Les chiens en Russie : infos et statistiques

Un chien avec le drapeau de la Russie dans la bouche

Quand et comment les chiens sont-ils apparus en Russie ?

Fossil d'un chien

Comme l’évoque notamment une étude menée par des chercheurs américains intitulée « Deciphering the Origin of Dogs: From Fossils to Genomes » et publiée en 2017 dans la revue Annual Review of Animal Biosciences, les plus anciens fossiles de chiens en Russie sont ceux trouvés dans les montagnes de l’Altaï, en Sibérie. Une étude parue en 2011 dans le magazine scientifique Plos One et intitulée « A 33,000-Year-Old Incipient Dog from the Altai Mountains of Siberia: Evidence of the Earliest Domestication Disrupted by the Last Glacial Maximum » estime qu’ils sont âgés de 33.000 ans.


Cependant, elle montre aussi que les chiens domestiques qu’on trouve actuellement en Russie ont un patrimoine génétique différent des fossiles en question. Cela suggère que ces derniers ne sont pas des restes de leurs ancêtres directs, mais plutôt ceux d’une espèce de chien primitif qui vivait à une époque où commença la domestication des canidés. Cette espèce primitive se serait éteinte lors de la dernière période glaciaire (dont le pic eut lieu il y a 21.000 ans).


En tout état de cause, la découverte de restes de chiens ayant vécu il y a plusieurs dizaines de milliers d’années dans des zones du globe très éloignées géographiquement les unes des autres montre que la domestication du chien s’est faite en parallèle dans plusieurs régions à la fois. On ne peut donc pas associer une zone géographique précise à l’apparition des chiens domestiques. Bien que les fossiles de chiens retrouvés en Russie soient très anciens, cela ne prouve pas dans l’état actuel des connaissances scientifiques que le chien domestique tel que nous le connaissons serait apparu initialement dans cette région du monde.

Le nombre de chiens en Russie

Un enfant et son chien sur un chamin de fer

Selon une étude intitulée « Facts & Figures 2020 European Overview »  et publiée par la FEDIAF, l’organisme de représentation de l’industrie européenne des aliments pour animaux de compagnie, il y avait en 2020 environ 17 millions de chiens de compagnie en Russie, ce qui en fait le cinquième pays au monde (derrière les États-Unis, le Brésil, la Chine et l’Inde) et le premier pays en Europe.  Ce nombre a en outre fortement augmenté au cours des années 2010, puisqu’il était d’environ 12 millions en 2010 et 16 millions en 2017.


Sachant que dans le même temps la population du pays était estimée par les Nations Unies à environ 146 millions de personnes, cela représente 117 chiens pour 1000 habitants. C’est environ 2,5 fois moins qu’aux États-Unis ou au Brésil, mais 3 fois plus qu’en Chine et 8 fois plus qu’en Inde.


Les chiens sont par ailleurs moins populaires auprès des Russes que les chats. En effet, toujours selon les chiffres de la FEDIAF, ces derniers étaient en 2020 un peu plus de 22 millions. D'ailleurs, dans un sondage mené en 2016 par l’institut Gfk, 57% des répondants russes disaient vivre avec au moins un chat, contre seulement 29 % avec au moins un chien.

Les races de chiens en Russie

Un Barzoï blanc et roux marchant dans l'herbe

Il existe au total une vingtaine de races de chiens russes. L’organisme cynologique de référence dans le pays, la Russian Kynological Federation (RKF), reconnaît ainsi 21 races autochtones : le Barzoï, le Berger du Caucase (Kavkazskaïa Ovtcharka), le Berger d’Asie Centrale (Sredneasiatskaïa Ovtcharka), le Berger de l’Europe de l’Est (Vostotchno-Evropeyskaya Ovtcharka), le Berger de Russie Méridionale (Ioujnorousskaïa Ovtcharka), le Bichon Russe de Couleur (Tsvetnaya Bolonka), le Chien de Garde de Moscou (Tsvetnaya Bolonka), le Chien Russe Arlequin, le Chien de Salon Russe (Russkaya Salonnaya Sobaka), l’Epagneul Russe (Rosyjski Spaniel), le Laïka Russo-européen (Rosyjski Spaniel), le Laïka de Sibérie Occidentale (Zapadno-Sibirskaïa Laïka), le Laïka de Sibérie Orientale (Vostotchno Sibirskaïa Laïka), le Laïka de Yakoutie (Yakutskaya Laika), le Lévrier Khortaï (Khortaï Borzaïa), le Lévrier des Steppes du Sud de la Russie, le Laïka Nenets (Olenegonka), le Petit Chien Russe (Russkiy Toy), le Samoyède (Samoiedskaïa Sabaka), le Shakalo-Psovaya Sobaka Shalayka et le Terrier Noir Russe (Tchiorny Terrier). Cependant, le Chien de Taïmyr (Taymyrskaya Ezdovaye) n’est pas reconnu par la RKF.


