« La joyeuse Famille », de Jan Steen (1670)

« La joyeuse Famille », de Jan Steen (1670)

La joyeuse Famille (Soo voer gesongen, soo na gepepen) est une peinture à l’huile du peintre néerlandais Jan Steen (1626-1679), réalisée vers 1668-1670 et exposée au Rijksmuseum (musée des beaux-arts) d’Amsterdam, aux Pays-Bas.

 

Steen a souvent représenté des proverbes dans ses toiles, et c’est notamment le cas de celle-ci. Elle illustre en effet le proverbe « Soo verrichten gesongen, soo na gepepen », qui signifie que le mauvais exemple engendre le mauvais exemple. Pour ce tableau de “monde à l’envers”, l’artiste a pris comme modèle sa propre famille, représentée avec autodérision. La femme qui se fait resservir du vin est sa propre femme, et on peut reconnaître également ses enfants - le plus jeune est d’ailleurs en train d’être baptisé.

 

Toutes les personnes présentes semblent être d'une humeur malicieuse. C’est le cas notamment de l'homme sur la droite, qui n’est autre qu’un autoportrait du peintre : il apprend à l'un de ses fils à fumer la pipe. L’immoralité des comportements se reflète symboliquement dans la cornemuse, qui à l'époque était l'instrument associé aux lubriques.

 

Au pied de la table est représenté un chien de race Kooikerhondje, petit chien au pelage long et tacheté de brun et de blanc, qui attend probablement qu’on lui donne à manger. C’est une race de chien originaire des Pays-Bas, qui fait partie de la famille des épagneuls. Elle a été développée pour la chasse au canard, puis est devenue un chien de compagnie apprécié pour son intelligence, sa loyauté et son caractère équilibré - tout le contraire des protagonistes représentés sur le tableau. La notoriété de la race Kooikerhondje, plus présent dans la société néerlandaise du 17ème siècle qu’aujourd’hui, s’explique notamment par l’histoire du chien du prince Guillaume 1er d’Orange-Nassau (1533-1584) : on rapporte en effet que celui-ci cessa de manger et de boire après l’assassinat de son maître, se laissant mourir de chagrin et devenant ainsi un symbole de fidélité.

Dernière modification : 09/05/2020.
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Sommaire de l'article

  1. 1. La place du chien dans la peinture au cours de l’Histoire
  2. 2. « Vénus d’Urbin », de Titien (1538)
  3. 3. « Chasseurs dans la neige », de Pieter Brueghel l'Ancien (1565)
  4. 4. « Portrait d’une noble », de Lavinia Fontana (1580)
  5. 5. « Nain avec un chien », de Vélasquez (1645)
  6. 6. « La joyeuse Famille », de Jan Steen (1670)
  7. 7. « Misse et Turlu », levrettes de Louis XV de Jean-Baptiste Oudry (1725)
  8. 8. « Le peintre et son Carlin » ou « Autoportrait au chien », de William Hogarth (1745)
  9. 9. « Jeune femme avec Carlin », de François Boucher (1740)
  10. 10. « La partie de chasse », de Francisco de Goya (1775)
  11. 11. « Lady Hamilton au naturel », de George Romney (1782)
  12. 12. « Un couple de Foxhounds », de George Stubbs (1792)
  13. 13. « Un membre distingué de la Humane Society », de Edwin Landseer (1838)
  14. 14. « The Cavalier's Pet », de Edwin Landseer (1845)
  15. 15. « Femme nue au chien », de Gustave Courbet (1862)
  16. 16. « Tama : le chien japonais » de Edouard Manet (1875)
  17. 17. « Arearea ou Joyeusetés », de Paul Gauguin (1892)
  18. 18. « Julie Manet et son Lévrier Laerte », de Berthe Morisot (1893)
  19. 19. « Un ami dans le besoin » de Cassius Marcellus Coolidge (1903)
  20. 20. « Le chien qui hurle », de Paul Klee (1928)
  21. 21. « L’enfant au taco » (« El Niño del Taco »), de Diego Rivera (1932)
  22. 22. « Autoportrait avec un chien », de Frida Kahlo (1938)
  23. 23. « Soirée à Cap Cod », de Edward Hopper (1939)
  24. 24. « Chiens d’Europe », de Hashimoto Kansetsu (1941)
  25. 25. « Portrait de Maurice » (« Portrait of Maurice »), de Andy Warhol (1976)
  26. 26. « Chiens qui dansent » (« Dancing Dogs »), de Keith Haring (1982)

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