Importation, vacances... : faire entrer un chien au Canada

Importation, vacances... : faire entrer un chien au Canada

L’importation des animaux domestiques ou d’élevage au Canada est strictement encadrée. Pour savoir s’il est possible ou non d’importer un chien sur le territoire canadien, il faut prendre en considération plusieurs critères qui concernent sa nature et sa santé, mais aussi l’usage auquel il est destiné, qui peut être autre que celui de simple compagnon de vie.


Peut-on faire entrer n’importe quel chien au Canada ? Quelles sont les modalités d’entrée d’un chien au Canada ? Quelles démarches faut-il entreprendre, et quel budget prévoir ? Comment s’assurer que le processus soit le moins risqué et éprouvant possible pour l’animal ?

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Les motifs d’importation de chiens au Canada

Les motifs d’importation de chiens au Canada

Qu’on envisage un déménagement au pays de la feuille d’érable, de simples vacances, un retour au pays après avoir séjourné à l’étranger ou une importation dans un but commercial, la situation est la même aux yeux de la loi canadienne : tous ces cas de figure sont assimilés à une importation d’un animal domestique. Et en l’espèce, ce n’est pas la durée du séjour du nouvel arrivant qui importe, mais l’usage auquel il est destiné.

 

La loi canadienne reconnaît plus précisément trois cas de figure :

L’importation à des fins personnelles

L’importation à des fins personnelles

L’importation à des fins personnelles concerne tout animal qu’un particulier souhaite faire entrer au Canada en provenance d’un pays étranger pour qu’il lui tienne compagnie, que ledit animal ait ou non été stérilisé.

 

Le cas le plus commun est celui d’une personne désirant adopter un représentant d’une race introuvable dans son pays – par exemple un Mastiff Tibétain ou un Shar-Peï, qui sont des races de chien rares dans le pays, et dont il est bien difficile de trouver des élevages sur place.

 

L’importation à des fins personnelles concerne également tout citoyen canadien qui rentre au pays après un séjour à l’étranger avec son animal, que ledit séjour ait duré une poignée de jour ou des années. Un Canadien n’est donc pas dispensé des formalités à effectuer lorsqu’il rentre chez lui après une absence, aussi courte fût-elle.

L’importation à des fins commerciales

L’importation à des fins commerciales

L’importation à des fins commerciales concerne avant tout les éleveurs qui voient la demande augmenter pour une race de chiens dont ils ne disposent pas de beaucoup de spécimens, et qui souhaitent donc en faire parvenir de l’étranger.

 

Elle englobe :

L’importation à des fins d’assistance

L’importation à des fins d’assistance

Il est possible d’importer un chien afin qu’il offre son assistance au quotidien à un particulier ou via des interventions opérées par une association spécialisée (par exemple au sein d’hôpitaux, maisons de retraite, écoles, etc.).

 

Les chiens d’assistance sont des animaux certifiés par une organisation reconnue par le Canada et utilisés pour aider des personnes atteintes de troubles médicaux tels que l’autisme, l’épilepsie, l’agoraphobie, la mobilité réduite, le stress post-traumatique, la surdité ou encore la cécité.

Les chiens importables au Canada

Les chiens importables au Canada

Si la plupart des pays restreignent l’entrée des chiens sur leur territoire (en interdisant par exemple certaines races, ou en fixant un seuil au nombre d’individus qu’une personne peut importer), le Canada est relativement indulgent en la matière, puisque sa seule exigence à ce jour est que l’animal doit avoir plus de 8 semaines à son arrivée sur le sol national. Il n’existe pas d’autre limitation particulière à l’échelle du pays.

 

Cela étant, le Canada étant un état fédéral, chaque province jouit d’une certaine autonomie politique qui lui permet de légiférer sur cette question à l’échelle de son territoire. Il peut ainsi exister au niveau provincial des Législations visant des Races Particulières (LRP), qui peuvent restreindre l’accès, la circulation ou encore l’élevage de certains types de chiens.

