Les chiens policiers sont-ils vraiment efficaces ?

Les chiens policiers sont-ils vraiment efficaces ?

Les chiens de défense et d’intervention sont très dissuasifs. Leur seule présence suffit souvent à désamorcer des situations qui pourraient dégénérer en rixes ou en agressions envers des policiers. Avec leur muselière, leur laisse courte et leur harnais marqué du sceau de leur service, ils en imposent parfois plus qu’un policier humain. Pour ce qu’on sait ou ce qu’on croit savoir d’eux, de leur formation, de leur courage et de leur détermination, on les admire, on les respecte, et on les craint aussi.

 

Les chiens d’assaut sont quant à eux de véritables soldats, qui ont permis d’appréhender bon nombre de criminels prêts à en découdre. Les policiers disent souvent qu’il n’est pas rare qu’un suspect qui les insultait et les menaçait une minute plus tôt, se rende dès qu’un chien apparaît, sans que le maître ait besoin de le faire intervenir réellement. S’il lui reste un peu de conscience, il sait en effet que si le chien mord, rien ne le fera lâcher : inutile d’espérer l’apitoyer, détourner son attention ou profiter d’un instant de distraction pour échapper à son emprise. Le chien dressé au mordant renvoie davantage à l’idée du « lupus » que du « canis », et fait renaître en chacun la crainte atavique du prédateur.

 

Les chiens policiers sont-ils vraiment efficaces ?

Toutefois, les chiens policiers n’en sont pas pour autant infaillibles. Comme leurs homologues humains, ils sont des limites.


Ainsi, en ce qui concerne les chiens de défense et d’intervention, des incidents sont parfois à déplorer. En effet, il arrive qu’en cours de mission (par exemple lors d’une interpellation ou d’une recherche de suspect), un chien policier échappe pour une raison inconnue au contrôle de son maître et attaque une personne qui passait par là et était totalement étrangère à l’opération en cours. C’est ce qui s’est produit par exemple en juin 2018, à Saskatoon, dans la province canadienne du Saskatchewan, lorsqu’une fillette de six ans a été mordue à l’abdomen par un chien policier. D’après un témoin, le chien ne voulait pas lâcher la fillette malgré les ordres répétés de son maître, qui a eu du mal à lui faire lâcher prise. Même si de tels incidents sont exceptionnels, ils défrayent la chronique, entraînent parfois des polémiques, et rappellent en tout cas à chaque fois que ces chiens dressés au mordant sont des chiens « à part » et qu’ils peuvent parfois représenter un danger. En effet, malgré un entraînement et un suivi très stricts, il peut arriver qu’un chien policier ait une réaction inattendue et non désirable, peut-être due à la tension ou à l’excitation de la traque.

 

Les chiens policiers sont-ils vraiment efficaces ?

Les chiens d’assaut, même ceux des unités d’élite, ont aussi leur limite. Par exemple, en cas de prise d’otage, on ne peut pas les faire intervenir si le preneur d’otages se trouve dans la même pièce que ses victimes, car on n’est pas sûr que le chien saurait faire la différence et attaquerait la bonne personne.

Le mot de la fin

Même s’il existe des limites à leurs talents, l’efficacité et la fiabilité des chiens policiers mordants ne sont plus à prouver et font l’unanimité aux quatre coins du monde : leur nombre est d'ailleurs en progression constante. Tandems inséparables en harmonie totale, les histoires de ces binômes maître/chien, au-delà de simple chiffres de personnalités protégées, d’individus dangereux neutralisés ou d’otages épargnés, illustrent de façon éclatante cette relation si particulière qui unit l’Homme et le Chien depuis la nuit des temps.

 

Par ailleurs, si les institutions policières du monde entier cherchent à employer toujours mieux les capacités des chiens qu’elles forment, on remarque aussi dans le même temps le recours par la police à des chiens qui ne sont pas des chiens policiers : les chiens de soutien émotionnel. Leur rôle est d’accompagner les victimes, en particulier les enfants, lors des auditions. Leur présence et la possibilité de les caresser dédramatisent la situation, et en détournant leur attention du traumatisme subi, ils aident les enfants à raconter et à répondre aux questions.

 

Le premier chien utilisé par des forces de police comme chien de soutien émotionnel est une femelle Labernois basée depuis 2018 dans la zone de police de Bruxelles Nord. Le Labernois est une race de chien d’assistance qui a été créée par Éric Saint-Pierre en 1996, et résulte d’un croisement entre le Labrador Retriever et le Bouvier Bernois. Si l’essai est probant, ces chiens pourraient d’ici peu faire partie intégrante des forces de police européennes.

Dernière modification : 08/16/2019.