Les chiens au Royaume-Uni : infos et statistiques

Quand et comment les chiens sont-ils apparus au Royaume-Uni ?

Les premières traces de chiens domestiques en Europe remontent à il y a plus de 30.000 ans, selon une étude menée par des chercheurs de différents pays intitulée « Complete Mitochondrial Genomes of Ancient Canids Suggest a European Origin of Domestic Dogs » et publiée en 2013 dans la revue Science.

 

Cependant, la période à laquelle le meilleur ami de l’Homme a commencé à être domestiqué au Royaume-Uni n’est pas clairement identifiée par les chercheurs.

Le nombre de chiens au Royaume-Uni

Un homme promenant ses chiens

Selon les chiffres de la FEDIAF, l’organisme représentatif de l’industrie européenne des aliments pour animaux de compagnie, le Royaume-Uni comptait en 2021 environ 12 millions de chiens domestiques. Cela en fait le sixième pays du monde au classement derrière les États-Unis, le Brésil, la Chine, l’Inde et la Russie – et donc le deuxième pays d’Europe.


Étant donné qu’il comptait alors près de 68 millions d’âmes, il y avait donc environ 175 chiens pour 1000 habitants. C’est quasiment le même ratio que l’Allemagne, mais environ deux fois moins que ceux des États-Unis et du Brésil, les deux pays avec le plus grand nombre de chiens de compagnie.


Selon les chiffres de 2019 de la Pet Food Manufacturers Association (PFMA), près de 25 % des foyers britanniques possédaient alors au moins un chien, soit plus de 6,5 millions de ménages.


Les statistiques publiées par l’organisme montrent aussi que le meilleur ami de l’Homme a clairement la côte dans le pays depuis le début du 21ème siècle. En effet, après avoir baissé de 7,4 millions à 6,5 millions dans les années 90, la population canine du Royaume-Uni est repartie à la hausse dans les années 2000. En 2010, elle repassait devant la population féline, avec 8 millions de têtes.


Les deux espèces sont d’ailleurs globalement au coude-à-coude, puisque la FEDIAF évaluait en 2021 à 12 millions le nombre de chats domestiques au Royaume-Uni. Ces chiffres concordent avec ceux publiés en 2021 par la PFMA : elle aussi faisait état cette année-là de 12 millions de chiens domestiques dans le pays, à égalité avec les chats.


La comparaison avec ses précédentes statistiques annuelles permet aussi de constater que la proportion de ménages déclarant posséder un chien a elle aussi augmenté de manière substantielle : alors qu’elle était de 22% en 2011 et de 25% en 2019, elle dépassait en 2021 les 30%.

Les races de chiens au Royaume-Uni

Un Airedale Terrier allongé près d'une cheminée

Le Royaume-Uni est le pays du monde dont sont originaires le plus grand nombre de races de chien, puisqu’on en compte environ une centaine – sur un total d’environ 500. Parmi elles, 59 sont originaires d’Angleterre, 18 d’Écosse, 12 du Pays de Galles et 5 d’Irlande (les autres n’ont pas d’origine géographique précise au sein du Royaume-Uni). Les types de chiens les plus représentés parmi les races britanniques sont les terriers, les chiens de chasse et les chiens de berger.


Les terriers représentent à eux seuls près de la moitié du total, puisqu'un peu plus de 40 races britanniques sont des terriers. Elles avaient été conçues en particulier pour déloger des animaux sauvages (tels que des renards, des blaireaux, des lapins, des rats…) de leur terrier ou pour chasser les rongeurs des habitations et des villes, afin de lutter contre les dégâts causés par ces espèces sauvages ainsi que contre les maladies qu’elles peuvent véhiculer. Toutefois, certaines pouvaient aussi servir à la chasse au gibier.


Quasiment toutes les races de terriers d’origine britannique sont reconnues par l’organisme cynologique historique du pays, le Kennel Club (KC). Les seules exceptions sont le Lucas Terrier, le Patterdale Terrier, le Plummer Terrier, le Sporting Lucas Terrier, le Victorian Bulldog et le Welsh Sheepdog.