 

À ce jour, seul l’Ontario a pris une mesure dans ce sens : depuis 2006, il est interdit d’y importer des chiens de races Staffordshire Bull Terrier, American Staffordshire Terrier, American Pit Bull Terrier ou « tout autre chien qui leur ressemble », selon les termes de la loi. Cette dernière mention donne le pouvoir aux autorités de limiter l’accès à des chiens croisés qui présenteraient des caractéristiques morphologiques similaires à celle des races précédemment nommées. Elle est d’autant plus utile qu’à ce jour, le Pitbull n’est pas officiellement reconnu par le Club Canin Canadien (CCC) : il n’existe donc pas de standard en vigueur pour en définir précisément les caractéristiques morphologiques. Par conséquent, sans cette disposition, il aurait été assez facile pour un maître d’arguer que son chien n’est pas un véritable Pitbull, puisque par définition cette race « n’existe » pas…

 

Quoi qu’il en soit, dans le cadre d’une importation, cette LRP prévoit que la charge de la preuve est à fournir par la personne souhaitant faire venir un chien de l’étranger : en cas de doute, ce n’est pas aux autorités de prouver que l’animal rentre bien dans le périmètre des chiens interdits, mais à elle de prouver qu’il n’en fait pas partie.

Les formalités pour faire entrer un chien au Canada

Dans le cas où le chien est autorisé à entrer au Canada, son maître doit se charger d’un certain nombre de formalités non seulement en amont, mais aussi le jour J.

Les formalités pour l’importation à des fins personnelles

L’importation à des fins personnelles est le cas le plus courant, et celui qui s’applique à la plupart des chiens entrant au Canada.

La preuve d’immunité contre la rage

La preuve d’immunité contre la rage

Toute personne souhaitant faire entrer un chien au Canada doit pouvoir prouver que celui-ci est immunisé contre la rage. Cette disposition vise à s’assurer non seulement qu’il est indemne de cette terrible zoonose (maladie que le chien peut transmettre à l’Homme), mais qu’en plus il ne pourrait pas être contaminé une fois sur place – la rage est en effet toujours présente au Canada, une poignée de cas étant recensés chaque année chez le chien, et jusqu’à plusieurs centaines toutes espèces confondues.

 

En cas de non-respect de cette formalité, le chien est vacciné d’office lors de son passage à la douane, et ce aux frais de son propriétaire. Le tarif de la vaccination contre la rage est de 55 dollars canadiens hors taxes pour le premier chien, et ensuite de 30 dollars canadiens hors taxes pour chacun des suivants s’il y en a plusieurs.

 

Le cas général

En général, le meilleur moyen de prouver cette immunité contre la rage est de présenter à la douane un certificat de vaccination qui en atteste. Pour être recevable, ce document doit :

  • être délivré par un vétérinaire praticien ;
  • être rédigé en français ou en anglais ;
  • décrire précisément le chien en question (poids, race, sexe et couleur de robe) ;
  • mentionner la date de l’injection, le nom commercial et le numéro de série du vaccin homologué (le Canada n’exige pas de délai minimal entre la date d’injection et le jour d’importation, contrairement à beaucoup de pays) ;
  • préciser la durée de l’immunité, qui doit être toujours active lors de l’arrivée dans le pays (un animal non à jour dans ses rappels n’est pas considéré comme protégé).

 

Si le chien provient de l’Union européenne, le passeport européen pour animaux de compagnie peut faire office de certificat de vaccination, à condition qu’il contienne a minima les mêmes informations. Ce document, également délivré par un vétérinaire, coûte en moyenne entre 5 et 15 euros selon les praticiens. Il est obligatoire pour tout citoyen de l’Union Européenne souhaitant pouvoir y réentrer par la suite avec son chien, si jamais le séjour au Canada n’est que temporaire.

 

Les chiens de moins de 3 mois

Tout chien âgé de moins de 3 mois est exempté d’un tel certificat de vaccination. Cela étant, le maître doit être en mesure de fournir une preuve de son âge si cela le lui est demandé. Il peut par exemple s’agir d’un certificat zoosanitaire établi par un vétérinaire officiel dans les 72 heures précédant l’arrivée au Canada.

 

Les chiens provenant d’un pays indemne de la rage

À défaut de certificat de vaccination et de passeport européen, un simple certificat vétérinaire peut être toléré si le chien provient d’un pays reconnu indemne de la rage. Ce document doit :

  • être rédigé en français ou en anglais ;
  • identifier clairement l’animal ;
  • indiquer que celui-ci est bien resté sur le territoire d’où il est exporté durant les six mois précédant son arrivée au Canada ;
  • être accompagné d’un document établi par une autorité gouvernementale jugée compétente par le Canada et confirmant qu’aucun cas de rage n’a été signalé dans le pays dans les six mois précédents la demande d’importation. Pour connaître le nom des autorités gouvernementales en question, il faut contacter directement l’Agence Canadienne d’Inspection des Aliments (ACIA).

