Suisse - Veille des vacances: que fait-on de Médor?

01/07/2007
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Chaque été, à quelques jours du départ en vacances, des propriétaires paniquent, se demandant à qui ils vont bien pouvoir confier leur animal. Le problème, c'est que les pensions affichent complet depuis des mois déjà. Pour les Sociétés de protection des animaux (SPA), indignées par les abandons en masse, le message à faire passer est clair: réservez à l'avance et prévoyez un budget
Elise Jacqueson - 30/06/2007
Le Matin Dimanche

A quelques jours des premiers départs en vacances d'été, le scénario est toujours un peu le même: les pensions pour animaux sont assaillies au téléphone par tous les propriétaires qui cherchent désespérément à placer leur fidèle compagnon. Les Sociétés pour la protection des animaux (SPA) de Suisse romande, quant à elles, récupèrent tous les chiens et chats qui n'ont pas trouvé pension dans les chenils de la région. Panique à bord.

Réelle pénurie à Genève
Mais que se passe-t-il? Y a-t-il une réelle pénurie de places? Les propriétaires s'y prennent-ils à la dernière minute? Ou, pire, profitent-ils de leur retard pour se débarrasser de leurs compagnons?

A entendre les professionnels, il semble que les trois cas de figure, hélas, existent.

D'abord, le manque de places. A Genève, les lacunes en matière d'accueil dans les pensions sont réelles. «Cela s'est même amplifié, car bon nombre d'établissements ont fermé lors du décès ou du départ à la retraite de certains exploitants, indique Me Frédérique Flournoy, présidente de la SPA de Genève. La loi a changé. Ainsi, tout changement de propriétaire entraîne une mise aux normes de l'établissement.» Par conséquent, pas facile de trouver une place si on ne s'y est pas pris bien à l'avance.

Exemple: le chenil Stillwagon, à Laconnex (GE), est complet trois mois à l'avance! L'été, il accueille 90 chiens. «Nous refusons chaque jour trente personnes», confirme Gabrielle, l'une des employées du chenil, qui accueille toutes les races. Le prix oscille entre 26 et 28 francs par jour selon la taille.

Mais que faire alors pour éviter de courir dans tous les sens au risque de devoir laisser son animal entre de mauvaises mains?

«Il faut surtout bien réfléchir avant de prendre un animal en pensant justement à ce que l'on fera de lui pendant les vacances, insiste Me Flournoy. Et prendre conscience que mettre un chien en pension coûte cher: entre 20 et 30 francs par jour. On parle là de véritable budget.»

On prend puis on jette!
La présidente de la SPA rappelle quelques conseils de base: réserver à l'avance et visiter le lieu où son animal va séjourner.

A Neuchâtel, on nuance. Certes, le stress du propriétaire en quête d'une place d'accueil existe, mais, quand il ne trouve pas, une terrible tentation le guette: l'abandon.

«Il arrive de plus en plus souvent en effet que des gens décident de se séparer de leur animal à l'approche des vacances, dénonce Chantal Yerly, présidente de la Société protectrice des animaux Neuchâtel et environs (SPAN). Car, ici, les lieux d'accueil ne sont pas encore complets. En vérité, les gens ne veulent tout simplement pas payer 20 francs par jour pour leur bête! La preuve, j'ai récupéré hier un chat qui était bon pour l'euthanasie! C'est très choquant.»

Même indignation en Valais. Chantal Oberson, vice-présidente de la Ligue valaisanne pour la protection des animaux et responsable du Refuge de l'Espoir à Ardon, près de Sion, témoigne: «On me téléphone deux jours avant de partir. Au moindre contretemps, de nos jours, qu'il soit professionnel ou privé, les gens préfèrent éliminer le chien. Croyez-moi, c'est la réalité! On préfère payer 70 francs pour une euthanasie que de dépenser 20 francs par jour pour que quelqu'un s'occupe de l'animal.»

Par ailleurs, cette Brigitte Bardot bis observe depuis quelques années un phénomène qui la met hors d'elle. «Les jeunes couples prennent un chien en attendant d'avoir leur premier enfant. Puis, une fois que le doux jésus en or massif arrive, ils se débarrassent du chien, prétextant avoir peur pour le bébé. Franchement, je leur en veux!»

La parade? Un gardien
Elle pointe alors du doigt «cette société de consommation dans laquelle on prend et puis on jette»! En été comme en hiver d'ailleurs...

Vous vous êtes décidés à ne pas commettre l'irréparable? Vous n'avez pas renoncé par manque de place dans les pensions ? Une solution existe encore, notamment si vous possédez un chat.

Jean-Jacques Béguin fait partie de ces gardiens que tout propriétaire de chat aimerait avoir sous la main.

Cet ancien cadre de la poste de 58 ans a monté sa société, Animals Car Services, il y a quelques mois. Durant vos vacances, il se rend à votre domicile deux fois par jour pour environ 20 francs.

Mais il y a mieux encore si vous craigniez que votre boule de poils ne tombe en dépression, optez pour le home-sitting. Le principe? Inviter un cousin ou un retraité à s'installer dans votre appartement. Pas gagné d'avance...

Quelques adresses :
http://www.chien.com/Adresses/recherche_adresses_16-pensions-pour-chiens.html

Photo : Au chenil Stillwagon, à Laconnex, Gabrielle sort et joue avec les chiens dans le pré trois fois par jour.

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