En revanche, seules un peu plus de la moitié (23 pour être précis) le sont par la Fédération Cynologique Internationale (FCI), dont le Kennel Club n’est pas membre mais qui regroupe les organismes de référence d’une centaine d’autres pays (notament la France, la Belgique et la Suisse). Ces races sont l'Airedale Terrier, le Bedlington Terrier, le Border Terrier, le Bull Terrier, le Bull Terrier Miniature, le Cairn Terrier, le Dandie Dinmont Terrier, le Fox Terrier à Poil Lisse, le Fox Terrier à Poil Dur, le Jack Russell Terrier, le Lakeland Terrier, le Manchester Terrier, le Norfolk Terrier, le Norwich Terrier, le Parson Russell Terrier, le Scottish Terrier, le Sealyham Terrier, le Skye Terrier, le Staffordshire Bull Terrier, le Terrier Anglais d'Agrément, le Welsh Terrier, le West Highland White Terrier et le Yorkshire Terrier.


L’American Kennel Club (AKC), organisme cynologique majeur aux Etats-Unis, reconnaît 21 races de terriers britanniques. Il s’agit de l'Airedale Terrier, du Bedlington Terrier, du Border Terrier, du Bull Terrier, du Bull Terrier Miniature, du Cairn Terrier, du Dandie Dinmont Terrier, du Fox Terrier à Poil Dur, du Fox Terrier à Poil Lisse, du Jack Russell Terrier, du Lakeland Terrier, du Manchester Terrier, du Norfolk Terrier, du Norwich Terrier, du Parson Russell Terrier, du Scottish Terrier, du Sealyham Terrier, du Skye Terrier, du Staffordshire Bull Terrier, du Welsh Terrier et du West Highland White Terrier.


Le Club Canin Canadien (CCC) est quant à lui l’organisme cynologique de référence au Canada. Il reconnaît 17 races de terriers britanniques : l’Airedale Terrier, le Bedlington Terrier, le Border Terrier, le Bull Terrier, le Bull Terrier Miniature, le Cairn Terrier, le Dandie Dinmont Terrier, le Lakeland Terrier, le Manchester Terrier, le Norfolk Terrier, le Norwich Terrier, le Scottish Terrier, le Sealyham Terrier, le Skye Terrier, le Staffordshire Bull Terrier, le Welsh Terrier et le West Highland White Terrier.


Certaines races britanniques rencontrent un franc succès un peu partout dans le monde. D’ailleurs, si on compile les statistiques des enregistrements de chiens de race en 2013 auprès de 25 organismes nationaux membres de la FCI, on trouve pas moins de 9 races britanniques parmi les 20 plus représentées. En ordre décroissant, il s’agit du Labrador Retriever (qui figure même sur la plus haute marche), du Golden Retriever, du Yorkshire Terrier, du Teckel, du Beagle, du Bulldog Anglais, du Cocker Spaniel, du Cavalier King Charles Spaniel et du Setter Anglais.


Les races britanniques sont également très plébiscitées dans leur pays d’origine. En effet, les statistiques du nombre d’enregistrements auprès du Kennel Club entre 2016 et 2020 montrent que la moitié des 10 races les plus populaires dans le pays au cours de cette période en étaient originaires. Ce top 10 comportait ainsi (en ordre décroissant) le Labrador Retriever, le Bouledogue Français, le Cocker Spaniel, le Bouledogue Anglais, le Carlin, le Springer Spaniel Anglais, le Golden Retriever, le Teckel, le Berger Allemand et le Schnauzer Nain.


On remarque au passage que parmi les races britanniques, ce sont celles destinées initialement à la chasse qui tirent le mieux leur épingle du jeu, puisque quatre d’entre elles figurent dans la liste ci-dessus : le Labrador Retriever, le Cocker Spaniel, le Springer Spaniel Anglais et le Golden Retriever.


