
Comme pour l’Homme, il est tout à fait possible de faire avorter une chienne, c’est-à-dire d’interrompre volontairement la gestation de la chienne. On peut notamment décider de cet arrêt de la gestation lorsque la portée n’est pas désirée ou que la mise bas présente un danger pour sa vie et/ou celles des petits.
Quelle que soit la raison pour faire avorter sa chienne, il faut intervenir le plus tôt possible afin de garantir une meilleure prise en charge par le vétérinaire et d’éviter des problèmes pour l’animal sur le long terme.
L'avortement désigne l'interruption médicale d'une grossesse (pour un humain) ou d'une gestation (pour un animal). Il se distingue de la fausse couche, qui elle survient spontanément, alors que l'avortement est provoqué délibérément pour diverses raisons.
L'avortement ne peut généralement être pratiqué que par certains professionnels de santé, notamment un médecin ou un vétérinaire. Il doit en outre respecter certaines règles, en particulier être réalisé suffisamment tôt pendant la gestation, pour le bien-être de la chienne et pour des raisons éthiques.
Diverses raisons peuvent expliquer qu'on souhaite faire avorter sa chienne. La plus courante est bien sûr une portée non désirée, mais il en existe d'autres.
Lorsqu'on possède un chienne non stérilisée, il n’est pas rare d'être confronté à une saillie non désirée.
En effet, un mâle peut sentir une femelle en chaleur de très loin, et alors tenter de la rejoindre pour s'accoupler avec elle. Or, il est difficile de surveiller sa chienne en permanence pour éviter que cela n'arrive : en particulier si elle passe une grande partie de son temps dans un jardin, ou si on la laisse libre lors des promenades. Il peut suffire d'une fugue de quelques heures pour qu'un accouplement inopportun se produise et aboutisse sur une portée non désirée.
Dans une telle situation, on peut bien sûr décider de garder les petits en question. Il faut toutefois savoir qu'une femelle peut mettre bas à un grand nombre de chiots - parfois plus de 10 pour les plus grandes races. Le record du nombre de chiots dans une portée s'élève même à 24 ! Or, même dans le cas où on envisage de les proposer à l'adoption, cela suppose d'être capable d'en prendre soin pendant au moins 2 mois, voire davantage. Naturellement, il n'est pas dans les moyens de tout un chacun de remplir cette tâche. Le cas échéant, faire avorter sa chienne reste la meilleure option.
Si la chienne est en mauvaise santé, donner naissance à des chiots peut être dangereux, à la fois pour elle et pour ces derniers. Le fait que la chienne souffre d’une maladie quelconque ou d’une malformation peut ainsi amener le vétérinaire à préconiser un avortement.
À noter également que plus elle est âgée, plus la gestation risque d’être compliquée. Certes, la ménopause n’existe pas chez le chien : une chienne peut techniquement tomber enceinte même à un âge très avancé, mais cela n’est guère souhaitable, étant donné que c’est éprouvant à plus d’un titre. Mieux vaut éviter de faire se reproduire une chienne âgée.
En plus de cela, une chienne présentant un ou plusieurs vices rédhibitoires héréditaires (dysplasie de la hanche, atrophie rétinienne...) ne doit pas se reproduire, au risque de mettre au monde des chiots héritant de telles maladies lourdes et souvent rapidement fatales.
Enfin, si le mâle est nettement plus grand et/ou plus gros que la femelle, il existe un risque réel que les chiots soient disproportionnément imposants par rapport à cette dernière. Concrètement, cela signifie qu'ils n'ont pas forcément la place de se développer correctement dans son ventre, et que la mise bas risque d'être très compliquée.
En tout état de cause, avant de faire saillir sa chienne, il convient de prendre conseil auprès de son vétérinaire, qui fera un bilan complet de la santé de l’animal et donnera ou non son feu vert.
Si on souhaite obtenir des chiots d'une race donnée, il est crucial de ne pas choisir n'importe quel mâle pour faire saillir sa chienne.
Dès lors que la gestation de la chienne est avérée ou fortement soupçonnée, il existe trois façons d’y mettre fin.
Néanmoins, quelle que soit la solution retenue, il est fort probable que le maître doive en supporter intégralement les coûts, même s’il a pris soin de souscrire une assurance santé pour son chien. En effet, les mutuelles et assurances ne prennent généralement pas en charge les frais liés à un avortement. Au cas où, il peut néanmoins être utile de vérifier ce qu’il en est exactement.
L’aglépristone est une stéroïde de synthèse, une molécule dont le principe est de contrer la progestérone produite par la chienne quand elle est enceinte, et donc de stopper le processus de gestation. Une injection d’aglépristone peut permettre de mettre fin à une gestation éventuelle avant même que celle-ci soit avérée. Elle doit intervenir au plus tard 45 jours après la saillie. Le vétérinaire réalise deux piqûres, à 24 heures d’intervalle.
Le procédé est sans danger et sans réelles conséquences – tout au plus quelques douleurs, sans gravité, que la chienne soit effectivement gestante ou non. Le prix de cette intervention se situe entre 100 et 200€ pour les deux piqûres, selon la race et le poids de l’animal.
La deuxième manière de faire avorter une chienne est une injection de prostaglandine. Cette hormone détruit le corps jaune, qui assure la production normale de progestérone durant la grossesse.
