Les chiens de chasse : qualités, alimentation, santé...

Les chiens de chasse : qualités, alimentation, santé...

Un chien de chasse possède des capacités et aptitudes naturelles dans ce domaine. Une fois éduqué par la main de l'Homme, il peut s'avérer être d'une efficacité redoutable pour traquer des proies, les attraper et les rapporter à son maître.


Quelles sont les meilleurs chiens pour la chasse ? Comment éduque-t-on un chien de chasse ? Y a-t-il des règles à respecter pour bien s'en occuper ?

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Les différents types de chiens de chasse

Un chien de chasse est un chien qui possède des aptitudes et compétences naturelles pour la pratique de la chasse. Il en existe plusieurs types : certains sont faits pour poursuivre des proies, d'autres pour les débusquer, d'autres encore pour les suivre à l'odeur... Chaque type de chiens de chasse a un rôle bien précis, et des races de prédilections.

Le rôle du chien courant

Le rôle du chien courant

Les chiens courants sont, comme leur nom l'indique, des chiens ayant pour rôle de poursuivre le gibier dans le but de l'épuiser, puis une fois celui-ci acculé, de l'abattre ou de signaler sa présence aux chasseurs pour que ceux-ci le mettent à mort. La pratique de la chasse à courre, ou vénerie est un type particulier de chasse utilisant une meute de chiens courants.

 

De tels chiens doivent être capables de poursuivre aussi bien une proie agile et rapide comme le lièvre, qu'une proie plus grande et plus endurante comme le cerf ou le sanglier.

 

Il existe deux types de chiens courants :

  • ceux qui chassent à vue, et qui ne doivent donc pas perdre leur cible du regard ;
  • ceux qui chassent à l'odeur, et qui doivent donc être capables de suivre une piste sur une longue distance.

Le rôle du chien d'arrêt

Le rôle du chien d'arrêt

Le chien d’arrêt n'a pas pour mission de poursuivre du gibier, contrairement au chien courant. Il se contente de le chercher et de débusquer, puis de s'arrêter pour signaler sa position et d'attendre son maître. C'est ce dernier qui abat les proies ainsi repérées. Ce type de chasse n'est destiné qu'au petit gibier, comme les bécasses, les perdrix...

 

La position que le chien d'arrêt adopte pour signaler la présence de proies est typique : immobile, le corps tendu vers l'avant, le regard fixé vers l'emplacement repéré, la queue dressée, une patte avant repliée sous le corps. On dit qu'il pointe ou qu'il braque.

Le rôle du chien rapporteur de gibier

Le rôle du chien rapporteur de gibier

Le chien rapporteur de gibier est surtout utilisé pour la chasse aux oiseaux migrateurs. Comme son nom l'indique, il a pour rôle d'aller chercher le gibier que le chasseur a abattu : il le cherche grâce à son odorat, le récupère dans sa gueule, puis le rapporte à son maître. Il doit pouvoir accomplir sa mission tant sur la terre ferme que dans l'eau.

 

Il existe également un type un peu particulier de rapporteur : il s'agit du chien leveur de gibier. En effet, il ne se contente pas d'attendre que le chasseur abatte la proie : il court devant lui à travers les champs, et grâce à ses aboiements, il effraie le gibier qui sort ainsi de sa cachette. Il doit ensuite s’asseoir et attendre que son maître abatte le gibier, avant de pouvoir aller le lui rapporter. Ce type de chiens de chasse est surtout utilisé pour chasser la perdrix, la bécasse, le canard, ou encore le lièvre.

Le rôle du chien de déterrage

Le rôle du chien de déterrage

Comme son nom l'indique, le chien de déterrage est utilisé pour la pratique de la chasse au déterrage, ou chasse sous terre. Cette technique de chasse concerne les animaux vivant dans des terriers, tels que le renard, le blaireau ou le ragondin.

 

Elle consiste à rechercher l'antre d'une proie se réfugiant sous terre, puis à l'empêcher de ressortir en envoyant un chien monter la garde à l'entrée du terrier. Les chasseurs creusent alors, guidés par les aboiements, jusqu'à déterrer l'animal. Le chien de déterrage peut aussi se faufiler dans le terrier si son gabarit le permet, pour aller lui-même chercher le gibier ou le forcer à sortir par un autre endroit.