 

Toutefois, le nombre de pays reconnus par les autorités canadiennes comme étant indemnes de la rage – et donc pour lesquels un tel certificat suffit - dépasse à peine la vingtaine. C’est notamment le cas de l’Australie, de l’Irlande, du Royaume-Uni ou de la Suède, mais pas par exemple de la Belgique, la France et la Suisse.

Le cas du chien voyageant seul

Le cas du chien voyageant seul

Il est tout à fait possible de faire entrer un chien seul au Canada (c’est-à-dire sans son propriétaire), du moment qu’il respecte l’âge minimal de 8 semaines et qu’il est accompagné d’une preuve qu’il est vacciné contre la rage (dès lors qu’il a plus de 3 mois), ou d’un simple certificat vétérinaire s’il provient d’un pays indemne de la rage.

 

Dans le cas où il a moins de 8 mois, il doit toutefois disposer également d’un certificat de santé. Pour être valide, celui-ci doit :

  • être rédigé en français ou en anglais ;
  • être délivré par le vétérinaire ayant pratiqué l’examen du chien ;
  • être effectué dans les 72 heures précédant l’importation au Canada (le jour et l’heure de l’examen doivent donc être indiqués) ;
  • attester que le chien a plus de 8 semaines le jour de l’examen, qu’il ne présente aucun signe clinique de maladie, qu’il a été vacciné au plus tôt à l'âge de 6 semaines contre la maladie de Carré, l'hépatite, la parvovirose canine et la toux du chenil, et qu’il peut être transporté au Canada sans souffrir indûment en raison d'une infirmité, d'une maladie, d'une blessure ou de la fatigue, entre autres.

Les frais d’importation

Les frais d’importation

Quel que soit le cas de figure, l’agence des services frontaliers du Canada prélève des frais d’inspection pour chaque chien arrivant dans le pays. Le tarif est de 30 dollars canadiens (hors taxes) pour le premier chien, et ensuite de 5 dollars canadiens (hors taxes) pour chacun des suivants, s’ils sont plusieurs.

Les formalités pour l’importation commerciale

Les formalités pour l’importation commerciale

Pour importer un chien à des fins commerciales au Canada, les formalités et frais applicables à l’importation pour usage personnel trouvent à s’appliquer, mais quelques règles supplémentaires doivent être respectées.

 

Ainsi, il faut également prévoir en amont l’obtention d’un permis d’importation. La démarche peut se faire par internet via le portail « Mon ACIA », en remplissant le formulaire CFIA/ACIA 5860 relatif à l’importation des animaux domestiques. Il est recommandé de faire la demande de ce permis au moins 30 jours avant l’importation prévue, pour être assuré de recevoir l’autorisation dans les délais.

 

Par ailleurs, l’identification du chien par puce électronique est également obligatoire s’il a moins de 8 mois au moment où il entre sur le territoire.

 

En outre, s’il est destiné à l’adoption ou à un organisme de protection des animaux, il doit obligatoirement provenir d’un chenil enregistré et approuvé par le Canada.

 

Enfin, les chiens qui résident habituellement au Canada et rentrent au pays après avoir participé à un concours, une exposition canine ou un essai clinique sont soumis à des restrictions supplémentaires. Ils doivent avoir séjourné à l’étranger moins de 60 jours, être accompagnés d’un résident canadien s’ils ont moins de 8 mois, et être en possession d’un certificat de vaccination contre la rage valide s’ils ont plus de 3 mois, ainsi que d’une preuve de l’activité à laquelle ils ont participé.

Les formalités pour l’importation d’un chien d’assistance

Les formalités pour l’importation d’un chien d’assistance

Tout propriétaire de chien d’assistance est dispensé de l’ensemble des formalités précédemment listées lors de son arrivée au Canada, à condition qu’il accompagne son animal pendant le voyage et qu’il dispose d’un document attestant que son compagnon est bel et bien un animal d’assistance certifié par une organisation reconnue par le Canada.

 

Si jamais le chien voyage seul ou accompagné d’une autre personne que son maître, il est d’office considéré comme importé à des fins commerciales, quelle que soit la formation qu’il a reçue et l’usage auquel il est destiné. Il faut alors suivre la même procédure que pour l’importation commerciale.

Le voyage du chien jusqu’au Canada

Une fois les formalités effectuées, il reste à se pencher sur le trajet lui-même. Pour des raisons pratiques, beaucoup de chiens arrivent au Canada par avion, mais aucun moyen de transport n’est imposé : libre à chaque maître de choisir l’option qui lui convient tant en termes d’organisation que sur le plan financier.

