées, comme le Cocker Américain, le Yorkshire Terrier, le Berger Allemand, le Loulou de Poméranie et le Caniche. Il s'agit du trouble cardiaque congénital le plus fréquent chez le chien, puisqu'il représente 20 à 30% des maladies cardiaques congénitales. Le mode de transmission n'est pas encore complètement élucidé, mais plusieurs gènes seraient impliqués.

 

Comme son nom l'indique, la maladie est causée par la persistance dans le corps du chien du canal artériel après sa naissance. Ce canal est un vaisseau sanguin présent chez le foetus et qui permet au sang de "court-circuiter" les poumons, ces derniers n'étant pas encore fonctionnels. Chez le chiot nouveau-né, le canal artériel n'a plus d'utilité : il est donc censé se fermer spontanément, puis s'atrophier avec le temps. Dans le cas d'une malformation cardiaque, le canal artériel ne se ferme pas et continue de détourner une partie du sang du coeur et des poumons, causant une oxygénation insuffisante de l'organisme, une fatigue cardiaque accrue, voire des atteintes pulmonaires (oedème pulmonaire).

 

La gravité des symptômes dépend de la quantité de sang détourné. Certains chiens ne présentent aucun signe de la maladie, qui est alors découverte tout à fait fortuitement. Dans d'autres cas, ils présentent des signes d'insuffisance cardiaque canine (fatigabilité accrue, important essouflement après le moindre effort, etc.) ainsi que des difficultés respiratoires dans le cas d'un oedème pulmonaire. À terme, le chien souffrant de persistance du canal artériel peut présenter un retard de croissance et un mauvais état général. En outre, du fait de la mauvaise oxygénation de son sang et de la fatigue de son coeur, il est davantage exposé au risque de mort subite. Au final, on estime qu'en l'absence de traitement, 60% des chiens atteints décèdent avant l'âge de 18 mois.

 

La persistance du canal artériel peut être détectée très tôt par simple auscultation, en raison du souffle cardiaque caractéristique qui l'accompagne. Une radiographie spécifique permet de confirmer le diagnostic.

 

Le traitement consiste alors à ligaturer le canal par le biais d'une intervention chirurgicale. L'opération assure généralement une atténuation des symptômes et une bonne amélioration de l'état de santé du chien, voire sa guérison complète s'il est encore jeune (moins de 20 semaines) et si ses organes n'ont pas été trop affectés par la maladie.

Dernière modification : 10/16/2019.
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