Vietnam - Les chiens de Phú Quôc, une race rare à préserver à Kiên Giang

27/11/2007
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Il existe plus de 400 races de chiens sur notre planète mais il n'y en a que 3 qui ont une crête sur le dos : une en Thaïlande, une en Afrique et une sur l'île de Phú Quôc (province de Kiên Giang, Sud du Vietnam). Raison pour laquelle ils sont qualifiés de rares.
Les habitants de Phú Quôc considèrent leurs chiens comme une "spécialité" de l'île. Ils ne sont pas seulement des animaux domestiques mais aussi des amis fidèles. Auparavant, les habitants de cette île ne les vendaient jamais, mais les donnaient en présent à un ami ou un proche, ou les échangeaient contre des objets indispensables à la vie quotidienne. Aujourd'hui, l'île accueille de plus en plus de touristes vietnamiens comme étrangers qui, après avoir eu le plaisir de voir ces chiens, souhaitent en acquérir un. Pourquoi cette race est-elle devenue si convoitée ?

Des traits caractéristiques
D'après les experts, il y a 5 caractères qui distinguent le chien de Phú Quôc : une bande de poils le long de l'échine, une poitrine profonde et une taille mince, une queue pointue et un poil court de moins de 2 cm. La tête des chiens de Phú Quôc est petite avec un mufle assez court et des yeux bruns, jaunes ou noirs. La langue a souvent de petites taches, les pieds sont palmés leur permettant de nager excellemment. D'un poids moyen de 14 kg (femelle) à 16 kg (mâle), ces chiens ont souvent l'habitude de hurler et ont une espérance de vie de 18 à 20 ans.

Les chiens de Phú Quôc sont divisés en 5 groupes suivant leur robe. Premier groupe : les bêtes entièrement noires qui, selon les habitants, sont les plus nombreux et les plus appréciés car ce sont les meilleurs chasseurs. Deuxième : robe brune plus ou moins claire. Troisième : robe tigrée de noir et de brun, assez rare. Quatrième : robe grise, le moins nombreux de la race. Dernier : robe blanche ou tigrée de blanc et de noir, ou de jaune et de brun ; ces chiens, selon les experts, pourraient être bâtards.

Février, c'est la saison de reproduction. Dans un trou que la mère a creusé, sa nichée comprend de 3 à 5 chiots. Bons nageurs et bons coureurs, les chiens de Phú Quôc sont fidèles, intelligents et amicaux avec les hôtes. Selon les spécialistes de Hô Chi Minh-Ville, ils sont 4 fois plus intelligents que des bergers et peuvent chasser des bêtes plus grandes comme cerf ou sanglier. Ils savent même chercher des plantes médicinales pour guérir les blessures causées par les pièges des chasseurs ou par les morsures des serpents.

On ignore encore l'origine exacte de ces chiens. Parmi les hypothèses, 3 seulement paraissent vraisemblables. Il s'agirait de chiens sauvages natifs de Phú Quôc, île autrefois déserte, domestiqués par les premiers habitants. Selon la seconde, ils viendraient de l'Afrique grâce aux échanges commerciaux. Enfin, la troisième considère qu'ils proviennent du Nord-Est de la Thaïlande. Leur provenance demeure toujours un mystère. Néanmoins, beaucoup de scientifiques vietnamiens se penchent sur la première hypothèse et ont effectué de nombreuses recherches pour la justifier.

Protection : nécessité oblige
On recense actuellement quelque 10.000 chiens sur l'île de Phú Quôc. Mais chaque jour, une dizaine sont destinés à la préparation de plats dans les restaurants, pour répondre à la demande non seulement des insulaires mais aussi des touristes de plus en plus nombreux. Environ 5 autres quittent quotidiennement leur terre natale pour d'autres lieux.

Ne restant pas les bras croisés, les autorités et la population locales ont ouvert 4 centres de protection, dont 2 se situent au Nord de l'île. Le premier, Centre de préservation des gènes des chiens de Phú Quôc, a été fondé en 2004 par le Service de l'agriculture et du développement rural de Kiên Giang. Il compte désormais une cinquantaine de bêtes pour l'unique objectif de préserver cette race. Pour les touristes souhaitant emmener à la terre ferme un chien comme souvenir de Phú Quôc, ils peuvent se rendre à l'établissement Thanh Nga dans la commune de Cua Duong, où s'abritent quelque 300 bêtes.

