Fortuné, le chien qui a tenu tête à Napoléon Bonaparte

Fortuné, le chien qui a tenu tête à Napoléon Bonaparte

Homme toujours pressé et dont le caractère pratique était poussé à l’extrême, Napoléon Bonaparte (1769–1821), qui fut au pouvoir de 1799 à 1814 puis durant les Cent-Jours en 1815, ne se préoccupa jamais beaucoup de s’attacher l’affection des animaux, auxquels il n’entendait pas consacrer le temps des longues effusions. Il eut certes quelques chevaux préférés, mais c’était surtout pour leurs qualités de montures, et il ne manifesta jamais d’attachement marqué pour l’un d’entre eux.

Son nom est pourtant associé à celui d’un chien qui ne s’est jamais laissé dompter par le conquérant de l’Europe, devenu célèbre à travers une série d’anecdotes qui firent les gorges chaudes du public puis des chroniqueurs du règne. En effet, sa première femme Joséphine de Beauharnais (1763-1814), qu’il épousa en 1796 puis répudia en 1809, possédait un chien de petite taille, au pelage jaune-roux et au visage noir (probablement un croisé Carlin) nommé Fortuné et qui vécut jusqu’en 1797. L’exactitude des faits le concernant est attestée par divers témoignages et par des mentions dans l’abondante correspondance de Bonaparte, qui fut en large partie conservée et éditée.

Les déboires du futur Empereur des Français commencèrent le soir même de ses noces avec Joséphine, le 9 mars 1796, deux jours avant son départ pour la campagne d’Égypte. En effet, lui-même relata à plusieurs reprises qu’il eut alors à disputer le lit de son épouse avec le chien de cette dernière, manifestement pas décidé à laisser la place – au point de mordre au mollet l’impétrant. D’abord irrité par cette situation et par l’idée de devoir partager la chambre conjugale, Bonaparte finit par en rire et accepta de s’en accommoder pour céder aux demandes de Joséphine, qui ne voulait pas que son chien fût chassé de la pièce.

Fortuné fut par la suite mentionné dans plusieurs lettres adressées par Bonaparte à sa femme. Par exemple, il écrivit avec taquinerie dans l’une d’entre elles que ses pensées vont à elle, à ses enfants et au « méchant » petit chien qui règne sur la maison.

Dernière modification : 11/02/2024.