Le chien dans la peinture : 25 tableaux avec des chiens

Le chien dans la peinture : 25 tableaux avec des chiens

Qu’il soit utilisé pour accomplir un quelconque travail (chasser, protéger les siens, combattre…), destiné simplement à la compagnie ou érigé au rang de divinité, le chien est depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours un sujet de l’art pictural.


Son histoire parmi les humains se mêle donc à celle de l’art, et la manière dont il fut représenté sur les tableaux au fil du temps reflète la place qu’il occupait dans la société d’alors. Les tableaux avec des chiens représentent donc autant de témoignages des us et coutumes du passé, et des différents rôles qu’occupa le meilleur ami de l’Homme.


La diversité est d’ailleurs au rendez-vous : on trouve représentés dans les galeries des musées à la fois des chiens de chasse, des plus imposants à ceux dont leur petite taille leur permet de se faufiler dans les terriers étroits ; des chiens de compagnie, privilège avant le 19ème siècle de la bourgeoisie et de la noblesse ; d’autres chiens d’utilité...


Voici 25 exemples de tableaux qui montrent la place du chien dans l’histoire de la peinture, du 16ème siècle à nos jours.

Sommaire de l'article

  1. Page 1 : La place du chien dans la peinture au cours de l’Histoire
  2. Page 2 : « Vénus d’Urbin », de Titien (1538)
  3. Page 3 : « Chasseurs dans la neige », de Pieter Brueghel l'Ancien (1565)
  4. Page 4 : « Portrait d’une noble », de Lavinia Fontana (1580)
  5. Page 5 : « Nain avec un chien », de Vélasquez (1645)
  6. Page 6 : « La joyeuse famille », de Jan Steen (1670)
  7. Page 7 : « Misse et Turlu, levrettes de Louis XV », de Jean-Baptiste Oudry (1725)
  8. Page 8 : « Le peintre et son Carlin » ou « Autoportrait au chien », de William Hogarth (1745)
  9. Page 9 : « Jeune femme avec Carlin », de François Boucher (1740)
  10. Page 10 : « La partie de chasse », de Francisco de Goya (1775)
  11. Page 11 : « Lady Hamilton au naturel », de George Romney (1782)
  12. Page 12 : « Un couple de Foxhounds », de George Stubbs (1792)
  13. Page 13 : « Un membre distingué de la Humane Society », de Edwin Landseer (1838)
  14. Page 14 : « The Cavalier's Pet », de Edwin Landseer (1845)
  15. Page 15 : « Femme nue au chien », de Gustave Courbet (1862)
  16. Page 16 : « Tama : le chien japonais », de Edouard Manet (1875)
  17. Page 17 : « Arearea ou Joyeusetés », de Paul Gauguin (1892)
  18. Page 18 : « Julie Manet et son Lévrier Laerte », de Berthe Morisot (1893)
  19. Page 19 : « Un ami dans le besoin », de Cassius Marcellus Coolidge (1903)
  20. Page 20 : « Le chien qui hurle », de Paul Klee (1928)
  21. Page 21 : « L’enfant au taco », de Diego Rivera (1932)
  22. Page 22 : « Autoportrait avec un chien », de Frida Kahlo (1938)
  23. Page 23 : « Soirée à Cap Cod », de Edward Hopper (1939)
  24. Page 24 : « Chiens d’Europe », de Hashimoto Kansetsu (1941)
  25. Page 25 : « Portrait de Maurice », de Andy Warhol (1976)
  26. Page 26 : « Chiens qui dansent », de Keith Haring (1982)
Mosaïque sur le sol d'une maison à Pompéi
Mosaïque sur le sol d'une maison à Pompéi

Depuis la Préhistoire, les Hommes représentent des chiens dans leurs œuvres picturales. En effet, les premières traces de telles représentations remontent au 5ème millénaire avant J.-C., dans les peintures rupestres des peuples préhistoriques, où figurent des chiens de chasse qui ne ressemblent pas à ceux que l’on connaît de nos jours.

 

En revanche, certains chiens représentés sur les fresques des pyramides de l’Egypte ancienne (du 4ème millénaire avant J.-C. au 1er siècle avant J.-C.) s’apparentent déjà nettement plus à quelques-unes des races actuelles.

 

Dans la Rome antique, le chien est utilisé par l’aristocratie pour la chasse, mais il est aussi présent comme animal domestique et gardien du foyer. On a d’ailleurs retrouvé dans certaines ruines de villes antiques comme Pompéi des représentations de chiens sur des fresques ornant les maisons.

