L'expansion du loup se poursuit en douceur

22/03/2008
Partager :  


Avec un nombre d’individus en hausse régulière, les loups partent à la conquête de nouveaux espaces en France. C’est ainsi qu’après une présence confirmée dans le Cantal, cette semaine c’est le service départemental de l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) qui a confirmé la présence d’au moins un loup en Montagne noire, dans le département du Tarn.

Depuis le 5 février, 4 carcasses de chevreuil ont été découvertes dans les environs du village de Saint-Amans-Soult. Si au départ, la piste d’un chien de grande taille a été envisagée, tous les indices relevés par l’ONCFS concordent pour attribuer ces prédations à un loup, des analyses génétiques devant en apporter la confirmation d’ici le mois de juin.
Pour le Préfet du Tarn, qui a rappelé que "le loup n’attaque pas l’homme", s’il s’agit effectivement de ce prédateur, il pourrait "avoir émigré de la Lozère ou des Alpes". En effet, alors que des loups ont déjà été observés en Lozère et dans le Cantal, que leur présence (1) est avérée dans les Pyrénées-Orientales depuis 1999 (massif du Madres, Carlit-Péric, Puigmal et Canigou), leur arrivée dans le Tarn n'a rien de surprenant pour les initiés.

L’animal actuel pourrait être un loup solitaire, en quête d’un territoire pour s’établir. La probabilité de son installation durable dans la région est réelle avec un espace fortement très boisé, des chevreuils, sangliers, et autres lapins disponibles en grande quantité.
Autre avantage, et non des moindres, la cohabitation avec le monde de l’élevage devrait être plus aisée que dans les Alpes. Ici, les troupeaux de moutons ne sont pas de taille démesurée et ne sont pas livrés à eux-mêmes. Le parcage fait encore partie des pratiques d’élevage, tandis que les périmètres étant plus faibles, la protection est plus efficace et facile à mettre en œuvre.
Autrement dit, l’arrivée du loup dans la région pourrait se faire en douceur, d’autant que si des prédations étaient enregistrées sur les troupeaux, le préfet a d’ores et déjà annoncé que le dispositif d’indemnisation des dégâts dus au loup, peut s’appliquer au Tarn.

Pascal Farcy
1- Contrairement à ce que l’on imagine, la petite population de loups établie dans les Pyrénées Orientales n’est pas issue des populations espagnoles. Des analyses génétiques ont démontré qu’elle était d’une lignée correspondante aux loups présents dans les Alpes depuis 1992, lesquels proviennent d’un mouvement naturel de colonisation des loups italiens.