100e anniversaire du club français du Dobermann

15/05/2013
Partager :  

Moins à la mode depuis que son allure et son comportement ont changé, le dobermann reste le chien préféré de nombreux Alsaciens. C’est d’ailleurs en Alsace, à Dannemarie, que sera fêté, ce week-end, le 100e anniversaire du club de race français.

Textes : Isabelle Lainé
Il a l’air féroce, mais c’est un chien fondamentalement gentil et un excellent sportif. Photo Emile von Heckendorf

Il est très facile d’avoir un avis très arrêté sur le dobermann. Dans de nombreux films ou séries, s’il faut un chien de garde ou d’attaque, c’est un dobermann qui va jouer le rôle. C’est le cas dans des œuvres récentes, comme Hugo Cabret , ou dans des séries plus anciennes, comme Magnum , où Zeus et Apollon sont restés célèbres.
Si l’image du chien n’a pas beaucoup changé dans l’imaginaire collectif, la race, elle, a énormément évolué.
« C’est un chien de garde, mais ce n’est pas un chien dangereux » , pose d’emblée Serge Debski, président du Dobermann club de France. Autrement dit, le dobermann ne figure pas dans les catégories de chiens dont les maîtres sont soumis à des règles strictes, comme le port de la muselière dans les lieux publics.
« Un croisement entre le beauceron et le lévrier »
L’origine de ce chien est imprécise. Certes, il a été créé par Frédéric Louis Dobermann en Allemagne, à la fin du XIXe siècle (lire ci-contre). Mais on ne sait pas vraiment quels croisements ont été réalisés pour arriver au résultat qui a permis de fixer un premier standard. « Il y a sûrement du beauceron et du lévrier » , précise le président du club.
Du premier, on peut retrouver la couleur noire et feu. Du second, la finesse de certains modèles. Mais le dobermann d’aujourd’hui ne ressemble plus à celui de l’époque.
En plus de la ligne générale du chien, son changement le plus marquant concerne évidemment ses oreilles. Depuis 2004, il est interdit de couper les oreilles des chiens. Cette loi est effective en France depuis 2008. Ce qui veut dire que les dobermann nés après cette date ayant les oreilles coupées ne peuvent plus participer aux expositions canines ou aux concours de travail.
« Avant cette interdiction, nous avions 2 400 membres dans le club de race. Nous sommes actuellement 600. » Cette baisse d’effectif ne fait pourtant pas peur à Serge Debski. « Les gens qui apprécient vraiment le dobermann continuent à en avoir. Et d’autres, qui aiment leur physique actuel, viendront. » Environ 800 naissances de dobermann ont été comptabilisées l’an passé en France, contre 12 000 bergers allemands, qui reste la race la plus représentée dans l’Hexagone.
« On peut mettre cinquante mâles ensemble »
Mais le dobermann n’a pas seulement changé d’aspect physique. Son caractère a également évolué. « Lorsque j’ai eu mes premiers dobermann, en 1976, il n’était pas possible de faire se croiser deux chiens à un mètre de distance. Aujourd’hui, on peut mettre cinquante mâles ensemble sans problème. Il y a eu vraiment un gros travail sur le comportement. »
Cette évolution permet de profiter d’autant mieux des qualités sportives du dobermann. « Il peut pratiquer tous les sports canins. Mais il est surtout excellent pour le pistage, le RCI (NDLR : sport qui allie du pistage, de l’obéissance et de la défense) ou le ring (obéissance, sauts, défense). »
Côté santé, le dobermann n’a pas vraiment de problème particulier, comme c’est le cas pour d’autres races, et a une durée de vie allant de 9 à 13 ans en moyenne. « Mon vétérinaire était fâché parce que je ne venais plus le voir. Mes chiens ne sont jamais malades ! » , s’amuse Serge Debski.
Une centaine des plus beaux représentants de la race seront rassemblés ce week-end à Dannemarie.

SE RENSEIGNE R Sur le site du club de race : www. dobermann-club-france.asso.fr.

Actualité précédente :
un loup pour la première fois en Ardèche
Actualité suivante :
Des chiens, pas des loups