 

Jesus-Christ et Saint-Roch représentés sur des vitraux
Jesus-Christ et Saint-Roch représentés sur des vitraux

Au Moyen Âge, le christianisme considère le chien à la fois comme un symbole de fidélité et de loyauté, qui sont évidemment des vertus, mais aussi comme une référence à l’envie, un des 7 péchés capitaux. C’est donc un animal ambivalent, mais il commence à trouver sa place dans l’iconographie religieuse, par exemple dans les représentations de Saint Wendelin (saint patron des animaux domestiques) et de Saint Roch. D'autres religions en ont une vision nettement moins positive : c'est le cas notamment de l’islam, qui le présente comme un animal impur, parce qu’il a notamment pour rôle de chasser la vermine des villes.

 

Ces raisons expliquent qu’il soit peu représenté en peinture à l'époque, bien qu’il soit devenu de plus en plus courant depuis la Rome antique qu'il soit utilisé par les classes populaires, par exemple pour conduire et protéger les animaux d’élevage, ou encore éliminer les nuisibles qui s’attaquent aux récoltes. En tout état de cause, ce ne sont généralement pas ces chiens-là qui sont représentés dans les rares tableaux de l’époque mettant en scène des représentants de la gent canine, mais bien plutôt ceux utilisés dans le cadre de la chasse, activité prisée de la noblesse.

 

« La fête des rois », de Jan Steen (1668)
« La fête des rois », de Jan Steen (1668)

A la Renaissance, en particulier au 16ème siècle, l’aristocratie européenne commande de plus en plus de tableaux avec des chiens de compagnie, représentés au pied ou dans les bras de leur maîtresse ou maître. En effet, alors qu’ils servaient essentiellement jusqu’alors pour diverses tâches (la chasse, la protection des troupeaux, la lutte contre la vermine…), les chiens prennent à cette époque de plus en plus d’importance dans les foyers aisés en tant que simples compagnons domestiques. Ce sont principalement des lévriers (aussi utilisés pour la chasse) et des animaux de petite taille, comme le Bichon Frisé. On trouve alors essentiellement deux types de tableaux avec des chiens : ceux représentant des scènes d’intérieur, avec par exemple un chien qui assiste à un repas et attend que ses maîtres lui jettent de la nourriture, et ceux représentant des scènes de chasse.

 

A partir du 17ème siècle, certains peintres se spécialisent dans la représentation d’animaux : ce sont les peintres animaliers, dont certains se concentrent sur telle ou telle espèce (le cheval, le chat, le chien…). Ceux qui représentent des chiens les peignent souvent seuls, ou leur donnent le rôle principal lorsque des personnes ou d’autres animaux sont présents à leurs côtés. Ils parviennent à immortaliser avec réalisme leur regard et leur expression. Ces artistes sont les précurseurs d’un phénomène qui se généralise environ 200 années plus tard.

 

« Le chemin de fer », d'Édouard Manet (1873)
« Le chemin de fer », d'Édouard Manet (1873)

En effet, à partir du 19ème siècle, les chiens de compagnie font l’objet d’un intérêt croissant. Ils ne sont plus l’apanage des classes aisées, mais commencent à prendre place dans tous types de foyers, même modestes. En outre, la réflexion sur les droits du meilleur ami de l'Homme - et ceux des animaux en général – devient de plus en plus poussée. Par exemple, en France, la loi Grammont de 1850 vient amender le Code civil de 1804, qui considérait les animaux domestiques comme identiques à n’importe quel autre bien meuble, en punissant la maltraitance animale. Des sociétés protectrices des animaux voient également le jour au Royaume-Uni, et le concept se répand partout ailleurs. C’est également à cette époque que se développe la cynophilie, avec l’apparition des clubs de race, des expositions canines et des organismes nationaux qui visent à recenser les différentes races det structurer leur élevage, à l’image du Kennel Club en Grande-Bretagne (1873), de la Société Centrale Canine en France (1881), de la Société Royale Saint-Hubert en Belgique (1882) ou encore du Club Canin Canadien (1887).

 

« Tête de chien », de Pierre-Auguste Renoir (1900)
« Tête de chien », de Pierre-Auguste Renoir (1900)

Reflétant parfaitement ces évolutions, la peinture change elle aussi, en particulier au niveau de la composition : il devient tout à fait courant que le chien soit placé au centre du tableau, en tant que protagoniste et parfois seul. En outre, les artistes ne se privent pas de représenter ses émotions, par exemple à travers ses yeux.

 

Il est donc loin le temps où, avant le 19ème siècle, le chien était plutôt représenté en peinture pour son utilité (chasse, compagnie…) ou comme symbole (de fidélité, loyauté, affection…), et se contentait d’agrémenter les compositions picturales tel un accessoire, au lieu d’en être le sujet.

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La place du chien dans la peinture au cours de l’Histoire
Dernière modification : 11/23/2020.

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