Le rôle du chien de recherche au sang

Le rôle du chien de recherche au sang

Le chien de recherche au sang a pour rôle de retrouver la trace de proies blessées, en suivant leur piste. L'objectif est de pouvoir remonter jusqu'au gibier qui n'a pas pu être abattu par le chasseur et qui est parvenu à s'enfuir, mais qui reste blessé. Il ne s'agit pas d'un type de chasse en tant que tel, mais plutôt d'une pratique visant à retrouver les animaux blessés par les pièges et/ou les coups de fusil, afin de les achever plutôt que de les laisser souffrir inutilement.

 

Dans la mesure où les grandes proies comme les cerfs et les sangliers peuvent s'enfuir sur des kilomètres même si elles sont blessées, le chien de recherche au sang doit être capable de suivre leur piste sur une longue distance, et ce plusieurs heures après la rencontre initiale.

Le rôle du chien de chasse aux grands prédateurs

Le rôle du chien de chasse aux grands prédateurs

Enfin, les chiens peuvent être utilisés pour chasser des gros prédateurs, comme l'ours, le lion, le grizzly ou encore le jaguar.

 

Le principe de ce type de chasse n'est évidemment pas d'envoyer le chien au contact de ces grands animaux : ils doivent simplement suivre leur piste grâce à leur flair, puis les empêcher de fuir en les encerclant et en aboyant, tout en restant à distance pour ne pas être blessés. Le chasseur se charge ensuite lui-même d'abattre la bête.

Les qualités des chiens de chasse

Les qualités des chiens de chasse

La chasse est l'un des plus vieux usages du chien : depuis les tout débuts de sa domestication, il a aidé l'être humain à affronter des proies de grande taille, à débusquer celles qui se cachent dans leur terrier ou les buissons, à retrouver la piste d'un animal blessé, à rapporter le gibier abattu...

 

Pour effectuer au mieux ces différentes missions, qui nécessitent des qualités bien précises (comme par exemple un très bon flair ou une endurance à toute épreuve), l'être humain a donc façonné nombre de races de chiens de chasse, par la sélection et l'élevage. Chacune est désormais plus ou moins spécialisée dans son domaine, en fonction de ses compétences particulières.

Les qualités des chiens courants

Une meute de Beagles
Une meute de Beagles

Les chiens courants doivent évidemment être de bons coureurs, puisqu'ils se lancent à la poursuite de gibier rapide et/ou endurant. Ils doivent également être indépendants et capables d'initiative, puisqu'ils agissent en autonomie, le chasseur n'intervenant qu'à la fin pour abattre la proie acculée. Ils peuvent agir seuls ou en meute, en fonction de la race et du gibier traqué.

 

Ceux qui chassent à vue font souvent partie des races de chiens les plus rapides, puisqu'ils ne doivent pas perdre leur cible du regard. De nombreux lévriers comme le Lévrier Afghan ou le Barzoï appartiennent à cette catégorie.

 

Ceux qui chassent à l'odeur ne sont pas nécessairement les meilleurs sprinters, mais ce sont en revanche des chiens au nez très fin, capables de suivre une piste sur une longue distance. Le gabarit et donc la race dépendent ensuite du type de gibier traqué. Par exemple :

Les qualités des chiens d'arrêt

Un Pointer Anglais
Un Pointer Anglais

Les races de chiens d'arrêt doivent être capables de ne pas poursuivre le gibier qu'elles repèrent : elles doivent simplement se contenter d'indiquer leur emplacement en se figeant et en orientant leur museau dans la direction adéquate.

 

De nombreux braques et pointers possèdent d'excellentes qualités de chiens d'arrêt : ils ont d'ailleurs été nommés ainsi en raison de leur aptitude à pointer (ou braquer) leur museau en direction des proies. On peut citer par exemple le Braque Français de Gascogne, le Braque de Weimar ou encore le Pointer Anglais. Les épagneuls, les setters ainsi que quelques autres races s'illustrent également dans ce type de chasse.

Les qualités des chiens rapporteurs

Un Chesapeake Bay Retriever
Un Chesapeake Bay Retriever

Les chiens rapporteurs doivent posséder diverses qualités, la principale étant la capacité à se faufiler dans des endroits difficiles d'accès pour y récupérer le gibier abattu : broussailles, marais, terrain très accidenté... Ils doivent donc être suffisamment fins et agiles pour se faufiler partout.