En revanche, aucune race de terrier (quelle que soit son pays d’origine) ne figurait dans le top 10, alors même que la moitié des races britanniques sont des terriers. Cela dit, certaines ne sont pas bien loin : le Staffordshire Bull Terrier émargeait à la 11ème position, le Border Terrier à la 12ème, le West Highland White Terrier à la 18ème, le Bull Terrier à la 23ème et l’Airedale Terrier à la 40ème. Les autres figuraient plus loin dans le classement.


Si le Royaume-Uni se distingue par son nombre de races et la très grande popularité de plusieurs d’entre elles tant dans le pays qu’un peu partout dans le monde, toutes n’ont pas cette chance. Le Kennel Club tire même la sonnette d’alarme depuis plusieurs années, en indiquant qu’une trentaine de races britanniques ou irlandaises sont « vulnérables ».


Il range sous cette appellation toute race autochtone dont moins de 300 spécimens sont enregistrés au cours d'une année donnée dans le livre des origines qu’il administre. Cela signifie qu'elle pourrait disparaître du Royaume-Uni au cours des prochaines décennies, si le nombre finit par tendre vers zéro – une légère baisse n’est pas forcément une menace si elle reste ponctuelle, mais un cercle vicieux peut s’installer si en revanche elle finit par s’inscrire dans le temps. Chaque année, l’organisme publie ainsi en toute transparence un tableau des races « à risque », avec le nombre de spécimens nouvellement enregistrés : le but est de sensibiliser le public à ce problème et de mettre la lumière sur les races en question. En effet, ces races risquent de disparaître à terme du pays, parce que les gens ne savent pas qu'elles existent ou bien parce qu'elles ne sont pas considérées comme « à la mode ». C’est le cas par exemple du Fox Terrier à Poil Lisse, du Bull Terrier, du Setter Anglais ou encore du Saint-Hubert. Les terriers sont le groupe qui contient le plus grand nombre de races à risque : en 2021, 11 d’entre elles étaient classées comme vulnérables. Il convient toutefois de se rappeler que ce groupe représente à lui seul environ 40% des races britanniques. 


Cependant, la liste des races vulnérables publiée par le Kennel Club concerne seulement le territoire britannique. Or, ce n’est pas parce qu’une race est aujourd’hui marginale au Royaume-Uni qu’il en va de même partout dans le monde. Par exemple, le Setter Anglais fait partie de la liste, alors qu’il n’y a pas besoin d’aller bien loin pour trouver un pays où il est nettement mieux implanté – et même très populaire : en France, on compte chaque année plus de 5000 spécimens inscrits au LOF. Autant dire qu’au niveau mondial, il n’y a aucune crainte à avoir quant à une éventuelle disparition de cette race. En revanche, certaines sont nettement plus sources d’inquiétude : c’est le cas par exemple de l’Otterhound, qui n’avait jamais vraiment essaimé hors de son pays d’origine et correspond à un usage obsolète (la chasse à la loutre).

L’organisme cynologique de référence au Royaume-Uni

Logo du Kennel Club

Si la Grande-Bretagne occupe une place à part dans l’univers de la cynophilie au niveau mondial, c’est notamment parce que c’est là que fut fondé en 1873 le premier organisme cynologique national officiel, le Kennel Club (KC). Hier comme aujourd’hui, le Kennel Club dispose d’une grande aura et d’une grande influence dans le monde entier, y compris auprès de ses homologues d’autres pays.


À l’instar de ces derniers, son rôle est non seulement de tenir le registre national des chiens de race, mais aussi d’orienter le travail des éleveurs, de superviser et organiser diverses activités (à commencer par des expositions canines ainsi que des compétitions de sport canin : agility, obéissance, concours de chiens de chasse ou de chiens de travail, etc.), de sensibiliser le grand public et le législateur au bien-être animal, de défendre les intérêts des professionnels du secteur, etc.


Son siège social se trouve à Londres et ses bureaux sont situés à Aylesbury, à une soixantaine de kilomètres au nord-ouest de la capitale .