Dans la commune de Duong Dông, le centre de préservation Huyên cible le marché de Hô Chi Minh-Ville. En assurant la reproduction, il expédie chaque mois de 20 à 25 chiens à la mégapole du Sud, au prix unitaire d'environ un million de dôngs.

Le dernier et le plus important est le centre Côi Nguôn qui s'occupe non seulement des chiens mais aussi des pygargues. Il vend également des perles et produits artisanaux car, selon son jeune propriétaire Huynh Phuoc Huê, ces activités permettent "d'obtenir des fonds destinés à la préservation des gènes de chiens comme de pygargues".

Cet homme d'affaires de plus de 30 ans a décidé de s'établir à Phú Quôc après avoir terminé ses études universitaires à Hô Chi Minh-Ville. Pendant 3 ans, il s'efforçait d'acheter des chiens de pure race chez les habitants insulaires. Comme ces derniers considèrent leur animal comme un ami fidèle, le jeune a eu beaucoup de difficultés. Parfois, il a dû payer jusqu'à 10 millions de dôngs pour une bête. Peu à peu, son centre se développe et compte actuellement quelque 200 chiens qui vivent dans des "appartements" de 20 m² chacun. "Mais quelques jours avant la mise bas, la femelle est libérée pour pouvoir donner naissance en plein air, dans un trou qu'elle creuse elle-même comme l'habitude de sa race. Après, elle revient au centre avec ses chiots", confie M. Huê.

Selon une employée du centre, ce dernier reçoit souvent des demandes d'achat de clients dont la plupart proviennent de Hô Chi Minh-Ville. Normalement, les chiens vendus sont transportés par voie maritime en compagnie d'une personne du centre qui les connaît bien, car une fois hors de l'île, ces chiens survivent difficilement. "Nous devons fournir aux chiens un mélange de sol et d'eau de l'île pendant la première semaine en dehors de l'île. Cela les aide à ne pas être complètement perdus", raconte-t-elle. Phan Thê Hùng, patron d'une ferme d'élevage de chiens de Phú Quôc à Hô Chi Minh-Ville, partage son expérience : il faut vacciner les chiens contre une maladie appelée "care" et après 2 semaines, on peut les emporter à la terre ferme sans inquiétude. Au centre Côi Nguôn, chaque bête coûte de 800.000 à un million de dôngs, sans compter une somme équivalente comme frais de transport. "Nos clients sont tous, à ce jour, des habitants du Sud", fait savoir l'employée.

"Nous ferons tous nos efforts pour préserver cette race de chiens très rare dans le monde", déclare le patron du centre Côi Nguôn. Et d'espérer recevoir davantage de soutien chez les autorités et les scientifiques, ainsi que toutes les personnes qui aiment ces animaux.

Hà Minh/CVN

Commentaires sur cette actualité

Je soutiens de tout coeur le centre de Côi Nguôn ainsi que tous ces chiens qui m'ont l'air tout à fait magnifiques et qui me fascinent déjà rien qu'à leur description. J'espère qu'ils éveilleront davantage l'intérêt des gens et que nous pourrons les préserver au mieux. Et que nous cesseront de les sacrifier au bénéfice de restaurant renommés! ils ne méritent pas ça et d'ailleurs personne ne le mérite, et de plus ils se raréfient. Ce n'est donc pas le moment d'en faire de la viande fraîche ou de la soupe! J'espère aussi avoir un jour l'occasion de voir réellement ces chiens et peut-être même -qui sait- en adopter un... mais cette dernière chose est bien peu probable. Mais comme je vis actuellement au Viet Nam à Ho Chi Minh vile, j'envisage de les voir un jour et de faire même un stage là-bas si possible pour mon avenir qui sera probablement celui d'éducateur comportementaliste canin.
Je vous remercie de votre attention pour m'avoir lue et si l'un d'entre vous connaîtrait par hasard un ou plusieurs centres accueillant de jeunes stagiaires (de moins de 18 ans), vous pouvez me contacter sur mon adresse e-mail: [email protected] Aurevoir et à bientôt peut-être.

   
Par Manon Poveda