 

Parmi les exemples de races les plus connues, on trouve notamment ceux de type retriever (ce mot signifiant d'ailleurs "rapporteurs" en anglais), comme le Golden Retriever, le Labrador ou encore le Chesapeake Bay Retriever, qui se distinguent par leur grande obéissance, leur persévérance et leur enthousiasme à l'idée de faire plaisir à leur maître.

 

Un Caniche Royal
Un Caniche Royal

Pour ce qui est de la chasse au gibier d'eau, les plus aptes à remplir leur mission sont évidemment les chiens d'eau : on peut citer comme exemple le Barbet, le Chien d'Eau Portugais, ou encore le Caniche, même si celui-ci est aujourd'hui davantage utilisé comme compagnon de vie que comme chasseur. Ces races n'hésitent pas à se jeter à l'eau (littéralement) pour aller chercher et rapporter les oiseaux aquatiques abattus par le chasseur.

 

La FCI a regroupé l'ensemble des races rapporteuses de gibier qu'elle reconnaît dans le groupe de races n° 8 : les chiens rapporteurs et leveurs de gibiers.

Les qualités des chiens leveurs

Un Cocker Anglais
Un Cocker Anglais

Les races de chiens leveurs ne se contentent pas de rapporter le gibier : elles commencent d'abord par le débusquer en fouillant dans les bosquets et les broussailles, puis le poursuivent en aboyant jusqu'à ce que le maître parvienne à l'abattre. Ce sont donc des races intelligentes, capables de faire preuve d'initiative, et qui possèdent de surcroît un très bon flair.

 

Nombre d'épagneuls, comme le Cocker, l'Epagneul Bleu de Picardie ou le Springer Anglais, possèdent les qualités permettant de remplir de telles missions. Le Chien d'Oysel est une race également connue pour être un très bon leveur de gibier, mais il faut dire que ce chien excelle dans quasiment tous les types de chasse.

Les races de chiens de déterrage

Un Teckel
Un Teckel

La qualité principale des chiens de déterrage est évidemment d'être de bons creuseurs. Ils doivent aussi être suffisamment agiles pour pouvoir se faufiler dans les terriers des proies et les obliger à sortir.

 

Parmi les chiens doués pour le déterrage, on trouve bien évidemment les terriers (qui ont d'ailleurs été ainsi nommés pour cette raison), comme le Fox Terrier ou encore le Border Terrier. Le Teckel à poil dur est également très doué pour la chasse sous terre en raison de ses très courtes pattes et de son corps tout en longueur, qui lui permettent de se faufiler partout.

Les qualités de chiens de chasse aux grands prédateurs

Un Chien d'Ours de Carélie
Un Chien d'Ours de Carélie

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, les chiens utilisés pour la chasse aux grands prédateurs n'ont pas nécessairement besoin d'être très imposants et très musclés, car ils ne vont pas à l'affrontement et n'ont pas pour mission de tuer ni même d'attaquer.

 

À la place, ils doivent tout d'abord avoir un bon flair pour pouvoir remonter leur piste. Il faut ensuite qu'elles possèdent un très bon sens de l'orientation et un fort esprit d'initiative pour pouvoir contrer les ruses des animaux qui cherchent à leur échapper. Ils doivent également être en mesure d'aboyer tout du long pour les perturber et détourner leur attention pendant que le chasseur les abat. Enfin, ils doivent évidemment faire preuve d'un très grand courage et de beaucoup de sang froid, car la moindre erreur de leur part peut leur valoir un redoutable coup de griffes ou de dents en retour.

 

Parmi les races possédant les qualités nécessaires à la traque aux grands prédateurs, on peut citer :

Choisir un chien de chasse

L'âge du chien de chasse

Lorsqu'on souhaite choisir un chien de chasse, la question se pose de savoir s'il faut de préférence opter pour un chiot ou pour un adulte. L'un comme l'autre ont des avantages et des inconvénients, de sorte que là non plus, il n'existe pas de réponse absolue.

Choisir un chien de chasse adulte

Choisir un chien de chasse adulte

L'avantage d'opter pour un chien de chasse adulte est qu'il est relativement facile de tester ses aptitudes à la chasse et de savoir si son caractère est compatible avec cette pratique, puisqu'il est déjà mature et socialisé. De plus, si son ancien propriétaire était lui-même un chasseur, le dressage a probablement déjà été effectué en grande partie.