Contrairement à ses homologues d’environ 80 pays (dont les organismes de référence de la France, la Belgique et la Suisse), le Kennel Club n’est pas membre de la Fédération Cynologique Internationale (FCI). Une des raisons qui l’explique est qu’il fut fondé bien avant cette dernière, qui vit le jour en 1911. Il a d’ailleurs des critères de reconnaissance des races différents de ceux de la FCI : les standards qu’il édicte ne sont pas exactement les mêmes, même si les différences sont plus ou moins prononcées d’une race à l’autre. Or, rejoindre la FCI reviendrait à renoncer à ces particularités, alors même qu’il peut se targuer d’avoir en quelque sorte une légitimité supérieure en raison de sa plus grande ancienneté. Il a toutefois un partenariat avec elle : les pedigrees reconnus par la FCI peuvent l’être également par le KC, sous réserve que ce dernier reconnaisse la race en question et que les standards des deux organismes pour cette dernière soient suffisamment proches.   


Le Kennel Club reconnaît un peu plus de 220 races, mais sa nomenclature diffère de celle de la FCI. En effet, elle les répartit en six groupes seulement : chiens rapporteurs de gibier, chiens courants, chiens de berger, terriers, chiens toy (miniatures), chiens d’utilité et chiens de travail. La FCI pour sa part en distingue dix différents : chiens de berger, terriers, chiens de type spitz et primitif, chiens d’arrêt, chiens de compagnie, chiens de type pinscher / schnauzer / molossoïde, teckels, chiens courants, chiens rapporteurs de gibier et lévriers.


Enfin, le Kennel Club présente la particularité d’opérer aussi des registres dédiés aux chiens qui ne sont pas de pure race, en plus de celui destiné à ceux qui le sont. Ainsi, une partie des 250.000 individus enregistrés chaque année auprès de l’organisme sont en réalité des croisés.

Les propriétaires de chiens au Royaume-Uni

Les propriétaires de chiens au Royaume-Uni

Une étude menée en 2007 sur un échantillon aléatoire de près de 3000 ménages britanniques (dont 1000 possédaient un chien), intitulée « Number and ownership profiles of cats and dogs in the UK », permet d’observer que certains types de profils sont sur-représentés parmi les ménages possédant un chien :

  • les femmes ;
  • les personnes de moins de 55 ans ;
  • les personnes sans diplôme ou faiblement qualifiées ;
  • les ménages vivant dans un logement avec un jardin et à la campagne ;
  • ceux avec des enfants âgés de plus de 10 ans.

 

Pour en savoir plus sur les propriétaires de chiens au Royaume-Uni, on peut également se tourner vers les chiffres du People's Dispensary for Sick Animals (PDSA). Cette association caritative britannique fondée en 1917 est connue pour aider les personnes modestes à prendre en charge les soins vétérinaires de leurs animaux de compagnie. Tous les ans, elle publie son « Paw Report », une vaste enquête réalisée en partenariat avec l’institut YouGov.


Les propriétaires y sont notamment invités à indiquer les raisons les ayant poussés à acquérir un animal. Plusieurs réponses sont possibles, mais le bonheur est la plus fréquemment donnée par les propriétaires de chiens : 51 % d'entre eux déclarent qu’ils estimaient que leur compagnon contribuerait à leur bonheur. 47 % pensaient que leur chien leur procurerait de l'amour et/ou de l'affection, et 35 % étaient intéressés par le fait qu’il leur apporterait de la compagnie.


Le bonheur semble effectivement être au rendez-vous : d’après cette même enquête, 96% des maîtres s'accordent à dire que le fait de posséder un chien les rend heureux. 90% estiment également que cela est bénéfique à leur santé mentale. Ces pourcentages sont d’ailleurs supérieurs à ceux constatés chez les propriétaires de chats ou de lapins : l’appellation « meilleur ami de l'Homme » semble donc avoir tout son sens en Grande-Bretagne !


Par ailleurs, selon le rapport 2022 du PDSA, près d’un tiers des maîtres ont acquis leur chien auprès d’un éleveur canin, 23% d’un particulier, tandis que 17% sont passés par un refuge ou une association. Dans 6% des cas et tous canaux confondus, l’animal venait de l’étranger. C’est notamment lié au fait que différents organismes caritatifs britanniques sont spécialisés dans l’importation d’animaux abandonnés en provenance d’autres pays

Le marché des produits et services pour chiens au Royaume-Uni

Deux paquets de croquettes pour chiens

D’après un rapport publié par UK Pet Food, le marché des aliments pour chiens au Royaume-Uni représentait en 2022 près de 1,6 milliards de livres sterling (environ 1,9 millards d’euros). C’est le segment le plus lucratif du marché britannique des aliments pour animaux de compagnie.