L’arrivée du chien par avion

L’arrivée du chien par avion

L’avion est bien souvent le moyen le plus simple de faire venir un chien au Canada, a fortiori s’il provient d’un pays lointain. Les compagnies aériennes ne manquent pas, et la quasi-totalité accepte la présence d’animaux à bord… sous certaines conditions.

 

Il faut en effet savoir qu’elles ont toute liberté pour interdire l’accès à certains chiens qu’elles considèrent comme potentiellement dangereux. Par exemple, Air France, Corsair et beaucoup d’autres compagnies refusent systématiquement les Staffordshire Terrier, Pitbulls, Mastiffs et tout autre chien ayant une morphologie similaire.

 

Air Transat, qui assure des vols réguliers entre l’Europe et le Canada, impose des restrictions encore plus importantes. En plus de refuser la plupart des chiens de type mastiff (dont le Dogue Argentin, le Bandog, le Boerboel, le Fila Brasileiro, le Cane Corso, les Mastiff Napolitain, le Mastiff des Canaries et le Tosa Inu) et toutes les races de type pitbull (American Staffordshire Terrier, Staffordshire Bull Terrier et American Pit Bull Terrier), elle interdit également l’accès à bord à l’Akita Inu, au Kangal, au Rottweiler, au Doberman ainsi qu’aux hybrides chiens-loups. Les individus issus d’un croisement avec l’une de ces races sont également interdits.

 

Air Canada est plus souple, car elle n’interdit pas certaines races en particulier à bord de ses avions. Toutefois, elle se réserve fort logiquement le droit de refuser l’accès aux chiens présentant un comportement agressif. Par ailleurs, la compagnie établit une liste de « chiens forts » qui doivent voyager dans des conteneurs renforcés en métal, en bois ou en matériau synthétique (et non en plastique), dès lors qu’ils ont plus de six mois. La porte de la caisse, également faite dans un de ces matériaux, doit être équipée d’une serrure sécurisée. Les races concernées sont le Berger du Caucase, le Karabash, le Pitbull, le Mastiff, le Rottweiler, les individus issus de croisements avec l’une de ces races ainsi que les hybrides chien-loup.

 

Ces interdictions quelles qu’elles soient sont propres à chaque compagnie, et sans rapport avec la législation canadienne ou celle de leur pays d’origine : la race peut très bien être autorisée au Canada ainsi que dans le pays de départ, tout en étant interdite d’embarquer. Il est donc primordial de bien se renseigner en amont, au moment d’effectuer la réservation du billet.

 

Si le chien est autorisé à bord, il peut selon les cas voyager aux côtés de son maître ou en soute. Là encore, chaque compagnie aérienne définit ses propres règles, mais en général, seuls les animaux pesants moins d’une dizaine de kilos et placés dans une cage de transport sont tolérés en cabine. La seule exception concerne alors les chiens d’assistance, qui sont d’office autorisés à demeurer aux côtés de leur maître, et ce quel que soit leur gabarit. Cette politique est celle appliquée notamment par Air Canada, Air Transat et Corsair. La société peut aussi, pour des questions de sécurité, interdire l’accès à la soute à certains chiens jugés trop fragiles ou pouvant avoir des problèmes de santé. Par exemple, Corsair et American Airlines n’autorisent pas les races de chiens brachycéphales en soute : elles ne peuvent voyager qu’en cabine, à condition que leurs dimensions soient suffisamment modestes pour que cela soit permis.

 

D’autres critères de restriction plus atypiques peuvent entrer en ligne de compte. Par exemple, American Airlines n’accepte d’embarquer des animaux que si la température au départ ou à l’arrivée de l’avion est comprise entre -7°C et 29°C ; si cette même température est inférieure à 7°C, la compagnie exige également une déclaration d’un vétérinaire attestant des capacités d’acclimatation du chien aux basses températures. De son côté, Air Canada n’accepte pas les chiens en soute entre le 1er novembre et le 31 mars. En dehors de cette période, lorsque la température extérieure est inférieure à 0°C, les chiens de plus de 4,5 kg ne peuvent pas non plus être admis en soute. Il en va de même de ceux qui dépassent ce poids, mais uniquement sur certains appareils. A l’inverse, lorsque la température extérieure est supérieure à 29,5°C, il est impossible de voyager avec un chien sur Air Canada, que ce soit en soute ou en cabine ; en été, mieux vaut donc éviter les heures les plus chaudes, et prévoir plutôt un vol tôt le matin ou tard le soir. Compte tenu du climat continental qui prédomine sur la majorité du territoire canadien, il est important de se renseigner sur ce type de restrictions avant de réserver son billet, pour ne pas avoir de mauvaise surprise le jour de l’embarquement.