 

Par ailleurs, certains problèmes de santé comme la dysplasie du coude ou la dysplasie de la hanche, qui sont incompatibles avec la pratique de la chasse, sont déjà visibles sur des individus adultes, alors que ce n'est pas toujours le cas chez le chiot.

Choisir un chiot de chasse

Choisir un chiot de chasse

Choisir un chiot pour la chasse présente deux avantages principaux :

  • son éducation et son apprentissage sont directement effectués par le chasseur, conformément à ses attentes et au type de pratique auquel l'animal est destiné ;
  • puisque chiot et maître se connaissent depuis toujours ou presque, il existe une plus forte complicité entre eux, au point que l'animal obtient généralement de meilleurs résultats.

 

L'inconvénient principal au fait de choisir un chien de chasse alors qu'il est encore petit est que son éducation et son dressage demandent beaucoup de temps.

 

Par ailleurs, certaines races sont prédisposées à des problèmes articulaires incompatibles avec la pratique de la chasse, mais qui ne sont pas forcément détectables dès les premiers mois. Il arrive donc malheureusement parfois d'adopter un chiot de chasse, de le dresser, et de se rendre compte ensuite qu'il n'est pas en mesure de faire ce qu'on attend de lui parce qu'il souffre de problèmes de hanche ou de coude par exemple.

 

D'ailleurs, pour éviter les problèmes articulaires, il n'est pas conseillé de lui faire faire des efforts intenses tant qu'il n'a pas fini sa croissance, ce qui peut prendre presque deux ans pour les races de chiens les plus grandes. Cela implique donc de ne pas faire participer le chiot à des séances de chasse longues et/ou de ne le faire chasser qu'un jour sur deux ou sur trois par exemple, pour lui permettre de bien récupérer entre chaque journée.

Chien de chasse de quelle race ?

Chien de chasse de quelle race ?

Lorsque la décision est prise d'acquérir un chien de chasse, se pose immanquablement la question de savoir quelle race choisir.

 

Il faut savoir qu'à quelques exceptions près, les chiens sont souvent spécialisés dans un ou deux types de chasse, et non dans toutes : untel est endurant et convient donc mieux à la chasse à courre, un autre possède un très bon flair et est donc parfait pour pister le gibier, etc. La race à choisir dépend donc en grande partie du type de chasse que le maître souhaite pratiquer et du type de gibier qu'il veut traquer. La chasse au sanglier ne demande pas les mêmes aptitudes que celle au lièvre ou au canard... Pour choisir la bonne race, le mieux à faire consiste à se tourner vers des éleveurs, ou encore mieux, vers des chasseurs ayant possédé un chien.

 

Il faut tout de même garder à l'esprit que tous les représentants d'une même race n'ont pas nécessairement les mêmes aptitudes ni les mêmes caractères : ce n'est pas parce que le Barzoï est une race plutôt agile et rapide que tous ses représentants font de parfaits chiens courants. Ce n'est d'ailleurs pas parce qu'un chien est un croisé qu'il est forcément mauvais pour la chasse. Son caractère propre ainsi que la façon dont il est éduqué jouent également un grand rôle dans le développement de ses capacités.

Chien de chasse mâle ou femelle ?

Chien de chasse mâle ou femelle ?

Il ne s'agit pas du critère le plus important pour choisir correctement un chien de chasse, mais il existe tout de même quelques petites différences entre les mâles et les femelles.

 

En effet, comme dans beaucoup d'espèces d'animaux, les premiers sont souvent un peu plus grands et corpulents que les secondes : ils sont donc privilégiés pour les chasses à courre par exemple, qui nécessitent de l'endurance. De plus, la période de chaleurs des chiennes survient en général deux fois par an : cela peut constituer un frein à la pratique de la chasse, en particulier si celle-ci est pratiquée avec une meute, car les mâles risquent d'être plus intéressés par leur congénère que par la recherche du gibier... Il peut donc être nécessaire de la laisser à la maison quand elle est indisposée, pour ne pas gêner le bon déroulement de la séance.

 

En dehors de ces deux aspects, il n'existe pas de différence notable entre mâle et femelle : charge donc au maître de tenir ou non de ce critère en fonction de ses attentes.

Les risques de la chasse pour le chien

La pratique de la chasse n'est pas une activité comme une autre, loin s'en faut. Il existe en effet de nombreux risques pour le chien de chasse.