Toutefois, contrairement à l’injection d’aglépristone, il n’est possible d’avoir recours à ce procédé qu’une fois la gestation confirmée. On peut savoir si une chienne est gestante à partir de 21 jours après la saillie, grâce à une prise de sang ou une échographie. Le vétérinaire doit effectuer trois injections du produit réparties sur deux jours.
Pour assurer un meilleur suivi, la chienne reste généralement à la clinique vétérinaire pendant ce laps de temps, car l’injection provoque quelques troubles digestifs. Au demeurant, elle n’est pas conseillée si l’animal présente des soucis de santé, en particulier des problèmes cardiaques. Si des effets secondaires apparaissent suite aux injections, comme de l’hypersalivation ou une baisse du rythme cardiaque, le vétérinaire peut décider de garder la chienne un peu plus longtemps que les deux jours nécessaires aux injections.
Le coût des piqûres de prostaglandine se situe entre 190 et 250€. Le prix de l’hospitalisation est en supplément et varie, selon les établissements, de 30€ à 50€ par jour.
L’avortement d’une chienne peut également être effectué via une intervention chirurgicale. Plus invasive que les injections d’aglépristone ou de prostaglandine, cette méthode est aussi irréversible, puisqu’elle conduit à la stérilisation de la chienne. Elle évite en revanche les risques qu’impliquent parfois les injections, notamment les troubles digestifs et autres effets secondaires éventuels.
C’est aussi une solution plus coûteuse, puisqu’il faut compter entre 230€ et 500€, selon la chienne et la durée de l’intervention.
Faire avorter sa chienne n’est pas à prendre à la légère, et la décision doit être dûment discutée avec le vétérinaire en amont.
S’ils sont minimes et rares, il existe cependant quelques risques suite à l’avortement d’une chienne.
Ainsi, le fœtus peut ne pas avoir été totalement expulsé suite aux injections, et engendrer des complications, comme des hémorragies utérines ou une métrite, c’est-à-dire une inflammation de l’utérus. Néanmoins, cette situation est très rare : dans l’immense majorité des cas, le fœtus est correctement expulsé.
Par ailleurs, de façon générale, un avortement favorise des affections de l’utérus et des troubles digestifs qui peuvent constituer un danger pour la santé de l’animal. Une visite chez le vétérinaire une dizaine de jours après l’avortement est donc indispensable.
Si la chienne est gestante et que la portée n’est pas désirée, l’avortement doit intervenir le plus tôt possible. En règle générale, après 45 jours de gestation, l’interruption volontaire de gestation serait trop dangereuse pour être réalisée.
Malheureusement, alors que cette information pourrait dans certains cas faire pencher la balance quant au choix de faire ou non avorter sa chienne, il est difficile de savoir avant le 45ème jour de la gestation combien de chiots sont attendus. En effet, c’est seulement à partir de cette période qu’on peut commencer à apercevoir leurs squelettes lors d’une radiographie.
Il convient de préciser que seul un vétérinaire peut pratiquer une interruption volontaire de gestation d'une chienne. Pour le maître comme pour l'animal, mieux vaut évidemment privilégier un vétérinaire de confiance. Si le professionnel traitant habituellement l’animal est qualifié pour ce genre d’intervention, le choisir semble tout indiqué : la chienne le connaît et se sentira probablement plus en confiance que chez un parfait inconnu.
Certaines cliniques vétérinaires sont hautement qualifiées pour ce genre d’intervention et, si elles sont généralement plus chères, elles possèdent également plus de matériel, ce qui les rend mieux à même de réagir en cas de complications.
Une chienne en chaleur est susceptible de fuguer pour répondre à ses instincts reproducteurs, ou un mâle en rut peut très bien venir se faufiler dans le jardin... Si le maître ne souhaite pas ou n’est pas en mesure d’accueillir des chiots, augmenter la surveillance lors des chaleurs est donc indispensable. Il convient alors par exemple d’éviter de la laisser sortir seule dans un jardin non clôturé.
Si le maître n’a aucune intention de faire reproduire sa chienne ou que cette dernière présente une pathologie incompatible avec la gestation, la stérilisation est hautement conseillée. Il convient d’ailleurs de rappeler que, contrairement aux idées reçues, une chienne n’a en aucun cas besoin de se reproduire dans sa vie pour être pleinement heureuse et épanouie.
Il existe aussi des contraceptifs pour chienne, sous forme d’injections d’hormones. Si cette solution a l’avantage de ne pas être définitive, y avoir recours de façon chronique (à chaque cycle) est fortement déconseillé, en raison du risque d’infections utérines.
Lorsqu’une saillie est accidentelle et non désirée ou non souhaitable, réagir vite est probablement la meilleure chose à faire. Emmener sa chienne chez le vétérinaire pour se faire conseiller est la première étape pour y voir plus clair.
En tout état de cause, si le maître ne souhaite pas la faire reproduire, stériliser sa chienne est une solution à envisager sérieusement pour éviter toute saillie non voulue, ainsi que toute complication éventuelle liée à un avortement.
Par ailleurs, il faut garder à l’esprit que si la santé de la chienne est mise en danger par la gestation, l’avortement est sensiblement moins dangereux que la poursuite de la gestation puis la mise bas de la chienne.






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