L'influence de la chienne gestante sur le chiot

La composition de la portée influe sur le développement du chiot

L'influence du nombre de chiots dans la portée

L'influence du nombre de chiots dans la portée

Les chiennes ont en moyenne des portées de 5 chiots, mais il existe de grandes différences d'une race à l'autre. Par exemple, il n'est pas rare que les chiens de grande taille donnent naissance à près de 15 petits à la fois. Le record du plus grand nombre de chiots dans une portée est détenu par un Mâtin Napolitain qui a donné naissance à 24 petits. Les portées composées d'un seul chiot sont quant à elles extrêmement rares et concernent souvent des chiens de très petite taille, comme le Caniche Toy et le Spitz nain.

 

Voici quelques exemples du nombre de chiots par portéee selon la race du chien :

 

Or, le nombre de chiots par portée influe sur leur taille à la naissance. En effet, l'utérus et l'abdomen de la mère ne sont pas extensibles à l'infini, et dix foetus ont proportionnellement moins de place pour se développer que quatre ou cinq. Ils se cognent, se gênent, et grandissent donc un peu moins.

 

Pour cette raison, chaque accouchement est généralement plus simple dans le cas d'une portée nombreuse, car les chiots sont de taille relativement réduite. À l'inverse, dans le cas d'une portée d'un seul chiot, la mise bas de la chienne est souvent plus difficile, et il n'est pas rare de devoir pratiquer une césarienne.

L'influence de la position par rapport aux autres foetus

Position intrautérine des foetus (source : vetopsy.fr)
Position intrautérine des foetus (source : vetopsy.fr)

Dans le cas d'une portée multiple, les foetus sont positionnés les uns à côté des autres, chacun disposant de son cordon ombilical, son placenta et son sac amniotique. Si ce positionnement est aléatoire, dans le sens où il dépend de l'heure de la fécondation de chaque ovule, il n'en demeure pas moins qu'il peut influer sur le comportement des chiots après la naissance, et plus particulièrement le comportement reproducteur des chiennes.

 

En effet, une femelle dont le foetus était situé entre deux foetus mâles présente des différences significatives par rapport à une femelle voisine pendant la gestation d'un seul ou d'aucun mâle :

  • son système génital est légèrement masculinisé ;
  • les chaleurs de la chienne sont plus espacées et plus irrégulières ;
  • son caractère est moins attractif pour les mâles ;
  • elle accepte moins facilement les tentatives de monte ;
  • elle fait montre d'une agressivité plus importante envers les autres femelles et lors de la protection de sa progéniture.

 

Ces caractéristiques seraient dues au fait que certaines hormones masculines (dont la testostérone) sécrétées par les foetus mâles pendant leur développement sont capables de traverser les sacs amniotiques : une femelle entourée de deux mâles y est donc davantage exposée que les autres, et cela a des répercussions sur son propre développement. Il est toutefois plus qu'improbable que le phénomène conduise à l'hermaphrodisme du chien femelle.

 

En situation normale, les femelles concernées sont désavantagées au moment de la reproduction par rapport aux autres chiennes en chaleur. Par contre, en cas de compétition ou de surpopulation canine, leur combativité et leur agressivité renforcées peuvent constituer un avantage certain et augmenter grandement leurs chances de survie ainsi que celles de leur progéniture.

Les conséquences du stress prénatal de la mère sur le chiot

Les conséquences psychologiques du stress prénatal

Les conséquences psychologiques du stress prénatal

Tout au long de la gestation, la mère communique avec ses petits, même lorsque ces derniers sont encore au stade d'embryons ou de foetus. La communication se fait principalement via le placenta et le cordon ombilical, par le biais desquels transitent non seulement les nutriments nécessaires au bon développement du chiot, mais aussi les hormones sécrétées par la mère.