Le risque d'accidents de chasse

Le risque d'accidents de chasse

Le risque le plus évident pour un chien de chasse est bien entendu celui d'accidents : en effet, même le meilleur ami de l'Homme n'est pas à l'abri de recevoir une balle perdue, ou un coup de fusil de la part d'un chasseur l'ayant confondu avec du gibier.

 

De plus, en passant une grande partie de la journée dans la forêt, à poursuivre des proies ou à se lancer à leur recherche pour les rapporter, les chiens de chasse sont susceptibles de se blesser de mille et une façons : en marchant sur un sol rocailleux, des pierres ou des morceaux de bois, en se faisant écorcher par des branches ou des buissons, en tombant à force de courir après une proie...

 

Par ailleurs, ceux destinés à la poursuite d'animaux de grande taille, comme des sangliers ou des cerfs, peuvent parfaitement recevoir un coup de sabot, de bois ou de défense de la part de l'animal poursuivi. Le risque est alors qu'ils se fassent blesser gravement, voire même tuer : des défenses de sangliers sont en effet suffisamment puissantes pour éventrer un chien...

Le risque de maladies

Le risque de maladies

Du fait de son mode de vie, le chien de chasse est particulièrement exposé à toutes sortes de maladies, dont certaines peuvent être très graves.

 

Tout d'abord, il existe un risque de contamination directe par le biais des proies qu'il chasse. L'exemple le plus évident est celui de la rage : en effet, certains animaux comme le renard ou le raton-laveur sont des vecteurs potentiels de cette maladie mortelle. Même si elle a quasiment disparu d'Europe, des nouveaux cas sont régulièrement signalés, et elle est toujours présente au Canada. Une simple morsure d'un animal infecté peut suffire pour transmettre la rage. Il s'agit d'un véritable enjeu de santé publique, car la rage est une zoonose canine, c'est-à-dire une maladie qui se transmet du chien à l'Homme.

 

D'autres pathologies moins connues mais tout aussi redoutables concernent directement les chiens de chasse. On peut citer parmi elles la maladie d'Aujeszky, ou maladie du sanglier, qui tuent des toutous quasiment chaque année. Elle se transmet par ingestion de viande de sanglier ou de porc contaminé, ou même par simple contact avec un animal malade. Le chien infecté développe des symptômes proches de ceux de la rage, et meurt en quelques jours à peine. Il n'existe à ce jour aucun traitement.

 

La maladie de Carré fait également partie des maladies auxquelles les chiens de chasse sont prédisposés, car certains animaux de gibier peuvent être infectés : le raton-laveur, la belette, le putois, le renard... Quant à la leptospirose, elle se contracte en buvant de l'eau souillée, comme des flaques ou des mares par exemple.

Le risque de parasites

Le risque de parasites

Compte tenu du temps qu'ils passent en extérieur, les chiens de chasse sont particulièrement exposés aux parasites en tout genre.

 

Parmi eux, les tiques constituent l'enjeu principal : elles sont en effet les plus à même de transmettre des maladies graves, comme la maladie de Lyme ou la piroplasmose. Les puces, les poux et les aoûtats ne sont pas non plus en reste, même si le danger qu'ils représentent pour la santé est bien moindre.

 

Les phlébotomes, sortes de petits moucherons, sont également dangereux : en effet, lorsqu'ils piquent pour se nourrir, ils peuvent transmettre des parasites, notamment celui de la leishmaniose. Cette maladie commune au chien et à l'Homme évolue lentement, mais elle peut provoquer à terme des symptômes graves tels qu'une anémie ou une insuffisance rénale.

 

Enfin, les chiens de chasse sont susceptibles de contracter des vers parasitaires, tels que le ténia. La contamination se fait principalement par ingestion de proies contaminées (oiseaux, rongeurs...), par contact avec des excréments d'autres animaux, ou en buvant de l'eau croupie.

Le risque d'empoisonnement

Le risque d'empoisonnement

Puisqu'il évolue à l'air libre, dans un environnement non sécurisé, le chien de chasse n'est pas à l'abri d'un empoisonnement ou d'une intoxication. Il lui suffit pour cela de croquer impudemment un champignon vénéneux, une plante ou un fruit toxique pour les chiens par exemple.