Parmi ces races russes, seules onze (soit un peu plus de la moitié) sont reconnues par la Fédération Cynologique Internationale (FCI), dont sont membres les organismes de référence d’une centaine de pays - notamment ceux de la France, de la Belgique et de la Suisse. Il s’agit du Barzoï, du Berger d’Asie Centrale, du Berger de Russie Méridionale, du Berger du Caucase, du Petit Chien Russe, du Samoyède, du Terrier Noir Russe ainsi que de quatre races de laïkas : le Laïka Russo-Européen, celui de Sibérie Occidentale, celui de Sibérie Orientale et celui de Yakoutie. Les laïkas sont caractéristiques de la Russie : ce sont des chiens de travail de type spitz, historiquement utilisés pour la chasse et parfois pour tirer des traîneaux.


Les autres institutions cynologiques de référence qui ne sont pas membres de la FCI ne reconnaissent généralement pas autant de races russes que cette dernière. Ainsi, l’American Kennel Club (AKC) se limite à sept d’entre elles : le Barzoï, le Berger du Caucase, le Bichon Russe (Bolonka), le Laïka de Yakoutie, le Petit Chien Russe, le Samoyède et le Terrier Noir Russe. Quant au Kennel Club (KC) britannique, il se cantonne à quatre seulement : le Barzoï, le Petit Chien Russe, le Samoyède et le Terrier Noir Russe. Le Club Canin Canadien (CCC) est encore plus restrictif, puisqu’il n’en reconnaît que trois : le Laïka de Yakoutie, le Petit Chien Russe et le Terrier Noir Russe.


En tout état de cause, les races russes ne sont pas toutes logées à la même enseigne à l’échelle internationale. Même si certaines comme le Samoyède et le Petit Chien Russe (Russian Toy) ont acquis une certaine notoriété en étant reconnues et adoptées dans le monde entier, la plupart demeurent largement inconnues du grand public et leur diffusion demeure très locale, y compris parfois au sein de la Russie elle-même.


De fait, qu’il s’agisse des laïkas ou des autres races, les chiens russes ne sont pas vraiment prophètes en leur pays. Ainsi, selon les données de la Russian Kynological Federation (RFK), les races les plus populaires en Russie en 2017 étaient (en ordre décroissant) le Spitz Allemand, le Yorkshire Terrier, le Chihuahua, le Berger Allemand, le Labrador Retriever, le Husky de Sibérie, le Berger d’Asie Centrale, le Jack Russell Terrier, le Carlin et le Bouledogue Français.  À l’exception du Berger d’Asie Centrale, il s’agit de races originaires d’autres pays.


En tout cas, les Russes s’intéressent particulièrement aux chiens de race, puisque les statistiques annuelles d’enregistrement auprès de la Russian Kynological Federation (RKF) permettant d’estimer leur population à environ 4 ou 5 millions, soit près d’un tiers du total de la population canine du pays. Une étude menée en 2021 par Mars Petcare concluait d’ailleurs que seuls 46% des chiens du pays étaient des croisés qui n’étaient pas même assimilables à une race donnée.


Il faut souligner par ailleurs qu’avec l’augmentation du nombre de citadins propriétaires de chiens, les races de petite taille ont tendance à devenir plus populaires que ce n’était le par le passé. Il s’agit toutefois d’une tendance plutôt récente : dans les années 90, les chiens de grande taille dominaient largement les débats. En effet, alors que la situation tendait à être chaotique à la suite de l’effondrement de l’URSS, une fraction importante des adoptants avaient pour motivation de protéger leur foyer des criminels. Des chiens comme le Berger du Caucase, le Bullmastiff, le Mâtin Napolitain ou le Rottweiler avaient alors particulièrement la cote.

 

La situation a donc changé : aujourd’hui, beaucoup d’adoptants préfèrent plutôt un compagnon de petite ou moyenne taille qui vit longtemps, dont il est facile de s’occuper et qui généralement interagit bien avec les enfants.

L’organisme cynologique de référence en Russie

Logo de la Russian Kynological Federation

Fondée en 1991 et basée à Moscou, la Russian Kynological Federation (RKF) est l’organisme cynologique de référence en Russie. Il s’agit d’une organisation publique à but non lucratif qui regroupe plusieurs organismes : la fédération russe des chiens de travail, la fédération russe des chiens de chasse, la fédération russe des chiens de compagnie et l’association panrusse des organisations cynologiques indépendantes à but non lucratif.


