MAROC - Les animaux passent sans contrôle

05/02/2007
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A part la drogue, les armes et tout ce qui est suspect, les agents douaniers doivent également impérativement contrôler les papiers des animaux domestiques en provenance d¹autres pays au niveau des frontières marocaines. Malheureusement, ce n¹est pas toujours le cas et d¹énormes risques sont de ce fait encourus.

Constat des plus alarmants : au niveau des ports de Tanger et de Sebta, le contrôle quant au passage d¹animaux domestiques est presque inexistant. Ces animaux, qui peuvent être porteurs de graves maladies, en l¹occurrence la rage, passent tranquillement avec leur maître à bord de véhicule devant les agents douaniers sans vérification d¹aucune espèce. Les résultats sont là, accablants. Il y a quelques semaines, dans un bateau traversant le détroit de Gibraltar, un couple de français, qui ramenait pour la première fois leur chien, avait peur de subir quelques désagréments au port de Tanger. Arrivé à destination, ce couple fut étonné de constater que l¹agent douanier n¹a pas réclamé les papiers du chien ! Ils sont, ainsi, entrés au Maroc tranquillement avec leur animal de compagnie qui peut ne pas être vacciné, par conséquent suspect d¹avoir ou de choper ladite maladie.
Au niveau du port de Sebta, pratiquement à la même période, une espagnole à pieds n¹a pas eu non plus à montrer ni le passeport de son chat, ni le tatouageŠ
C¹est dire que le manque de contrôle de la part des agents douaniers est patent au niveau de ces deux ports.
Qui est responsable de cette situation ? Qui doit protéger les citoyens marocains de ce genre de danger ?
L¹on se rappelle pourtant du chien diagnostiqué positif en rage par l'Institut Pasteur de Paris, le 29 mai 2001. Cet animal avait été importé frauduleusement sur le territoire français en provenance du Maroc deux mois auparavant. Il semblerait, aussi, que d'autres chiens de la même portée aient été adoptés par des touristes français ou allemands sur une aire de campement à Tarazout, près d'Agadir et transporté par la suite en dehors du Maroc. Ou plus récemment l¹affaire de Tiki en 2004, ce chiot enragé introduit clandestinement en France a suscité un réel branle-bas de combat et des experts ont même été dépêchés au Royaume. Au Maroc, à part des actions ponctuelles de chasse aux chiens errants diligentées dans le moment, rien ne semble être entrepris pour éviter le pire.
Un inspecteur de la douane nous a confié sous couvert d¹anonymat, qu¹il ne faut pas généraliser et que les agents font en principe très attention. Et d¹ajouter : en plus, ces animaux proviennent de l¹Europe et ont déjà passé au moins la douane espagnole, ce qui veut dire, qu¹il n¹y a aucun risque.
Il est évident que les agents marocains ont une confiance aveugle en leurs compères espagnols !! Heureusement alors que la situation n¹est pas la même au niveau des aéroports, sinon le Maroc sera plus que pointé du doigt. La rage tue encore 50.000 personnes par an dans le monde. La rage humaine est une maladie mortelle à 100% une fois déclarée. Il est donc tout à fait nécessaire d¹appliquer des règles strictes de prévention. Des sources de l¹Institut Pasteur nous ont affirmé, que durant l¹année 2006, au moins 15 cas de mort à cause de la rage ont été confirmés. La rage est une maladie très dangereuse, d¹où la nécessité de ne pas badiner avec les contrôles d¹usage.Le Docteur Hicham Rahali, vétérinaire, nous a expliqué que la rage est une zoonose (maladie infectieuse transmissible des animaux vertébrés à l¹homme et réciproquement) d¹origine virale que l¹on trouve chez les animaux domestiques et sauvages. Il précise qu¹elle se transmet à d¹autres animaux ou à l¹être humain par la salive (par exemple par les morsures, les griffures, le léchage au niveau d¹une excoriation cutanée ou par les muqueuses). Une fois que les symptômes de la maladie sont apparus, l¹issue est fatale chez l¹animal comme chez l¹homme.

Meyssoune Belmaâza