 

Il existe également un risque d'empoisonnement du chien aux métaux lourds. En effet, le plomb dont sont souvent faites les munitions destinées à la chasse est une substance toxique pour l'organisme, qui s'accumule dans le foie et les reins : en cas d'exposition chronique, le métal finit par provoquer des défaillances rénales et/ou hépatiques sévères, voire mortelles.

 

Enfin, le chien peut tomber malade en mangeant de la viande avariée (des proies en état de décomposition par exemple) ou en buvant de l'eau croupie, car l'une comme l'autre sont susceptibles de contenir des bactéries pathogènes. Les cyanobactéries en particulier, que l'on trouve essentiellement dans les eaux stagnantes, causent de très graves intoxications pendant les saisons chaudes, si le chien a le malheur d'en avaler en se désaltérant dans une mare ou un étang.

Prendre soin d'un chien de chasse

Il serait erroné de croire qu'un chien de chasse n'a pas besoin de davantage de soins et d'attention qu'un chien classique. En effet, sans même parler du dressage qui peut être long, il a un niveau d'activité bien plus important que ses congénères, et est exposé à toutes sortes de risques du fait de ses sorties fréquentes dans la nature.

L'alimentation du chien de chasse

L'alimentation du chien de chasse est en quelque sorte son carburant : de sa qualité et de sa quantité dépendent ses capacités physiques, et donc ses performances à la chasse. C'est pourquoi cette question est primordiale.

Les aliments adaptés au chien de chasse

Les aliments adaptés au chien de chasse

L'alimentation du chien de chasse diffère de celle de ses congénères, car ses besoins nutritionnels et énergétiques sont eux aussi différents. Ceci est particulièrement vrai pour les chiens courants, qui peuvent parcourir des dizaines de kilomètres en une seule journée à force de poursuivre des proies.

 

Le chien de chasse a donc besoin d'aliments particulièrement riches en :

  • protéines, car elles sont indispensables pour entretenir les muscles et les tissus, et les réparer après l'effort ;
  • lipides, car ils constituent les réserves d'énergie dans lesquelles l'animal peut puiser pendant un exercice en cas de besoin.

 

Les aliments digestes sont à privilégier autant que possible pour faciliter le travail de l'appareil digestif du chien et ainsi ne pas fatiguer davantage son organisme, en particulier après la séance de chasse. Par exemple, mieux vaut privilégier les aliments bien cuits plutôt que crus, qu'il s'agisse de viande ou de légumes. Pour ce qui est des protéines, il est préférable d'opter pour de la viande blanche (poulet, dinde, poisson...) plutôt que du boeuf, du porc ou même des protéines végétales, bien plus difficiles à digérer pour lui. Pour les lipides, mieux vaut opter pour ceux d'origine animale et contenant de bons acides gras (l'huile de saumon est par exemple une bonne source pour le chien).

 

Cette alimentation particulière est surtout intéressante en période de chasse, et même un peu avant pendant la phase de préparation. Le reste de l'année, l'animal peut et même doit retrouver un régime plus classique (en particulier s'il n'est pas très actif), sous peine de prendre rapidement du poids.

 

Bien entendu, les carences du chien en vitamines et en nutriments sont également à éviter, car ils sont indispensables pour rester en bonne santé et être le plus performant possible pendant un exercice. Par exemple, une carence en calcium ou en vitamine D fragilise les os, et un déficit en magnésium peut causer une faiblesse musculaire. Mais à l'inverse, un excès n'est pas bon pour la santé non plus, raison pour laquelle il ne faut surtout pas donner des compléments alimentaires à son chien sans s'assurer au préalable qu'il en a réellement besoin.

 

Le mieux à faire consiste à demander conseil à un vétérinaire, afin qu'il adapte le régime alimentation de l'animal à ses besoins réels.

