La maladie de Wilson chez le chien : symptômes, traitement...

Un chien malade allongé sur un capané sous une couverture

Parmi les nombreuses maladies digestives dont peuvent souffrir les chiens, figure notamment la maladie de Wilson. Elle est relativement rare, hormis chez quelques races, mais n'en demeure pas moins problématique, notamment parce qu'elle reste silencieuse et invisible pendant des années. Toutefois, si elle est diagnostiquée tôt, elle peut être gérée avec des médicaments et une alimentation adaptée.


Quels sont les symptômes de la maladie de Wilson ? À quel âge apparaissent-ils ? Quel traitement mettre en place pour la soigner ?

Qu'est-ce que la maladie de Wilson ?

Un Husky fatigué allongé sur le sol

La maladie de Wilson est une maladie causée par une accumulation anormale de cuivre dans divers organes, en particulier le foie : celui-ci est alors dégradé, et incapable de jouer correctement son rôle. On parle aussi parfois d'hépatite cuprique, d'hépatite par surcharge de cuivre, ou de toxicose cuivrée.

 

Le cuivre est un oligo-élément indispensable à la vie des humains, des animaux et des plantes : il est donc normal d'en trouver dans l'organisme. Toutefois, comme beaucoup de nutriments en général et de métaux en particulier, il peut devenir toxique s'il est présent en trop grande quantité : il existe donc un mécanisme de régulation du taux de cuivre dans l'organisme. Lorsque ce mécanisme dysfonctionne, le métal s'accumule jusqu'à provoquer de graves problèmes de santé.

 

La maladie de Wilson n'est pas propre au chien : elle affecte aussi notamment l'être humain. Sans être très rare, elle n'est pas non plus extrêmement courante chez ce dernier, puisqu'elle toucherait entre une personne sur 30.000 et une sur 100.000, selon les estimations et les territoires. Elle semble en revanche beaucoup plus exceptionnelle chez le chien, hormis pour quelques races prédisposées.

 

Son traitement peut se révéler assez coûteux. Toutefois, si on a pris soin de souscrire une assurance pour chien en amont, celle-ci est susceptible de prendre en charge certains frais. 

La cause de la maladie de Wilson

Un Bedlington allongé sur un tapis dans le salon

Que ce soit chez l'humain que chez le chien, le dysfonctionnement à l'origine de la mauvaise élimination du cuivre dans l'organisme - et donc de la maladie de Wilson - est d'origine génétique.

 

Plus précisément, il est causé par une anomalie génétique qui occasionne une déficience d'une protéine intervenant dans le transport du cuivre dans l'organisme. Celui-ci est donc mal évacué et s'accumule anormalement, jusqu'à devenir toxique.

 

La mutation génétique à l'origine de la maladie de Wilson n'est pas connue avec certitude : d'ailleurs, il en existe vraisemblablement plusieurs qui peuvent entraîner une telle propension à l'accumulation de cuivre. La seule identifiée à ce jour est présente chez le Bedlington Terrier : la transmission se fait selon un mode récessif, c'est-à-dire que les deux parents doivent être porteurs de l'anomalie et la transmettre à leur chiot pour que celui-ci développe la maladie. Si un seul des deux parents la transmet, le chiot est ce que l'on appelle un porteur sain : il ne sera jamais malade, mais pourra en revanche transmettre à son tour l'anomalie génétique à sa descendance.

Les races de chiens prédisposées à la maladie de Wilson

Vue proche d'un Bedlington qui dort sur un fauteuil

Même si on ne sait pas exactement quels gènes sont impliqués, la maladie de Wilson est d'origine génétique : cela explique qu'elle est davantage présente chez certaines races, et très peu voire pas du tout chez d'autres.