La RKF est membre de la Fédération Cynologique Internationale (FCI), aux côtés de ses homologues d’environ une centaine de pays – dont ceux de la France, la Belgique et la Suisse.  Les pedigrees qu’elle délivre sont reconnus par ces derniers, et inversement. Elle fédère plus de 1400 clubs canins et répertorie plus de 22.000 élevages aux quatre coins du pays. Elle représente d’ailleurs les intérêts communs de ses membres auprès du législateur et des administrations.


Outre la tenue du livre des origines des chiens de race et la délivrance des pedigrees, son objectif est de préserver le patrimoine génétique canin et d'améliorer les races (en particulier celles originaires de Russie), de sensibiliser au bien-être animal et de lutter contre la cruauté envers les chiens et les autres animaux.


La RKF reconnaît environ 240 races, comprenant non seulement des races reconnues par la FCI, mais aussi certaines qui ne sont pas reconnues par cette dernière. C’est le cas de dix races russes : le Berger d’Europe de l’Est (Vostochnoevropeiskaya Ovcharka), le Bichon de Couleur Russe (Russkaya Tsvetnaya Bolonka), le Chien Bouriate (Hotosho), le Chien Courant Russe (Russkaya Gonchaya), le Chien de Garde de Moscou (Tsvetnaya Bolonka), le Chien de Salon Russe (Russkaya Salonnaya Sobaka), l’Épagneul de Chasse Russe (Okhotnichiy), le Laïka d’Elevage de Rennes Nenets (Nenetskaya Olenegonnaya Laïka), le Lévrier Khortaï (Khortaï Borzaïa) et le Lévrier des Steppes du Sud de la Russie. C’est aussi le cas de races étrangères comme l’American Bully, l’American Hairless Terrier et le Continental Bulldog.

 


En l’espace de trente années, de sa création en 1991 à 2021, près de 6,5 millions de chiens de race ont été enregistrés auprès de la RKF. Rien qu’entre 2018 et 2021, ils furent un peu plus d’un million, soit 340.000 par an en moyenne : cela fait du RKF l’organisme membre de la FCI avec le plus d’enregistrements annuels.

Les propriétaires de chiens en Russie

Une famille assise sur un canapé, avec son chien allongé devant

D'après une étude de Mars Petcare publiée en 2021, environ 56% des chiens domestiques de Russie vivent dans des villes, contre 44% dans des régions rurales. Toutefois, des statistiques publiées la même année par la Banque Mondiale montrent que les trois quarts des Russes vivaient alors dans des zones urbaines. Par conséquent, les propriétaires de chiens sont sous-représentés dans les villes et sur-représentés dans les campagnes. D'ailleurs, les chiffres de Mars Petcare montrent que seule une famille sur quatre possède un chien dans les zones urbaines, contre une sur deux dans les zones rurales. Parmi les facteurs qui expliquent cet écart, on peut bien sûr citer le manque de place : il est plus compliqué d’avoir un chien dans un petit appartement en ville que dans une vaste maison à la campagne...


Par ailleurs, il ressort également de cette étude qu’environ un tiers des propriétaires de chiens considèrent leur animal comme un membre de la famille, 15% comme un enfant et un tiers comme un ami. Autrement dit, 15% seulement considèrent qu’il est « simplement » un animal – un pourcentage qui est d’ailleurs en baisse, à l’instar de ce qu’on constate dans la plupart des pays.

Le marché des produits et services pour chiens en Russie

Une gamelle débordant de croquettes

Le marché russe des aliments pour animaux de compagnie est en croissance soutenue. Selon une étude d’Euromonitor International, il a crû par exemple de 10% en 2020, atteignant alors un peu plus de 220 milliards de roubles (environ 2,6 milliards d’euros).

 

Il faut dire que différents facteurs se conjuguent. En premier lieu, l'urbanisation croissante et le vieillissement de la population favorisent l’augmentation du nombre de propriétaires. Par ailleurs, la sensibilisation croissante de ces derniers à la santé de leur compagnon conduit un nombre croissant d’entre eux à lui donner de la nourriture spécifiquement conçue pour les animaux et de qualité, plutôt que des restes alimentaires.

 

Les multinationales du secteur telles que Mars (Pedigree, Royal Canin…), Nestlé (Purina, Friskies…) et Colgate-Palmolive (Hill's Pet Nutrition…) sont largement présentes et représentent une fraction ultra-majoritaire des ventes.  Ainsi, d’après un rapport publié en 2014 par le U.S. Commercial Service, Mars détenait alors plus de 67% des parts de marché, Nestlé près de 14% et Colgate-Palmolive près de 5%.

 

Il existe néanmoins aussi des acteurs locaux comme Gatchinskiy Feedmill, Prodkontraktinvest, Forsage, Russian-Holland Manufacturing (RHM) ou Petkorm.


