CHIENS : Histoire et culte de Saint Hubert

16/11/2009
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LEGENDE.

Photo : La légende de l'apparition du cerf a été popularisée par la peinture et l'imagerie d'Epinal.

Le 3 novembre, veneurs, chasseurs, gardes et piqueurs ont célébré Saint Hubert des Ardennes.
Depuis le XVe siècle, on dit que le seigneur Hubert était si passionné de chasse qu'il en oubliait ses devoirs. La légende rapporte qu'il n'avait pu résister à sa passion un Vendredi Saint et n'ayant trouvé personne pour l'accompagner, était parti chasser sans aucune compagnie.

 

A cette occasion, il se trouva face à un cerf extraordinaire. Il était blanc et portait une croix lumineuse au milieu de ses bois. Hubert se mit à pourchasser le cervidé mais celui-ci parvenait toujours à le distancer sans pour autant se fatiguer. Ce n'est qu'au bout d'un long moment que l'animal s'arrêta et qu'une voix tonna dans le ciel en s'adressant à Hubert en ces termes :
« Hubert ! Hubert ! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts ? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ? »
Hubert, saisi d'effroi, se jeta à terre et humblement, il interrogea la vision :
« Seigneur ! Que faut-il que je fasse ? »
« Va donc, reprit la voix, auprès de Lambert mon évêque, à Maastricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée ».
Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :
« Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence, puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous ! »

 

Un moine intrépide
L'histoire de Saint Hubert est celle de tous les catéchumènes des temps mérovingiens.
Il était de ces moines intrépides qui défrichaient les forêts épaisses, élevaient de leurs mains leur sanctuaire et parvenaient à inspirer quelques sentiments humains à des populations simples et rugueuses. Saint Hubert est mort à Tervueren, dans le Brabant, le 20 mars 727. Son corps a d'abord été déposé dans l'abbaye de Saint-Pierre à Liège, ville qu'il avait fondée. Il a ensuite été transporté, sur ordre et sous les yeux de Louis le Débonnaire en l'an 817, au monastère d'Andain dans les Ardennes.

 

Un transfert qui a donné lieu à un pèlerinage. Et c'est là, au nord est de la province belge du Luxembourg, dans une contrée aride et couverte de bruyères, autour de la fameuse abbaye bénédictine qui renferme les reliques du bienheureux, que s'éleva plus tard la petite ville de Saint-Hubert où affluent les dévots au culte du Nemrod chrétien.
Le pèlerinage de Saint-Hubert doit sa célébrité à la réputation qu'il avait de guérir bêtes et gens qui étaient atteints d'hydrophobie. Il est dit aussi que les gens mordus par un chien enragé seront guéris à condition qu'ils respectent scrupuleusement la règle de ne jamais se regarder ni dans un miroir ni dans les clairs ruisseaux parsemant les campagnes. Aussi assurait-on que le traitement n'avait presque jamais d'effets sur les femmes…

 

Mais le pèlerinage était chose longue et coûteuse. Aussi nombre de gens se morfondaient faute de pouvoir faire le déplacement. Ces malades vivaient tenus à l'écart, privés de tout tels des lépreux et mourraient souvent plus de misère que de la rage. Mais au XVIIe siècle les Etats du Hainaut, de Flandre et d'Artois cherchèrent à les soulager.
Ils s'avisèrent qu'une vieille légende accordait aux descendants de Saint-Hubert le pouvoir de « donner répit », c'est-à-dire guérison à ces malheureux. atteints de la rage ou d'hydrophobie.
Ces guérisseurs miraculeux furent alors recherchés et pourvus d'une bonne pension pour courir dans les campagne porter les bienfaits de leur pouvoir antirabique.


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