Canada - Voyager en avion avec un chien

20/03/2008
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Voyager en avion avec un chien
Jacinthe Tremblay

Prendre l'avion avec un chien exige beaucoup de planification. Plusieurs règles s'appliquent aux voyageurs à quatre pattes et à leurs maîtres

La place d'un chien et le prix de son passage sont liés à sa taille et à sa fonction. Les voyages en cabine sont réservés aux chiens d'assistance ainsi qu'aux petits cabots dont la cage ou le sac de transport peuvent être placés sous un siège. Tous les autres sont condamnés à la soute. Cela bouleverse tellement certains maîtres qu'ils renoncent imposer ce traitement à leur chien.

Il est légitime de s'inquiéter lorsqu'on enregistre un «être vivant» comme bagage. J'ai surmonté mes angoisses pour m'envoler avec Saku, mon Jack Russell, en direction des déserts du Nevada et de la Californie.

Les chiens sont des bagages VIP entourés des attentions dignes de la première classe. Ils ont droit à des manutentionnaires personnels dans tous les aéroports. Ils sont les derniers embarqués dans l'avion et les premiers à en sortir.

Le plus grand stress est pour leurs maîtres, notamment lors des inspections de sécurité. Il faut alors sortir le chien de sa cage et réussir - de gré ou de force - à l'y faire entrer à nouveau. Saku s'y est plié de bonne grâce sous les effets combinés de biscuits et de sédatifs.

Mon chien a survécu à son baptême de l'air et à des milliers de kilomètres dans le noir. Depuis son retour sur la terre ferme, il va régulièrement se blottir dans sa cage de transport aérien. Mon flair me dit qu'il est déjà prêt à repartir.



Avant le départ

La présence d'un chien détermine le choix du transporteur, l'itinéraire de vol; la période de déplacement et, dans certains cas, la destination. Voici quelques mesures à prendre pour avoir le droit de décoller.

Visiter le vétérinaire

Seuls les animaux vaccinés contre la rage et en santé peuvent prendre l'avion. Les compagnies aériennes et les autorités douanières en réclament une preuve signée par un vétérinaire. Cette visite médicale doit être effectuée plusieurs semaines voire plusieurs mois avant de faire toute réservation.

C'est que les critères d'immunisation et de santé sont souvent élevés à l'étranger. Ainsi, les autorités canadiennes et américaines exigent que les chiens aient été vaccinés contre la rage au moins un mois et au plus un an avant de franchir les frontières. Pour le Royaume-Uni, le vaccin doit avoir été donné six mois avant le départ et sa validité doit être confirmée par des tests sanguins. Pour entrer dans un pays membre de l'Union européenne, le chien doit, en plus d'un certificat de santé et de vaccination, avoir un tatouage ou une micropuce prouvant son identité.

Les normes et restrictions d'entrée en vigueur dans la plupart des pays figurent dans le Travelers Pet Corner du site internet de l'Association internationale du transport (IATA). www.iata.org.

Vérifier les limites à l'accès canin


Seules les cages approuvées par l'Association internationale du transport aérien sont acceptées dans les avions.
Photo Jacinthe Tremblay

Même les compagnies aériennes «amies des chiens» leur imposent des restrictions. Leur nombre, par exemple, est limité. Certains appareils ne disposent pas de l'espace suffisant pour accueillir les grands et gros chiens. De plus, des interdictions d'accès peuvent être en vigueur aux dates où vous comptez voyager. Dès que le mercure descend au-dessous de zéro, les compagnies aériennes imposent un embargo «grands froids». Si la température est élevée, elles peuvent décréter un embargo «grandes chaleurs».

Un vol direct, si possible

Les escales multiplient le stress et les risques de dérapage. Le temps de transit sur papier n'est pas nécessairement le temps d'arrêt réel au sol. Avec un chien, il faut faire en double les étapes de récupération des bagages et les inspections de sécurité. Conclusion: vive les vols directs.

Si cette option est impossible, choisissez de préférence un trajet qui vous fera franchir les douanes aux points de départ et d'arrivée. Si un malin douanier décide de vous interdire la frontière, vous pourrez alors revenir à la maison ou, si vous êtes à l'étranger, retourner dans votre refuge «ami des chiens».

En cas d'escale inévitable, choisissez un plan de vol qui vous donne une zone tampon d'au moins deux heures et profitez-en pour aller prendre l'air et faire courir Toutou.

Le dilemme des sédatifs

L'IATA déconseille l'administration de sédatifs. «Le chien réagira mieux aux conditions naturelles comme le froid ou la chaleur si tous ses sens sont en alerte. Dans la vie courante, les animaux arrivent à vaincre le stress sans calmant», explique Éric Raemdonck, directeur du transport des animaux et des matières périssables à l'Association internationale du transport aérien (IATA).

Selon cet expert, certains décès d'animaux pendant un vol s'expliquent par l'administration inappropriée de sédatifs. «Une surdose de comprimés peut être fatale», précise-t-il.

Katia Saint-Phard, la vétérinaire de Saku, nuance. «Le sédatif peut aider certains chiens très anxieux, à la condition qu'ils soient en parfaite santé. Chez d'autres chiens, ils provoquent de l'agitation. Je recommande de tester les réactions du chien à la maison avant de prendre une décision», dit-elle.

Acheter une cage de transport aérien

Seules les cages qui réunissent les caractéristiques imposées par l'Association internationale du transport aérien (IATA) sont acceptées dans les avions. Elles sont décrites et illustrées dans son site internet.

Ces cages à parois rigides doivent être assez grandes pour que l'animal puisse s'y tenir debout et s'y tourner. L'IATA conseille que les chiens soient entraînés à séjourner dans ces cages, portes fermées, plusieurs jours avant le départ.

À noter: plusieurs cages usagées dites «de transport» en vente sur le WEB ne sont pas conformes aux normes.

Photo Jacinthe Tremblay