La formation du chien de recherche et de sauvetage

La formation initiale

La formation initiale

La formation d’un chien de recherche et de sauvetage de victimes débute très tôt (vers l’âge de trois mois), et se base sur le jeu et la motivation à obtenir une récompense, en l’occurrence généralement un « boudin » de tissu. L’éducation des chiens de recherche et de sauvetage repose donc sur la méthode d’éducation canine naturelle inventée par l’éthologue canin Joseph Ortega.

L’éducation de base d’un futur chien de recherche et de sauvetage se divise en trois dimensions qui s’imbriquent au fur et à mesure :

  • le franchissement d’obstacles et la gestion du stress du chien (obstacles rigides ou en mouvement, bruit, fumée, odeurs fortes, promiscuité des personnes et des autres chiens, véhicules, etc.) ;
  • l’obéissance (le rappel du chien, la marche au pied, les positions assis/couché/debout, le refus des appâts, le rapport d’objet, etc.) ;
  • la recherche et la détection (recherche du maître ou d'étrangers, désignation correcte des victimes, etc.).

 

Avant l’âge de six mois, le chien sait retrouver son maître. Puis il apprend à retrouver son maître alors que ce dernier est accompagné d’un étranger, puis finalement un étranger tout seul, en variant les personnes. Il apprend à signaler cette présence en aboyant et en remuant la queue (dans le cas d’une personne vivante), en gémissant et en couchant les oreilles (pour une personne décédée), jusqu’à l’arrivée de son maître.

Au cours de sa formation, le chien apprend à retrouver des personnes de mieux en mieux cachées, dans des endroits de plus en plus difficiles d’accès. Il doit ainsi traverser des zones instables, se glisser dans des endroits étroits et sombres, franchir des zones de feu, le tout dans le bruit des engins, les cris, les sirènes, les odeurs de fumée, etc. Il apprend également à voyager en hélicoptère et à être hélitreuillé avec son maître. Ces exercices sont particulièrement éprouvants pour lui (en particulier au début), mais ils sont d'autant plus nécessaires qu'il sera souvent confronté à de telles situations une fois en intervention.

 

La formation du chien de recherche et de sauvetage

Après le passage de divers modules de difficulté croissante, il passe un brevet d’aptitude, qui est en fait décerné au binôme chien / maître-chien. En France, il est appelé Brevet de Recherche et de Sauvetage. Ce diplôme n’étant valable que pour un an, ils doivent ensuite chaque année passer le TCO (Test de Contrôle Opérationnel) afin de rester aptes à intervenir.

Dans d’autres pays, comme l’Allemagne, la Belgique et la Suisse, les formations amènent au même type de brevet, délivré au binôme dans son ensemble, et également à durée de validité limitée (généralement un an), avec à la clef l’obligation d’effectuer régulièrement des stages de recyclage pour rester opérationnels. Comme en France, ces formations sont essentiellement destinées aux professionnels des services de secours (pompiers, protection civile, Croix-Rouge, etc.).

Le cas du Canada est un peu particulier : les formations de chiens de recherche et de sauvetage n’y existent que depuis 2010 et ne sont pas le fait des institutions locales, mais d’une OGN française, le COSI (Comité de Secours Internationaux), qui a déjà rempli presque une centaine de missions depuis sa création en 1985. L’explication est donnée par Michel Massouty, responsable de la division Québec-Canada du COSI : « Au Québec et au Canada, ce dont on a le plus besoin, c'est de la recherche en forêt, mais il s'avère qu'on est rarement sollicités. C'est lors du séisme en Haïti que j'ai vraiment pris conscience qu'on n'était pas assez formés pour ce type d'événement. Alors on a trouvé le COSI en France, et ils ont accepté de nous former à leurs frais pour les catastrophes naturelles depuis juillet 2010 ». Les équipes cynophiles ainsi formées sont toutes constituées de bénévoles.

L’entraînement du chien de recherche et de sauvetage

L’entraînement du chien de recherche et de sauvetage

Entre les interventions, le chien de recherche et de sauvetage et son maître s’entraînent régulièrement et par tous les temps sur des parcours variés offrant plusieurs degrés de difficulté, de façon à rester opérationnels : ils demeurent ainsi aptes à partir en mission n’importe où, n’importe quand…

Les échecs

Les échecs

Les échecs dans l’apprentissage viennent à plus de 90% du fait que le chien a été mal choisi. En effet, il arrive trop souvent que le maître vienne en formation avec son chien alors que celui-ci présente des défauts flagrants, ou encore qu’il aille chercher son compagnon sans vraiment opérer une sélection adéquate.

Pourtant, si on respecte scrupuleusement les conditions requises et qu’on prend le temps de sélectionner un chien ayant le caractère et la personnalité qui conviennent, il y a peu d’échecs. En tout état de cause, la détection de victimes n’est ni plus ni moins qu’une recherche de foyers d’odeurs dans une zone déterminée, ce qui est très facile pour le chien. Ce qui est difficile, c’est le milieu dans lequel il évolue lors de ces interventions, qu’il doit apprendre à “oublier” pour bien faire son travail.

Quant aux échecs ou comportements inadéquats en intervention, ils sont rares, et généralement dus à une formation inadaptée. Normalement, un chien bien formé ne pose pas de problème une fois sur le terrain. Ceci dit, la formation des chiens de recherche et de sauvetage a connu des ajustements au fur et à mesure des années, car il y a toujours une part empirique dans l’élaboration des protocoles.

 

Par exemple, on a constaté que des chiens formés aux décombres qui trouvaient des gens bloqués dans une cave enfouie sous des gravats, tout en étant parfaitement capables de se frayer un chemin jusqu’à eux, ne les signalaient pas à leur maître, car les personnes elles-mêmes n’étaient pas ensevelies. Les chiens ne comprenaient pas que ces personnes avaient elles aussi besoin d’aide. Les formateurs ont dû intégrer ce problème – et bien d’autres - dans leurs protocoles de formation.

Mais il ne faut pas oublier que le chien n’est pas seul en intervention. Il s’agit d’un travail d’équipe, et le maître-chien a un rôle tout aussi important.

Dernière modification : 12/04/2019.
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