L’ehrlichiose chez le chien : causes, symptômes, traitement...

L’ehrlichiose chez le chien : causes, symptômes, traitement...

L’ehrlichiose est une maladie bactérienne qui peut toucher aussi bien les humains que les animaux. Chez certaines espèces animales, comme le chien, elle peut être grave, voire fatale, si elle n’est pas détectée et prise en charge à temps.


Par ailleurs, elle est transmissible d’un chien à l’autre, d’où la nécessité de mettre en œuvre les précautions qui s’imposent pour éviter la contagion.

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Les causes et la transmission de l’ehrlichiose

Les bactéries responsables de l’infection sont Ehrlichia canis, Ehrlichia chaffeensis ou Ehrlichia ewingii. Mais bien que l’ehrlichiose puisse être causée par trois bactéries différentes, elle se déclare toujours de la même manière. Ces bactéries sont transmises par les tiques, lorsqu’elles se nourrissent du sang de leur hôte. La tique brune (Rhipicephalus sanguineus) semble être le premier responsable de la transmission de l’ehrlichiose canine, bien qu’il n’ait pas été prouvé qu’elle soit la seule.

 

La transmission a lieu par la piqûre de ce petit arachnide acarien, lorsque ce dernier se nourrit et que sa salive passe dans le sang de l’animal hôte. La bactérie ainsi « injectée » dans le sang du chien s’y reproduit, finissant le plus souvent par le rendre malade. Il arrive toutefois que l’organisme soit capable de résister : certains individus vivent ainsi avec la bactérie dans le sang sans jamais déclarer de symptômes, voire carrément parviennent à l’éliminer et à s’auto-immuniser.

 

L’ehrlichiose se rencontre un peu partout dans le monde, mais on la trouve principalement dans les régions chaudes où les tiques sont particulièrement à l’aise, comme le sud de la France. Néanmoins, elle peut aussi être importée dans des zones plus froides par un animal qui a voyagé et qui a transporté une ou plusieurs tiques dans sa fourrure.

 

Aucune race de chien n’est épargnée par l’ehrlichiose. Il semble cependant que les chiens de pure race soient plus touchés que les individus issus de croisements. Par ailleurs, les canidés sauvages, comme les renards ou les loups, peuvent aussi développer et transmettre cette maladie.

 

Les chiens élevés en chenil, ceux qui séjournent dans une pension pour chien, mais également ceux qui sont souvent en plein air (dans les jardins, les champs, les forêts…) sont plus exposés que ceux qui vivent en appartement et qui sortent rarement, puisqu’ils sont plus susceptibles de croiser des tiques sur leur chemin. Cela dit, certains individus sont plus résistants que d’autres face à l'ehrlichiose – c’est le cas en particulier de ceux qui sont en parfaite santé.

Comment se déclare l'ehrlichiose ?

L’ehrlichiose canine ne se déclare pas de la même manière d’un chien à un autre, indépendamment de sa race, de son âge ou de son sexe. Il semble que la santé et la résistance de l’animal, ainsi que les soins qui lui sont prodigués au quotidien, jouent un rôle prépondérant.

 

Il existe en tout cas deux principales formes d’ehrlichiose : la forme aigüe et la forme chronique.

La forme aigüe de l’ehrlichiose

Dans sa forme aigüe, l’ehrlichiose se manifeste rapidement à travers divers symptômes. Il suffit généralement de quelques jours à peine après que l’animal ait été mordu, mais la durée d’incubation peut aller jusqu’à une semaine, en fonction de la résistance du système immunitaire de l’animal. Les signes les plus remarquables sont notamment de la fatigue, de l’inappétence (perte de l’appétit), de la fièvre, des douleurs articulaires et des vomissements.

 

Même si la maladie n’est pas soignée ou est mal soignée, il peut arriver que ces symptômes disparaissent après quelques jours. Le chien reste alors malade, mais la maladie évolue vers une phase de latence, où l’animal se porte mieux et aucun signe visible particulier n’apparaît. Toutefois, il peut arriver au contraire que les ganglions de son cou enflent et deviennent douloureux au toucher, ou bien que des hématomes apparaissent sur ses membres ou son ventre. L’animal est donc toujours porteur de la bactérie, et la maladie évolue vers la forme chronique. Cela met de quelques semaines à quelques mois, selon la résistance et la santé du chien.

