Canada - Les animaux en vacances

17/07/2007
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Québec : Rex et Ti-Mine à la garderie

Les bagages sont faits, la voiture est ensevelie sous les sacs, les ballons de plage, le kayak. L’heure des vacances a sonné. Il reste un détail à régler : que faire de Ti-Mine et de Dino durant ces deux semaines à l’extérieur ? Solution : pension pour animaux domestiques.

Le Québec compte 1,3 million de chats et 840 000 chiens, selon un sondage Léger Marketing réalisé en 2006. En ajoutant tous les oiseaux, poissons et reptiles, ça fait beaucoup de petites gueules moustachues à occuper et à faire garder durant la période des vacances.

« À l’ouverture, il y avait 35 000 chiens dans la région de Québec, explique Jacques Piette, de la garderie pour animaux l’Arche de Noé. Douze ans plus tard, il y en aurait environ 45 000. » Or, la région de Québec compterait environ 300 places en pension, ce qui signifie que les propriétaires doivent s’y prendre très tôt pour obtenir une place en garderie. « Du 20 juin à la fin septembre, c’est le festival. On commence déjà à prendre des réservations pour le temps des Fêtes », lance Vincent Cameron, de la pension Belle-Griffe.

L’établissement où règne minou peut recueillir neuf chats à la fois. L’endroit est donc régulièrement à pleine capacité. Inutile de dire que des Minou, le propriétaire en a vu. « On a rencontré beaucoup de Félix, de Merlin et, surtout, des Minou. Minou Tremblay, Minou Bergeron. » Bien qu’ils portent le même nom, ces petits félins n’ont pas les mêmes exigences. « On essaie de respecter le plus possible les demandes des clients. Si le chat a besoin de soins particuliers, on les donne. »

Demandes particulières

Les ménages québécois dépensent en moyenne 241 $ pour leurs animaux domestiques par année, selon un sondage mené en 2004 par l’Institut de la statistique du Québec. Plus de 200 $, ça comprend les vaccins, les jouets, les tontes, mais aussi les gâteries.

« Les gens ont un amour grandissant pour leurs animaux, mentionne Sophie Perron, de Pattes de velours, située sur la Rive-Sud. On les gâte, on les cajole avec des petites gâteries ici et là. J’ai même vu un chien à qui il fallait donner du fromage brie comme collation. »

Pitou a les blues

Lorsqu’ils ne durent que quelque temps, les séjours ne sont pas trop pénibles pour les pensionnaires. Mais parfois, les propriétaires d’animaux doivent s’absenter pour une longue période, au malheur de certains.

« Après un mois, c’est certain qu’il y en a qui deviennent impatients. Le chat est à bout, il crache, il se choque, il pète sa coche ! » lance Vincent Cameron. Comme les blues n’épargnent pas le monde animal, tous les moyens sont bons pour éviter que ces meilleurs amis s’ennuient. « On a des suites pour les chiens et des studios pour chats dans lesquels il y a des coussins, des radios ou des télévisions, décrit Sophie Perron. On leur fait écouter des films. En ce moment, c’est le film Les 101 Dalmatiens qui joue. »

Un chien qui se sent délaissé cache difficilement ses états d’âme, mais il peut être plus difficile de détecter la mélancolie chez d’autres compagnons... comme les reptiles.

« Le serpent ne demande pas trop de soins, juste une souris par semaine, ajoute Jacques Piette. C’est sûr qu’un reptile qui s’ennuie, c’est dur à dire. On peut lui parler, passer du temps avec... Et c’est ce qu’on fait ! »

Qui s’ennuie le plus, le maître ou l’animal ? « C’est clair que c’est le maître, souligne Sophie Perron. Plusieurs lâchent des coups de fil pour vérifier que tout va bien. Dans le fond, leur compagnon est comme leur enfant, alors ils en prennent vraiment soin. »

Photo : À la pension Pattes de velour, on traite les animaux aux petits soins : on a même déjà gardé un chien à qui il fallait donner du fromage brie pour collation !
Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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