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Suisse - Le labrador a tout pour plaire aux chefs d’Etat

31/10/2010
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Les labradors ont la cote chez les grands de ce monde. Tous les locataires de l’Elysée ont eu le leur, on l’a aussi retrouvé au Kremlin ou à la Maison-Blanche. Johann Schneider-Ammann, notre nouveau conseiller fédéral, en possède également plusieurs. Mais pourquoi séduit-il autant les politiques?

PHOTO : «Koni», la chienne labrador noire de l’ex-président et actuel premier ministre russe

Qu’ont en commun Vladimir Poutine, Bill Clinton, Nicolas Sarkozy et notre tout nouveau conseiller fédéral Johann Schneider-Ammann? Un goût prononcé pour la politique, évidemment. Un parcours dans les plus hautes sphères du pouvoir, correct. Mais encore? Ils ont tous possédé un labrador – de son nom officiel retriever du labrador – à leurs côtés durant leur mandat gouvernemental. En France, il est devenu le «chien présidentiel» par excellence, puisque, depuis Georges Pompidou, chaque locataire de l’Elysée a eu le sien.

«Généralement, le maître et le chien se ressemblent, et le couple est harmonieux, commente Antoine Schneck, photographe français auteur de l’exposition «Leur chien», une galerie de canidés illustres, présentée cette année à Paris. Mais dans le cas des labradors des présidents, j’y vois davantage une tradition héritée d’une époque où ce chien était utilisé comme rapporteur de gibier durant la chasse, activité jadis très répandue. Aujourd’hui, cela fait plutôt partie d’une panoplie, tout comme la voiture de fonction!» Certains analystes y perçoivent aussi une symbolique politique car cette race, originaire de l’île canadienne de Terre-Neuve, renvoie l’image du chien modèle.

Une race consensuelle
D’un naturel amical, docile et joueur, le labrador a, en effet, tout pour plaire au plus grand nombre. Quelques jours après son élection, Johann Schneider-Ammann, lui-même propriétaire de quatre spécimens – son épouse est vétérinaire et éleveuse de cette race – l’affirmait: ils sont «sociables, affectueux, faciles à soigner et d’une grande gentillesse». Le conseiller fédéral aurait également pu parler de son intelligence, puisqu’on dit le labrador capable de comprendre une centaine de mots, soit près du double de certaines autres races. Un compagnon parfait, Bon Samaritain à ses heures, comme le prouvent ses talents de chien guide d’aveugles et de mal voyants. Un défaut peut-être? Sa gourmandise invétérée qui peut vite ruiner son physique d’athlète.

Le corps très musculeux du labrador s’accorde en effet à merveille avec sa tête très carrée, au museau massif et conquérant adouci par des oreilles tombantes et des yeux au regard débonnaire teinté de sagesse.

Une vraie force tranquille qui n’a pas besoin d’aboyer pour se faire respecter. Un chien consensuel, ni trop grand ni trop petit, servi par une prestance naturelle. Un chien de chef, quoi. «S’afficher avec un pitbull ne serait pas forcément politiquement correct, et opter pour un pékinois ou un chihuahua pourrait prêter à sourire, et donc porter un coup à leur crédibilité», souligne la vétérinaire neuchâteloise Marina von Allmen. Une théorie que partage sa consœur lausannoise Anne-Marie Villars: «Vous avouerez que dans ce milieu, le labrador sied mieux qu’un chien qui aurait un délit de sale gueule. Sa réputation de chien gentil et fidèle, liée à l’image de puissance qu’il dégage, est très favorable. Et il y a aussi un phénomène de mode qui fait qu’on le retrouve aussi bien à la Maison-Blanche qu’à l’Elysée et au Kremlin. Mais peut-être que le chien d’eau portugais d’Obama, qui répond plus ou moins aux mêmes caractéristiques, changera la tendance…»

Peut-être. Reste qu’en 2009, la race canine qui a fait craquer le plus de nouveaux maîtres en Suisse était le labrador. Et selon l’Animal Identity Service (ANIS), où sont enregistrés tous les chiens du pays – c’est toujours le labrador qui est le mieux représenté (devant le yorkshire et le golden retriever).

Exutoire affectif
Mais quel que soit le compagnon à quatre pattes des grands de ce monde, il permet de rompre la solitude inhérente au pouvoir. Johann Schneider-Ammann le constate: «Les chiens comprennent beaucoup. On peut voir à leur comportement comment nous allons nous-mêmes. Quand on est chef, il arrive évidemment de se retrouver seul, surtout lorsqu’il s’agit de prendre des décisions difficiles. Avoir un chien à ses côtés aide à garder l’équilibre, ou à le trouver.» De son côté, Stéphane Bern, spécialiste français du gotha, qui vient de publier «Une vie de chien», parle de «rôle d’exutoire affectif pour des chefs d’Etat condamnés à la prudence».

Alors si l’exutoire permet aux politiques de soigner leur cote de popularité, c’est tout bénéfice… Il ne reste plus qu’à espérer que les politiques soient à l’image de leur chien!

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