 

La race de chiens la plus concernée par la maladie de Wilson est le Bedlington Terrier. Il s'agit d'ailleurs de celle chez qui la pathologie est la mieux connue. Selon certaines estimations, entre un tiers et deux tiers des chiens de cette race étaient touchés, jusqu'à ce que la mise au point d'un test génétique permette d'identifier une bonne partie des individus problématiques et de les exclure de la reproduction. Cela a fait diminuer fortement la prévalence de la maladie au sein de sa population : une étude intitulée « Population dynamics of inherited copper toxicosis in Dutch Bedlington terriers (1977-1997) » et publiée en 2000 dans le Journal of veterinary internal medicine a montré par exemple qu'aux Pays-Bas, celle-ci est passée de 46% entre 1976 et 1986 à 11% entre 1990 et 1997.

 

La maladie de Wilson est présente également chez d'autres races de chiens, notamment le Dalmatien, le Dobermann, le Labrador et le Westie. Les mutations alors impliquées ne sont toutefois pas connues.

L'âge d'apparition de la maladie de Wilson

Un Dobermann allongé dans l'herbe

Même si la mutation à l'origine de la maladie de Wilson est présente dès la naissance, les premiers symptômes apparaissent bien plus tard. En effet, il faut un certain temps avant que les quantités de cuivre soient suffisamment importantes pour devenir toxiques pour l'organisme.

 

Néanmoins, l'âge auquel la maladie se manifeste diffère selon les races. Ainsi, les symptômes apparaissent généralement :

 

Chez ce dernier, une étude intitulée « Canine models of copper toxicosis for understanding mammalian copper metabolism » et publiée en 2011 dans la revue Mammalian genome a montré que le risque de déclencher la maladie de Wilson est plus important dans les semaines voire mois qui suivent une mise bas, même si la raison n'est pas connue.

Les symptômes de la maladie de Wilson

Un chien malade allongé sur un lit

Lorsque l'accumulation de cuivre dans l'organisme devient conséquente, les symptômes de la maladie de Wilson commencent à apparaître. Le chien maigrit, devient apathique, perd l'appétit ; il peut aussi vomir, avoir de la diarrhée et/ou souffrir de douleurs abdominales.

 

Avec le temps, de plus en plus de cellules du foie sont détruites par les excès de cuivre, ce qui engendre des symptômes d'inflammation du foie (hépatite) : on peut ainsi constater un ictère (c'est-à-dire une jaunisse), des problèmes neurologiques liés à l'accumulation de toxines dans le cerveau (lorsque le foie est trop détruit pour les éliminer correctement), des saignements hémorragiques et/ou un gonflement de l'abdomen.

 

À terme, la maladie de Wilson est mortelle si elle n'est pas traitée. Chez certaines races comme le Labrador et le Dobermann, la mort peut même survenir en à peine quelques semaines ou quelques mois après l'apparition des symptômes. Il ne faut donc pas tarder à réagir et à consulter un vétérinaire.

Le diagnostic de la maladie de Wilson

Un vétérinaire prélève du sang sur un chien

Le diagnostic de la maladie de Wilson repose sur :

 

  • l'étude des symptômes : manque d'appétit, jaunisse, maigreur... ;

 

  • des analyses de sang afin de mettre en évidence l'atteinte du foie ;

 

  • une biopsie du foie, c'est-à-dire un prélèvement d'un petit morceau pour l'analyser ;

 

  • l'élimination des autres maladies pouvant causer des symptômes similaires : une intoxication aiguë, une hépatite infectieuse, etc.

 

Par ailleurs, dans le cas où le chien est un Bedlington Terrier, il est possible de réaliser un test génétique afin de déterminer s'il est porteur d'une anomalie génétique pouvant être à l'origine de la maladie de Wilson. Ce test consiste en un simple prélèvement salivaire ou une prise de sang, et coûte autour de 50 euros. Les résultats sont disponibles en une dizaine de jours : ils permettent de savoir si l'animal est malade, porteur sain ou non porteur de la mutation en question.

