L’histoire et l’utilisation des chiens policiers

Les origines du chien policier

Les origines du chien policier

La domestication du chien par l’Homme remonte à la Préhistoire, mais il faut attendre la Renaissance pour que naisse vraiment la notion d’animal de compagnie. Pendant une très longue période, la relation entre les deux espèces fut basée sur un principe de « donnant-donnant » : nourriture et abri contre protection et aide pendant la chasse.

 

Le temps passant, les choses n’ont guère changé, les chiens continuant d’exercer un rôle défensif et/ou offensif aux côtés des humains. On vit ainsi apparaître dans l’Antiquité des chiens de guerre, souvent de type mastiff, utilisés par les armées en Égypte, en Grèce, à Rome ou encore en Gaule. Ils étaient chargés de garder les camps, d’achever les soldats ennemis, d’attaquer les combattants isolés et les chevaux du camp adverse. Cette utilisation du chien à la guerre perdura tout au long du Moyen-Âge, et encore après.

 

Les premières polices établies en tant que corps séparé de l’armée et ayant des missions de maintien de l’ordre apparaissent au Moyen-Âge, mais ne ressemblent pas à ce que nous connaissons aujourd’hui. Selon les pays, la police au sens moderne du terme n’apparaît qu’entre le 17ème et le 18ème siècle.

 

Déjà très intégré dans les armées, c’est assez naturellement que le chien sera inclus progressivement dans ces corps, notamment au cours du 20ème siècle, en même temps qu’il continuera à être utilisé par les militaires. Mais les missions comme les formations ont évolué, si bien que les chiens policiers se sont progressivement spécialisés. Aujourd’hui, ils sont essentiellement répartis en deux groupes, avec des domaines d’expertise bien précis : les chiens mordants et les chiens renifleurs.

Le chien policier aujourd’hui

Le chien policier aujourd’hui

On trouve de nos jours dans presque tous les pays des chiens policiers, c’est-à-dire des chiens ayant reçu des formations spécifiques pour épauler et seconder les forces de l’ordre au quotidien, sur des missions très diverses. Ainsi, en cumulant chiens renifleurs et chiens mordants, la France compte au total environ 800 chiens policiers, la Belgique 450, et le Canada plus de 200.

 

En France, on trouve des unités cynophiles dans la Police Nationale et la Gendarmerie Nationale, y compris dans leurs unités d’intervention respectives, qui sont le RAID (Recherche Assistance Intervention Dissuasion) et le GIGN (Groupe d’Intervention de la Gendarmerie Nationale). Les chiens policiers sont aussi en nombre dans les services des douanes, et certaines polices municipales en comptent dans leur effectif, comme par exemple à Paris, Cannes ou encore Marseille.

 

En Belgique, on les trouve sur tout le territoire dans la Police Fédérale, la Police des chemins de fer et de la navigation, ainsi que les Douanes. Ils sont aussi présents au sein des Forces Spéciales, qui interviennent dans des affaires de terrorisme, prises d’otages, etc.

 

En Suisse, les brigades canines sont également présentes dans l’ensemble de la Confédération au sein de la Gendarmerie et de la Police, mais aussi notamment des Douanes et de la Garde Suisse.

 

Au Canada, des chiens policiers sont employés sur tout le territoire dans les Douanes, la Police ou encore la GRC (Gendarmerie Royale du Canada), ainsi que dans certaines polices municipales, comme le SPVM (Service de Police de la Ville de Montréal).

 

Aux États-Unis, les chiens policiers travaillent notamment aux côtés des Marshals, du FBI (Federal Bureau of Investigation), de la DEA (Drug Enforcement Administration), voire des sheriffs.

La vie et la carrière du chien policier

La vie et la carrière du chien policier

Quelle que soit sa spécialité (chien d’intervention et de défense, chien d’assaut, chien renifleur...), la carrière d’un chien policier commence une fois sa formation terminée, c’est-à-dire vers l’âge de deux ans à deux ans et demi, et dure jusqu’à environ huit ans.

 

Pendant ces quelques six années, il mène la même vie que son maître, avec les mêmes horaires. Il travaille huit heures par jour ou nuit (mais pas plus de quatre heures d’affilée) et s’entraîne au moins deux fois par semaine, sans compter les footings et autres moments sportifs avec son maître, afin de maintenir sa forme physique. D’ailleurs, en règle générale, il vit avec son maître du début de sa formation proprement dite jusqu’à sa mort, et ce quel que soit le service ou le pays où il se trouve. Il peut toutefois y avoir des exceptions, c’est-à-dire des cas dans lesquels il est adopté comme chien de compagnie lorsqu’il arrive à l’âge de la retraite.

 

Quant au maître dont le chien est mis à la retraite, il se voit attribuer un nouveau chien, qu’il va former à son tour et qui deviendra son nouvel équipier. Si le « vieux » chien vit à son domicile, il aura donc deux chiens. Si cela pose problème, par exemple s’il n’a pas assez de place ou si l’ancien chien refuse la présence du nouveau, le plus jeune restera dans un des boxes du service. Néanmoins, en général, cette coexistence se passe bien, notamment parce que les chiens policiers sont habitués à se trouver en présence de leurs collègues canins.

 

Les chiens policiers peuvent être des mâles comme des femelles. Pour éviter qu’ils soient distraits dans leur travail et/ou se montrent agressifs envers les autres chiens auprès de qui ils travaillent, on procède quasi toujours à la stérilisation des chiens.

Le statut du chien policier

Le statut du chien policier

Le statut du chien policier est variable selon les services et les pays. Aux États-Unis, il reçoit en fin de carrière une pension de retraite pour subvenir à son entretien ; en Angleterre, il a le statut d’officier de police ; dans les gendarmeries européennes, il est considéré comme un militaire à part entière et on lui attribue un matricule, comme aux soldats. Enfin, au Népal, il est honoré lors de la fête du Tihar, qui célèbre la connexion entre l’Homme et le chien : ce jour-là, les chiens policiers qui se sont distingués sont décorés.

 

Cependant, dans la plupart des pays et des services, même si son maître-chien policier l’adore et est plus souvent avec lui qu’avec sa famille, il reste un chien d’utilité, qu’on sacrifiera si cela est absolument nécessaire pour épargner des humains.

 

Il arrive d’ailleurs que les chiens policiers héros reçoivent des médailles, conjointement ou pas avec leur maître, à l’image par exemple de la célèbre médaille Dickin. Instituée en 1943, elle est destinée à honorer des chiens de guerre ou chiens policiers célèbres pour leurs faits d’armes. Parfois, c’est à titre posthume que ces chiens héroïques sont décorés, à l’image de Diesel, la chienne d’assaut Berger Malinois du RAID français tuée en intervention en 2015 lors des attentats à Paris, ou encore du chien Berger Allemand Akil, mort la même année au musée du Bardo à Tunis. Heureusement, de telles morts restent rares.

 

En tout cas, les autorités policières de certains pays semblent décidées à « rationnaliser » au maximum l’utilisation de chiens policiers. La Chine s’est ainsi mise en tête de cloner les meilleurs chiens policiers, dans l’espoir que les chiots apprennent plus vite, et donc coûtent moins cher à former...  Elle n’est d’ailleurs pas la seule : en 2013, une entreprise sud-coréenne célèbre pour ses services de clonage de chiens, Sooam Biotech, a passé contrat avec la police nationale et lui a fourni 37 chiots clonés à partir de ses meilleurs éléments canins !

Dernière modification : 08/16/2019.

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