Le rythme alimentaire du chien de chasse

Le rythme alimentaire du chien de chasse

Le type d'aliments n'est pas le seul élément à prendre en compte pour un chien de chasse : son rythme alimentaire a également une grande importance. En effet, en raison de son niveau d'activité accru en période de chasse, quelques changements d'habitude s'imposent :

 

  • il est préférable de diviser la ration en deux prises quotidiennes (une avant la séance et une après) pour faciliter la récupération et éviter les grosses fringales ;

 

  • le chien ne doit pas recevoir de gros repas dans les deux ou trois heures qui précèdent l'effort, car non seulement l'exercice perturbe la digestion, mais en plus il augmente fortement le risque de retournement de l'estomac ;

 

  • mieux vaut lui donner son repas post-effort au minimum une heure et au maximum deux heures après celui-ci, là encore pour limiter le risque de torsion dilatation tout en lui permettant de récupérer rapidement de l'énergie ;

 

  • pour éviter les fatigues et les baisses de régime pendant la chasse, il peut être intéressant d'emporter avec soi une petite collation ou des barres énergétiques pour chien actif, et de les lui donner lorsqu'il en a besoin. Ces encas doivent évidemment être décomptés de sa ration journalière, pour éviter toute prise de poids.

 

En respectant un tel rythme, le maître s'assure que son compagnon de chasse sera bien au meilleur de sa forme pendant les séances, et qu'il ne sera pas tenté de croquer par exemple dans un fruit, un champignon ou une charogne rencontré sur son chemin pour faire passer sa faim. Cela limite ainsi les risques de maladies et d'intoxication.

L'hydratation du chien de chasse

L'hydratation du chien de chasse

Bien évidemment, il ne faut pas oublier de bien hydrater le chien de chasse, car il peut perdre beaucoup d'eau pendant l'exercice, en particulier si les températures ne sont pas très basses.

 

En moyenne, un chien boit entre 0,5 et 4 litres d'eau par jour en fonction de son poids : ce volume peut facilement doubler dans le cas d'un chien de chasse, qui se dépense beaucoup pendant la journée. Il faut donc emporter avec soi suffisamment d'eau pour lui permettre de se désaltérer chaque fois qu'il en a besoin. De fait, contrairement à la nourriture, l'eau peut être donnée à n'importe quel moment de la journée, sans restriction particulière.

 

Le fait d'emporter de quoi boire avec soi permet également de limiter le risque qu'il ne s'intoxique en allant se désaltérer dans les flaques, les mares ou les eaux croupies, véritables réservoirs à bactéries et parasites en tout genre.

Les vaccins pour le chien de chasse

Les vaccins pour le chien de chasse

Parmi les nombreux risques auxquels sont exposés les chiens de chasse, figure celui des maladies. En effet, le temps passé en extérieur et les interactions avec le gibier augmentent les chances qu'il contracte des pathologies potentiellement graves. Une vaccination du chien adéquate s'impose donc.

 

On peut citer notamment :

  • celui contre la rage et la maladie de Carré, au cas où il se ferait mordre par un rat ou un renard infecté par exemple ;
  • celui contre la maladie de Lyme et la piroplasmose, car les chiens de chasse sont surexposés au risque de tiques ;
  • celui contre la leishmaniose si l'animal vit dans une zone à risques
  • celui contre la leptospirose, au cas où il serait amené à se baigner dans des eaux insalubres ou à boire dans des flaques au cours de ses sorties.

 

Les autres vaccins peuvent également être recommandés selon les cas, mais ils ne concernent pas davantage les chiens de chasse que les autres.

Les antiparasitaires pour le chien de chasse

Les antiparasitaires pour le chien de chasse

Pour protéger le chien de chasse des parasites qu'il est susceptible de rencontrer lors de ses sorties en forêt, des précautions s'imposent.

 

La lutte contre les parasites externes est indispensable s'il n'est pas vacciné contre la maladie de Lyme et la piroplasmose, et reste tout de même vivement recommandé dans le cas contraire, car cela permet d'éviter les infestations massives. Le mieux consiste à utiliser des produits antiparasitaires pour chien, tels que des colliers anti-tiques ou des pipettes spot-on à appliquer à intervalle régulier. Certains traitements repoussent aussi les phlébotomes et participent donc à la prévention de la leishmaniose.

 

Le chien de chasse doit également être vermifugé pour éviter qu'il ne contracte des vers parasitaires au contact du gibier ou même en buvant de l'eau souillée. Compte tenu du temps qu'il passe en extérieur, la vermifugation du chien doit si possible être effectuée quatre fois par an, c'est-à-dire globalement à chaque changement de saison.

Préparer son chien pour l'ouverture de la chasse

Préparer son chien pour l'ouverture de la chasse

Quel que soit le type de chasse pratiqué, les chiens sont souvent bien plus actifs pendant la saison que le reste de l'année.

