SPA : « Nous faisons du sauvetage, pas du profit »

02/05/2008
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Nombreux sont ceux qui, de la SPA, se font une image plutôt glauque. Nous sommes donc allés pousser les portes de la fameuse Société Protectrice des Animaux, située route de Lorient, à la rencontre des quelques 120 chiens et 80 chats qui y ont trouvé refuge, et de leurs conditions de vie. (Voir la vidéo, en dessous)
Des chiens, des chats, des chiens et encore des chats... en tout quelques 200 animaux qui ont élu domicile Route de Lorient, à la SPA. L'endroit est neuf, spacieux et vert et les bonnes volontés ne manquent pas pour faire vivre tout ce petit monde en transit. « Nous sommes dix salariés, explique Dominique Friquet, responsable du refuge. Nous avons aussi un vétérinaire à mi-temps et surtout une quarantaine de bénévoles qui viennent plus ou moins régulièrement promener les chiens. »

Et des bras il en faut pour faire tourner ce petit monde de poils, de pattes et de queues, car comme chacun le sait, la SPA s'est donnée pour mission d'accueillir, et bien souvent de sauver, un maximum d'animaux esseulés. À Rennes, ils sont 800 à transiter en une année. Leur première porte d'entrée pour le refuge ? « Via la fourrière. Nous essayons de récupérer tous ceux qui arrivent au bout de leur délai de fourrière, soit dix jours, et pour qui la seule issue reste l'euthanasie si personne ne vient les rechercher d'ici là. »

Ainsi, deux semaines sur quatre, Dominique et ses collègues viennent sauver ceux qu'il est encore possible de sauver. Seulement parfois... « Lorsqu'ils sont trop âgés, qu'ils ont des problèmes sanitaires, de comportement... on ne peut pas se permettre de les prendre, parce qu'ils ne pourront jamais être proposés à l'adoption. » Et qui dit animal non-adopté dit impossibilité d'en accueillir d'autres les fois suivantes. « Nous avons un chien par exemple dont personne n'a voulu et qui est ici depuis trois ans ! La durée moyenne du séjour, normalement, est de trois mois. »

Les animaux abandonnés ou perdus, venus de la fourrière restent toutefois prioritaires sur ceux dont les maîtres souhaitent se débarrasser. Les bâtiments ne sont pas extensibles et la SPA va dans le sens de l'urgence. « Souvent cela nourrit une certaine incompréhension. Les gens disent Nous on fait l'effort de venir et vous ne le prenez pas alors que d'autres ont choisi la solution de facilité en les abandonnant. Et c'est de leurs animaux dont vous vous occupez. C'est vrai, mais je pense que ceux qui sont en fourrière comptent davantage sur nous. » Certains, toutefois, sont malgré tout acceptés au sein de la structure et passent directement des bras du maître à ceux des salariés de la SPA.

Pour un Rottweiler, « les gens sont triés sur le volet »

« La principale raison pour laquelle les gens veulent se débarrasser de leurs animaux ? C'est qu'ils n'arrivent plus ou pas à en faire façon. » Alors, pour éviter que l'histoire ne se répète, la SPA fait preuve d'un zèle particulier dans le second volet de sa mission : l'adoption par des particuliers. « Nous avons la possibilité d'accepter ou non un placement. Pour nous, deux critères sont prioritaires en plus des motivations des gens : la présence et l'espace. »

Et les règles deviennent encore plus draconiennes lorsque l'on parle de chiens de catégorie 2, dont les Rottweilers sont les plus courants. « On peut dire que les personnes sont triées sur le volet pour ce genre de placement et elles sont parfaitement informées de ce qui les attend. » Obligation d'être majeur, d'avoir un casier judiciaire vierge, de déclarer l'animal en mairie et à son assureur...

Chiens dangereux : ne pas s'arrêter à une race, mais à un gabarit

« On relate principalement des faits relatifs à ce genre de molosses, mais on ne parle pas de tous les autres avec qui il arrive aussi des accidents. » Et les faits divers, il est vrai, n'ont pas manqué ces derniers mois, d'où une législation de plus en plus sévère. Pour Dominique, la loi relative à ces animaux dits dangereux, ne devrait pas se limiter à une race, mais plutôt à un gabarit. « Tous ceux qui peuvent potentiellement être gardiens. Quelqu'un qui trouvera trop compliqué d'adopter un Rottweiler se tournera vers un Boxer, qui n'est pas concerné par ces restrictions. Or c'est un chien qui, entre de mauvaises mains, peut être dangereux. »

Entre de mauvaises mains... Ce n'est évidemment plus un secret pour personne, la manière dont on élève un chien conditionne pour la plus grande partie son comportement. Ainsi pour Dominique, c'est en amont que les précautions doivent être prises. « Il faudrait que les animaux soient recensés. Cela éviterait non seulement les trafics, mais aussi de se retrouver avec trois ou quatre chiens dans un appartement. » Un contact avec un éducateur canin, pour connaître les bases de l'éducation, serait également le bienvenu selon notre spécialiste. Voire carrément auprès des brigades canines de la police, pour les chiens de gabarit important.

L'éducation du chien via l'éducation du maître. Telle serait la solution au problème numéro 1 : l'abandon d'animaux. En attendant, Dominique et tous les autres membres de la SPA continuent inlassablement à faire tourner la maison. Quelques coups de crocs parfois, des coups de coeurs aussi et dans la ligne de mire l'intérêt de l'animal, en tout premier lieu. « Ici personne ne vous parlera jamais de prix, de vente. Nous ne sommes pas là pour faire du bénéfice, mais du sauvetage. Le fait de devoir payer pour un animal qu'on sauve est parfois mal compris par certaines personnes. Mais au moins elles y réfléchissent à deux fois avant de se lancer tête baissée et de risquer de l'abandonner aussi facilement qu'elles l'auraient fait si elles n'avaient pas eu à le payer. »

Sabrina KHENFER

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