 

Cela dit, l’ehrlichiose ne passe pas systématiquement par une forme aigüe avant d’évoluer vers sa forme chronique : le chien peut très bien déclarer d’emblée la forme chronique de la maladie.

La forme chronique de l’ehrlichiose

Dans sa forme chronique, la maladie ne se déclare pas tout de suite – du moins pas dans les jours qui suivent l’inoculation de la bactérie. L’ehrlichiose peut ainsi rester « dormante » pendant plusieurs mois ou plusieurs années chez des animaux qui semblent en parfaite santé. Néanmoins, même s’il n’y a pas de signes visibles de la maladie, le parasite commence à faire des ravages dans l’organisme du chien.

 

Lorsque les symptômes commencent enfin à apparaître, il est souvent déjà trop tard, les dégâts étant trop importants. L’animal est épuisé, refuse de s’alimenter, saigne du nez, souffre au niveau des articulations et est particulièrement amaigri. À un stade plus avancé de la maladie, le chien présente une pancytopénie (réduction des cellules sanguines), et sa moëlle osseuse se détruit progressivement. De fait, il est rare que le chien survive à la forme chronique de l’ehrlichiose.

La détection de l’ehrlichiose

Les symptômes de l’ehrlichiose peuvent prêter à confusion. En effet, la fatigue, la fièvre et les vomissements sont des symptômes très courants, communs à de nombreuses maladies du chien. Le moyen le plus fiable pour détecter cette maladie, pour confirmer sa présence et celle du parasite, reste le recours à des analyses sanguines. Lorsque les symptômes apparaissent, et même s’ils ne paraissent pas graves, le chien doit donc être emmené chez le vétérinaire pour une prise de sang. Même si les premiers symptômes ont disparu, il ne faut pas hésiter, au risque de laisser la maladie évoluer vers sa forme chronique, si effectivement le chien l’a contractée.

 

Chez les individus qui ne montrent pas de symptômes ou qui vivent avec la bactérie sans développer la maladie, l’ehrlichiose est évidemment plus difficile à détecter. En la matière, c’est sur la prévention qu’il faut mettre l’accent : comme pour les humains, faire faire une prise de sang à son chien de manière régulière est un bon moyen de détecter d’éventuels problèmes. Cela est particulièrement nécessaire s’il a été exposé à des tiques ou a été en contact avec un autre chien malade (ou tombé malade par la suite).

Le traitement de l’ehrlichiose chez le chien

Comme toutes les maladies infectieuses, l’ehrlichiose se soigne par des antibiotiques, des corticoïdes et des médicaments indiqués pour alléger les symptômes gênants, comme les vomissements. Dans la plupart des cas, de la Doxycycline ou de la Rifampicine, de la Prednisolone et du citrate de maropitant sont prescrits par le vétérinaire. Les formes injectables sont souvent privilégiées, de manière à éviter tout vomissement du traitement.

 

Par ailleurs, l’animal traité doit être séparé de ses compagnons pour éviter que les tiques qui véhiculent la maladie ne se transmettent à ces derniers. Toutefois, cela ne suffit pas : il faut aussi leur faire passer des tests sanguins, afin de vérifier si justement ils n’ont pas déjà infectés par les Ehrlichias.

 

Du repos, une alimentation légère mais complète ainsi qu'une bonne hydratation s’imposent également pour favoriser la guérison. Par ailleurs, comme pour toutes les autres maladies du chien, il est fortement déconseillé de tenter de soigner son animal soi-même en lui administrant des médicaments. Le remède pourrait s’avérer pire que le mal, voire carrément fatal.

 

Quoi qu’il en soit, l’efficacité du traitement dépend évidemment du stade d’avancement de la maladie et de l’état de santé général du chien. Si, dans sa forme aigüe, l’ehrlichiose se soigne très bien, la forme chronique en revanche lui est bien souvent fatale, à moins d’être détectée et soignée très tôt.

L’ehrlichiose est-elle contagieuse?

L’ehrlichiose est contagieuse, toujours par l’intermédiaire des tiques du chien. La possibilité de transmission directe d’un individu à un autre n’a en revanche pas été prouvée. Un animal malade, qu’il ait la forme aigüe ou la forme chronique de la maladie, passera les bactéries à la tique qui le pique, et cette dernière les transmettra à d’autres chiens. En revanche, l’ehrlichiose du chien ne se transmet pas à d’autres espèces, même si l’humain et certains animaux peuvent être touchés par certaines autres variétés d’ehrlichiose.