 

C'est ainsi que le foetus est capable de ressentir le stress de sa mère, car celle-ci produit alors des hormones de stress en quantités importantes. Une chienne stressée a aussi tendance à être agitée, à tourner en rond ou à se lécher plus souvent, et elle peut être sujette à des contractions de l'utérus ou des intestins : toute cette agitation se traduit au niveau du foetus par le biais de stimulations tactiles et de contacts plus nombreux. Si ce stress est important ou s'étend sur une longue période, le chiot peut en demeurer affecté toute sa vie, en se montrant particulièrement timide et émotif, mais aussi en ayant des compétences sociales réduites. Dans les cas extrêmes, un stress excessif peut même provoquer l'avortement de la chienne.

Les conséquences physiques du stress prénatal

Les conséquences physiques du stress prénatal

On sait aussi que le stress prénatal de la mère a des conséquences directes et parfois irréversibles sur le développement physique du chiot. En effet, les hormones de stress sont impliquées dans la formation et la maturation du cerveau du futur chiot : lorsqu'elles sont produites en excès, elles peuvent à terme conduire à une altération du fonctionnement de plusieurs structures cérébrales.

 

En outre, ces hormones peuvent également causer une réduction du diamètre des vaisseaux sanguins du cordon ombilical, ce qui se traduit par une diminution des apports en nutriments et en oxygène, et à terme, par un sous-développement de certains organes du chiot - en particulier son cerveau. À l'inverse, il a été démontré que le foetus de plus de 45 jours réagit positivement aux caresses du ventre de sa mère : elles le rendent moins agité et plus apaisé.

 

L'environnement et les expériences vécues par la mère pendant la phase de gestation influent donc de manière très précoce sur le développement et le caractère des futurs chiots. On comprend mieux dès lors à quel point il est essentiel de mettre une chienne pleine au calme, et de façon générale d'être particulièrement vigilant à son bien-être pendant cette période déterminante pour sa progéniture. Mieux vaut  donc par exemple éviter les longs trajets voire un déménagement avec un chien en gestation, et de façon générale toute activité stressante ou fatigante pour l'animal.

L'influence maternelle sur le goût du chiot

L'influence maternelle sur le goût du chiot

Le sens du goût du chien apparaît très tôt, alors qu'il est encore à l'état de foetus. Ainsi, dès le 45ème jour de gestation de la chienne, le petit est déjà capable de reconnaître et d'apprécier certaines saveurs. Il a d'ailleurs été observé qu'après la naissance, le chiot a tendance à préférer les aliments qui ont été consommés par sa mère au cours de la gestation et pendant qu'elle l'allaitait.

 

En effet, pendant la gestation, certaines essences alimentaires consommées par la mère passent la barrière placentaire. Le foetus avale aussi involontairement du liquide amniotique pendant sa croissance, et ses papilles sont capables d'y détecter des susbtances et des saveurs, même en très petites quantités. Enfin, après la naissance, le lait maternel a un goût différent en fonction de la nourriture qu'elle consomme. Tous ces phénomènes conduisent le chiot à s'habituer très tôt à l'alimentation de leur mère pendant la grossesse : une fois sevré, il se tourne préférentiellement vers des aliments qui ont des saveurs similaires.

Le mot de la fin

Le développement prénatal canin est particulièrement rapide : en à peine deux mois, la morphologie du chien est formée, ses organes et ses sens sont opérationnels, et le pelage du chien est présent. On peut même distinguer certains traits de caractère du chien dès la naissance, car son apprentissage et son appréhension du monde extérieur commencent bien avant la mise bas.

 

Il serait toutefois exagéré de considérer que tout se joue avant la naissance. Le mode de vie de la mère pendant la gestation a certes une influence certaine sur la croissance et la maturation de son petit, mais les premiers mois de sa vie sont tout aussi cruciaux pour son avenir. En particulier, la phase de socialisation du chiot est une étape-clef : c'est elle qui détermine par la suite les capacités d'apprentissage du chien, sa propension à s'adapter à de multiples situations et environnements, et même la capacité du chien à cohabiter avec des congénères ou d'autres animaux.

Dernière modification : 06/20/2020.