La cheyletiellose du chien : symptômes, traitement, transmission...

La cheyletiellose du chien : symptômes, traitement, transmission...

La cheyletiellose est une dermatose - c'est-à-dire une maladie de la peau - très contagieuse, fréquente chez les chiens, les chats et les lapins. Fort heureusement, elle se soigne très bien, à condition de respecter scrupuleusement, et jusqu’à son terme, le traitement prescrit par le vétérinaire.

Partager
 

Qu’est-ce que la cheyletiellose?

La cheyletiellose est une maladie de la peau du chien causée par un acarien qui s’appelle Cheyletiella yasguri. Ce dernier mesure environ 0.5 millimètre, et peut donc facilement être observé au microscope. Ce parasite du chien s’accroche à la base des poils de son hôte, mais ne s’enfonce pas sous la peau. Il se nourrit de débris de peau et de fluides tissulaires, et se reproduit selon un cycle de trois semaines. La femelle pond des œufs qui sont enrobés dans des filaments pour que ces derniers s’accrochent à la peau et au pelage de l’animal hôte.

 

La Cheyletiella yasguri a ainsi besoin de la peau d’un chien pour se reproduire. Hors de cet environnement, même dans de bonnes conditions de chaleur et d’humidité, les femelles adultes ne peuvent survivre plus de 10 jours.

 

Les chiots sont les principales victimes de la cheyletiellose. Il est plus rare que des chiens adultes développent la maladie, quand bien même le parasite est présent sur leur peau. Par contre, certaines races de chien présentent des prédispositions à la cheyletiellose, en particulier le Caniche ou le Yorkshire Terrier.

La transmission de la cheyletiellose

La contamination d’un chien par la cheyletiellose se fait soit par contact direct avec un congénère porteur, soit par l’intermédiaire d’un environnement contaminé.

 

D’autres vecteurs mécaniques comme les puces du chien ou les poux peuvent aussi infester l'animal. Les Cheyletiella yasguri peuvent en effet s’accrocher à la peau de ces derniers, à la recherche d’un autre animal hôte.

 

Par contre, si les chats et les lapins sont aussi concernés par la cheyletiellose, il s’agit d’un acarien différent : la cheyletiellose du chat est causée par Cheyletiella blakei, et celle du lapin par Cheyletiella parasitivorax. De ce fait, un chat ou un lapin ne peut transmettre la cheyletiellose à un chien, et réciproquement.

Les symptômes de la cheyletiellose chez le chien

Le principal symptôme de la cheyletiellose est l’apparition de pellicules de diverses tailles sur la peau du chien, en particulier sur la tête, le cou et le haut du dos. On les prend parfois à tort pour des croûtes de lait, fréquentes chez les chiots, alors qu’il s’agit bien de pellicules causées par la cheyletiellose. On les repère plus facilement sur les individus à pelage sombre que sur ceux à pelage plus clair.

 

Les Cheyletiella yasguri s’accrochent à la peau grâce à deux crochets, ce qui peut provoquer des réactions allergiques susceptibles d’occasionner d’importantes démangeaisons. Des éclaircissements de la fourrure, voire de légères alopécies, des croûtes et des papules peuvent aussi être observés.

 

Toutefois, le dépistage de la cheyletiellose est plus compliqué qu’il n’y paraît, car plusieurs autres parasites peuvent occasionner les mêmes symptômes chez le chien. Aussi, avant de pouvoir confirmer le diagnostic et mettre en place un traitement approprié, le vétérinaire doit réaliser des prélèvements et des analyses afin de s’assurer de la présence de Cheyletiella yasguri.

 

Par ailleurs, chez les chiens adultes, l’animal peut être infesté par le parasite sans pour autant que se manifeste le moindre symptôme.

 

Cela dit, la cheyletiellose ne revêt pas de caractère urgent, car elle n’entraîne pas de complications sérieuses. Toutefois, les démangeaisons causées par ce parasite canin donnent à l’animal l’envie de se gratter, ce qui peut provoquer des rougeurs et des croûtes, lesquelles favorisent le développement de certaines bactéries.

Les traitements contre la cheyletiellose du chien

Pour débarrasser le chien de la cheyletiellose, le vétérinaire prescrit un traitement antiparasite. Différentes formes sont possibles, puisqu’il peut s’agir d’une lotion à appliquer, de gouttes à verser ou de produits à saupoudrer. En complément, il peut prescrire un bain médicamenteux ou un collier antiparasitaire pour chien.

 

Pour appliquer le traitement, le maître doit localiser les régions les plus touchées, écarter les poils du chien et appliquer le traitement à différents endroits de la peau. Il ne doit surtout pas toucher avec sa main, afin de laisser agir le produit. La guérison se fait généralement au bout de trois semaines, à moins d'une nouvelle contamination.

 

En plus de l’animal lui-même, il est essentiel de traiter aussi son environnement direct, c'est-à-dire le lieu de couchage du chien et les endroits de la maison qu’il fréquente régulièrement, car ils hébergent aussi vraisemblablement le parasite. Outre passer régulièrement l’aspirateur, il est nécessaire d’utiliser fréquemment des acaricides rémanents ou désinfectants, pour éviter que le parasite ne prolifère de nouveau. Ceci vaut également d’ailleurs à titre préventif, c'est-à-dire pour réduire le risque que votre chien soit infesté.

 

Enfin, si d’autres chiens vivent sous le même toit, il est important de les examiner et de les traiter si nécessaire, puisqu’il est fort probable qu’ils soient aussi contaminés.

La transmission de la cheyletiellose à l’Homme

La cheyletiellose est une zoonose, c’est-à-dire une maladie du chien transmissible à l’Homme. Les Cheyletiella yasguri du chien peuvent passer sur la peau d’un humain lors d’un contact direct avec l’animal infesté. Ils occasionnent alors la formation de papules prurigineuses et de petites croûtes sur les bras, les jambes, le ventre ou le cou, entraînant des démangeaisons.

 

Ils sont faciles à traiter, à condition que le médecin ait pu en identifier la source. Toutefois, ceci n’est pas forcément très aisé, car même si la contamination s’est faite rapidement après celle du chien, les premiers symptômes chez l’humain peuvent apparaître bien avant ceux de l’animal. C’est d’autant plus compliqué lorsque le chien est porteur mais ne développe pas la maladie.

 

De fait, lorsqu’un chien contracte la cheyletiellose, son maître est contaminé dans plus de 50 % des cas, dès lors qu’il est souvent en contact direct avec son animal.

 

Cela dit, traiter l’animal suffit généralement pour faire régresser la présence des Cheyletiella yasguri chez le maître, car comme dans le cas de la gale sarcoptique du chien, les parasites ne peuvent pas se reproduire sur la peau humaine et finissent par disparaître spontanément.

Le mot de la fin

La cheyletiellose du chien est une maladie qui ne nécessite pas de s’inquiéter outre mesure, car elle ne comporte que très peu de risques pour son état de santé et se guérit très bien.

 

Il ne faut pas pour autant se dispenser de traiter le chien, car les démangeaisons qu’elle peut causer peuvent devenir importantes, en particulier chez les chiots, qui risquent de se gratter jusqu’à causer des lésions. Un passage chez le vétérinaire est donc nécessaire pour confirmer la présence de Cheyletiella yasguri et mettre en place un traitement adéquat.

Dernière modification : 09/08/2019.
Reproduction interdite sans autorisation.