Devenir maître-chien policier

Devenir maître-chien policier

Seul, même le mieux formé et le plus intelligent des chiens policiers n’est rien. Tout au long de sa vie active, il fait équipe en permanence avec son maître-chien, et c’est la collaboration très étroite de ce binôme qui permet d’obtenir d’extraordinaires résultats.


Pour devenir maître-chien, il faut certes remplir en premier lieu certains critères physiques, tels qu’être endurant et être en bonne santé. Mais cela ne suffit évidemment pas ; il faut aussi de la rigueur, du sang-froid et surtout beaucoup de patience et de pédagogie envers le chien. Enfin, une bonne connaissance des chiens et de la psychologie canine est évidemment nécessaire.


Si ces qualités sont attendues partout, les formations de maître-chien policier peuvent toutefois comporter quelques variantes d’un pays à l’autre. La sélection des candidats est toutefois assez comparable entre les différents pays, et vise à tester à la fois à la fois les motivations du candidat, sa relation avec les chiens et ses aptitudes physiques.

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La formation des maîtres-chiens policiers en France

Que ce soit dans la Police Nationale, la Gendarmerie Nationale ou les Douanes, toute personne souhaitant devenir maître-chien policier doit être en poste depuis déjà plusieurs années et passer à travers un processus de sélection. Ce dernier inclut notamment un entretien oral devant un jury composé de membres des centres de formation et d’un psychologue. Le candidat y parle de sa carrière et de ses motivations, et montre ses connaissances du milieu et de l’univers canin. Il passe également des tests d’aptitude physique. Enfin, on met à l’épreuve en conditions réelles sa relation avec les chiens, afin de juger ses réactions.

S’il est retenu, il intègre la formation au Centre National de Formation des Unités Cynophiles (ou dans l’un des douze centres régionaux) s’il appartient à la Police Nationale, au Centre National d’Instruction Cynophile de la Gendarmerie s’il fait partie de la Gendarmerie Nationale, ou à l’École Nationale des Douanes de La Rochelle s’il fait partie du service des douanes.

Au Centre National de Formation des Unités Cynophiles (CNFUC), après trois mois de formation avec le chien, que ce soit en Défense/Intervention ou en Recherche/Olfaction, le binôme passe un examen final pour être opérationnel. Il en va sensiblement de même au sein de la Gendarmerie.

 

Quant aux Douanes, le candidat a le choix entre deux formations : la détection de stupéfiants ou la détection d’explosifs et armes à feu, missions pour lesquelles il sera accompagné d'un chien policier renifleur. Dans les deux cas, la formation dure environ un an, et est structurée en deux parties : dressage du chien d’une part, techniques de recherche d’autre part. Au terme de la formation, une évaluation finale vient confirmer que le binôme est désormais opérationnel.

Dans ces trois corps, ce n’est pas le candidat qui fournit le chien, ni même qui le choisit. Le chien est confié au candidat, il vit chez lui, et ce dernier doit dès lors s’en occuper en permanence. Souvent, la possibilité lui est offerte de garder son compagnon une fois que le chien montre des signes de vieillesse et est mis à la retraite.

Quant aux polices municipales qui emploient des chiens policiers, il faut être déjà policier municipal et faire une demande de formation, qui sera généralement effectuée par une société privée agréée par l'Etat, comme pour les agents de sécurité. Pour avoir accès à la formation, plusieurs attestations sont nécessaires, notamment celle de Sauveteur Secouriste du Travail et celle d’Équipier de Première Intervention. Par ailleurs, contrairement aux autres institutions, le candidat forme son propre chien ou est amené à adopter un chien – la plupart des centres de formation aux métiers avec des chiens en proposent, mais il peut aussi avoir la possibilité de se fournir à l’extérieur. La formation du binôme dure sept semaines et se termine par un examen final.

La formation des maîtres-chiens policiers en Belgique

Comme en France, il faut déjà faire partie de la police pour pouvoir prétendre à une formation comme maître-chien policier. Au sein de la Police Fédérale, le chien et son maître sont formés à part, contrairement à ce qui se fait dans de nombreux pays. C’est seulement à travers leur vie commune par la suite que les liens se créeront.

Au niveau local, c’est très différent. Un policier qui veut devenir maître-chien doit former son propre chien lui-même dans un centre de formation aux métiers canins agréé et se présenter ensuite aux examens. S’il les réussit, le binôme est opérationnel, et devra par la suite valider ses aptitudes chaque année.

La formation des maîtres-chiens policiers en Suisse

En Suisse aussi, les aspirants maître-chiens policiers doivent déjà faire partie de la police.

 

Par contre, ils peuvent se former avec leur chien dans des clubs cynologiques gérés par la Société Cynologique suisse, ou dans des écoles d’éducation canine privées.

La formation des maîtres-chiens policiers au Canada

Au Canada, il faut faire partie d’un corps de police (Gendarmerie Royale du Canada, Service de police de la Ville de Montréal, ou un autre corps similaire dans une autre province) pour devenir maître-chien policier. Le candidat reçoit le chien lorsqu’il est âgé d’un an à un an et demi, alors que celui-ci a déjà eu une formation initiale.

 

À partir de là, leur formation est en commun. Sa durée est de 18 semaines, auxquelles peuvent s’ajouter 5 semaines de spécialisation en recherche. Ils seront déclarés opérationnels après une évaluation finale, puis devront effectuer des stages de recyclage annuel obligatoires tout au long de leur période active.

Le mot de la fin

L’univers des chiens policiers et de leurs maîtres est passionnant et en constante évolution, car il faut sans cesse s’adapter aux nouvelles menaces, aux nouveaux trafics, aux nouvelles substances, ainsi qu’aux efforts et techniques de dissimulation.

 

La formation initiale du maître-chien policier et de son compagnon est indispensable, mais elle n’est rien sans entraînement régulier et sans pratique. Il est toujours possible de s’améliorer pour essayer d’être plus efficace dans la neutralisation d’individus dangereux, d’intercepter plus de trafiquants, de sauver plus de vies, de retrouver plus de personnes disparues - ou au moins leur dépouille si elles ne sont plus en vie.

Même s’il existe des limites à leurs talents, leur efficacité et leur fiabilité ne sont plus à prouver et font l’unanimité aux quatre coins du monde. Ils forment des tandems inséparables et en harmonie totale, et les histoires de ces binômes maître/chien, au-delà de simples chiffres de forcenés arrêtés, de kilos saisis ou d’affaires résolues, illustrent de façon éclatante cette relation si particulière qui unit l’Homme et le chien depuis la nuit des temps.

Dernière modification : 09/07/2019.
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