 

Il convient également de préciser qu'un chien guéri de la maladie après un traitement approprié n’est pas pour autant immunisé. Il peut la développer à nouveau à l'avenir, s’il est de nouveau infecté. Il peut aussi devenir un « porteur sain », c’est-à-dire qu’il a alors toujours les agents pathogènes en lui et peut transmettre la maladie, mais sans pour autant la développer lui-même.

Protéger son chien contre l’ehrlichiose

Une hygiène parfaite du chien et de son environnement permet de limiter le risque d’infection.

 

S’il vit généralement dehors, notamment en campagne, ou s’il sort souvent dans les champs ou en forêt, prenez soin de vérifier régulièrement qu’il ne ramène pas de l’extérieur des tiques dans sa fourrure.

 

En tout état de cause, dans les régions où les tiques sont présentes, il est recommandé de nettoyer régulièrement la niche du chien et ses affaires (panier du chien, coussin, doudou, etc.). L'utilisation fréquente d'un antiparasitaire contre les tiques et/ou l'usage d'un collier anti-tiques réduit aussi les risques.

Le mot de la fin

L’ehrlichiose est à la fois extrêmement dangereuse si on la laisse se développer sans intervenir, et facile à guérir comme à prévenir.

 

En effet, si elle est détectée et traitée à temps, elle se soigne très bien, alors qu’au contraire elle peut s’avérer mortelle si on considère le chien guéri du fait que ses premiers symptômes ont disparu, et qu’on renonce alors à le faire examiner par un professionnel.

 

En outre, avec un minimum d’efforts de prévention, à commencer par un déparasitage régulier du chien et de son environnement, on peut réduire considérablement le risque de la voir survenir.

Dernière modification : 08/09/2019.
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Commentaires sur cet article

Mon chien berger allemand de 4 ans 1/2 souffre de cette maladie détectée rapidement par une ponction.
Une transfusion sanguine a été faite, un traitement à base d'antibiotique est en cours, elle va un peu mieux mais reste très faible donc nous faisons très attention à ce qu'elle ne se fatigue pas et des visites chez le vétérinaire sont fréquentes.
Traitement: DOXYVAL, MEGASOLONE et CERENIA
L'appétit est revenu je pense que c'est bon signe.
On croise les doigts

   
Par DUCLOS

Bonjour,
Mon chien, un coker anglais, etait tres fatigué et presentait des ganglions palpables dans le cou.
Une visite chez le viterinaire puis un bilan sanguin montrait une grosse anemie en globule rouge et plaquette.
Malheureusement pour mon chien, le veterinaire a d'abord pensé à une leshmaniose et a lancé toute une serie de test dans ce sans. Et pour traitement, cortisone et fluoroquinolone!!!!
Cela a durée 3 mois, je vous passe le nbr d'examen inutil que le chien à subit car tous tjrs ds le sens d'un leschmaniose ou leucemie, et ces examens signaient pour la presence d'un parasite mais pas le bon!!!
Changement de veterinaire, une serologie et la le diagnostique tombe: Une ehrlichiose.
Le chien est aussitot placé sous doxycicline. Mais les 4 mois de travail de me$$e du premier veto a peut etre conduit a l'installation de la forme chromique de la maladie car depuis je vois deperir doucement mon animal et ce malgrès les antibiotiques.
Moralité: n'esité pas a consulter plusieur avis rapidement, car il y a de grosse difference de competence de nos viterinaire francais.

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Par laurent

ma braque de weimar vient d'être diagnostiquée comme atteinte par cette maladie. Elle n'a que 8000 plaquettes au lieu de 300 000. En fait ce qui nous a donné l'alerte c'est l'apparition d'hématomes. Le premier est apparu autour du nombril, puis au niveau des cuisses. Elle avait été fatiguée quelques jours auparavant avec un blocague articulaire qui nous avait d'abord fait penser à une crise de rhumatisme. Mais avec les hématomes, nous avons fait une prise de sang, examen du coeur, des reins, du fois, des poumons, des urines. Tout était parfait sauf la numération plaquettaire. Elle est sous antibiotique + vitamine K1 + cortisone. Interdiction de courir ce qui n'est pas évident pour un chien de chasse. Bien entendu pas de chasse en ce moment et prise de sang toutes les semaines pour contrôle.

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Par DAVID

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