 

De plus, lors de certaines périodes de forte affluence, certaines compagnies peuvent refuser d’embarquer des animaux de compagnie, quand bien même les conditions habituelles sont bien remplies. Par exemple, Air Canada n’accepte pas de chiens sur ses vols entre le 15 décembre et le 12 janvier.

 

Dès lors que le chien remplit toutes les conditions pour voyager à bord d’une compagnie donnée, son maître doit le faire enregistrer au moment d’acheter son billet et au moment de déposer ses bagages. Le prix du trajet en avion pour un chien dépend grandement de la compagnie, du vol effectué et du fait que l’animal soit en soute ou en cabine, mais il faut globalement compter entre 40 et 200 euros par animal et par trajet.

L’arrivée du chien par bateau

L’arrivée du chien par bateau

Il est possible de faire venir un chien au Canada par bateau.

 

Par exemple, pour faire la traversée du Maine (États-Unis) jusqu’à la Nouvelle-Écosse, le « CAT » de la compagnie Bay Ferries accepte les animaux domestiques sans frais supplémentaires. Deux solutions s’offrent alors aux voyageurs : laisser leur chien dans leur véhicule ou le faire voyager dans le chenil prévu à cet effet. Si les températures extérieures sont très basses pendant la traversée, ce dernier peut toutefois être fermé pour ne pas mettre les animaux en danger.

 

Dans le cas où le chien effectue la traversée en restant dans le véhicule, il faut savoir que le pont des véhicules n’est pas accessible durant la traversée. Il n’est donc pas possible de rendre visite à son chien et s’assurer que tout se passe bien. Seuls les membres de l’équipage qui effectuent des rondes sur ce pont sont donc en mesure de constater un éventuel problème. Il est donc déconseillé d’opter pour cette option, à moins bien sûr que ce soit la seule possible.

 

À l’ouest du continent, BC ferries assure la liaison entre l’État de Washington (États-Unis) et la Colombie-Britannique. Le chien peut rester sur le pont prévu pour les animaux de compagnie aux côtés de son maître, ou effectuer la traversée installé dans le véhicule de la famille, comme sur le CAT. Là encore, le trajet est gratuit pour la gent canine.

 

Faire venir un chien au Canada en bateau depuis l’Europe s’avère en revanche nettement plus coûteux et plus compliqué, car il y a très peu de traversées directes qui acceptent les animaux. Le célèbre paquebot Queen Mary II, qui effectue des voyages depuis l’Angleterre et la France vers les États-Unis, accepte bien les chiens à son bord en pension animalière, mais il ne fait que très rarement escale à Halifax au Canada et débarque plutôt ses passagers à New York.

Les autres moyens de transport

Les autres moyens de transport

Il est tout à fait possible de traverser la frontière entre les États-Unis et le Canada en voiture avec un chien.

 

C’est impossible en revanche en bus, à moins qu’il ne s’agisse d’un chien d’assistance. C’est en effet la seule exception prévue par les deux compagnies de bus qui passent la frontière, Megabus et Greyhound.

 

De la même façon, quiconque envisagerait de voyager en train avec un chien des États-Unis vers le Canada doit chercher un autre moyen de transport, car c’est impossible. Là encore, une exception s’applique toutefois aux chiens d’assistance, les seuls admis par Amtrak. Aucune autre compagnie n’assure une liaison ferroviaire entre les deux pays.

Gérer l’arrivée d’un chien au Canada

Se renseigner en amont sur les éventuelles réglementations locales

Se renseigner en amont sur les éventuelles réglementations locales

Avant de devoir gérer concrètement l’arrivée d’un chien au Canada, il est important de se renseigner afin d’être en mesure de se projeter et de s’assurer qu’il pourra mener une existence épanouissante dans son nouveau lieu de vie. En effet, certaines données peuvent conduire à remettre fortement en cause le projet. Ainsi, les villes canadiennes sont libres de prendre des LRP au niveau local pour encadrer de façon stricte la circulation de certaines races. C’est ce que font par exemple Montréal et Québec, qui imposent le port de la laisse et de la muselière dans l’espace public aux chiens de race Staffordshire Bull Terrier, American Staffordshire Terrier et American Pitbull Terrier. La présence des Pitbulls et des chiens à la morphologie similaire fait d’ailleurs l’objet de débats houleux dans ces villes, où les autorités ont par le passé déjà tenté de les interdire purement et simplement. Il n’est donc pas impossible que ces chiens puissent faire l’objet de nouvelles restrictions à l’avenir là ou ailleurs, ce qui implique que leur importation doit donc être envisagée avec prudence, même si elle reste pour l’instant parfaitement autorisée.

