Insémination artificielle : la reproduction médicalement assistée chez le chien

Insémination artificielle : la reproduction médicalement assistée chez le chien

En France, de plus en plus d'éleveurs canins éprouvent des difficultés à mener à bien une gestation. Lorsqu'on sait que les chaleurs n'ont lieu qu'une à deux fois par an, le moindre échec est considéré comme une perte de temps et d'argent. 


Pour y faire face, certains d'entre eux ont fait le choix de la reproduction médicalement assistée, plus communément appelé « l'insémination artificielle ».

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Insémination artificielle : pour quels chiens ?

La reproduction médicalement concernée vous concerne si vous êtes dans l'une de ces situations :

  • les chiens reproducteurs sont maladroits ;
  • la chienne ou le mâle refuse catégoriquement l'accouplement (par exemple du fait d'un conflit hiérarchique) ;
  • des difficultés physiques (dysplasie, arthrose...) compliquent l'accouplement ;
  • des difficultés anatomiques : différences de gabarit, concordance des appareils génitaux...
  • présence de certaines maladies (obésité, maladie vénérienne…) ;
  • les frais de saillie sont trop importants ;
  • les mâles / femelles reproducteurs sont trop éloignés l'un de l'autre ;
  • le souhait de conserver dans le temps une semence de qualité.

Que faire pour réussir l'insémination artificielle d'un chien ?

On estime qu'en moyenne le taux de réussite de la reproduction canine médicalement assisté est situé entre 60-70 % pour une saillie et 70-75 % avec deux saillies.

 

Dans les faits, votre réussite dépendra des éléments suivants :

  • Un spermogramme afin d'évaluer la qualité de la semence.

 

Seuls la qualité, le sérieux et la rigueur vous permettront d'avoir le bonheur de suivre une gestation chez la chienne .

Les différentes méthodes d'insémination artificielle d'une chienne

La reproduction médicalement assistée regroupe 3 types de méthodes pour réaliser l’insémination artificielle. 

L’insémination de semence fraîche

Il s’agit d’une technique qui consiste à réaliser l’insémination avec un sperme qui vient juste d’être recueilli. L’insémination se fait très rapidement, et l’attente doit être réduite au minimum, car le spermatozoïde en l’état peut se dégrader très vite. En tout état de cause, le délai ne doit pas dépasser 20 minutes.

 

Cependant, avant d’intervenir il faut effectuer un examen de l’éjaculation pour évaluer la qualité des spermatozoïdes qui y sont contenus. Cet examen permet de savoir si la gestation pourra se faire, et c’est aussi la garantie d’avoir une très bonne portée. C’est une étape indispensable pour savoir s’il y a une menace d’affection.

 

L’insémination de semence fraîche est très courante. Elle est réalisée fréquemment par les vétérinaires. Vous pouvez aussi le faire, mais à condition de respecter toutes les étapes et surtout de choisir les bons matériels pour ne pas compromettre la saillie. Ils se composent d’un pistolet, d’une sonde d’insémination, d’un liquide lubrifiant.

 

Il y a deux choix pour l’insémination :

  • l’insémination intravaginale : c’est la technique la plus facile et la plus courante. Elle consiste à déposer directement le sperme dans le vagin.
  • l’insémination intra-utérine : qui demande plus d’expérience et de dextérité, car elle nécessite l’utilisation de matériels plus complexes comme la vidéo vagino-scopie. Mais elle vous permettra de voir directement ce qui se passe à l’intérieur et de suivre l’intervention.

L’insémination de semence réfrigérée

L’insémination de semence réfrigérée est une méthode qui consiste à conserver le sperme à une température moyenne de 4 °C. Ces conditions permettent de conserver la capacité des spermatozoïdes à féconder. Cependant, il faut veiller à ce que le sperme soit déposé dans un dilueur, qui se compose généralement de fructose, d’acide citrique et d’hydroxyméthyl aminoéthane.

 

La semence est utilisable même après quelques jours. Si vous avez choisi un mâle qui se trouve être éloigné, c’est la meilleure solution. En choisissant ce type d’insémination, vous évitez un voyage coûteux et long, susceptible en outre d'avoir une mauvaise répercussion sur le chien qui effectue le déplacement. Pour que le procédé réussisse, il est important d’utiliser une sonde norvégienne ou la vidéo vagino-scopie.

 

Concernant la technique d'insémination à employer, tout dépend du nombre de jours de réfrigération. Si elle n’a pas encore dépassé deux jours, la meilleure alternative est la voie intra-vaginale. Si ce délai de deux jours de réfrigération a été franchi, il faut passer par une insémination par voie intra-utérine.

L’insémination de semence réfrigérée a l'avantage d'offrir une chance aux mâles ayant une semence médiocre.

L’insémination en semence congelée

L’insémination en semence congelée est un procédé qui consiste à congeler la semence du mâle à une température de -196 °C dans l’azote liquide. Avant d’être congelé, le sperme passe par un spermogramme pour en évaluer la qualité. En effet, c’est un critère important et décisif. Seul le sperme de bonne qualité sera congelé. Il faut prendre en compte la concentration de spermatozoïdes par ml, la motilité et le taux de cellules anormales, qui ne doit pas aller au-delà des 20 %.

 

L’insémination en semence congelée est la technique idéale si vous voulez  faire reproduire un mâle qui, pour des raisons médicales, doit passer par exemple par une chimiothérapie. Elle est aussi excellente pour sauver des races de chiens en voie de disparition ou des lignées de grande qualité. Par contre, cette méthode demande encore plus de précision sur la période d’ovulation et une sélection rigoureuse de la semence.

Dernière modification : 01/28/2019.
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