Le traitement de la maladie de Wilson

Un vétérinaire donne un médicament à un chien

Le traitement d'un chien atteint de la maladie de Wilson ne permet pas de corriger la mutation génétique problématique. Il vise en revanche à stopper l'augmentation de la quantité de cuivre dans le foie et à favoriser l'évacuation de celui-ci par l'organisme, afin que l'animal retrouve une vie normale ou quasi normale. Il peut être très efficace s'il est mis en place assez tôt, avant que les atteintes hépatiques soient importantes.

 

En premier lieu, il faut mettre en place un régime alimentaire à la fois pauvre en cuivre et riche en zinc, car ce dernier réduit l'absorption du cuivre. C'est le vétérinaire qui se charge de prescrire l'alimentation la plus adaptée à chaque cas.

 

Dans le même temps, certains médicaments tels que la trientine et/ou des chélateurs (penicillamine, corticoïdes...) peuvent être utiles pour aider le foie à se débarrasser du cuivre en excès.

 

Enfin, si l'atteinte hépatique est déjà bien avancée, des traitements médicamenteux sont parfois mis en place afin de le soutenir et donc de réduire les symptômes de la maladie de Wilson.

 

Tous ces soins ont un coût non négligeable, d'autant qu'ils doivent être prodigués pendant plusieurs mois - voire davantage. De plus, il faut également prévoir des rendez-vous réguliers chez le vétérinaire (tous les 3 à 6 mois en moyenne, en tout cas au début) afin de vérifier l'éventuelle rémission du foie.

 

Si on a pris soin de souscrire une assurance pour chien en amont, celle-ci est susceptible de prendre en charge certains frais. Ce n'est toutefois pas le cas majoritaire, car les assurances excluent souvent les dépenses vétérinaires liées à des maladies génétiques. Dès lors qu'on possède un animal appartenant à une race prédisposée, mieux vaut donc vérifier au moment de souscrire si la maladie de Wilson est couverte ou non.

La prévention de la maladie de Wilson

Une femme donne des croquettes spéciales à son chien

La maladie de Wilson étant héréditaire, la meilleure méthode pour la prévenir consiste à écarter de la reproduction tous les chiens malades ou porteurs sains, afin d'éviter de prendre le risque qu'ils transmettent à leur descendance une anomalie génétique qui en est à l'origine.

 

Dans le cas du Bedlington Terrier, cette tâche est assez simple, puisqu'il existe un test génétique permettant d'identifier les individus problématiques. En revanche, pour les autres races, aucun test n'existe à l'heure actuelle : la seule solution est d'exclure de la reproduction tous les chiens malades et leurs proches parents (c'est-à-dire leurs géniteurs, leurs frères et soeurs, et leurs petits s'ils en ont).

 

Enfin, une alimentation pauvre en cuivre peut être donnée de manière préventive aux chiens à risque, notamment ceux ayant déjà été malades et/ou appartenant à une race prédisposée. Une étude cantonnée au Labrador, intitulée « Association of dietary copper and zinc levels with hepatic copper and zinc concentration in Labrador Retrievers » et publiée dans le Journal of veterinary internal medicine en 2012, a d'ailleurs prouvé qu'une alimentation contenant beaucoup de cuivre et peu de zinc augmente significativement le risque de développer la maladie de Wilson chez cette race. On peut s'autoriser à penser qu'il en va de même pour tout ou partie des autres.

Le mot de la fin

La maladie de Wilson n'est pas très courante, mais est grave dans la mesure où elle engendre un dysfonctionnement progressif du foie par accumulation anomale de cuivre. Certains traitements permettent toutefois une amélioration de l'état des chiens malades, dans le cas où le foie n'est pas trop endommagé. En parallèle, une alimentation adaptée est utile pour éviter les rechutes, voire prévenir la maladie.

 

Toutefois, la meilleure prévention reste d'exclure de la reproduction tous les chiens testés positifs (dans le cas où le test existe), ainsi que ceux qui ont développé des symptômes et leurs proches parents.

Par Aurélia A. - Dernière modification : 12/25/2021.