Ce dernier est dominé par les Américains Mars (qui détient 42% de parts de marché, notamment avec ses marques Pedigree et Royal Canin) et Colgate-Palmolive (propriétaire entre autres de Hill's Pet Nutrition), ainsi que le Suisse Nestlé (connu en particulier pour sa marque Purina, il est le numéro deux du marché et représente près d’un tiers des ventes). Les entreprises britanniques Inspired Pets Choice Ltd (qui possède notamment la marque Vitakraft) et Inspired Pet Nutrition Ltd (connu notamment pour la marque Harringtons) figurent également parmi ses principaux acteurs.


Le marché est mature et assez concentré, mais cela n’empêche pas différents mouvements de consolidation ainsi que des lancements de nouvelles gammes. Par exemple, Nestlé a renforcé en 2020 ses positions avec l’acquisition de Lily's Kitchen, une marque britannique positionnée sur le créneau des aliments naturels pour animaux de compagnie – un type de produits de qualité supérieure qui intéressent un nombre croissant de propriétaires d’animaux. La même année, l’entreprise suisse se diversifiait également en lançant une ligne d'aliments pour chiens utilisant des insectes, et ayant notamment pour avantage de ne pas contenir d’allergènes.


D’après une enquête réalisée alors par la compagnie d’assurances MORE TH>N, les propriétaires de chiens britanniques dépensaient en 2018 une moyenne d'environ 2800 livres sterling par an pour leur animal (soit autour de 3200 euros). Les principaux postes de coûts étaient l’alimentation (700 livres sterling, soit environ 800 euros), les frais vétérinaires (environ 450 livres sterling, soit 500 euros) et l’assurance (environ 400 livres sterling, soit 450 euros). Ces trois catégories représentaient donc à elles seules plus de la moitié du budget annuel.


Cela laisse néanmoins de la place pour toutes sortes d’autres dépenses, dont certaines pas forcément indispensables. En effet, qu’ils possèdent un chien ou un autre animal, une bonne partie des maîtres n’hésitent pas à acheter des objets destinés simplement à faire plaisir à leur compagnon. Par exemple, selon une enquête effectuée en 2015 par One Poll de 2015, un quart d’entre eux lui offrent des cadeaux pour son anniversaire. Il ressort même de l’édition 2011 du rapport « Petplan Pet Census » qu’un tiers d’entre eux achètent plus souvent des friandises et des cadeaux pour lui que pour leur partenaire.


Ces chiffres sont révélateurs de la place très importante qu’occupent les animaux de compagnie - et en particulier les chiens - dans les foyers britanniques, et expliquent que le marché soit globalement florissant.

L’abandon et l’adoption de chiens au Royaume-Uni

Une femme faisant un bisou à un chien dans un refuge

D’après différents rapports publiés par Dogs Trust, un organisme caritatif œuvrant pour le bien-être animal, il y avait en 2021 un peu plus de 42.000 chiens errants au Royaume-Uni. Leur nombre est toutefois en baisse prononcée, puisqu’il était estimé à plus de 100.000 une décennie plus tôt, et à environ 56.000 en 2018.


Cela s’explique potentiellement en partie par le travail des refuges : d’après le « State of Pet Homelessness Index » publié en 2020 par Mars Petcare, les refuges pour animaux au Royaume-Uni accueillaient alors environ 42.000 chiens et chats abandonnés. Le principal acteur en la matière est la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals (RSPCA), créée en 1824 et qui opère plus de 150 refuges en Angleterre et au Pays de Galles.