 

En effet, même s'ils ont souvent besoin de beaucoup d'exercice au quotidien, peu d'activités sont aussi éprouvantes que le fait de poursuivre une proie sur des kilomètres ou d'arpenter les forêts pour retrouver et rapporter le gibier abattu. Il faut donc les préparer avant l'ouverture de la chasse (un peu comme un athlète s'entraîne avant une compétition), afin qu'ils soient au meilleur de leur forme le jour de la reprise. Cette remise en condition est indispensable tout spécialement pour les chiens courants, dont l'activité de chasse est particulièrement intense. À défaut, ils peuvent se fatiguer rapidement et ont plus de chances de se blesser au niveau des muscles, des tendons et/ou des ligaments.

 

Par conséquent, la meilleure chose à faire consiste à les réhabituer progressivement à des exercices importants au cours des quatre à six semaines précédant la date d'ouverture. C'est également un bon moyen de lui faire perdre du poids, s'il s'est un peu encroûté depuis la saison précédente. Courir avec son chien ou pratiquer du cani-VTT sont quelques exemples de bons moyens pour le remettre sur les rails, à condition bien sûr de commencer par des sorties courtes et d'augmenter les distances au fur et à mesure. Une ou deux sorties par semaine pour faire le pied (c'est-à-dire effectuer des repérages du gibier présent au lieu du futur lieu de chasse) sont également utiles, car elles permettent à l'animal de prendre ses repères et de s'habituer aux odeurs sur place, en particulier celles du gibier. Cela évite qu'il ne soit trop "foufou" lors de la reprise.

Emporter du matériel de soin pendant la chasse

Emporter du matériel de soin pendant la chasse

Le chien de chasse est particulièrement exposé aux risques de blessures en tout genre : coupure, foulure, piqûres, morsures, infestation parasitaire... Il est donc préférable d'emporter une trousse de secours pour animaux pendant la séance, pour pouvoir intervenir rapidement au cas où - d'autant qu'il n'y a pas souvent de clinique vétérinaire à proximité du lieu de chasse...

 

Parmi les indispensables, figure évidemment le crochet tire-tiques, indispensable pour retirer une tique de son chien. Du désinfectant permet de bien nettoyer les plaies, et des pansements, des bandages et/ou compresses stériles peuvent également être utiles pour arrêter un saignement. Il est également préférable de prévoir un lacet ou une muselière pour sécuriser sa gueule, car un chien blessé peut se montrer agressif et mordre par réflexe si les soins prodigués sont douloureux.

Examiner et nettoyer le chien de chasse

Examiner et nettoyer le chien de chasse

Après chaque séance, il est impératif de bien examiner le corps du chien de chasse, pour s'assurer qu'il n'a pas de plaie ou de blessure : il pourrait en effet se faire mal en courant, être piqué par un insecte, être mordu par un serpent... Une attention toute particulière doit être portée à ses coussinets, qui sont des zones fragiles et sensibles, pouvant facilement être lésées ou irritées.

 

Il est important également d'inspecter son pelage et ses oreilles, pour vérifier que des tiques, des épillets et/ou d'autres saletés ne se cachent pas dedans. Brosser le poil de son chien juste après la sortie permet notamment de le nettoyer de toutes ses impuretés, tout en retirant éventuels les poils morts.

 

Enfin, s'il a eu l'occasion de se baigner pendant la chasse, il est préférable de le rincer à l'eau claire (il n'est pas nécessaire de lui faire un shampoing, à moins qu'il ne soit vraiment très sale), puis de le sécher avec une serviette, en s'attardant bien sur ses oreilles - en particulier si elles sont pendantes - , car elles peuvent facilement s'infecter et donner lieu à des otites.

Prévoir un examen vétérinaire après la saison de chasse

Prévoir un examen vétérinaire après la saison de chasse

Pour vérifier que tout est en ordre et que la chasse a été bien vécue, il est préférable de faire faire un bilan de routine à son chien juste après la fin de la saison.

 

Le vétérinaire se charge alors de vérifier que l'animal ne souffre pas de plaie, de fracture ou de boiterie, que son rythme cardiaque et sa respiration sont normaux, que son poids n'est ni trop élevé ni trop bas, que ses sens sont bien fonctionnels, etc. Pour limiter les dépenses, cette séance peut également être l'occasion d'effectuer les différents rappels de vaccination.

Dernière modification : 10/18/2020.
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