La plus grande entreprise technologique de Russie, Yandex, a réalisé en 2016 et 2017 une étude sur les dépenses des Russes pour leurs animaux de compagnie, à partir des paiements réalisés via Yandex Kassa et Yandex Money ainsi que des achats en ligne effectués sur Yandex Market.  Il en est ressorti que les propriétaires de chiens dépensaient en moyenne 32.000 roubles (environ 360 euros) par an pour l’alimentation de leur animal, 10.000 roubles (environ 120 euros) pour les compléments alimentaires et 6.000 roubles (environ 70 euros) pour les jouets.

 

Il est toutefois un poste de dépenses qui est manifestement ignoré par de nombreux propriétaires : la stérilisation. En effet, selon le « State of Pet Homelessness Index » publié en 2021 par le groupe agro-alimentaire Mars Petcare, le taux de stérilisation moyen des animaux de compagnie est plus faible en Russie que la moyenne des autres pays de l’index (États-Unis, Inde, Chine, Allemagne, Grèce, Mexique, Russie, Afrique du Sud, Royaume-Uni) : seuls 46 % des propriétaires déclarent avoir fait stériliser leur animal, contre un peu plus de 60% pour la moyenne globale des pays étudiés.

L’abandon et l’adoption de chiens en Russie

Un chien abandonné dans la nuit, sous la neige

Selon le « State of Pet Homelessness Index » publié par le groupe agro-alimentaire Mars Petcare, la Russie comptait en 2021 un peu plus de 700.000 chiens errants ou abandonnés – tandis qu’un peu plus de 3 millions de chats étaient dans le même cas. Par ailleurs, les différents refuges du pays accueilleraient près de 150.000 chiens et chats. Ainsi, 6% de l’ensemble des animaux de compagnie du pays seraient sans foyer.


Un sondage de 2019 du VTsIOM (un institut public russe en charge d’enquêtes d’opinion et d’études de marché) montre qu’en Russie environ 30% des propriétaires d’animaux de compagnie ont acheté leur animal, et qu’à peu près autant l’ont soit adopté auprès d’amis ou de connaissances, soit reçu en cadeau. L’adoption dans un refuge est assez marginale (4%), mais près d’un quart des personnes interrogées (24%) ont indiqué avoir recueilli leur animal après l’avoir trouvé dans la rue. Cette pratique est particulièrement plébiscitée par les plus jeunes : 39% des 18-24 ans ont adopté leur compagnon de cette manière. En revanche, chez les maîtres de plus de 60 ans, c’est l’option « cadeau » qui est sur-représentée : 22% d’entre eux l'ont obtenu ainsi, contre 17% tous âges confondus.

Le changement de statut du chien dans la législation russe

La considération pour les animaux de compagnie a grandement évolué en Russie par rapport à l’ère soviétique, où ils étaient utilisés pour diverses expériences (notamment dans le cadre de la conquête de l’espace) sans grande considération pour leur bien-être.


D'ailleurs, depuis un amendement au Code de procédure civile validé en 2021 par le Parlement russe, ils ne peuvent plus être considérés comme des objets susceptibles d’être confisqués et revendus dans le cas où une personne est endettée – contrairement à ses biens immobiliers et mobiliers.

Des chiens dans l’espace

Montage d'un chien en tenu d'astronaute

Pendant la Guerre froide (1947-1991), le programme spatial de l’URSS fit largement appel aux chiens, en particulier à ses débuts. Ainsi, dans les années 50 et 60, pas moins de 57 d’entre eux furent envoyés en orbite : l’objectif était globalement de voir comment envoyer dans des conditions similaires un Homme dans l’espace. La majorité de ces chiens perdirent la vie lors de ces expéditions, mais d’autres survécurent. Par ailleurs, certains devinrent célèbres ; ce fut le cas en particulier de la chienne Laïka, qui fut en 1957 le premier animal à être placé en orbite après avoir été installée à bord du satellite Spoutnik 2. Elle décéda toutefois quelques heures après le décollage, en raison d’une surchauffe de la cabine.


La plupart des chiens soviétiques sélectionnés pour voyager en orbite étaient à la base des animaux des rues. Après avoir été recueillis, ils étaient entraînés à rester dans un endroit de petite taille et clos (par exemple une cage), à être nourris avec des gels nutritifs et à ne pas bouger pendant des périodes plus ou moins longues tout en étant privés de contact avec d’autres animaux ou avec des humains.

Dernière modification : 05/06/2024.

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : Pourquoi y-a-t-il plus de chiens dans certains pays ?
  2. Page 2 : Les États-Unis
  3. Page 3 : Le Brésil
  4. Page 4 : La Chine
  5. Page 5 : L'Inde
  6. Page 6 : La Russie
  7. Page 7 : Le Royaume-Uni
  8. Page 8 : Les Philippines
  9. Page 9 : L'Allemagne
  10. Page 10 : L'Argentine
  11. Page 11 : Le Japon