L'impact de l'humain sur la santé du chat et du chien

Le rôle de l'environnement familial dans la santé des chats et des chiens

Le rôle de l'environnement familial dans la santé des chats et des chiens

Les chiens et les chats qui vivent étroitement avec les humains se laissent imprégner, tels une éponge affective. Particulièrement ritualisés dans leurs comportements du quotidien, ils sont souvent réglés comme du papier à musique pour réagir à nos emplois du temps qui dictent les leurs. C'est d'ailleurs dans la routine que nos compagnons se sentent le mieux, en particulier les individus les plus sensibles : les habitudes sont prévisibles, donc rassurantes.

 

Au rythme des allées et venues humaines, le chien comme le chat se fabriquent un catalogue de comportements canins et félins personnel, organisé autour des activités du maître, même si le chat peut être parfois un peu plus libre.

 

Émotionnellement en première ligne, ils partagent les tracas de leur maître, ses contrariétés et conflits, tout en subissant sa méconnaissance des spécificités de l'espèce canine ou féline, ainsi que leur anthropomorphisme. Nombre des affections touchant les chats et les chiens peuvent de ce fait être les symptômes de difficultés d'adaptation ou de dysfonctionnements de la relation humain/animal.

 

Ainsi, le chien, animal social auquel une hiérarchie, c'est-à-dire des règles de vie claires et permanentes, doit être imposée pour son confort relationnel (un chien a besoin de hiérarchie pour être heureux), se voit souvent attribuer maladroitement les privilèges de la dominance par ses maîtres, qui prétendent ensuite exiger son obéissance. À cette place intenable, le chien déploie des comportements désordonnés en proie à des émotions contradictoires.

 

Or, des émotions non ou mal gouvernées finissent toujours pas provoquer des troubles métaboliques, et pour peu que ces émotions soient durables, ces troubles métaboliques finissent par provoquer des maladies organiques.

 

L'impact de l'humain sur la santé du chat et du chien

La peau semble le récepteur le plus sensible à ces modifications bio-émotionnelles. Le tube digestif, l'appareil urinaire ainsi que le cœur sont aussi d'excellents récepteurs d'émotions. Résultat : l'animal se gratte ou se lèche nerveusement, tousse, vomit, a la diarrhée, boîte, tourne après sa queue, aboie ou miaule, urine ou défèque dans la maison... Ces douleurs, lésions ou problèmes de comportement sont l'exact reflet des émotions ressenties.

 

Le chat, plus indépendant que le chien, arrive à prendre davantage de distance par rapport aux problèmes des humains, sauf s'il vit une relation symbiotique avec son maître. Prenons l'exemple de Tzarine, chatte Sacré de Birmanie qui vit seule avec Brigitte. Celle-ci, très angoissée, la caresse ou la cajole de manière excessive. Tzarine se lèche certaines parties du corps et de la queue, et ces léchages stéréotypés vont jusqu'à l'automutilation, laissant apparaître une alopécie. Malgré plusieurs traitements dermatologiques ordonnés par le vétérinaire, Tzarine n'est pas guérie. Dès son retour du travail, plus Brigitte chouchoute et inspecte le pelage de la chatte, et plus la Birmane se mutile.


Le toilettage a normalement chez le félin une fonction anxiolytique. Dans le cas d'angoisse vécue par l'animal, ce toilettage outrancier devient une activité de substitution pour se calmer. Les caresses excessives de Brigitte, ainsi que les attentions et les contrôles anxieux du poil de la chatte, perpétuent son comportement de léchage.

 

Certaines affections peuvent aussi survenir en réaction aux problèmes personnels de membres de la famille (divorce, conflit momentané ou autre choc intrafamilial, déménagement, etc.). Ces problèmes ne sont pas vécus « pour eux-mêmes » par l'animal, car ça n'est pas tant le caractère heureux ou malheureux du changement de vie qui est en cause, mais plutôt le sentiment d'insécurité qu'il engendre.

La relation humain/animal et la santé de l'animal

La relation humain/animal et la santé de l'animal

Un chien ou un chat ne peut pas être considéré indépendamment de la relation qu'il a avec ses maîtres, car elle joue un rôle important dans la santé de l'animal.

 

C'est pourquoi, face à la maladie de son compagnon, tout propriétaire devrait resituer cette plainte dans son système relationnel afin se rendre compte de son possible impact négatif. 

 

Pour ce faire, il devrait se poser quelques questions :

  • Qu'est-ce qui a changé dans l'environnement perceptif de mon chien ou de mon chat ?
  • N'y a-t-il pas actuellement un problème personnel ou familial qui me fait réagir différemment face à lui ?
  • Quelle est mon attitude envers mon animal ? Ne suis-je pas trop anxieux pour lui ?
  • Mon attachement pour lui n'est-il pas excessif, est-ce que je ne le cajole pas trop ? Ne me suis-je pas appuyé sur l'entretien et le maintien de cet attachement, qui ne le laisse pas devenir plus autonome et équilibré ?
  • Est-ce que je ne projette pas sur lui des désirs inconscients, des fantasmes qu'un animal ne peut ni réaliser ni assumer ? Ceux-ci influencent en effet la manière d'être avec le chien ou le chat, et interfèrent sur les affects et la santé de ce dernier.

 

L'éthologue Boris Cyrulnik l'explique dans « le cas Pupuce » et dans « le chien de remplacement ». Il s'agit du cas d'un chien qui se réfugie dans la maladie parce que la relation avec son maître est vécue à travers les liens antérieurs que ce dernier entretenait avec son premier chien, décédé et idéalisé.

 

Tout comportement en situation d'interaction ayant valeur de message, la maladie pourrait donc bien en être un aussi. Il pourrait s'agir d'une manière de dire ou de montrer un mal-être.

Dernière modification : 02/09/2019.
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