Les efforts déployés par les refuges et défenseurs de la cause animale ne sont pas vains : selon Dogs Trust, près de 100.000 chiens et chats seraient adoptés chaque année dans les refuges britanniques. Par ailleurs, d’après le « Paw Report 2022 » publié par le People's Dispensary for Sick Animals (PDSA), 17% des propriétaires ont adopté leur chien auprès d’un refuge ou d’une association : c’est certes moins que les 32% qui en ont fait l’acquisition auprès d’un élevage et les 23% d’un particulier, mais c’est nettement supérieur à ce qu’on constate dans de nombreux pays – y compris développés.

Le pays pionner de la cynophilie

Un chien en train d'être préparé lors d'une exposition canine

Le Royaume-Uni est un pays pionnier dans le domaine de la cynophilie. Au 19ème siècle, le chien s’y démocratisa en tant qu’animal de compagnie présent dans un grand nombre de foyers, et cela ne fut pas sans conséquences.


En particulier, c’est en Angleterre que furent organisées les premières expositions canines de l’ère moderne, ces concours de beauté pour chiens où les propriétaires présentent des spécimens rivalisant de beauté. La toute première eut lieu plus précisément en 1859, à Newcastle. Il s’agissait d’une attraction d’un nouveau genre au sein de l’exposition agricole locale annuelle, et elle mettait aussi en avant certaines pratiques de loisirs via des animations dédiées – par exemple une présentation de chiens de chasse. La même année eut lieu à Birmingham la première édition du National Dog Show, un événement cette fois dédié uniquement dédié aux chiens et dans lequel furent présentées des races non sportives. Cette exposition canine perdure de nos jours, et fait partie des plus prestigieuses du pays – voire du monde.


C’est également au Royaume-Uni, et plus précisément à Londres, que naquit en 1873 le Kennel Club (KC). À l’origine, l’objectif était surtout d’encadrer justement les expositions canines et les compétitions de field trial, ainsi que d’en consigner les résultats. Néanmoins, il ne tarda pas à élargir son champ d’action, notamment en se mettant à tenir le registre des chiens de race du pays (à partir de 1880). Le Kennel Club devint ainsi rapidement – et demeure aujourd’hui - un organisme cynologique de référence tant dans son pays qu’à l’international, et fit de nombreux émules.


De nombreuses associations de passionnés virent également le jour dès les dernières décennies du 19ème siècle, dont beaucoup d’ailleurs décidèrent de s’affilier au Kennel Club : clubs de race, clubs locaux…


Tant cet écosystème que la place importante du meilleur ami de l’Homme dans le pays (que ce soit pour accomplir toutes sortes de tâches ou pour la simple compagnie) constituaient évidemment un terreau favorable au développement de l’élevage de chiens de race, qui devint une activité professionnelle à part entière. C’est d’autant plus vrai que le Kennel Club ne tarda pas à établir pour chaque race un standard, c’est-à-dire un document spécifiant à quoi doivent ressembler ses représentants : il permet d’orienter le travail des éleveurs, et est d’ailleurs élaboré en concertation avec ces derniers. En outre, le nombre de races qu’il reconnaissait augmenta rapidement.


Tout ceci explique que le Royaume-Uni est le pays dont sont originaires le plus grand nombre de races : plus de 70, sur les 500 environ qu’on compte actuellement dans le monde. Une bonne partie d’entre elles furent d’ailleurs peaufinées ou créées dès le 19ème siècle.


En outre, des dizaines de races officiellement originaires d’autres pays (et notamment des États-Unis) descendent en fait directement de chiens britanniques. C’est le cas par exemple de l’American Staffordshire Terrier (ou Amstaff), dont le nom continue de faire référence à la région anglaise (le Staffordshire) dont était issu son ancêtre, le Staffordshire Bull Terrier.

