Le maître-chien de recherche et de sauvetage

Qui peut devenir maître-chien de recherche et de sauvetage ?

Le métier de maître-chien de recherche et de sauvetage peut sembler attirant, mais n’importe qui peut-il l’exercer ?

Les conditions et les qualités requises

Les conditions et les qualités requises

La première de toutes les conditions est bien sûr d’aimer les chiens, et de les connaître. Tel un comportementaliste canin, le maître-chien doit être capable de comprendre son chien et toutes ses réactions.

Ensuite, il faut être très disponible : que ce soit pour les stages de recyclage, pour les entraînements ou surtout pour des interventions, il faut être en mesure de toujours pouvoir répondre présent. Certaines équipes cynophiles de recherche et de sauvetage sont d’ailleurs composées de bénévoles, qui prennent sur leur temps de repos et sont susceptibles de quitter momentanément leur emploi pour partir en intervention.

Par ailleurs, avoir des connaissances en secourisme est un plus.

Il faut aussi être en bonne santé et sportif, car le maître comme son chien évoluent en terrain difficile. Une grande endurance et une résistance au stress sont également indispensables, en raison du caractère souvent tragique des interventions. En outre, en plus d’avoir les nerfs solides, il faut être calme et organisé, de façon à être un guide efficace pour le chien. Un chien de recherche de victimes n’est rien sans un maître de qualité pour orienter ses recherches.

Au final, bon nombre de qualités que le maître-chien doit posséder sont communes à celles du chien, ce qui est logique dans la mesure où ils forment un binôme inséparable remplissant une même mission extrêmement difficile et fatiguante.

Devenir maître-chien de recherche et de sauvetage

Devenir maître-chien de recherche et de sauvetage

On peut choisir de devenir maître-chien pour la recherche et le sauvetage de manière bénévole ou professionnelle.

En France, pour devenir bénévole, il y a deux possibilités : intégrer une ONG comme Pompiers Sans Frontière ou le COSI, ou devenir pompier volontaire et demander à être affecté dans une équipe cynotechnique départementale (il n’y en a cependant pas dans tous les départements).

Pour devenir professionnel, deux possibilités existent également : la première est de passer les concours pour être Sapeur Pompier professionnel, puis procéder de même que pour les volontaires ; la seconde de s’engager dans l’armée (Brigade des Sapeurs Pompiers de Paris, Bataillon des Marins Pompiers de Marseille ou Unité d’Intervention et d’Instruction de la Sécurité Civile), pour intégrer ensuite une équipe cynotechnique.

Dans ce dernier cas, il faut savoir que certains départements fournissent le chien, qui appartient alors à l’armée, tandis que d’autres laissent le futur professionnel l’acheter, en suivant toutefois certaines directives relatives à la race canine et à l’élevage de chiens. D’autre part, dans le secteur public, c’est-à-dire si on est Pompier professionnel ou membre de la Sécurité Civile, on ne peut devenir maître-chien qu’après plusieurs années de service, et on n’a pas le choix de la formation (chien de recherche de victimes d’avalanche, chien de sauvetage en mer, chien de recherche, etc.)

Dans tous les cas, pour être opérationnel, il faut réussir le Brevet national de maître-chien de recherche et de sauvetage, spécialité « Décombres » (niveau Bac).

Les avantages et les inconvénients du métier de maître-chien de recherche et sauvetage

Les avantages et les inconvénients du métier de maître-chien de recherche et sauvetage

Être maître-chien pour la recherche et le sauvetage est exaltant et gratifiant : on donne de soi-même pour aider les autres, on participe à sauver des personnes. On se sent utile, et on partage des moments émouvants avec son chien et ses collègues lorsqu’on retrouve des personnes vivantes. On est aussi au cœur de l’action, dans le tourbillon de l’urgence.

En revanche, toutes les recherches ne se terminent pas bien, et ce sont souvent des cadavres que l’on retrouve. En outre, les situations dans lesquelles se font les interventions sont souvent stressantes, parfois dangereuses, et mettent les nerfs à rude épreuve. Il faut être capable de rapidement s’endurcir, sans quoi ce travail devient vite impossible. C’est d’autant plus nécessaire que le chien a besoin de savoir que son maître répond présent, qu’il peut compter sur lui. Il faut donc être solide, tant physiquement qu’émotionnellement.

De plus, on peut être appelé n’importe quand pour une intervention, parfois à des milliers de kilomètres et pour une durée indéterminée., Cette très grande disponibilité et ce mode de vie sont difficilement compatibles avec une vie de famille.

Autant dire qu’avant de faire un tel choix de carrière, il est indispensable de prendre le temps d’y réfléchir très sérieusement, car c’est un engagement total.

Le binôme chien-maître : ça fonctionne à l'amour

Le binôme chien-maître : ça fonctionne à l'amour

Quand il n’est pas en intervention ou à l’entraînement, le chien de recherche et de sauvetage vit en règle générale avec son maître-chien et sa famille. Ce qui le motive pendant les interventions, c’est le désir de rendre son maître heureux. Il veut lui faire plaisir, et c’est dans ce but qu’il obéit, qu’il cherche et détecte les victimes. C’est ce que sa formation lui a appris, ce que ses entraînements lui rappellent sans cesse, ce que son quotidien avec son maître aimé lui dicte.

 

C’est aussi un jeu pour le chien, et c’est d’ailleurs sous forme de jeu que ce rôle lui a été appris pendant sa formation initiale. Paola Poli, maître-chien de recherche et de sauvetage de REDOG (la Société suisse pour les chiens de recherche et de sauvetage), le rappelle d’ailleurs parfaitement : « Les chiens doivent s’amuser, sinon ils se lassent au bout de dix minutes ».

 

Quant au maître, il est aussi motivé par l’amour et la confiance qui le lient à son compagnon.

 

Autant dire que ce qui se passe entre ces deux-là et qui en fait une équipe performante, c’est une formidable histoire d’amour et d’amitié. Ils savent qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre. C’est comme ça que le maître-chien obtient le meilleur de son ami à quatre pattes sur le terrain. Ce qu’il faut faire (rester calme) ou ne pas faire (se laisser distraire, manger ce qu’on trouve par terre, etc.), le chien l’a appris de son maître pendant sa formation.

 

Ce qui fait que ça fonctionne et que les équipes cynophiles sauvent chaque année des centaines de personnes d’une mort tragique, c’est que le chien et l’homme partagent le même sentiment d’exaltation et d’amour. La caresse et les mots affectueux du maître sont la plus belle récompense pour le chien, et le fait que le chien retrouve une personne vivante sous des décombres est la plus belle récompense pour le maître. Ce sont ces liens très puissants, indéfectibles, qui leur permettent, à l’un comme à l’autre, de supporter les conditions effroyables, la fatigue, le stress, et d’être performants dans leurs missions de sauvetage.

Le mot de la fin

L’odorat du chien et son ouïe très développés, ainsi que son instinct de recherche, en font un formidable allié de l’Homme pour retrouver des personnes. Toutefois, les conditions dans lesquelles se déroulent les interventions sont extrêmes, et tous les chiens n’ont pas le caractère qui convient, au même titre que tous les humains n’ont pas les aptitudes pour devenir maître-chien.

 

Mais si on a le bon binôme, si l’humain et son chien remplissent certaines conditions et que le chien a été bien formé, positivement, dans le respect de sa personnalité, alors on a une équipe formidable, à l’image de toutes celles qui, chaque année, aux quatre coins du monde, sont à l’origine de centaines de sauvetages.

Dernière modification : 12/04/2019.
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