Le chien sanitaire

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Chiens de guerre : Le chien sanitaire

Le rôle des chiens sanitaires était de rechercher des blessés perdus sur le champ de bataille : pour cela, lorsqu'il trouvait un soldat blessé, le chien devait prendre sur lui un objet lui appartenant, revenir auprès du brancardier et le guider jusqu'au blessé. Les chiens sanitaires sont donc en quelque sorte les ancêtres de nos actuels chiens de recherche de personnes vivantes.

 

L'histoire du chien sanitaire ne date pas d'hier, puisque la première utilisation connue remonte à l'Egypte antique. On pensait d'ailleurs à l'époque que les chiens pouvaient accélérer la guérison des soldats en léchant leurs plaies.

 

Toutefois, ce n'est qu'à la fin du 19e siècle que les armées européennes ont commencé à s'intéresser de plus près aux incroyables facultés de recherche de leurs compagnons à quatre pattes :

 

  • En Belgique, un professeur d'école vétérinaire et deux journalistes firent plusieurs démonstrations de l'efficacité de ces chiens près de la ville d'Ostende en 1895. Le lieutenant Van de Putte fut convaincu et fonda peu après la "Société des chiens sanitaires".

  • En Allemagne, Van Stefanitz, le créateur du Berger Allemand, craignait que l'industrialisation ne fasse perdre à la race son rôle de chien de berger. Il incita donc l'armée allemande à utiliser ces chiens pour retrouver les blessés sur les champs de bataille. Dès 1890, on trouvait ainsi des Bergers Allemands dans presque tous les régiments allemands, et 4000 chiens sanitaires furent déployés dans leurs rangs durant la Première Guerre mondiale. Leur chenil de formation, situé à Oberdollendorf, devint un modèle pour de nombreux autres pays.

  • En Suisse, un cynologue fonda en 1893 l'"Association pour les chiens sanitaires", avant qu'un capitaine ne fonde l'"Association suisse pour les chiens sanitaires et chiens de guerre" en 1904. En août de la même année se tint à Berne le premier examen de chiens de guerre, au terme duquel le Berger Allemand fut désigné comme le choix idéal. Par la suite, les formations locales de chiens sanitaires acquirent une telle réputation que de nombreux autres pays vinrent se fournir en Suisse, avant que l'exportation de ces chiens ne soit interdite en 1914.

  • En France, la première "Société du chien sanitaire" ne fut créée qu'en 1908 par des civils, l'armée ne considérant pas les chiens de recherche de personnes comme une priorité. Ce n'est qu'en 1911 que le Ministère de la guerre reconnut l'utilité des chiens sanitaires dans ses rangs et se lança officiellement dans leur formation. Pour cette raison, au début de la Première Guerre mondiale, l'armée française ne possédait que 250 chiens sanitaires, dont un Beauceron du nom de "Truc" qui réussit tout de même l'exploit de récupérer 148 soldats blessés sur le champ de bataille.

 

Les chiens sanitaires devaient être en mesure d'intervenir sur tout type de terrain, mais également en présence de fumée ou de brouillard. Pour cela, l'odorat du chien devait bien évidemment être particulièrement développés, mais ils devaient également être des chiens très endurants. On évitait donc les chiens de petite taille, qui se fatiguaient rapidement, et les chiens de très grande taille, qui pouvaient éprouver des difficultés à se faufiler parmi les décombres. Le Berger Allemand était une race particulièrement efficace pour remplir cette fonction.

 

De nos jours, la Suisse est le seul pays au monde à posséder encore un programme officiel de formation et de concours pour les chiens sanitaires.

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Dernière modification : 11/15/2019.
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Commentaires sur cet article

Si vous aimez les mascottes embarquées à bord des navires de guerre, j'ai ouvert un poste forum sur le site anciens cols bleus et pompons rouges. Bienvenue aux invités.

   
Par mercier romain

Bonjour à toutes et à tous,
Je me présente, je suis un spécialiste de la bête du Gévaudan. Je résume : Si aujourd'hui presque tout le monde est d'accord sur l'identité de la bête; un hybride de chienne et de loup, il y a encore beaucoup de flou. Certains historiens pensent que la bête ( les bêtes ) ? portait une sorte de cataphractaire en cuir avec des écailles de métal insérées pour pouvoir survivre à tous ces coups de feu reçus à courte distance et tous ces coups de baïonnette. Possible ou pas ? Pourtant, tous les témoins signalent la grande facilité de l'animal à se retourner sur elle-même, sa souplesse. "bondissante" "plus souple qu'un loup" "ne ressemble pas tout à fait un loup". Et tous ceux qui se sont battus corps à corps avec elle se seraient bien aperçus de la présence de métal ? Elle est toujours blessée, jamais morte ! Est-ce qu'un cuir avec un renforcement particulier, spécifique aurait pu suffire pour atténuer l'effet des balles, lingots et postes reçus ? J'aimerais avoir votre avis. Merci.

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Par sebastien

On leur a vraiment tout fait faire à nos chiens ....

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Par Maxime

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