Les chiens de la couronne d’Angleterre

La reine Elizabeth II debout sur un escalier à côté ses Corgis

Elizabeth II (1926-2022) fut connue non seulement pour la longévité de son règne, mais aussi pour son amour des chiens – et plus particulièrement des Corgis. Elle s’attacha à cette race dès son enfance, puisqu’elle reçut son premier Corgi de son père en 1933, alors qu’elle n’avait que 7 ans, puis un autre en cadeau pour ses 18 ans. De son couronnement en 1952 comme reine du Royaume-Uni et des autres royaumes du Commonwealth jusqu’à la fin de son règne en 70 ans plus tard, Elizabeth II posséda plus de 30 Corgis. Tous étaient les descendants de Susan, celui qu’elle avait reçu en cadeau pour ses 18 ans. Ainsi, d’après un arbre généalogique canin publié en 2022 par la BBC, pas moins de 15 générations de chiens se succédèrent aux côtés de la souveraine. Certains étaient des Corgis de pure race, tandis que d’autres étaient des Dorgis, c’est-à-dire des croisés Corgi / Teckel – le premier d’entre eux ayant été obtenu de manière tout à fait involontaire.


En 2007, Elizabeth II possédait pas moins de 14 représentants de la gent canine : 5 Corgis (Monty, Emma, Linnet, Willow et Holly), 5 Cockers Anglais (Bisto, Oxo, Flash, Spick et Span) ainsi que 4 Dorgis (Cider, Berry, Vulcan et Candy). C’est d’ailleurs à cette époque qu’elle avait le plus de chiens.


Trois d’entre eux (Monty, Willow et Holly) devinrent célèbres en apparaissant dans une vidéo diffusée au cours de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de 2012, dans laquelle l’acteur Daniel Craig (né en 1968), incarnant le personnage de James Bond, arrive à Buckingham Palace pour escorter la reine jusqu’à l'événement.


D'autres Corgis royaux connurent eux aussi leur heure de gloire à certains moments du règne de leur illustre propriétaire, notamment dans la presse. On peut citer par exemple la photographie de couverture et l'article de l'édition de l'été 2016 du journal Vanity Fair, qui mit à l’honneur Holly, Willow, Vulcan et Candy . Laissant un héritage durable après leur mort, ils furent représentés et immortalisés dans diverses œuvres d'art, telles que des statues, des photographies professionnelles et des peintures. En 2002 fut même frappée une pièce de monnaie commémorant le jubilé d'or d'Elizabeth II et la représentant accompagnée d’un de ses Corgis. Il s’agit toutefois d’une pièce de collection, qui n’est donc pas en circulation.


En 2015, la reine prit la décision de non seulement ne plus adopter de nouveaux Corgis, mais aussi de ne plus faire se reproduire ceux qu’elle possédait déjà, afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent orphelins après son décès. Cependant, des membres de sa famille lui en offrirent d’autres. Lors de sa mort en 2022, elle avait ainsi deux Corgis, un Dorgi (croisement entre un Corgi et un Teckel) et un Cocker Anglais.


Son fils, le roi Charles III (né en 1948), apprécie lui aussi la gent canine. Toutefois, sa préférence va plutôt au Jack Russell Terrier. Lorsqu’il succéda à sa mère en 2022, il possédait deux chiens de cette race, Beth et Bluebell, qui avaient été recueillis par la famille royale alors qu’ils étaient abandonnés. Cette adoption eut lieu suite à la mort en 2022 de Tiger, un Jack Russell que possédait auparavant le futur souverain.


Le prince William et son épouse Kate Middleton (tous deux nés en 1982) semblent également apprécier les chiens. Ils ont pour leur part jeté leur dévolu sur un Cocker Anglais, qu’ils ont adopté en 2011 et prénommé Lupo. Les premières apparitions officielles de ce dernier remontent à 2013, lorsqu'il figura aux côtés du couple et de leur nouveau-né, le prince George, sur les premiers portraits officiels suivant sa naissance.

Dernière modification : 06/05/2024.

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : Pourquoi y-a-t-il plus de chiens dans certains pays ?
  2. Page 2 : Les États-Unis
  3. Page 3 : Le Brésil
  4. Page 4 : La Chine
  5. Page 5 : L'Inde
  6. Page 6 : La Russie
  7. Page 7 : Le Royaume-Uni
  8. Page 8 : Les Philippines
  9. Page 9 : L'Allemagne
  10. Page 10 : L'Argentine
  11. Page 11 : Le Japon