Faire en sorte que le trajet se déroule dans les meilleures conditions

Faire en sorte que le trajet se déroule dans les meilleures conditions

Comme pour n’importe quel autre pays, l’importation d’un chien au Canada ne se résume pas à des formalités bureaucratiques et sanitaires réclamées par les services de douane : il faut aussi s’assurer de son bien-être pendant le transport. En particulier, il est impératif de s’assurer qu’il est familiarisé avec sa cage de transport. Si ce n’est pas le cas, il faut prendre le temps de l’y habituer en amont, afin qu’il ait au moins une chose connue pour le rassurer au sein de l’environnement dans lequel il sera plongé pendant le trajet. Il convient également bien sûr de prendre toutes les précautions nécessaires pour que ce dernier soit le plus agréable possible, a fortiori s’il dure longtemps.

Les premiers jours au Canada

Les premiers jours au Canada

À l’arrivée au Canada, si les effets du jet lag sont généralement moins fort sur un chien que sur un humain, il n’est pas non plus totalement immunisé. A la suite du voyage, il peut donc souffrir de maux de tête, de crampes, de fatigue et de déshydratation. Il convient donc de surveiller son état de santé et de consulter un vétérinaire si les symptômes ne disparaissent pas dans les jours suivant le vol.

 

Par ailleurs, il est bien sûr important de veiller à ce que les premiers jours du chien dans le pays se passent bien. En effet, il a non seulement toutes les chances d’être bien fatigué par ce moment angoissant que fut le trajet, mais aussi perturbé par ce brusque et radical changement d’environnement et/ou de climat. Quelques précautions s’imposent donc : par exemple, dans la mesure où l’importation d’aliments pour animaux est interdite au Canada, il faut vérifier si la nourriture à laquelle il est habitué y est bien disponible. Si ce n’est pas le cas et qu’un changement d’alimentation est inévitable, celui-ci doit comme n’importe quel autre se faire dans le cadre d’une transition alimentaire progressive. Faute de pouvoir faire entrer l’ancienne alimentation dans le pays, cette dernière doit donc être réalisée en amont du voyage, afin de bousculer l’appareil digestif du chien dès son arrivée avec un changement soudain de nourriture.

Le mot de la fin

L’importation d’un chien au Canada ne s’improvise pas. C’est une démarche longue et parfois complexe, qui demande de disposer de différents documents administratifs et de respecter aussi bien les règles mises en vigueur par le pays que celles fixées par la compagnie de transport choisie – dont le choix ne doit pas forcément être laissé au hasard.

 

L’animal lui-même ne sort pas forcément indemne du processus, car sa santé physique comme mentale peut être impactée. En effet, au stress du transport peuvent s’ajouter des difficultés d’acclimatation à son nouveau milieu et/ou des restrictions locales susceptibles d’impacter sa qualité de vie.

 

Dans ces conditions, il semble inopportun de recommander d’emmener son chien avec soi au Canada pour de simples vacances, surtout si le trajet doit s’effectuer en avion. Mieux vaut trouver une solution pour le faire garder dans l’intervalle, a fortiori s’il est plutôt du genre casanier ou facilement angoissé. Il en va bien sûr autrement pour un déménagement ou pour un professionnel du secteur faisant élevage ou commerce d’animaux domestiques, mais il faut faire preuve d’une certaine minutie pour ne pas se perdre dans la myriade de conditions à remplir et choses à vérifier.

 

Fort heureusement, le Canada a mis à disposition du public un Système Automatisé de Référence à l'Importation (SARI), qui permet de visualiser en quelques clics l’ensemble des conditions et des documents à remplir afin d‘importer un chien dans le pays. Même si cela ne prend bien sûr pas en compte les contraintes éventuelles fixées par les autorités locales du lieu de destination ainsi que les règles de la compagnie de transport, cet outil facilite grandement les choses pour qui veut permettre à son compagnon de poser ses coussinets sur les neiges blanches du pays à la feuille d’érable.

Dernière modification : 07/10/2020.
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Commentaires sur cet article

bonne lecture!

   
Par arnaud